Skip to main content
Internet Archive's 25th Anniversary Logo

Full text of "Dictionnaire du patois saintongeais ..."

See other formats


Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 



f '/A 



' t. 



p 



DICTIONNAIRE 



1)1- 



iTOIS SAINTONGEAIS 



*. # 



'I 



PAU 



/ * I' 



P. JONAIN 



/. • 






I 



/:' 



Si la F'i-imLt' estolt un œuf. 
Sainctonge eu seroit le nioyeul". 
iProterbe anrien cité >>a>* Froirsart^' 



( 



t 



ROYAN 

r^IEZ L'AUTRTJR. RTTR FONCILLON 



ir 



.. CLOUZOT MAISONNEUVE & C" 

22, mr* des ITallo'i 15. n\o Voltairi» 



\ 



DICTIONNAIRE 



Dr 



ATOIS SAINTONGEilS 



PAR 



P. 



Ulk 




Si la Kraiice e.stoit un œuf, 
Sainctonge en scroit lo moyeuf. 
[Proverbe oncien cité par Fboissart.i 



KOYAN 

CHEZ L'AUTEUR. RUE FONCILLON 



. CLOUZOT 

22, rue des Halle8 • 



JVVAISONNEUYE & C'* 
15, rue Voltair*^ 



IdOO 



J7L 



<J^ 



r 



Tout exeinplaivp )Wii estampillé par Vautovr sera 
èputè contrefait. 




ROYAN. — IMPRIMBRIE DE A. BARRS 







PREAMBULE 



Les Patois attirent Tattention, à mesure qu'ib excitent les 
regrets. 

Patois y d'après Génin, et selon la vérité, est une sjmcope 
de Patrois, et signifie langage de h, patrie, du pays et des 
paysans, mot qui, comme patois^ a subi une nuance de 
dédain, dans le soi-disant bel usage de la société dominante. 

La science , plus impartiale et mieux avisée, recherche 
aujourd'hui les vestiges des Patois, comme étant les monu- 
ments les plus vivants, les médailles les plus précieuses des 
origines nationales et de la fusion des Peuples. , 

Nous croyons que l'idiome saintongeois, ou saintongeaîs, 
selon la prononciation moderne, est un de ceux qui offrent 
les plus riches moissons de ce genre ; et nous allons renou- 
"veller et pousser aussi loin qu'il nous sera possible l'effort 
déjà ancien (*) que nous avons fait pour les recueillir. 

Quelques lignes d'abord, indispensables, sur la Géographie 
locale et sur la Grananaire. 



(*) Union Itépublicalne de Saintes, année 1840. 



®opoflVrtpl)ie îr^ la BaintowQc. 

Le pays des Santons, ainsi nommé du celtique San, canal, 
d'après sa disposition naturelle, s'étendait autrefois beaucoup 
plus que ce qui est appelé aujourd'hui Saintonge. Il comprenait 
tout le bassin de la Charente (canentelus presque Sanen- 
tehis), dont la partie supérieure a été dite Angoumois, 
d' Angoulème , la ville principale ; et la partie inférieure , 
Aulnis, aunis, à cause des aunes et autres arbres aquatiques 
que ses marais produisaient en abondance, si Ton doit pré- 
férer cette étymologie à celle qui fait remonter le nom 
d'aw/n/^ jusqu'à l'invasion des Alains. 

Les habitants de ce riche bassin, y compris la vallée de 
la Seudre (Seldris, Saldris, Saal) et la rive gauche de la 
Sèvreniortaise, formaient dans la Gaule antique une cité 
distincte, aussi considérable que patriote, qui envoya douze 
mille guerriers à la grande confédération du Vercengétorix 
gaulois contre Jules César. Les marches ou frontières de 
cette cité confinaient du midi à la Garonde ou Gironde, qui 
séparait les Santons des Aquitains et des Bituriges vivis- 
ques établis en Aquitaine (Bordeaux); de l'Est , au Périgord 
{pays pierreux) ei2M Limousin ; du nord, aux Poitevins 
(PicTAVi, tatov£s) et de l'Ouest enfin, à l'Océan. 

C'est de cette ancienne Santonie tout entière que nous 
voudrions recueillir quelques vestiges, conservés dans les 
mœurs, le costume et surtout le langage des habitants de ses 
campâmes. Nous consultons en cela bien moins notre savoir 
et notre talent qu'une sorte de devoir filial et de culte du 
passé, quand ce passé fut inoffensif, innocent, tout do nature. 
Nous voyons avec regret tomber dans l'abîme du silence le 
patois qui fut la parole de notre berceau ; et ce n'est point 
attachement aveugle, c'est aussi^conviction réfléchie : s'il est 
bon que les patois se taisent, comme langage vivant, comme 
parole usuelle, devant la belle langue, instrument et symbole 
de l'unité nationale, il ne serait certes pas mauvais de les- 



TOPOGRAPHIE DE LA SA:NT0::GE 



conserver un peu comme langues mortes, peut-être même de 
les faire raisonner et étudier comme tels dans les écoles pri- 
maires de chaque contrée. Il est reconnu que pour bien 
savoir sa langue il faut en apprendre une autre ; le patoi» 
d'enfance serait, pour le plus grand nombre, cette langue 
anciejineet étraiigère comparée à la langue moderne. Qu'é- 
tait-ce en Grèce que les dialectes ionien, dorien, etc., si 
cultivés en Attique même ? rien autre chose que des patois. 

Le dialecte saintongeais offre un intérêt tout particulier» 
à cause de sa position intermédiaire en France entre le^ 
idiomes du midi et ceux du nord, entre la langue d'oc et la 
langue d'ozV, entre le Roman et le Français. En effet, passez 
la Gironde ou la Dordogne, entrez en Périgord ou en Limou- 
sin, vous êtes, au moins pour le langage, en pays étranger ; 
vous touchez aux ramifications du Languedocien, formé de 
latin et dlbère, aux souches de TltaUen et de l'Espagnol ; 
TOUS entendez les chants du m'di : au contraire, traversez le 
Poitou et le Berry , dont l'idiome est à peu près le même que 
celui de la Saintonge ; arrivez à la Loire, vous voilà en 
pleine langue française ; elle flatte votre oreille et surtout 
votre intelligence d'accents plus purs qu'à Paris même : 
vous entendez la calme logique du nord. Nous avons dans le 
patois saintongeais le point de fusion précieux des deux 
civilisations qui se sont si longtemps disputé la France, et 
qui, en qudque sorte, se la disputent encore. Nous y trou- 
vons des locutions méridionales, latines, itaUennes, grecques 
même, mariées aux germanismes, aux anglicismes, aux 
tours naïfs de la langue française, dans ses premiers bégaie- 
ments. Aussi, quand nos auteurs comiques, quand le grand 
Molière, ont voulu mettre le dialecte paysan sur la scène, à 
Fimitation d'Aristophane et de Plante, c'est le Berrichon, 
c'est le Poitevin, ou, au fond, le Saintongeais qu'ils ont 
parlé. 

Nous croyons donc ne pas déplaire aux philologues en 
général, et particulièrement aux personnes instruites et 



TOPOGRÀPBIS DE LA SAINTOXGS 5 

pieuses envers le pays, qui sont très-nombreuses en Sain- 
tonge, si nous essayons de consacrer un modeste monument 
au patois de notre contrée. 

C'estainsi qu'un amateur du vieux langage a fait, il y 
a quelques années, un vocabulaire du Berry et de quel-- 
ques cantons voisins, qui nous sera d'un grand secours. (*) 

Fixons le terrain sur lequel nous appelons l'attention de 
nos lecteurs. 

Géologiquement, le bassin de la Charente, comme celui 
de la Gironde, dont il est une sorte d'annexé, repose sur un 
fond tertiaire àe craie et de calcaire, (**) ça et là très beau 
et très iSn : (pierre de Saint-Mesme, de Thenac, etc. ) La 
craie se montre à nu dans les falaises qui bordent la Gironde 
de Mortagne à Royan, où elle contient l'huître fossile dite de 
Royan et une infinité d'autres dépôts de la mer qui a jadis 
couvert et doucement ondulé tout le sol de la province. C'est 
dans cette craie et dans des roches plus compactes que l'o- 
céan, durant sa retraite séculaire, a creusé les pertuis de 
Maumusson, d'Antioche, etc., et découpé les îles de Cor- 
douan, d'Oleron, de Ré^ prolongements sous^marins des 



(*) Depuis que nous écrivions cela en 1849, Tesssd berrichon est 
devenu rexcellent Qlossaire du centre de la France, signé de M. le 
comte Jaubert, 2 volumes in-3® 1855. 

(**) Remarquons ici, en passant, Tanalogle constitutive du bassin de 
la Gironde avec celui de la Seine, qui lui est opposé, et qui a égale-r 
ment un fond de craie. Il en est de même des tei rains primitifs qui se 
regardent au nord-ouest en Bretagne, au sud-3st en Auvergne, dans les 
Ce venues et dans le bassin du Rhône : symétrie, heureuse et ningulière 
qu'offre aux jeux la carte géologique de la France, glorieux quadrille, 
peut-on dire, où les éléments similaires se font vis-à-vis et fonction- 
nent par leur nature spéciale, leurs influences terrestres et atmosphéri- 
ques, leurs productions minérales, végétales, animales, humaines même, 
au profit d'une harmonie providentielle telle que peu de pays en offrent 
une semblable. L'ancien géogi*aphe gi^ec StrabDn, contemporain d'Au- 
guste, en était déjà vivement frappé. 



6 TOPOGRAPHIE DE LA SAINTONGE 

chaînes de collines du Périgord et du Limousin, qui viennent 
.par leurs derniers et humbles sillons encaisser les fleuves et 
les rivières de Saintonge. Nous avons de même une traînée 
des sables de la Gascogne, qui, traversant la Garonne et la 
Dordogne, forme nos landes d'Etauliers, de St-Ciers, de 
Madion et, se rétrécissant de plus en plus entre les riches 
bords de la Gironde et de la Seudre, produisant d'abord des 
bois de pins, puis des bois de chênes, enfin des vignes, va se 
perdre, vers Saujon, sous la glaise des grands marais. Le 
sable reparaît en Arvert et ailleurs, mais c'est à l'état de 
dunes et d'une formaiion toute différente. 

Géographiquement la Charente, coulant pure, verte et 
profonde entre deux pentes générales presque égales, reçoit 
àdroiterAntenneetlaBoutonne(t;w/^owîa); àgauche, le Né 
et la Seugne. Sur cette même rive , au-dessus d' Angoulème, 
elle reçoit un affluent très-court, mais large et remarquable, 
la Touvre ( Tolvera) , qui jaillit soudaine de deux gouffres pro- 
fonds, au pied du vieux château de Ravaillac ? On croit que 
c'est la renaissance du Bandia et delà Tardoire, rivières en- 
glouties plus haut dans les immenses cavernes que les lits de 
calcaire laissent entre eux, et dont quelques-unes , comme les 
caves de Rancogne , méritent d'être visitées. Au nord de la 
Charente, le Mignon s'écoule dans la Sèvre ; au sud, la Seu- 
dre a son petit bassin à elle, tout bocager, tout pastoral, 
entre la belle naïade Charente et la fière néréide Gironde. 

La partie inférieure de ces fleuves ou rivières est élevée 
progressivement par les alluvions que les eaux y déposent. 
Ainsi se sont créées les riches prairies qui bordent la Cha- 
rente d'une verdure harmonique à Témeraude de ses eaux ; 
ainsi se transforment peu à peu les marais salants en marais 
gâts, champs de limon très-fertiles, mais en même temps très- 
malsains par les alternatives, selon les saisons, de végétation 
luxuriante et de putréfaction marécageuse. C'est l'antique 
histoire de Cadmus semant les dents d'un dragon qu'il avait 
dompté, c'est-à-dire les glèbes d'un fleuve qu'il avait canalisé. 



TOPOGRAPHIE DE LA S\INT0N3B 7 

et en voyant naître des moissons d'hommes qui se détruisent 
les uns les autres, jusqu'à ce que quelques survivants aient 
fondé la célèbre Cadmée. Il faut imiter ces exemples de tous 
les colonisateurs : il faut dessécher ces terres diluviennes ; 
et les progrès des sciences permettent de le faire aujourd'hui 
avec moins de danger qu'autrefois ; il faut les mettre en état 
de végétation réglée et continue. Le moyen, ce sont les ca- 
naux; essayés de tout temps et notamment en Aunis par le 
Hollandais Bradlay , sous Henri IV, ils laissent encore bien à 
désirer dans toute la Saintonge. Et pourtant rien ne semble 
plus simple que de joindre la Charente à la Seudre et la Seu- 
dre à la Gironde : ces deux derniers fleuves, entre Chadenier 
et Mortagne, par exemple, ne sont qu'à un myriamètre l'un 
de l'autre. Nous pensons qu'il ne faudrait qu'Amphion et sa 
lyre , un bon préfet et un bon conseil général, pour faire 
concourir hommes et choses au même accord et aux mêmes 
eflFets. 

Tel qu'il est, le pays des Santons, avec son heureux tem- 
pérament de terrains, d'expositions, de ciel et de terre, de 
mer et d'eau douce, a une renommée de fertiUté bien an- 
cienne et bien étendue. C'est pour s'y rendre, il y a deux 
mille ans, que les Helvètes, les Suisses de nos jours, avaient 
brûlé leurs villes et s'étaient mis en chemin avec leurs fa- 
milles, leurs troupeaux, leurs bagages ; Jules César leur fit 
rudement comprendre que la Saintonge était un morceau 
digne de Rome, toujours affamée. 

La Charente et la Touvre ont eu longtemps la réputation 
d'être pavées d'anguilles, lardées de truites et bordées 
de cygnes. Fsivtont est connu ce vieux proverbe: Si la 
France estoit un œuf, Saintonge en seroit le moyœuf ; et à 
ce défi : Tu n'es pas le Pérou, on ajoute ordinairement : Tu 
n'es pas même la Saintonge. 

C'est qu'en effet, à l'abri des grands fléaux de la nature, 
tels que tremblements de terre, volcans, inondations, séche- 
resses, invasions quelconques, le bassin géologique etgéogra- 



3 E7BN0GBAPBIE I»: LA SAINTONCC 

phique dont nous venons d'esquisser les principaux traits 
produit la plus heureuse variété de tous les biens, depuis le 
seigle et le châtaigner des terrains primitiCs jusqu au chan- 
vre des riches alluvions et au sd marin le mdlleur de FEu-* 
rope, en passant par le froment, le maïs, le safran, le mûrier, 
les bois de construction et les vignes, dont les produits alcoo- 
liques sont les plus recherchés du monde. 



€ti)no0rapi)tr île la 6ainton0r* 

Si de nombreuses variétés de terrains se sont combinées 
pour la fertilité de la Saintonge, d'aussi nombreuses variétés 
de peuples se sont heurtées, débattues et finalement unies sur 
ce sol favorable, pour en jouir et pour l'exploiter. 

Le fond de la population est Celte, incontestablement. Les 
Saintongeais sont de ces Gaulois du centre, dont la race, in-r 
termédiaire entre cdle des Aquitains et cdle des Belges, s'est 
conservée plus pure dans les montagnes d'Auvergne, mai^ 
se reconnaît encore très-bien en Saintonge à ses traits phy- 
siques et moraux les plus essentiels ; taille ordinaire et bien 
prise, profil plus grec que romain, beaux yeux noirs ou roux, 
rarement bleus , constitution brune et solide, torse robuste 
sans être trop charnu ; aptitude à supporter tous les climats 
et toutes les fatigues, sur terre et sur mer, dans les monta- 
gnes, dans les marais; d'excellents laboureurs, de bons sol- 
dats, de parfaits marins. 

La partie inférieure du corps seule ne répond pas au déve- 
loppement du buste. Nous laissons aux physiologistes à en 
rechercher la cause ; mais ce contraste frappe jusque dans 
les femmes, comparées à celles du midi, qui, d'autre part, re- 
grettent des avantages opposés, dont les Saintongeaises soùt 
mieux douées. Celles-ci se feraient donc volontiers peindre 
assises, sous leur ample coiffe de dentelles et leur juste co- 
quet et pincé ; les Aquitaines au contraire veulent être vues 



ETCNOGItAPEIE DE f.A SAINTONGfe 9 

STeltes et gracieuses dans leur démarche agaçante. A la 
danse néanmoins, au Bal proprement dit, sorte de bourrée y 
agréable variété de celle d* Auvergne, la fille de Saintonge 
reprend la victoire, grâce à la vivacité précise, à la vigueur 
dissimulée de ses mouvements. 

Quant au costume, les hommes, en Saintonge, empruntent 
souvent à leurs femm3S la cape ou cucule, saintongeaise de 
toute antiquité (*) ; ils portent la chaussure en bois de leurs 
ancêtres, la galoche (gallica), et encore un peu le grand cha- 
peau analogue ^.xxs^ornbrero des Espagnols. Pour ce qui est 
de la ganse en chenQle multicolore, du vieil habit à la Henri 
IV, du haut-de-chausses à jarretières rouges et à gabillots 
au lieu de boutons^ ils ont totalement disparu. 

Les qualités moitié physiques moitié morales qui distin- 
guent les Saintongeais sont la propreté et la sobriété. Ils ont, 
au moral pur, la probité, si bien reconnue aux Celtes d'Au- 
vergne. Cependant il faut avouer qu'ds ont été tellement 
exploités sous ce rapport, tellement déleurrés ou délurés , 
comme ils disent, tellement traités en Jacques bonhomme^ 
qu*ils tempèrent maintenant leur naïve droiture par une 
forte dose de méfiance ; heureux quand cela ne va pas au- 
delà ! n leur est si facile de dissimuler, grâce à leur ténacité, 
bien celtique encore, et un peu sournoise, grâce à leur calme 
silencieux, à leur lenteur apathique en apparence, mais qu*é- 
tonnerait à peine la chute du ciel, comme s*en vantaient 
les Gaulois ! Telle est la physionomie de la Saintonge, tem- 
pérament assez curieux entre la suffisance intime du nord et 
la turbulence vantarde du midi. 

Les Druides durent sympathiser avec nos Celtes, non 
moins qu'avec les Kimris. Les monuments druidiques sont 
nombreux en Saintonge. 

L*invasion romaine dut aussi apporter peu d'éléments 



(*) Oraque santonico vêlas adoperta cucullo. (Juttnal.) 



10 ETHNOGRAPHIE DE LA SAINTONGE 

nouveaux dans Tessencerde la race santone ; si fait bien dans 
son industrie et dans ses arts, dont il reste encore des vesti- 
ges si beaux ! Les Romains s'éprirent d'un véritable amour 
pour la Saintonge ; ils décorèrent soigneusement sa capitale, 
le medionalum {milan, mitan, milieu) des Santons ; ils 
bâtirent de nombreuses villa à^n^ ses sites frais et paisibles; 
on y a longtemps cherché, entre autres, remplacement de 
celle du poète Ausone, son Noverus, les uns vers Nuaillé, 
près d'Aulnay, les autres ailleurs ; pour nous, s*il faut dire 
notre opinion, nous chercherions cette retraite célèbre beau- 
coup plus proche de la Gironde (*). 

Si quelque chose reçut des forts hommes romains une forte 
empreinte, ce fut la langue : elle devint presque entièrement 
latine ; triomphe de la persévérance romaine sur Tinertie et 
la routine saintongeaises. 

Mais avant les romains, d'autres peuples avaient fait inva- 
sion en Saintonge : du côté du sud, les Ibères aquitains, 
témoins les noms de lieux en ac si fréquents surtout au midi 
de la Charente (ae, en Escuarien ou Basque signifie habita- 
tion). Du côté du nord, les Gaulois Belges, témoins les noms 
de lieux en ay, ais, y, multipUés surtout au nord de notre 
fleuve : terminaison qui vient du Teutonique edge, haie ^ 
enceinte, clôture. Il est curieux d'observer sur ces simples 
dénominations comment les peuplades du midi, toujours un 
peu nomades, un peu arabes ou patriarchales, se contentaient 



(*) Ausone écrit à un de ses amis qui habitait le Médoc : « Viens me 
< voir à force de rame ou de roue. » Pour que la première de ces deux 
conditions fût possible, il fallait que la demeure d' Ausone se ti'ouvàt au 
bord du grand fleuve; or, cette demaure s'appelait aussi JVa&arw^, et 
nous avons une ancienne localité dite Darahe^ entre le port de St-Seurin 
d'Uzet et Barzan, lieux où Ton a découvert beaucoup d'antiquités. On 
vient, en 1860, d'y découvrir, commune d'Épargnes, des tombeaux que 
les antiquaires de Bordeaux déclarent appartenir au m® ou au iv^ siècle 
de notre ère. 



ETHNOGRAPHIE DE LA SAINTONGE II 

A' habiter un lieu, d'y planter leurs tentes; et comment les 
peuplades du nord s'empressaient de se retrancher, de se 
clore, ne rêvant que fermeté, ferté, hall^ bourg, cour, 
ville, et autres fortifications. Voyez, par exemple, les noms 
de localité normands. 

L'occupation romaine laissait difficilement place à d'autres; 
on Ta vu par la catastrophe des Helvètes sous Jules César. 
Mais enfin les barbares l'emportèrent; leurs flots passèrent 
sur la Santonie et n'y laissèrent d'autres traces que le ravage 
et la dévastation. Telles furent les irruptions des Suèves, des 
Alains, des Vandales allant en Espagne ; des Francs saliens 
sous Clovis, accablant les Visigoths trahis par leurs évèques ; 
des Francs austrasiens sous Charles-Martel et Pépin, repous- 
sant les Sarrasins et écrasant les Aquitains, moins barbares 
qu'eux. Voilà ce qui se passait sur terre. Par mer, les 
Normands n'apportèrent aussi que pillage, incendie, exac- 
tions ; les Anglais ne furent qu'une autre espèce deNormands, 
mais douée de la volonté et du talent d'organiser. Une femme, 
aquitaine, il est vrai, seconda puissamment leurs bonnes et 
leurs mauvaises passions : Aliénor de Guienne fut au midi ce 
que Rollon avait été au nord de la France. 

A travers ces vicissitudes, ces mélanges tumultueux de 
races et ces misères locales, les Celto-romains de la Saintonge 
sont peu à peu devenus français, français de cœur comme de 
langage, en gardant des luttes politiques et sociales, aux- 
quelles ils ont pris une part si glorieuse, un vif sentiment 
d'honneur national, d'indépendance au dehors, de liberté au 
dedans, de bon ordre administratif et d'économie. Ce sont 
toujours, il est bon et honorable de le dire, les éléments celtes 
et romains qui persistent et dominent dans les Santons. Si 
l'on nous demandait d'en indiquer des types, nous citerions 
un des plus nobles enfants de la Saintonge, Agrippa d'Aubi- 
gné, et un de ses plus glorieux hôtes, Bernard Palissy . C'est, 
en même temps, dans les écrits originaux de ces deux gi-ands 
hommes qu'il faut admirer l'alliance heureuse de Saintongeais, 



12 PKONOÎÎCIATÎON SA1N70NGEÀ1SE 

de Latia et de Français qui constitue le dialecte dont nou$ 
allons essayer l'étude. 

Les Patois,- ayant peu de textes écrits, et ne consistant 
souvent qu'en nuances de prononciation, varient d'un canton 
à Tautre, d'une commune à l'autre. Dans cette diversité, peii 
diverse au fond , de dialectes , nous prendrons naturelle- 
ment pour type celui qui nous est le plus familier, et qui a 
l'avantage d'appartenir à la Saintonge tout à fait centrale, le 
langage du bassin de la Seudre et du bassin de la Sévigne ou 
Seugne, c'est-à-dire de Gemozac, Cozes, Pons, Jonzac, etc, 
Jonzac termine en m, ce que Gemozac termine en a ; au 
nord de la Charente, vers Saint-Jean-d'Angély, le nom de 
la l"*® personne, tant au pluriel qu'au singulier, n'est pas? 
je, mais i, presque le io italien. Voilà les plus notables diffé-r 
rences. Et encore disons-nous JAi après le verbe, pour conser^ 
yer Tacc^at tonique : « à qui parlé-je ? » dit le français ; 
accent déplacé; le patois note mieux : à çhi parle-jhi? 
Quant aux pronoms de la 3' personne, à l'Est, vers Cognac, 
on les supprime presque toujours. 

Mais donnons un peu plus de détails sur la prononciation. 

Pvonontiation ÔamtonQcaisc. 

La prononciation comprend l'émission des voyelles et l'ar- 
ticulation des consonnes. 

VOYELLES. 

Les voyelles, cette partie fluide des langues, ce vagisse- 
ment ou ce chant vague de l'existence encore indéterminée, 
se prêtent à tous les caprices des organes, à toutes les modi- 
fications de l'àme, à toutes les influences des localités. On 
sait qu'en général elles sont ouvertes et sonores dans le midi, 
fermées et sourdes dans le nord, par la seule différence de 
température. Mais c'est principalement dans les patois que 
Iqs voyelles subissent des variations nombreuses, d'une val- 



PRONONCIATION SAINTONGEAISE 13 

lée à l'autre, d'une paroisse à l'autre ; leur caractère le plus 
constant dans ces idiomes, c'est de s'élider partout avec une 
extrême facilité. Que Ton compare le Vénitien à l'Italien, 
l'Ecossais à l'Anglais, etc., on sera frappé des syncopes fré- 
quentes, de l'ellipse î*éitérée des voyelles. Les classes labo- 
rieuses qui parlent ces dialectes n'ont pas le temps de moduler 

m 

à \e\xt aise les finales des mots ; elles se hâtent d'énoncer l'i- 
dée; ne parlant que de sentiments simples, naturels et com- 
muns à tous, elles sont toujours sûres d'être assez com- 
prises. Ensuite, il n'y a guère d'orateurs dans le peuple, tel 
qu'il a été mené jusqu'à ce jour, du moins guère d'occasion 
de les mettre en scène ; oa ne s'entretenait qu'en famille , en 
petite réunion, en tête à tête : et là, le geste, le regard, le 
mouvement de la physionomie, mouvement qui dans le midi 
va si facilement jusqu'à la grimace (verticale en Espagne, 
horizontale en Italie) cette télégraphie naturelle, qu'un froid 
et cauteleux bon ton n'interdisait nullement au peuple, 
suppléait bien avantageusement à quelques fractions de mots 
omises, à quelques sons sous-entendus. 

En Saintonge, les voyelles ne sont ni très sourdes, ni 
très sonor«a ; en cela elles représentent fidèlement le climat ; 
mais elles sont tcè^ élidées, très mangées, ainsi que l'on dit 
chez nous ; et corams, d'autre part, la réserve et l'apathie 
sâintongeaises articulent peu, ce langage est, pour les étran- 
gers, le murmure confus et inaccentué d'un ruisseau. Il est 
piquant d'entendre converser et surtout disputer ensemble 
un Saintongeais et un Gascon : celui-ci, tout cris, toutaccents, 
tout gestes, chante ses voyelles et mlm3 ses consonnes, « vu 
sandis ! que les lettres sont t2L\tes pour être pronone^V*, » 
l'autre, immobile, indolent, mais sur ses gardes, traîne quel- 
ques reparties pleines de sens, qui font moins de bruit que 
de mal, et qui l'emportent ordinairement, de guerre lasse, 
sur le tapagd de l'adversaire. Au reste, les Méridionaux re- 
connaissent que les Saintongeais, par absence d'accent, sont 
mieux dispojsés qu'eux à l'accent si délicat de la vraie langue 



14 PRONONCIATION SAINTONGEAISE 

française, et c est une des raisons pourquoi Bordeaux envoie 
beaucoup de ses enfants recevoir leur éducation dans notre 
pays. 

Le chant même, en Saintonge, n'était sa tristesse, son 
étemel mode mineur, (hormis pour la danse) caractère, 
hélas ! général des chants du peuple dans tous les paj'^s, ne 
serait guère comparable qu'au gazouillement d'une troupe 
d'alouettes ou d'hirondelles. Le babil des femmes à la fon- 
taine est exactement celui des bergeronnettes ou lavandiè- 
res qui viennent leur y faire compagnie. 

Nous tâcherons peut-être de donner, à la fin du Lexique, 
beaucoup de vieux airs saintongeais notés en chiffres. La 
question d'origine de certaines mélodies antiques, consacrées 
jusques dans les chants d'EgUse, est trop intéressante pour 
que nous n'apportions pas notre petite part aux soins que 
Ton prend alin de l'éclaircir. 

Mais il est temps de dire quelque chose de chaque voyelle 
en particulier. 

A est la voix primitive, la plus naturelle et la plus univer- 
selle du monde, tellement que l'homme n'en a pas le privilège 
et que beaucoup d'animaux la profèrent comme lui : (les 
chiens, les moutons, les canards, les perdrix, les corbeaux, 
les geais.) Elle garde en Saintonge son timbre originel, s'il 
est vrai, comme l'observe Chateaubriand, que ce soit la 
voyelle agricole et pastorale par excellence, consacrée au 
bétail, Si\xx pâturages, aux labourages, au calme et à la 
paix des champs. Les Saintongeais, et mieux encore les 
Saintongeaises lui conservent ce son clair et naïf que nous 
n'avons nulle part entendu avec plus de charme et de vague 
apaisement. Aussi on aime bien l'a en saintonge ; on le pro- 
digue jusqu'à l'abus : au lieu d'une pelle, on dit ine pale au 
lieu d'une échelle, ine échale. Cela, c'est régulier, c'est la- 
tin, pala, scala ; mais on dit aussi inepiarre au lieu d'une 
pierre, même dans le nom propre, Piarre, Piarrot, Néan- 
moins, en ce dernier cas, c'est lorsqu'il y a nuance de plai- 



PRONONCIATION SAINT0NGEAI8B 15 

santerie ; au sérieux, Pierre est respecté. En voici un exem- 
ple dans un fragment de chanson, comme nous tâcherons lé 
plus possihle d*en citer : 

Disez donc, ma bonne mère, 
Ai-jhi trop mauvais goût ? 
Jh'ai jh'té ma piarre sus Pierre : 
Qu oure me le ba'rez vous ? 

{Jeter sa pierre sur quelque choi^e, manière de tirer au 
sort : chaque co-partageant reconnaît une pierre ; on les 
mêle et on les remet à un enfant, qui pose chacune d'elles sur 
un des lots. Rien de plus primitif en fait de notariat. — 
Quoure, quand, à qu'elle heure ? italien che ora ? — 
Ba'rez pour baillerez, élision de deux voyelles et de deux 
Consonnes liquides.) 

D'autre part, quelquefois dans le corps des mots a semble 
remplacé par e c'vale, cavalier, pour cavale, cavalier. 
C'est l'effet de Félision. 

Mais dans les finales a prend bien sa revanche :• in cou" 
ta, in tua, in batâ (poitevin et jonzacais coutiâ, etc.,) pour 
lin couteau, un tuyau, un bateau. 

Vt'ici un modèle de définition saintongeaise : Qu'est-odonc, 
cher père, quin batâ ? — ar'en (regardes en) in batâ ! 
ol est fait cme in bot, o y at ine parche en mitan, ine 
gueille (guenille) au bout, apré o vat. Peut-on mieux 
décrire, s'il vous plaît, les gabarres de la Charente, ces nefs 
primitives du vieil Homère, dont une, si Ton en croit nos 
chroniqueus du moyen âge, apporta les fugitifs de Troye à 
Saintes ou à Xante, qu'ils appelèrent ainsi du nomd'un fleuve 
de leur pays? 

E. Cette voyelle, qui a tant de nuances dans les diverses 
langues, n'en offre que trois en saintongeais : elle est muette, 
ouverte ou fermée. 11 est même rare qu'elle ait ces trois va- 
riantes dans les mêmes cantons ; les habitants du centre ou 
du bocage la prononcent muette ou très-fermée: il alant 



16 PRONONCIATION SAINTONGEAÎSK 

à la pèche ; il avant in gran mau de tête ; ceux de l'Est 
ou de la Champagne prononcent Ye muet ou très-ouvert ; 
i*s sont assez adrets pour cou'tiver la terre avec ine 
bêche démanchée. Aussi disent-ils biên^ rien chien ^ tandis 
que dans le bocage cette nasale même devient muette : ben^ 
ren, chen presque J'n, r n, ch'n. Cette tendance à Ye muet 
va jusqu'à étouffer d'autres voyelles: on ne se contente pas 
de dire dernier, friner^ au lieu de dernier^ fermer^ on 
dit aussi : frmi, au lieu de fourmi, p'r au lieu de pour, 
des p'rnes au lieu de ptmnes. 

L*a lui-même ne se sauve pas toujours : p V se dit aussi au 
lieu de par, eip'pa, nCman remplacent papa, maman, non- 
seulement dans la Saintonge, mais dans le Poitou et dans le 
Berry. 

Ces élisions et suppressions de voyelles sont un des ca- 
ractères de to\is les patois. H semble que le peuple soit partout 
enclin à s'indemniser de ses fatigues et de sa sujétion en se 
livrant dans le langage, à toutes ses aises et même à ses fan- 
taisies. La liberté au moins en paroles^ mais en paroles à 
demi sous-entendues, à demi rentrées. C'est si vrai que dans 
les pays où l'oppression est tout-à-fait despotique et inquisi- 
tpriale, comme en Italie, la parole se tait complètement et 
fait place au geste. La liberté n'a plus pour organe que les 
grimaces et les lazzi. 

A l'opposé de l'élision, E muet s'ajoute à la fin des mots 
chantés, pour avoir une finale féminine: amoure,joùre 
etc. 

E àejhe se change en I pour interroger : » Zou-dirai- 
Jhi? » 

I, est une des voyelles les moins sujettes à varier. Seule- 
ment les nasales quelle forme ain, ein, in se prononcent 
plus ou moins ouvertes, plus ou moins sonores dans les diffé- 
rents cantons de la Saintonge. Sur les bords^ de la Gironde, 
à Meschers notamment, ces nasales se prononcent comme 
ein un peu sourd : dit pein, du vein, ein lut ein. Frère 



PRONONCIATION SAINJONGEAISR 17 

Moinet, le dernier des ermites deMeschers, s'enrhumait 
p'tétre biein tous les mateins, à force de chanter son 
latein. 

O est également peu variable en lui-même, sauf le degré 
d'ouverture qu'on peut lui donner, surtout dans sa nasale on 
et dans sa diphtongue oi. Vers Gemozac, on se dit euon 
très-fermé, presque eun : Suzeiion^ voiire va-t-i' çheic 
garceuon ? — tva-t^à Peuons, meuon beiion. Oi, au 
contraire, est très ouvert dans toute la Saintonge, presque 
oâ: moiy toi et la loi,jhe valons nieuœque le roi. Néan- 
moins, dans quelques contrées, on trouve la prononciation 
poitevine, berrichone et quasi-parisienne: moué^ toué, loué; 
et partout on dit dret^ endret^ comme dans l'ancien finan- 
çais. 

Dans certains mots, o se change en ou : vontre einoutre 
remplacent votre et notre; au lieu de côte^ on dit coûte ^ d'où 
coustille, petit traquenard fait d'une côte et d'un peu de 
filet, pour prendre les oiseaux. 

U se change en i dans le mot un et ses composés : «i 
chaquin, quéqu'in^ pour un c/uxcun, quelqu'un. Il se pro- 
nonce oie, selon le bon usage du latin, dans quelques mots 
venus de cette langue : fouite au lieu de faite (fuga, qui se 
prononçait fouga ; nous disons encore fougue), nouziUe 
(àenuXy nucis^ noux, noucis)^ au lieu de noizette^ dimi- 
nutif de noix ; et même fougher au lieu dé foyer, bien que 
venant de focus ; de là, fouziller pour dire égarguiller ; 
houme pour homme ; humanus (houmanus) le justifie. 

Ces remarques préliminaires nous épargneront, dans le 
lexique, beaucoup d'observations. Nous allons donc les con- 
tinuer sur les consonnes qui en sont susceptibles. Les con- 
sonnes, colonnes et charpente des langues, varient beaucoup 
moins que les voyelles, qui en sont les portes et les fenêtres ; 
mais elles sont loin cependant de rester immuables. 



18 PROXOXCIATIOX SAINT0N6EAI8E 



CONSO>'NES. 



Labiales ou des lèvres : M, V, B, P, F. 

B s'articule très franc dans la Saîntonge, sans nulle ten- 
dance à passer au V, comme dans le midi. Au contraire, le 
V tendrait à devenir B, dans certains mots. 

Dentales ou des dents : N, D, Z, S. 

Voilà les lettres euphoniques dans la plupart des langues, 
c'est-à-dire celles qui s'ajoutent aux mots pour prévenir les 
hiatus, pour adoucir les sons. Les Saintongeais ont le N eu- 
phonique commun avec les grecs : ànin certain endret ; 
à n in jour dit. Us emploient quelquefois le D : jh'ai dit à 
dinhoume^àdine femme. Mais la liaison favorite des 
Saintongeais, c'est le T, que la langue française a peut-être 
tort de n'employer que dans très-peu de cas, comme dans 
ira-t-il? parla-t^le ? Va-t-^n. Le Saintongeais, plus lo- 
gique, le met partout : i rat en Marennes ; idiratait sau- 
nier ce quil aurai appris dau marchand, 01 est tout 
p'rdut ; il est venut, il a tout vut. De bonne foi , cette 
phrase n'est-elle pas plus mélodieuse qu'en français ? Notons 
même le dernier T^ qui, sans besoin de liaison, est appelé par 
l'analogie ; Homère a nombre de N euphoniques ainsi pla- 
cés. Z est aussi euphonique, soit par lui-même, o zoufaut (il 
le faut), soit en place de S au pluriel : iz ou avant dit. yé € 
ne z ou avant pas feit. Il est très-finement employé pour 
distinguer le pluriel du singulier du pronom elle, dans les 
cas indirects ; en français, cest à elle, au singulier et cest 
à elles, au pluriel, sonnent d'une manière absolument iden- 
tique ; le patois, fait pour l'oreille plus que pour les yeux, 
comme les langues antiques, n'avait garde de tomber dans 
cette confusion ; il disait : ol est à elle (et mieux ol est à le) 
s'il n'y avait qu'une personne; ol est à z êtes, s'il y en 
avait plusieurs. Puis, par analogie : jo'r l'i, p*r z eux (pour 
lui, pour eux.) 



PRONONCIATION SAINTONGEAISE 19 

Quand jhe vas chez ma bonne amie, 

Jhe manghe des œufs, o n*y a point de s ous ; 

La poule est bllanche et jholief 

Et ma houne amie étout. 

Palatales ou dû palais : J, CH, LL, L, R. 
J et GE s'aspirent toujours, comme le jota arabe et espa- 
gnol, adouci. Nous proposons de les écrire JH et GHE. Il 
faut être né au doux pays de Saintonghe pour bien saisir 
cette nuance d'aspiration. 

A côté de cet emprunt fait au midi, en voici un très-remar- 
quable fait au nord; CHn'est pas le CH français^ comme dans 
chez nous, mais le CH allemand, comme dans içhi. La cédille 
sous le C devant TH nous paraît indispensable pour indiquer 
ce chuintement ; et encore les allemands seulr , en songeant 
à leur mot Jch (je) pourront prononcer en bon Saintongeais: 
Çheu Çhi a feit Çhèlez Çhillères (cuillères) n*apas re- 
misçhèle çhlé à çheu çhllou. 

Revenons à l'Espagne et à l'Italie pour y trouver les diffé- 
rents L de la Saintonge. On sait combien cette consonne 
Kgmde se fond facilement en voyelle, en u, comme dans 
'pau, mou, deux, dé pal, mol, ciel ; en z, chez les italiens : 
jiieno, au lieu de plein, pia7ita,2i\x lieu de plante ; on con- 
naît aussile LL espagnol, llaynar, llano ; le L Saintongeais, 
«3 plusieurs mots, tient le milieu entre ces nuances ; ce n'est 
'àx'plante, ni pliante, c'est un mouiller très doux, que nous 
proposons d'écrire parle double LL espagnol, parce que c'est 
la prononciation dont il se rapproche le plus : Jh' avons 
jhoué à la cllouette (à Colin-Maillard). Jh* avons oyut 
iout p Hein de p llaisit . 

R. Dans l'exemple précédent, nous venons de voir R final 
céder la place au T favori ; de même il la cède à L, ou plutôt 
ces deux lettres sœurs s'échangent volontiers Tune pourl'au- 
^ : raie au lieu de rare ; couronel au lieu de colonel. 

Enfin, L est euphoniqu3 après le pronom neutre o, quand 
Je mot suivant commence par une voyelle : 



20 PRONONCIATION SA.INTONGEAISE 

O mouille, o vente, ol éloise, (il fait des éclaira) 

toun" c'me cent mil* canons ; 

Jh' vas tout d'méme vère ma grivoise , 

O fait bias vour que jh^ s'aimons . 

Encore une observation sur R. Si cette lettre disparaît ou 
s'adoucit, elle se prononce très-ferme toutes les fois qu'elle 
se prononce ; elle fait sous le palais un roulement énergique, 
fort éloigné du grasseyement parisien. On ne dit faisprenons, 
mais quasi _p'rrnon^. C'est de quoi, sans doute, messieurs 
les Parisiens ont voulu rire, en écrivant ainsi leur chanson 
des cuisinières. » Guermadier, que tu m'affliges, en m'ap- 
permantton déparrt. » Et cependant on pourrait demander 
laquelle des deux articulations est la plus frrrançaise. 

Gutturales ou du gosier : GU, C (comme K), QU, H, X. 

C et Q devant i, e, œ, u se prononcent çh ; quitter^ que-- 
relie, cœur y cuisine, cuit deviennent çhitter, çhérèle, 
chœur, çheusine, çheut. Curé se dit çhuré : 

Le çhuré et sa çheusinière 
M'ant appris à c'neutre les œufs : 
Les bons, c't'o çbèle ménaghère 
Sont tout longs, tout bllaucs, tout neufs. 

Ce curieux proverbe culinaire nous paraît traduit du vieux 
distique latin : 

Filia presbyteri dicit pro lege teneri 
Qtwdsiint ova bona candida, longa, nova, 

GU s'adoucit en YE : anguille, anyille. On connaît cet 
exemple de galimatias saintongeais : un homme qui avait un 
procès pour un àne, envoya, par son fils, des anguilles à son 
avocat. < Avoure, monsieur, ditTenfant; v'ià des anvois 
« que mon père vous enyille. — Grand merci, mon petit ; 
« tu zi dairas que jh'ànerai pour son plaid. » 

Ainsi, guerre, guetter, guillot, devinrent yarre, yet- 
^er, ?/î7/o^.. N'est-ce pas un échange analogue qui a lieu de 



GHAaiMAIRE SAINTONGEAISE 21 

l'anglais en français? 'ïjoary guerre; warrant, garant, wasp, 
guêpe ; William, Guillaume. 

H s'aspire au moyen du J, comme J au moyen de H : hotte 
se dit j hotte ; herser, j herser ; d'où il arrive que j hotte 
de vendangeur etjhotte qui se dit pouvjoue ne se distin- 
guent pas et donnent lieu à de gais calembourgs. 

C ou Q est euphonique dans cette phrase: Sain-q-et-net, 
en parlant, commercialement, d'un animal, d'un fruit, d'une 
denrée; dans noue pour nœud, vers Pons ; plus à l'est, dans 
loue, souc pour loup, saoul, etc. 

GRAMMAIRE. 

La Grammaire saintongeaise, comme celle de toutes les 
langues un peu primitives, serait curieuse à creuser à fond ; 
nous ne pouvons ici qu'en effleurer quelques chapitres. 

NOMS ET ADJECTIFS, 

Les Saintongeais donnent un féminin à tous les noms pro- 
pres, comme le font entre autres les Polonais : La femme de 
Bonnin est la Bounine, celle de Guillot la TU lotte, celle de 
Bujaud, la Bujhaude, de Poinsteau f a Poin^f eWe, de Cha- 
pelain, la Chapeline, où l'on voit que l'analogie des termi- 
naisons est bien observée, hormis dans le dernier nom, ine 
au lieu de aine ; mais, répétons-le, les patois s'adressent à 
Tweille principalement, et entre ain et m, l'oreille ne dis- 
tingue pas. 

Avec la même logique, ils différencient les sexes dans les 
noms d'animaux où le français les confond ; ils ont le merle 
et la merlesse, le pinçon et la pinçoune, le lièvre et la le^ 
vrâche, qui vaut bien la hase, empruntée à d'autres pays. 

Us ont, comme les Italiens et les Espagnols, le bon esprit 
de ne pas se gêner, pour faire des diminutifs en illon, illot, 
at, ounet, illoune, illote, ate, ounette ; des augmentatifs 
et dépréciatifs en as, asse. Exemples : inp'rdrigheat (un 



2'Z GRAMMAIRE SAINT0NGEA1S6 

perdreau) ; in alonettâ (une petite alouette) ; des hirort" 
das, in gabillot (petite cheville), etc. ny at ni fenêtre 
ni fenétrâ, ni porte, ni portillon dans çheii vilagheot. 

Les noras propres sont sujets à être diminués en ot, oche, 
uchon, uchoune. Ex. : Arrivé, rivot, rivochon, rivuche, 
rivuchoune. 

Çhagnasse est augmentatif ; il signifie un lieu planté de 
chênes ; au contraire, poirasse, poumerasse sont dimi- 
nutifs : ils indiquent un petit poirier, un petit pommier sau- 
vage. C'est ainsi qu'en italien les augmentatifs accio, accia 
deviennent souvent dépréciatifs. 

Les changements de genre du français au patois se justi- 
fient presque tous par Titalien ou le latin : ine serpent, ita- 
lien : una serpe; in prison, italien : un prigione ; de la 
poison, latin : potio, d'où une potion en français, etc. 

Quant aux terminaisons de nombre, en au pour le singu- 
lier et en al pour le pluriel, in chevau, des chevals, cette 
dernière , autrefoi s française , appartient moins au patois actuel 
qu'aux gens qui dédaignent de le parler rondement, qui di- 
sent : il a pleuve tout le jour, au lieu de : ol a mouillé, 
qui pensent que mon ^fe' est beaucoup mieux dit que mon 
pied. On se moqne d'eux au village en leur rappelant ce sé- 
minariste qui demandait ; « Comment appelez-vous cela, mon 
père ; un ratus? » et qui cependant, marchant sur les dents 
du râteau, en fit redresser le manche, et se le sangla par la. 
tète : Diab' t'emporte le rata! s'éçria-t-il à l'instant. 
Son patois alors ïui revint en mémoire, comme au. bachelier 
limousin de Rabelais. 

PRONOMS. 

L du pronom il, L et S du pluriel ils disparaissent devant, 
une consonne ; ce qui reste, c[est f : ivindrat, i*vindranty, 
is'en allit content, i fuyant battut. Devant une voyelle , 
on prononce il, au pluriel comme au singulier ; le verbe suffit 
en effet pour faire? entendre la différence : il a ben feit, il. 
OfVantbon feit. 



aRÀMMAtRE S\INT0N0BAIS» 23 

Par la mâme euphonie, elle, elles deviennent aZ devant 
une voyelle et simplement a' devant une consonne : al est 
partie, al avant tretoutes fouit; a' revindrat, a' 
retournerant. Cest Va dorien, le doux a de Théocrite, 
bien plus féminin et plus pastoral que e. 

Dans les cas indirects, lui se dit li^ ev^x se dit toujours 
s^euœ. Au féminin c'est lé et zèles : ny a que lé d'entre 
zèles tretoutes çhi m'égrasille le chœur. 

En objet direct, la ne change pas : jhe la vois^ jhe la 
tins ; amene-là. i« se dit lou : 

Au lout, au k)ut, ma chêne Labrie ; 
Arrape-lou, ma diene, ans^ie-Iou ! 

Voilà pour les pronoms masculins et féminins. Mais le 
patois a une autre richesse dans le pronom neutre o, (devant 
les voyelles ol), bien plus neutre et plus fantastique que le 
^nçais ce, ça, cela^ que l'unipersonnel il, ou que l'anglais 
it, 0, donne à la phrase un vague intraduisible^ surtout dans 
les contes de fées ou de sorciers. Qui de nous ne se souvient 
d'ayoiij frissonné, comme Ezéchiel, lorsque dans les récits de 
la veillée, le terrible o reven^t comme une indéfinissable vi- 
sion. paroissoit de loin, tout bllanc, tout capit, avec 
d,esœils,qu'Q trelusoit çme des chandèles ; ol appro- 
chit trqjhous,^ trejhou's, de râlette, et v'ià que tout 
(Tin çot lisautit su;s les épales ; i'zou apportit jhus- 
ques dans son fougher. On voit qu'w régime o devient 
zou : çhi zou frai zou aurai. 

s'emploie pour l'idée du temps qu'il fait : o mouille, o 
fiente, etc. 

01 e$t et même ol estqu'ol est se prodigue encore plus 
que le cest français ; j'ai entendu de mes oreilles cette phrase 
modèle : 01 est qu'ol est qu'o n]érapas, cme ol est qu'ol 
est qu'il avant feit. 

C'est o est-il Ao(? latin, ou la première syllabe de ollud, 
pouR illud ? syllabe abrégée et qui devrait alors s'écrire o' ? 



24 «BAMJIAniS SAINTON6EAI8B 

ZouTkestr-ïl^pointou.ieol, changeant/ en u avec ^eu- 
phonique ; emprunté peut-être à l'impératif en ez ? 

VERBES. 

Nous indiquerons suffisamment les particularités des ver- 
bes çn Saintongeais si nous donnons les verbes être et 
avoir dans les formes qui difierent de la conjugaison fran* 
çaîse; on verra que le patois s'éloigne moins de l'italien et du 
latin que le français. Un caractère spécial c'est d'employer 
je à la première personne du pluriel, au lieu de nous : Jhe 
disons, jhe fasons. En eSet le Yerhe exprime assez la col- 
lectivité et prévient toute amphibologie. 

Être. 

Présent, indicatif (et mieux, affirrnati/): Jhe seus,.,jhe 
sons, abrégé de jhe sommes, qui se dit aussi. 

Présent, conditionnel : /Ae ^c'm, tu seris.... i' ou a' 
sériant. 

Présent, subjonctif (doute, désir ou crainte ) : Que jhe 
seiSf que tu seis, qu'i' ou qua' seit. C'est oi prononcé é^ 
comme dans endret. Que jhe séyons, que vous sèyez^ 
qu'i* ou qu'a' seyant. 

Imparfait, indicatif : Jh'étis, tu étis,... il ou al étiant, 
— Subjonctif Ow ï' ou qu'a' fussiant. 

Parfait simple, indicatif : Jhe fuyions, vous fuyiez^ 

i* ou à'furiant, adouci en fuyiant. 

Parfait composé : Jh'ai été, et non pas, à la manière ita- 
lienne et gasconne, je suis été. 

Futur, indicatif : f ou a' serant. 

— Impératif : w Seis, séyons, séyez, comme au 

subjonctif. 

Avoir. 

Présent, indicatif \ Il ou al avant, (ils ou elles ont). Ce 
n'est pas tout-à-fait habent , c'est la forme de la première 



«RAMMAIRE gAINTONGEAISE 25 

conjugaison latine amant, il ou al aimant, bien plus so- 
nores que ils aiment. 

Présent conditionnel : Jh'auris, etc. 

Imparfait indicatif : Jh'avis, etc. Subjonctif : QuejKo^ 
yusse, que tu oyusses, qu'il ou qu'ai oyut; quejKoyus- 
sions, -que vous oyussiez, qu'il ou qu'ai oyussiant. 
Aimer {ait quejh'aimisse, plus doux que Fembarrassant 
aimasse. 

Parfait simple : Jh'oyis, {habui) tu oyis, il on al oyut ; 
jh'oyiyionSy vous oyiyiez, il ou al oyiyant. 

Parfait composé : Jh'ai oyut, etc. 

Naître fait au passé composé il a naissut, de l'italien 
ancien nasciuto, ou du roman, plus ancien encore, nascut. 
Mourir, il a mourut. 

Dire fait au passé simple ^'A^ dessis, tu dessis, i'dessit, 
jhedessiyons, vous dessiyiez, i' dessiyant. Et ce verbe 
est employé ou plutôt prodigué, sous forme abrégée, synco- 
pée, quand on rapporte les discours de quelqu'un; notre dit^ 
il, dit-elle, en fditois ce dessit-i', ce dessit-èle, devient 
c't'i, c't'èle et se reproduit soigneusement à chaque mou- 
vement de phrase. 

n'est pas vrai, c't'i ? — Jh'en ai donc menti, c'fêle, 
^P'tétrebe, e't'i'. — Tu me zou pouéras (pairas), cH'èle. 
Et flac ! A' H fit embrasser son damar à cinq feuil- 
les. (Sa main ; elle lui appliqua un soufflet.) 

Au pluriel, dirent-ils, dirent-elles est en patois c't'o 
zeuœ, c't'o zélés. 

On emploie aussi t?7'o, abrégé de ce dessit-o, quand on 
nomme la personne après Tintercalation : « V'ià, c't'o le 
frère, çheu couratier, c't'i*, çheu chétigas, çheu migne 
tout, çhi a fripé tout son Saint-Crépin avec des fei- 
gniants et des pas grand chouses, et çhi est ben reçut 
à cet'heure, ben réçhinqué, et non zi tue le veau gras ; 
et moi, c't'i, çhi n'ai pas boughé d'içhi, çhi ai treihou's 
hen pioché, ben ihacaigné après les affeires de mon 



père, cTf^ t ne ma semenJt jhainés baillé in mèclant 
ignàp'r fricoter in j/Ut arec itves amis! — Mês^ cl'o 
lepêre^ toiXes trefhous arec moi.cVi, toutcequejhai 
e^t à toi; tu zou sais ben,yé tu rois be quo faloii feire 
in p'tit de çheusine et de rfJ\ouissance^ c'fi. p'r ton 
paure frère ^ çhiétoit mort et çhi est reneissut ; çhi 
étoit p'rdut et que jh'arons retrou rè. > (Parabole de 
TEnfant prodigue). 

Les formes particulières, s'il en est, aux prépositions, ad- 
verbes et autres espèces de mots trouveront place dans le vo- 
cabulaire auquel nous allons enfin arriver. 

Un mot cependant encore sur Tordre nouveau, étrange au 
premier abord, dans lequel nous avions autrefois présenté 
ce travail : nous ne suivions pas l'alphabet vulgaire ; Ta, b, 
c, d, nous paraît depuis longtemps une œuvre de hasard et 
d'arbitraire, comme tant de vieilles institutions ; il a étonnam- 
ment retardé le progrès de la linguistique, et de la philologie. 
Nous demandions la permission de revenir à l'antique, pres- 
que toujours meilleur que l'ancien ; au primitif Ma, Va, Ba, 
Pa indien, qui nous donnait l'ordre naturel des lettres et nous 
lais^it suivre les affinités instinctives, les fam,illes intéres- 
siantesdes mots. 

Voici cet ordre, qui se démontre et qui se justifie de lui- 
même : le voici pour les consonnes ; les voyelles ne servent 
que d'auxiliaires : 

Labiales ou des lèvres : M, V, B, P, F, Ph ; 
Dentelés ou des dents : N, GN, D, T, Z. S ; 
Palatales ou du palais : J, CH, ÇH, LL, L, R ; 
Gutturales ou du gosier : Gu, C, K, Q, H, X. 

Plus tard, la télégraphie électrique étent venue adopter et 
cpns^icrer à nouveau TA^BC, nous revenons, av^ç quelques 
»Bgr<et, à' l'ordre abécéds^ire. 

Suit doncl: ALPif ABÇT que aou$ croyons proprje et suffisait 



ALPHABET SAINTONGEAIS 27 

|t représenter tous les sons du Langage saintongeais. Il a be- 
soin de 35 caractères ; de 40, si Ton compte la cédille, l'a- 
postrophe et les accent^. 
Le voici avec des exemples, 

ALPHABET SAINTONGHEOIS. 



A ..... , Amit^ aniie. 

A 

A In Batà, in fusa, a indiquera une 

syncope de consonnes. Au pluriel, 
nous laisserons le S: des bâtas, des 
fusas. 

B Baie de fasilL Et non pas balle ; Il 

doi^ble sera toujours mouillé. 

C Cagouille, colet , cuivre ; cvale, 

c'valier. 

Ç Forçable, garçon, reçut. 

ÇH Çheusine, chicot, {^eiii chien), cA//a, 

çhurer. C'est le C-ff allemand. Ail- 
leurs tcheu , tieu et quieu. 

CH, dsvanta, o, toujours: Chapiâ, chouse , comme en fran- 
çais. ; souvent aussi devant Cj i, u :, 
chèvre, cf^ipoter, chut ! 

jy Loze (douze). 

É îW^^(tète). 

E Bêle, fumèle; ine bêle fumêle. 

El Chein, dreit, éty^eit. (chien, droit, 

étroit). 

E Chêne (^chieiine). 

^ (l-apost^ophe. Ch'n (chien), ' indiquera une syncope 

de voyelle?. 



28 ALPHABET SAINTONGEAIS 

F , . Fesique, feihlle , qui se dît aussi 

foiblle. 

G Gaffer, gorde^ gueuiller (regarder 

avec envie). 

GH, un peu guttural devant e, i : Ghemozat, ghibier ; un 

autre G, venant souvent du W an- 
glais, sera exprimé par Y. 

H, toujours muette: i'Aa^^arc?, rA/mewr; un peu aspirée 

dans hier y qui pourrait s'écrirey^r, 
H aspirée se confond avec jh : la 
jhauteur. 

I /n, ine, 

JH, un peu guttural : Jhambe^ jhement, jhibier jhoute^ 

j huile, (lien du joug des bœufs) 
jhouquer, 

L Lumat , cruèlement : euphonique 

dans o^pour 0, article neutre. 

LL, mouillé Llaude ( Claude ) llièdre , çhullî 

(cueillir) , déçhiller , éhouller , 
jhullet, plleume, glla, gllû. 

M Mail, muser. 

N Naviâ, nouviâ, niau, nieul (orvet), 

un peu gnieuL iVest souvent eu- 
phonique : manghe-n-en, N'on 
pour Ton : n'on zou dit, n'on zou 
feit, 

O Ortughe (ortie). nasal est remplacé 

d'une localité à Tautre par a nasal , 
et réciproquement : à Cozes, par 
exemple, content est très proche 
de canton, et canton y à son tour, 
est presque content. 



ALPHABET SAINTONGEAIS. 29 

01 Nous garderous dans les verbes sain- 

tongeais l'ancienne orthographe : il 
aloit. Oi se prononce ailleurs, oi, 
comme dans faible ; souvent ouèj 
comme dans moi, toi, foi. 

P Pagner, pougnée. 

QU Quand ? qu'oure ? Devant E et I, 

qu est souvent remplacé par çh : 
çhi, çherèley &c. 

R JS'n (rien), rousine. A la fin des ver- 
bes en ir, r sera remplacé par a 
valant presque t : fini (finir) ; par- 
ticipe finit, en appuyant sur t ; fé- 
minm finie. 

S Sacquer. 

T Tablle, tèle (toile), teublle, tua. 

T est très-souvent euphonique : 
i'vat à Saintes, inejholit-habi- 
tude, in vieu-t-houme ; senti dan» 
les finales : à Dieu vat ; (marine) . 

TH Thoumâ. 

U Urée (orée). 

V Avangher, virer. 

X 'Lexis (Alexis). 

Y Poye (payé), pouyut (pu). 

Y remplacera gu dans les syl- 
labes gue, gtii venant presque 
toujours de W anglais : yarre 
(de War) yignette, y Hier , Yil- 
laume ; même dans anyille pour 
anguille, &c. 



30 ABnÉ VI AXIONS. 



Zigue-zigue ; souvent euphoùicJUô : 
Parle-z-i (parle-lui) ; même dans 
zou pour ou, cas indirect de Tarticle 
neutre, o : ol est meuill ( mûr ) ; 
çheidlle-z-ou. Entre quatre-z- 
etiils. Le français familier est en- 
traîné à dire : entre quatre-z-yeux. 



ABRÉVIATIONS PRINCIPALES 



A D'Aubigné. 

AN St-Jean d'Angély. 

B Berry. 

CF Conférez. 

E Est de la Saintonge, Cognac, Jamac. 

F Froissant. 

J Jonzac. 

Langue d'OC, Gascogne, Provence. 

ON Onomatopée : mot iAitant le son ou le 

bruit de la chose. 

P Palîssy. 

PO Poitou. 

PR Prononcez. 

R Rabelais. 

RO Royan. 

S Saintonge. 

V Voyez. 

Nous citons généralement les verbes à la forme impérative, 
comme étant celle qui dégage le mieux le radical. 



DICTIONNAIRE 



A 



Aj prép. s'emploie pour de : B. « La fille à Nicolas. » « La 
vigne à Michel. » — Pour en : B. ^ Mettre à fa- 
got. > — Au lieu de par : « Faire faire des souliers 
au cordonnier, » c'est-à-dire par le cordonnier. « à 
bllanc d'eau ou d'ève, » tout couvert d'eau. 

« à c'theure : B. à cette heure, à présent même. Dans 
Brantôme et dans Montaigne on écrit, mal : astheu- 
re ou asteure, 

^ à d'b'n, à d'bià, à d'mau (o me s' rat) » Je m'en trou- 
verai mieux, je m'en trouverai pis. 

4c à dés fois, » quelquefois. 

« à matin ; » B : àce matin, ce matin. Mais, bizarre- 
rie, « à ser » veut dire hier so!r. Pouf signifier ce 
soir,, on dit de ser, R : arsoir, Aneut ou anuit , 
0. B. Aujourd'hui; vestige précieux de Tusagè des 
DVuides, qui comptaient par nuits et non par jours. 
L'Anglais en a une trace dans son mot fornight, 
quiiîzainede... nuits. * Aw jour d'aneut ; » 0. Au 
jour d'aujourd'hui. 

« à moi ! à moi donc ! » cri de détresse : à mon se- 
cours ! marque souvent un simple étonnement : « à 
moi ! ! )» 



32 Alti 

« à VOUS, à vous donc! » bon jour à vous. La phrase 
complète et également usitée est : « à vous donc b<m 
jour. » 

A' pronom. B. Elle, Elles : a'vindrat^ a'vindrant. 
C'est a^ devant une voyelle: al étoit, alétiant^ 
syncope de aie et de aies, 

Abancher, J. Creuser jusqu'à la hanche^ à la craie tufau. 
'Ardez, B. Pour regardez ! Molière le conserve : 

Ardez le beau museau ! 

(Dépit amouretix.) 

Abat d eve, averse violente. 

Abattaghe, — Portée et force d'un levier, poids apparent 
d'un arbre, d'un pilier, etc., qui penche. Ce mot devrait 
être français. La marine a le terme aôa^^^'^, mouvement 
d'un navire en panne qui cède au vent, qui laisse arriver. 

Abattut (r),nom de plusieurs villages saccagés dans nos 
malheureusas guerres d'autrefois. Remercions Dieu de ce 
que, de nos jours, en Saintonge du moins, il ne s'agit plus 
d'abattre, mais d'édifier. 

Abaupin, B. Aubépine. Ronsard dit encore aubépin. 
Abai-ye, Abbaye, que le fr. prononce abé-ie. 

Abayer, b. Aboyer. 

Ab'cher, Abecquer. 

Abeuilles, Abeilles, du latin apes, ou peut-être d'un mot 
plus ancien, que rappelle l'anglais bee et qui imitait le 
bourdonnement' — Abeuilloiiné, groupé, serré comme 
un essaim ; se dit par ex. des arbres rabougris. 

Aréchal, aréchaut, B. Archal. Du grec orichalcon, ai- 
rain de montagne. 

Abotà et Aboteau, quasi à bout d'eau, Bàtardeau (bas qui 
retarde l'eau) ; arrêt temporaire d'une eau courante, pour 
la faire servir aux irrigations. 

Nous engageons ceux de nos lecteurs qui visitent les 
pays de montagnes, à observer avec quel art et quelle 
économie les eaux d'arrosement sont distribuées. Car, 
c'est de l'engrais, c'est du revenu. 



A » 33 

Abouchonner, Pelôtonuer, msttreeii forme de bouchon. 
Abourichouner, Mettre en pelote ébouriffée. V. Bour-^ 

RICHE. 

Abouter, Aboutir. « Sa vigne aboute su' mon pré ; » ou 
encore : « in tel aboute su moi ; » son champ aboutit sur 
le mien. 

Abramit, Affamé. Du grec Brame, désire. Bramer s'appli- 
que en français au cri du cerf. Abramit nous paraît une 
belle expression. 

Abranler, Donner le branle, faire commencer le mouvement 
voulu, et non pas ébranler pour faire cheoi-r. Il faut y voir 
la préposition latine arf, de direction, très justement em- 
ployée. 

Abraser, Braser. Même latinisme que dans le mot pré- 
cédent. 

Abraquèr, J. Renverser, particuhèrement une mais» m. Du 
grec Brache, craque, fais fracas. 

Abre, R. B Arbre. Du latin arbor, qui, remonté à l'hé- 
breu, signifierait prochiction de la tei^re. Quand le français 
dit : sur un arbre, le Saintongeois dit : dans in àbre, 

Abrenotion. Latin presque pur : abrenuntio ; formule 
de précaution usitée au moyen âge en parlant du malin 
esprit, et dont les Saintongeois dévots ont fait une sorte 
d'épithète de Satan ou de ce qu'ils croient lui ressembler : 
4c ol est in diable abrenontio ! » 

Abrever, Abruver, Abreuver. — « in abreuvoir à mou- 
ches, » une blessure. 

Abrïer, Couvrir, dans un sens plus précis que le français 
Abriter. « A&W^r in malade. Ahnerleiew. ^^Dxx reste, 
abrier ne vientpas à'àbre, comme dit le glossaire du cen- 
tre, ordinairement si exact ; il vient, comme abri, du 
latin apricus, exposé au soleil ; du grec a privatif et 
phrise, ne frissonne pas, n'aie pas froid ; d'où Afrique. 

Absence, Folie, démence, délire : « al ai des absences. » 

Abus, dit Calvin ! Exclamation de doute et de critique, 
restée en Saintonge depuis la prédication du Calvinisme. 

Ab'yiner, Mettre à Beyines : Voj. ce mot. 

ABYRiNTOEctNABYRiNTHE, pour labyrinthe. 

3 



34 AC 

AccABASSÉ, Accablé, courbé par le travail ou par les 
années ; rendu cabut ou capiit, comme un arbre étèté. 

AccACHER, Peser sur, faire plier ou baisser, commencer l'ac- 
tion du verbe français Ecaclier. Ces mots, comme Cacher 
et Cachet, nous paraissent dérivés de l'hébreu CHD, ca- 
cher et détruire ; ou QehE, durcir. 

AccAGNARDER et s'accagnarder, 0. B : s'accognardir. 
Rendre ou se rendre paresseux, cagnard, comme le ca- 
gnot ou petit chien, qui craint la peine et le froid ; ou du 
breton kaign, rosse, mauvais cheval. 

AccALiNER et s' AC... même sens adouci ; le câlin aime à se 
réchauffer et à câliner ou réchauffer, moralement , de 
flatteries et de galantises, ceux ou celles qu'il veut séduire. 
Racine : cale^ chauffe. 

AccANTOUNER (s') , S'asscmbler en foule sur la place du 
canton. 

AcciPER, B. R. Prendre subtilement, soustraire ; pur latin : 
accipere, 

AccoiSER, B. Apaiser, rendre coi. Bossuet et Molière l'em- 
ploient. Du latin quies, repos. (^wi^Q^rf ^c . 

AccoMPARER. R. Comparer. « Tn'est pas pV Vaccoynpa- 
rer à toi. » 

AccoNSENTÎ. Consentir. Le ad latin ne fait pas mal dans 
ces deux mots. 

Accords. B. Accordailles, fiançailles, conventions de ma- 
riage. 

AccouBLLER, R. B. Mettre par paires, accoupler, animaux 
ou choses. De copula, compellere, mettre ensemble. 

AccouER, B. Attacher tète à queue. Montaigne, hv. III, 9, 
semble remployer dans un autre sens. On accoue les che- 
vaux pour les mener en foire. 

AccouRAGHER, P. Eucourager. 

AccouRiT (il), B. Aoriste, plus régulier qu'en français, du 
verbe accourir. 

AccouRSiERS, R. Les pratiques, ou, comme Ton dirait au- 



AÇÎ 35 

jourd'hui, les clients d'un moulin à eau ou à vent, ceux qui 
lui donnent cours, 

AccREiRE, B. Accroire, croire légèrement; latin cr^rf^re. 

AccRÉMER, Affirmer, faire prendre dur comme crème, dans 
l'esprit. 

AcERER, Acérer ; munir d'acier ; rendre dur comme acier. 

AcERTAiNER, (J: Açartainer). F. R. B. Marot. Donner 
pour certain. 

A chA, telle chose; un à un, individuellement : à châ brin ; 
à châp'tit, châ poids. Apocope de chaque. Gemozac a 
un jeu de mots géographico-économique : « Pour aller à 
Epargnes, o' faut passer p'r Châdenier,^ (localités.) 

AcHAiNTRER, Faire paître le long des chaintres. V. ce mot. 

AcHALER, Donner trop de chaleur. « Çheu mouchenez m'a-- 
chale su' mon cou. » 

AcHENAU, Chenal de navigation. — Grande gouttière pour 
Teau des toits. 

AcHET, Achée, lombric, ver de terre. Notre âchetneréve- 
lerait-il point létymologie, acquêt de poisson, appât? 
Nous préférons néanmoins remonter au grec ascaris. 

Achevé, Rendu de fatigue, à bout de force et de courage : 
' 4( à çhette fois , jhe seu p'rtant achevée! » 

Açhitter, Acquitter. Du mot celtique d'où vient l'anglais 
qiiite, complet, et le latin quietus, en repos ? Le gascon, 
se souvenant de son anglais, dit très bien : « jusqu'à soun 
quite capet, » même jusqu'à son chapeau. 

AcHOUEY, B : agouer; S'engouer d'une chose, mais dans le 
sens de s'en rassasier et de s'en dégoûter à jamais, comme 
lorsque l'on boit de travers. « YdXve achouey , » s'applique 
surtout aux oiseaux que l'on dégoûte de leur nid en y 
touchant ou le visitant trop : « ol a fait achouey, » Du 
breton achouala, assez ? 

AçHUCHER, Vider, a^^ecAer, jusqu'au fond, jusqu'au çhu^ 
mot très en vogue dans les patois, les serfs qui les par- 
laient cherchant à se dédommager en paroles de la liberté 
qui leur manquait en actes. 



36 



AçHULER, R. Acculer ; même racine. — Un soulier, 0. R. 
R. Eculer, qui ne vaut pas accidey\ pour qui comprend 
les prépositions. 

AçHULLÎ, Accueillir ; se dit surtout du louage des domesti- 
ques et servantes, qui a lieu ordinairement à la St-Jean. 
C'était un terme plein de convenance et de dignité. S'em- 
ploie à la voix réfléchie : « çheu garçon s'est achullit à- 
n-in tel ; çhèle fille s'est açhitllie. » 

AçHUSER, Accuser. On dit souvent inçhiiser ; lat. incu- 
s are. 

Ac'moder, B. Syncope d'accomoder, s'emploie en menace 
par antiphrase : « attends, attends ! jhe vas Vacmoder ; 
acmoder la salade, » l'assaisonner. 

Ac'neûtre, Connaître, reconnaître. Lat. agnoscere. 

ACOUMA.NDER, Commander. « Vous m'zou avez pas acou- 
mandé, 

AcouTER, B. Ecouter. Italien ascoltare ; lat. : aiisciil- 
tare, Acouter (ad auscultare) valait beaucoup mieux 
qu'écouter. 

AcRASER, B. Ecraser. Lat. : ad radere, ex radere. Choi- 
sissez. Le patois, avec non moins d'intelligence et plus 
d'oreille que le français, avait opté pour ad. 

Acte ( iue ) ; Un acte notarié , un contrat. Le latin est 
neutre. 

AcQUERiT, acquerie : Acquis, acquise. Part, régul. d'ac- 
quérir. 

AcQuÈTER, R. Acquérir, faire un acquêt. Lat.: adquirere, 
pour adqiiœrere, 

Adeuillé, En deuil. S*adeuiller, se mettre en deuil. Lat. 
do 1ère. 

Adieu, En s'abordant. 0. Faute qui se fait dans tout le midi, 
bien ailleurs qu'entre paysans, et qui donne juste raison 
aux Parisiens de dire que nous sommes bien pressés de 
nous quitter. 11 faut se dire Bonjour! 

Adieu vat ! (Marine) Commandement décisif pour virer de 
bord, après avoir dit : pare à virer ! Les ordonnances 



A.F 37 

impériales veulent que Ton dise : Envoyez ! au grand 
regret de M. de Lalandelle. (Langage des marins) ; c'est 
effectivement substituer une platitude prosaïque à tout un- 
bon et religieux poème. 

Adimanché. a. Endimanché. 

Adoubaghe, Assaisonnement; surtout graisse ou beurre à 
mettre au pot au feu, ou dans la poêle à frire: de l'Ital. ad 
ttopo, au besoin ? ou du latin adoptare. La marine a 
gardé adouber, 

Adouner, Convenir, s'adapter, favoriser. «0 nadoicnefSiS 
« que la poule chante davant l'jhau. » La marine conserve 
adonner : le vent adonne ou n'adonne pas. 

Adreit, B. Adroit. Lat. addirectum. — Euphémisme pour 
fourbe. 

Ad'rser, Adresser, redresser. Arf'r^e^, ac?r^55^. A. sentier 
qui abrège. 

Affaiter, B. Former le faîte {fastigium) , le comble d'un 
toît, d'une charretée de foin. G. Sand, dans Valentine, a 
mal écrit affêter ; ou du moins mal orthographié, ne 
sachant guère ce que c'est que de mal écrire. 

Affené, b. R. Muni de foin (fœnum), en parlant soit d'un 
râtelier, soit d'un domaine. Le verbe existe, affener, 

Affeire, Affaire. S'emploie d'une façon banale, comme 
chouse, comme ynachine, on 7nachin, quand on cherche 
le mot. Signifie souvent au pluriel les hardes, les vêtements, 
les effets de corps. 

Affeurché, Attaché, appliqué à une occupation sédentaire, 
comme un navire affourché sur deux ancres. 

Affier, Planter, semer, greffer, sur son terrain, arbre ou 
herbe pour en avoir l'espèce. Est-ce l'idée de fief ou celle 
de fiance? nous doutons. Se dit aussi des animaux : « affier 
des pigheons. > Mais de cet oiseau nos paysans se soucient 
peu ; ils ont un proverbe disant que pour ruiner vite un 
ménage il suffit d'avoir : Lapins dans la cave, pigeons dans 
le grenier et prêtre auprès de la femme. 

Affilée, B. File, rangée. — U affilée, tout d'un trait; sans 
se reposer; sans débrider, s'il s'agit d'une route faite à 
cheval. Racine fiL 



38 



AFFiN'zî/Eclaircir : « le tenipss'est affinzit, » 

Affllighé, B. Privé d'un membre, d'un organe ou d'une 
faculté physique importante : < cl est in patire affllighé. * 
€ Affllighé d'in œil, d*in brat, etc. C'est bien le sens du 
latin adfligere, briser à terre. 

Affondrer, S'effondrer, s'écrouler : «la maison ^r-i-affort" 
dré su'z eux. > 

Affranchi, B. Franchir : « il ^-t-a /franchi le foussié. » — 
Mutiler un mâle. L*homme de cette profession se nomme 
Yaffranchisseur. 

Affreichî, Fraichir, en parlant du vent : affreiche, affrei- 
che, disent les matelots; et jadis ils fouettaient le mousse, 
pour rendre l'invocation efficace. Le bon vieux temps. 

Affronté, Effronté. Au fait, si c'est sjTionyme d'avoir du 
fronts mettez donc arf, qui le pose, et non pas ex^ qui 
i'ôte. Il est vrai que vous avez affronté au sens passif, 
bravé, attiqué de frtmt. 

Affctiâ. b et J : affutiau. Ornement de toilette, chiffon, 
bij6u, brimborion. Accessoire d'une charrette ou autre 
machine. De fùt^ tonneau et tout ce qui s'ensuit. Fusterie, 
tonnellerie, nom de plusieurs rues. Chasse et artillerie : 
affût, 

Aga ! A. F. R. B. Terme d'étonnement, ah ! ah ! mais en 
ironie. Au sérieux, on s'écrie : ahljhah ! 

Aga, plur. agarez, A. estsjnicope de Regardez! V. ar'en. 

Agacé (être). Avoir les dents agacées. — N'être point 
agacé y être fort, hardi et dispos. 

Agaffer, 0. Gaffer, happer avec les dents comme avec une 
gaffe. « Çheu ch'n m'a-t a gaffé, » Gaffer et happer 
(même mot) sont de l'hébreu CPH, prendre captare. 
Happy, heureux, en anglais était primitivement celui qui 
Happait bien. 

Agarde (se donner). Se donner de garde. Encore ad 
meilleur que de. 

Agardez ! R. Regardez ! mais re indique un mouvement en 
arrière et devient très faux quand on regarde devant. 



AO- 39 

Aggrapî (s*), Agripper, saisir comme avec des griffes; du 
grec g rae, griphe. ON. (onomotapées). 

Aghace, R. et La Fontaine agace. Pie. ON. 
Aghe (ine bêle), B. féminin, comme le latin aetas. 
Agheliné, Tout refroidi, presque gelé; un peu faute d'énergie. 
Agheneuillé, Agenouillé. 

Aghî (en) bien ou mal, 0. Agir bien ou mal. En peut sembler 
un pléonasme, comme Y àsinsjhe ny vois pas, 

Aggland, (pron. Ailland) B. Gland. Latin Glans, glan- 
dis. Del'hébr. GLCH, grec glae, brille, luis ; d'où AGLI, 
gouttes, dont le gland a la forme. 

D'aglland nous aurons Egllander, se fendre comme 
un gland. 

Agllat, Compacte et à tranche lisse, comme la glaise, ou 
la. glace, (en Saintongele^^^^a). Daupain agllat. Mê- 
mes racines que le mot précédent. Palissy dit allié. 

Agocer, m(?oifc^â, ou uncouteau, L'ébrécher, lui faire des 
goces ou coches, qui en émoussent le tranchant. 

n^VmvAgonî, agoniser, B. verbes actifs. Accabler d'injures : 
< a'm'at agonit de sottises. » 

Agourbelî (s'), S'accroupir. Inversion de croupe encourpe, 
qui s'adoucit en gourbe. 

Agourmander, Rendre gourmand. Pourquoi n'avoir qu'af- 
friander ? 

Agoutter, 0. Egoutter. Nous convenons qu'ici e vaut mieux 
que a. 

Agrains, Rebuts de l'aire au blé, qui servent à Agrener ks 
poulets. 

Agravé, B. Se dit du bœuf qui a les pieds agacés, endoloris, 
pour avoir marché sans fer sur les gravois. 

Agré, a. Regardez. V. ardez. 

Agrenailles, b. Grains de rebut, inférieurs aux agrains. 
Se dit aussi, par catachrêse (bien que nos gens ne con- 
naissent pas ce mot), des derniers restes de liquide quel- 
conque dans une barrique, une bouteille, un seau 



40 



Agrener, B. Donner du grain aux jM^ulets. Chez nous^ et 
aux bœufs, aux poivs, à tous It-s l»estiaux. 

AoRvisiLLOUNK, Grumelê, mèl^ de nœuds. Se dit surtout du 
lil, mal filé, uuU tonlu, m;\l mis eu écheveau. 

AiîRÊYAm.LE, Agmible. 
Agriffer, Griffer. 

Agrover, h. R : accrouer : Se dit delà poule qui se baisse 
pour couvrir tous st*s jKHissius. J.-C. aurait dit : <0 Jhé- 
« ruîsilem, combien de fois ai-jhi voulut fagrouer sous 
« mes aies, et tu ne n'ztuias j>as voulut. » Ce mot dérive-t-, 
il iVacci^ovpii' ou du cri de la jHude, grou, grou ? Nous 
ne savons. CF. Tangl. /o gruir, ci\Ȕii'e. ^ Ag rouer le 
feu, * le couvrir. * — La cherve nuile * (pour dire fe- 
melle^, lui mettiv les épis dans îa teri^e p<nir une huitaine 
de joui*s. Apivs quoiiui met à r/tam^'/iers. V. 

AiiJHAH ! Ah ! ah ! * A/tJ/ioh .' ma ve'dle. Ahjhah ! mon 
vieux. » 

AïcÊ, Ar I ! Cri du bouvier piuir ramener ses bœufs de son 
cote. C'est le mot ici ivndu sonoi-e jvar a, 

AÏDE, aider, B. Aide, aider. Nous disons plus souvent aiiide 
et aiiuier, 

AiGAii.LER, Mouiller de n^sèe,«(^Hc?, ou d^aigail, conservé 
en frmicais, I^ cri des chefs veutitVns à leui's ga's, après 
le coup lie feu : Aigailiez-voits ! disix?i*sez-vous dans les 
bixnissiiilles, n'a été que tivp fameux ! 

AiGNE, B. Aine : du lat. ingueu, (f(i»s quoi se ^re^iè^'^le 
corps, ainsi que dans i9igeniui>K Tidèe. Rappi\>chez de 
même ateuditael mens : en givo gtnu'ei gigndscd etc, 
etc. toutes les pensées morales iwètent des images phy- 
siques. 

Aigre, B, Cassant brusquement, comme Tétain : aigre 
Ciiie hruèle (bruyère). S'applique aux foins, aux près. 

Ar^rettes, Chenevottes. Tivs aigî^es en effet et pi\>bable- 
ment l'origine cVaigrette en français. 

AiGRussER (s'). S'irriter, prendre un ton aigi^e subitement 
et à prepos de rien. Excellent mot. 

Aillée, Tranche de j^in frettée d'ail. Moides cuites à l'ail. 



AJ 41 

AiLLET, diminutif d'ail : « sauce aux petits ailteis. » 

AiLLOCHE, Ail sauvage. Mais ce n'est pas Tail des vignes ; 
c'est plutôt le muscari à toupet (Lesson), qui sent aussi 
Tail ; hyacinthits comosus; le vacciniun de Virgile: 
Vaccinia nigra legxintur. 

AiLLOURS, Ailleurs. Conserve To d'alio loco, ou locorum. 

AiNDE, V. aïde. 

Air d'au diablle ! injure : Figure du diable. 

Air dau teynps, B. L'atmosphère, sous le rapport de la 
météorologie ; « c'neûtre Vair dau temps, « Vivre de 
Y air du temps, d'amour et d'eau fraîche. » 

Aire de marais salant, P. Carré de 18 pieds de côté et dont 
20 font la livre de marais. 

AiRÉ, B. Aéré. Pourquoi le français, ayant a2r,retourne-t-il 
au latin aer ? 

AiRÉE, Une pleine aire, de blé à battre, ou d'autres choses. 

AiRiÈRE, B. Arrière. « En airiêre, s'ou pliait ! » (s'il vous 
plaît). 

AiRRHES, B. Arrhes. Mot hébreu. Le verbe existe : airrher. 
act. 

Aiscée, Houe; lat. ascia; on distingue aiscée larghe^ ais- 
cée treite et aiscée bâtarde, 

AisiNÉ, Qui a l'aisance de faire quelque chose : bein aisiné, 
mal aisiné. Le dernier se dit des gens boiteux ou incom- 
modés autrement. Rachel aurait pu dire à son père, 
Laban, en certaine circonstance, « qu'aie étoit mal 



aisinée, » 



Aisrr, fém. aisie, B. Aisé, aisée : «*ol est aisit à dire I )► 
La malaisie, dans l'Est... de la Saintonge, n'est point 
un archipel, mais le nom épigrammatique de la femme. 

Aisselon, Renfort à l'aisselle d'une chemise. 

Aissiler une charrette, y mettre un essieu. 

AissÎT, B. Essieu, qui devrait s'écrire aissieu, du latin 
aœis. 

AÎTRES, B. (et non pas e/r^5) Les distributions d'une maison, 
atria. 



42 AL 

AiYÈRE, Aiguière, évier. L'aiguièrefranç.estlepo^d Veau, 

Ajheter, Acheter. 

Ajhuster, Ajuster. 

Ajhûter (marine), Joindre bout à bout ; quelquefois jhûter: 
* n' jhûtera pas. » 

AlA.' Alà moi! Grandes exclamations de douleur. Cris 
naturels. 

Alangué, B. Doué d'une bonne, ou plutôt d'une mauvaise 
langue. 

A la noix (cresson), par corruption de Alénois, alniensis 
(de TAunis?), le cresson de jardin; Linné : Lepidium 
sativum. Lesson : Passerage cultivé. 

Alant, B. Agissant, actif : « que tu n'es yère alant ! » 

Albert (le grand et le petit) B. Deux livres fameux, convoi- 
tés et redoutés autrefois dans nos campagnes. C'était le 
fond de la balle des colporteurs. Avec ces livres ou 
faisait venir le diable, grêler sur le voisin. Que ne faisait- 
on pas ? Tous les mauvais prêtres passaient pour se servir 
du Grand Albert, quand leur Bréviaire, lu à rebours, ne 
suffisait pas. Les devins se contentaient du petit. Quelques 
bribes d'instruction primaire ont pourtant un peu dissipé 
ces croyances. 

Al', Elle, Elles : aV avoit, al' aviant. A', devant une con- 
sonne, même devant Y: a' y étiant, 

Ale, Aleron, B. Aîle, aileron. Rab. écrit aesle et a^e. C'est 
le pur latin ala. Nous disons cependant aîlé. 

Alé : i' s'est en aie, pour il s'en est allé. 0. B. et aussi : 
« i' s'en est 'nalé. » Au futur passé : « i' s'en aurat été. » 
Le parfait du verbe aller, B. estjh'alis, t'alis, il ou ale 
alit ; jh'alliyons (B : jh'allîmes), vou' alliyez, iV alli- 
yant. Ou comme dans le v. fr. je fus, tu fus, i' fut, 
jhe fuyons, etc., qui, au singulier, se dit encore ; auplur. 
nous fûmes, peu correct. Mais J'ai été àoii se dire, au 
lieu Aeje suis allé, lorsqu'on est revenu. 

Alée, Syncope considérable d'Asphodèle, genre de li- 
liacées. 



Alègne, Alêne ; 

Alémole, Anémone ; 

Aléphant, Eléphant; 

Aligher, Alisier ; 

Alimer, Animer ; série'de'fausse prononciations. 

Alis, alise, P. dimin. i'Agllat, V. ce mot ; se dit du pain 
à tranche argileuse, non^ œilleté. Comme /î, signifie lui, 
on joue sur les mots, et si quelqu'un demande «le pain 
est-î alis » (à-/?)? on répond : « non, il est (à lé) » à elle. 
Les ménagères font avec les restes de la pâte une galette 
non levée qui se nomme l'alise, et qui est le gâteau des 
enfants ; excellente, mangée avec des noix. 

Alochon, B. AUuchon. Diminut. à!ala ? 

Alongheaill, R. Allonge. 

Alongher (s'), Allonger son chemin, ou plutôt s'allonger le 
chemin. Ellipse très simple. 

Aloubit, de dormir, Alourdi, abêti. . 

Alouette.'Nous citons ce mot français (et gaulois) pour de- 
mander s'il ne vient pas du celtique al-chw-Èder, à- 
' huppe-oiseau, d'où aussi alauda ; et pour rappeler que 
la charmante légende de Roméo et Juliette, qui se trouve 
dans le Berry ( v. Glossaire du centre, au mot mentir) 
existe pareillement en Saintonge, avec les vers : 

« ghentille alouette, 

T'en as mentit : 
Tu chant' 1' point du jhour. 

C'est pas minuit. » 

Ce n'est pas le seul emprunt que Shakespeare, aidé des 
traditions de la Guienne, ait fait au patois du midi de la 
France (Saintonge, Poitou et Berry) : Dans le recueil 
de nos chants est une ronde Saintongeaise^qui lui a servi 
pour sa chanson d'Ophélie. M. O'Sullivan la cite tout 
entière sans en connaître l'origine ; notes sur Hamlet. 
Nous pourrions aussi montrer, si c'était le lieu, que la 
légende de Merlin et de sa fille Melhisine est Poitevins 



44 



(Melle, Lusijman) et Pontoise (l'angvdlle de la Seugne), 
avant d'être anjîlaise. 

Aluche, J. Une taloche, un soufflet. Est-ce l'idée du coup 
d'aile, ou bien de fâcher (lécher), avec la main ? 

Am' ! Apocope de à moi ! ou de ah ! mou Dieu ! car c'est 
une expression, non de détresse, mais d'étonnement. On 
dit de même à moi (fo)w / à moi donc, mon Dieu ! mais 
am'! suffit, par économie. 

Amadou, est fém. *de la bonne a»m^/oî< * De wjarfe, trempe, 
qui est ihi sanscrit maa, eau : champignon mibibé de pou- 
dre mouillée. 

Amariner, Aprivoiser, adoucir. 

Amasser, 0. B. Ramasser : « amasser des noix. » (S'), 
s'assembler, se réunir : « o s'est amassé in saccaghe de 
monde. > Du grec ahia, ensemble ; amas. 

Amàtiné (chien). De race croisée de matin. 

Amatouné, Grumelé. Se dit surtout de la pâte ou delà bouil- 
lie. V. maton. 

Ambassadeur, Faiseur d'embarras; qui entreprend, à grand 
fracas, plus qu'il ne pourm faille, qui trop embrasse et mal 
étreint. Syn. Embafeur^ V. ce mot. Même sens pour les 
verbes act. ambassader, embaler, 

\ ^>ic\t>A^tBLLET, Anneau de peui mégissée, ou, au besoin, de simple 

^ hart, qui, tenu au joug des bœufs par le corbafon, reçoit 

\ aiguille ou timon de la charrette et supporte tout l'effort 

de la tmction, \ aiguille y étant rivée par la tire. Du 

grec, ama, ensemble, ou amblus, oblique. 

Ambourill, Nombril. Uumbilicus, C'est le français qui, on 
ne sait pourquoi, prépose ?i. 

~- Amelette. 0. Omelette, qui vaut mieux, venant d'œuf . Leur 
a^nelette n'empêche pas les .paysans et les paysannes de 
jouer sur omelette, pour petit homme. 

Amener, B. Produire. Se dit des arbres et des femelles 
d'animaux. Làdessus, un jeu de mots: « tailler (la vigne) 
en amenant » ; de manière à la faire amener, 

Amenxser, Mettre en menus morceaux. 



am: 45 

A 

ÂMERER, Etre amer « Ce çlii ameret à la goule esl sain au 
chœur. » (àrestomac). 

Amezau, p. Ro : Couhet, tronc d'arbre foré en long pour 
conduire Teau dans les marais salants. 

Amicablement, Amicalement. Amicus^ dCama, ensemble. 

Amijhoter quelqu'un, Le mignarder,le mitonner, le flatter, 
le prendre comme un petit oiseau, à la niijhette du pain. 

Amignoter, id. Mignarder ; rendre mignard. 

Amorale, Morale : « feire ine amorale. » 

Amoulangheur, Charpentier de moulin. L'ouvrier qui monte 
et répare les ynoulanghes, les meules. 

A'mounèter, Calmer, apaiser; admonestare . Le temps 
s'amounète, 

Amounition, B. (où Ton dit aussi am^/wmé?^?^) Munition, 
de chasse principalement. Le pain de l'armée est aussi du 
pain d' amounition. 

Amourette, B. Brize moyenne, genre de graminées, « l'herbe 
à'amou, çhi tremble trejhou !» B : on donne aussi ce 
nom au faucheux des champs. 
Voy. Pute, et son usage divinatoire. 

Amourer, Être en amour. 

Amusant, Long et minutieux, presque ennuyeux. Amusant 
français se dirait ^9/azi*«7i^. 

Amuse (ine), (del'). Un retard, du retard. 

Amuser' (s'), Se mettre en retard, perdre son temps : « va 
vite, revins vite, yé nVanviise point là. » Voilà l'idéal 
du commissionnaire. 

Ancienneté (d'). R. B, Autrefois, depuis longtemps. 

André (St) de Lidon, commune de l'arrondissement de Sain- 
tes, sur le rivage, en italien lido, delà Seudre; canton de 
Gemozac. Le village de Lidon est tout près, — habitants : 
St-Andron, — oune. 

A 

Ane (repas d') 0. Repas fait sans boire. 

Anghes, b. Pour consoler les enfants ou les gens qui vont 
se coucher sans souper, on leur dit « qu'ils verront les 



4<S 



anye-s : coixim^ fit Jacob, sans doute. L'abstmence, en 
dtr-l, «Jiî^po-yf aux vivions. 

An';o:sskr. (Vr(Hi.angouessc),Kndé\eT, s'impatienter, être 
\fix*', Umrirjenté. S'y a-t-o pa^ d'quoi feire angoisser! 
— Ktre angoissé de.... èti« endiablé^de Êiire qadque 

cliOM^. 

Anokotk et souvent Langrote : article joint au nom : ou 
bien de lMcerta;Vz!ivà gris. E: Angoise^ d'anguiSy 
i) : alahrena , salamandre. B : angous ^ orvet, et 
langous. 

Animai , B Animal. Pauvre animau! pauvre bète ! 

Anna, Noyau du fruit. Sp prendaussi pour écus.Les noyaux 
s^>nt la première monnaie des enfants. 

Antan, V. R. B. An passé, a7ino antiquo. Nidsd'antan. 

Anticii'KR, Kmpiêter. S'empresser de prendre, antècapere. 

Antiknnk, Longue attente, temps perdu avec ennui. O s'ra- 
t-iïie bêle antienne ! Souvenir des vêpres. 

ANyjiJ.K, B. Anguille. Anyille de boisson, B : (Buisson), 
S^îr|)ent. Anyille, dans une muraille, B. Lézarde. 

Jeu de Y anyille, sorte de cheval fondu. On met sur la 
tr»rrr» un mouchoir roulé, en forme d'anguille ; un enfant 
H^î place au prés, courbé, les mains sur les genoux, et les 
autres lui sautent par dessus, sans toucher l'anguille, dont 
il s'/loigne d'une semelle à cliaque passe. 

Anguille de l^ons, très belle Légende mal comprise. 
(Voir noM Ktudks Santonks, Biographies,) 

Août, h. «e prononce a^ou. Devrait s'appeler Octénor. 

Ai'AciKii, Apaiser. Mieux que le français, depax, pacis, 

Ai'AHiouNKU, Ap])areiller, dans le sens de joindre par paire. 
* Les v' l/i biu apariounès ! ine galoche et in soulier. > 

AiMKKH, P. Kmpiler. — S'ébouler^ s'effondrer: « olatapilé. » 

Apilotkh, Mettre h, pilota c'est-à-dire à pile, à tas. 

Apm.atzî. h. Aplatir, Le z s'interpose souvent devant la 
llunb^ des v(»rbes en ?, comme en roman : bi'unezî, 
/roidii, etc. 

Ai»oN( iiKH, dim. aponr/iiller. Faire, à la hâte et grosso^ 



AI> 47 

modo, une reprise à un vètemement, surtout à un bas ; 
« estoper en çliu de poule » , disent nos vieilles « meni's, » 

Apostume (de T), Le pus d'un apostème. 

Apounicher (s'). B : s*apouner. Se baisser pour pondre, ou 
comme pour pondre ; se apponere (lut.) 

Apoûtre, Apôtre. « Ah ! le boun apoûtre! » 

Appartement, se dit d'une seule chambre , même d'une 
pièce de servitude, grange, grenier, etc. 

App'tit, 0. Appétit, est féminin : « bonne app'tit! » 

Appointer, 0. Aiguiser en pointe. Manque dans ce sens en 
français. 

Appodée, Appui. « Feire soun appouée chez in tel. » 

Appouer, B. F. appoièr. Appuyer ; s'appuyer. « Appou 
bêle, appou' » , chante-t-on aux essaims d'abeilles qui 
sécartent des ruches où l'on veut les loger. 

Apprêter (s'), S'habiller, faire sa toileftte. Se préparer. 

Apprihender, Appréhender. 

Approprier, Rendre propre, dans le sens de nettoyer. On 
dit aussi appropzî, bien que cotte finale ne s'applique 
généralement qu'aux verbes en ir ; voy. aplatzî. 

Après, B : à, A même. « Grimper après un arbre. » « Etre 
après dîner, » c'est-à-dire dîner, être à même à dîner. 
« Se mettre apr(?5 quelqu'un, » l'entreprendre de paroles 
et de reproches. « Quand o passe in auvergnat, tous les 
Ch'n jhappant «jpr^'^li. » 

Aprofité, Grandi, crû, engraissé. « V'ià in enfant bin 
aprofité, » 

A 

A're, R. Apre au toucher, lat. asper, 

Ar\, arau, B : ariau. Araire. Du latin arare, labourer ; 
de l'hébreu ARTZ, terre, arida, l'élément sec. 

Aralouné, Tallé, qui a plusieurs jets, ramus\ ou plusieurs 
racines, 7'adiœ, « Dau bllé bein aralouné, » 

Arateler du foin, Le mettre à tas à l'aide du râteau. Ra- 
cler e. ON. 



48 



Arantele, B. Toile (raraignée. Pur latin : araneœ tela. 
Conservé dans la vieille chanson de Cadet Rousselle, dont 
la maison était tapissée tVarantèles. » — Aranteler,B : 
ôterles toiles d'araignées. 0: gringoner\ (de grigon\ 
V. ce mot. ) 

Arcajou, Acajou. 

Arces, du latin arces, citadelles, commune de Tarrondisse- 
ment de S tintes, canton de Cozes, près des bords de la 
Gironde. Nous pensons que c'est Arces, et non Ars, qui 
figure dans Fœaeste, III, 21. — Habitants : Arcillon, — 
oune. 

Archer, se dit encore dans nos campagnes au lieu de gen- 
darme ; et on a l'énorme tort d'en faire peur aux enfants; 
« V'ià, leur dit-on, les archers ! » 

'Arche ! pour Marche ! commandement militaire. 

Archile, AchiUe, nom d'homme. 

Arçhinquer, Requi^nquer, parer, attifer, ou simplement ha- 
biller. Arçhinquajhe^ vêtement , parure. Attirail, har- 
nais. 

'Arde a vous ! pour Garde à vous ! commandement mili- 
taire. 

Ardenter une faucille, La redenter, lui refaire les dents. 

Ardentoiss, Ro. Allumes, broutilles que l'on jette sur la 
braise amassée à l'entrée du four, afin d'obtenir un peu 
de flamme. 

Ardile, Argile. Ardiller, ardillère, carrière d'argi'.e. Ace 
propos, pourquoi n'appellerait-cm pas simplement et briè- 
vement argilon, au lieu d'almninium, le métal que l'on 
extrait de l'argile ? 

Ardh.lon, Bouton ardent qui survient aux j'eux, orgelet 
(grain d'orge), que quelques-uns transforment singuliè- 
rement en orgueilleux, 

Ardivèle, J. Penture de porte ou de fenêtre. V. Gheyie- 
vèle. 

Arée, Tâche du laboureur [arare). « Les bœufs sont à 
Varée, > 

Areîgner (s'), J. Se raser, se tapir. V. se râler. 



49 



'Ar'en ! Exclamation d'étonnement, pour regarde-s-en 1 

'Ar'ez, même sens, pour regardez! V. 'ardez! et aga. 

'Areugne, pour chareugney Charogne, terme de mépris ; 
« 'ardez la bêle * areugne ! » 

ÀRGHENT-viF, 0. B. Italie : vif-argent, mercure. 

Argagnasses, Tas de mauvais vêtements. Dépréciatif 
à'arçhinquaghes, comme qui dirait méchant regain. 
avec A préposé. 

Argon, Abrégé d'arroche, venant du lat. atripleœ, du 
grec a augmentatif et trophe, nourris ; plantes qui, en 
effet, croissent partout plus qu'on ne veut. 

Argot, B. vieux français auquel la mignardise, dit Nicot, a 
fait substituer Ergot. 

Argouillat ? Serait-ce un diminutif d'argousin? 

Armanat, Alraanack. « Menteur c'me in armanat » dans 
ses prédictions de pluie ou de beau temps, bien entendu ; 
ce qui n'empêche pas beaucoup de gens d'y croire. 

Armoniat, p. (Sel), sel ammoniaque. 

Armise. Armoise, artemisia, préservatif prétendu contre 
les sorciers : « remercie Yarr/iisey que t'as entre pià et 
chemise ! » 

Armite, Ermite. 

Armusier, Armurier. Le r, parasite dans les mots précé- 
dents, s'adoucit en s dans celui-ci, ailleurs en L C'est la 
consonne ou la demi-consonne qui se prête le plus volon- 
tiers aux métamorphoses et aux combinaisons. Le savant 
abbé La Touche l'appelait , pour cette raison , l'oxigêne 
de l'alphabet. 

Arnicroche, Anichroche. r parasite. 

Arpent. Sorte de grande scie, souvent tendue au moyen 
d'un arc, qui pourrait servir pour arpenter. Malgré ce 
rapprochement, il vaut peut-être mieux écrire harpant,Y, 

Arquet, Grand appendice crochu de chaque côté du bât des 
bêtes de somme, afin de recevoir la charge. C'est la base 
du cacolet méridional. — En moquerie, grandes jambes 
sèches, lorsqu'on les relève : « d'rsedonc tes arquets! » 

4. 






- . '. - - ... -> 



jii^i'A: '.' #L .* 'i 'a îi-'ra-.ii*^ cjutiant* lôaiiTt^. 

^ ^ ^ 

* KK jt « '> r t l>i'*'*' »ur- 7 r^fyiarf: . «Dixirulif pr>ir cift£rni?!îr mer- 
',ut *'it't^ ér ] 11 "li iarr ii. w'tiHnalu ;, rta. l'cs- inùii 

- / ,/?.v .mt- J , J^pi jer. jeier oe- roches . des pierpesw. 

-ww/ ,,>',i' /, i; Att'j*»®'- Se in «npnre àaiis MiJiisnfr. Ile 
;. ^/^vt'AC/' jifuiiu. ftrr{>wA.c»Mf', arrosoir. 



'/;o....jir« i'.\. y},\. 



s ,,^.r.y*' ! , .' ^fl„, ;,^^ çj.^^ orsen . mille »aes pa»aixs;V 

**/». ,*^.i , .,>, /*v^jj>îta'j^^ ]»eD iif*^*;ft!*sarre5 ei yfin «l vcirL 
»- >//;>;/ /il )/< #111* '|A i^miuMr, lorsqu'il mangue de SvOxbflL.. 

'"'■' ' ' >• • •' • ' ' f- h. (yi'tiimç firKnale intermédiaire «eew? 

*^ 'Mià\,iii:<,tfi, 4,^ tiHîij '-iijrîjral/^nrb assez lôseî^ »nxi 



AS 51 

vains) pour porter le costume de la ville en tout ou en 
partie. 

Artuchaut, Artichaut. Le patois, comme presque toujours, 
reste fidèle à Tétymologie : artus calidi, membres chauds. 

Artuson, Mot français ; principalement le cosson ouïe cha- 
rançon des graines légumineuses et du blé. 

As, A, pour Au, eau, à la fin des noms propres, les charge 
un peu. Tétau, le dimanche, est Tétà sur semaine ou 
lorsqu'on est mécontent de lui. 

As de pique, La glande triangulaire qui termine le croupion 
des oiseaux et qui renferme Thuile dont ils lustrent leur 
plumage. — Synonyme de propre à rien. (MoUère). 

AscE, Outil de tonnelier, en forme d'ébauchoir d'un côté, 
et de marteau, de l'autre. C'est l'antique ascia, que l'on 
sculptait sur les tombeaux, pour engager, sans doute, à les 
respecter, comme dernier travail de la vie; ou bien pour 
indiquer une entreprise faite sur adjudication : les encans 
BxsiientMeu sub hast à, symbole de guerre ; les travaux 
devaient s'adjuger sub asciâ, symbole «le paix. 

AsE, Employé pour asne (d'asinus), dans ces locutions 
grossières : « que l'ase te fiche! » Viédase, « c'me in vie' 
dase en paradis, » c'est-à-dire inutile, sans emploi pos- 
sible. 

AssAisouNAGHE , Assaisonnement. 

AssAïSOUNER, Laisser les fruits cueillis attendre leur matu- 
rité, la vraie saison où on les mange. 

AssASiN, 0. B. Assassinat. 

AssASiNEUR. R. Assassin. Vient, comme Ton sait, des hom- 
mes dévoués au Vieux de la montagne, buveurs de has- 
chisch. 

Assavoir, B. A savoir : « faire assavoir. » Molière l'em- 
ploie. 

AssAYER, B, Essayer. » Assaye t'rjhou ! » prononcez as- 
seyer. 

Assécher, B. Verbe act. mettre à set; n'est que neutre en 
français. 

AssEMBLLÉE, B. Frairie, fête locale. Les plus solennelles sont 



52 AXJ 

celles qui tombent le jour de la St-Jean, parce qu'on y 
accueille, on y loue des domestiques. Tendance des fêtes 
ecclésiastiques à devenir industrielles. 

AssERER, R. (Assereré), affirmer fortement : « i' m' zou a 
ben asseré. » 

AssiAL, Chose quelconque sur laquelle on peut s'asseoir. 

AssiANT, subst. Séant : « i' s'est mis su soun assiant. » 

AssiNER, R. B. Assigner. Tout le monde autrefois disait 
siner pour signer, et on prononce encore sinet. Voyez 
Génin. 

AssiRK, Asseoir : « assire la bujhée, )> la lessive. Assire (s'), 
s'asseoir. ^ a^^i^-te-donc ! » 

Assoler, B. Tasser, affermir un sol, ou, comme nous disons, 
une sole. « o s' assoler a-i-KKec le temps, » 

AssoTÉ, B. Rendu sot par trop de faiblesse pour quelqu'un. 
Rabelais dit assoti. Le français a suivi notre patois. 

Assotiner, traiter de sot, trop habituellement. 

Assoumer, Assommer. 

Astrelogue, Astrologue ; mais ne s'applique plus qu'aux 
prédictions météorologiques : «il est boun astrelogue : 
quand o mouille , i' dit que j* bavons de la plleue. » 

Atout, B, Coup, tape, soufflet. 

Attaches, cordeaux, galons des vêtements de femmes: <ètre 
ben attachée, B. » bien vêtue, bien épinglée. 

Attendillon, Petit repas pour attendre l'heure d'un autre : 
« Jh'ai pas déj'hûné ; j'he n'ai pris qu'in attendillon. » 

Attenî, Atteindre. « Peu pas zou attenit. » 

Attiner, Mettre des futailles sur leurs tins. (Marine.) 

Aubarée, p. Lieu planté (ïaiibiers, de saules. 

AuBETTE, 0. Commencement deTaube, petit point du jour. 
4c Se lever dès Yaubette, » dès le Patron Jacquet. (Voy.) 

Aubier, B. {d*albiis.) Saule à feuilles d'osier. Employé par 
Bernard Palissy; conservé par H. de La Touche. Le saule 
marseau se dit chez nous sauze, ou même saiighe (v. ces 



ATI 53 

mots). Quanta Taubier, couche blanche des troncs d'ar- 
bres, nous rappelons auboiir. 

AuBOUR, B. Aubier. 

AuBOURNE, fém. Poisson blanchâtre , {alburnus), 

AuBUGHE» fém. Terre blanche [albugo)^ par Targile effri- 
tée ou la marne qui en fait partie. 

Au dreit de. Voy. Dreit. 

AuGHETTE, d'un mouliu : Petite auge où tombe le grain de 
la trémie. 

AUGOUMENTER, Augmenter. Renversement de la prononcia- 
tion latine , aougmentum. 

Au Heur, Au lieu. 

AuMEiN, au moins. It. almeno. 

AuMÔUNE, Aumône. C'est un des mots qui subissent le pluà de 
variantes en diverses langues : grec, Eleêmosynè ; lat. 
Eleemosyna ; it. limosina ; espagn. limosna ; franc. 
aumône ; angl. alms. Et toutes ces mutations ou abré- 
viations sont légitimes '^en philologie. 

AuMOÛNiER, R.^B. Qui fait libéralement l'aumône. 

AuMUSSB, Coup qui marque, surtout au visage. Allusion par 
antiphrase à la fourrure douillette des chanoines. 

Autant c'me, B. Autant que. C*me {comme) dans les com- 
paraisons, remplace que : « aussi bein cme moi. » 

Autant vaut ! Exclamation : C'est tout comme si Tâne s'é- 
tant accusé d'avoir mangé la paille qui garnissait la galo- 
che de son maître : « autant vaut, s'écrie le renard, que 
le pied s'y fut trouvé ! » 

« La tendre ohair eût été dévorée ! » 

Fr. Habert. 

Rude modèle de réquisitoire. 

Auteur» Cause, animée ou inanimée : « l'n'est pas venut, à 
Fauteur de ses occupations. « 01 est sa feignantiseçhi en 
est Vavieur. » 

Aut'fois, Autrefois. Voy. /be5 

Autres (nous), vous Autres. 0. Espagnolisme; autres 
ajouté surabondamment à vous, nous. 



54 AV. 

AvAciiER, Avachir. « Atacher son soulier, Téctiler, abat- 
tre le quartier. — S'avacher^ devenir un peu vache ; se 
dit de quelques femmes, à un certain âge. 

AvAiLLONS, P. Palourde de mer. V. lavagnons. 

AvALOiRE, Gosier. « Il at ine bêle avaloire, » dit-^n d'un 
ivrogne ou d'un gourmand. 

Avance, Accélération, avancement. « La bêle avance ! » 
français. 

AvANCî, B. : Approcher. Se présenter par force devant 
la justice : « t as bià dire, n'on t' Trari-avancî. » avan- 
cit, B. avancé. 

AvANGHER, R. Avancer à la marche ou au travail- 
Avant, adverbe, 0. Auparavant. 

AYANT-çhiiou, 0. B. Petite vrille pour percer devant un 
clou. 

AvANT-z-yer, 0. Avant-hier. On dit aussi avant-y er ^ en 
faisant y consonne, comme dans yole. 

Avec le verrou, 0. Au verrou. 

Avenant, Agréable à l'œil, convenable, qui sied, qui plaît, 
courtois, affable : « aie est bein avenante. » V. Re- 
venir. 

Avenî, b. Convenir. « naveint pas. nm'aveint pas»; 
dans les deux sens : cela ne me sied pas, ou ne me plaît 
pas. 

Avère (noix), Angleuse, difficile à extraire. Mot peut-être 
corrompu d'avare. Aussi a-t-on dit avère , et plus tard 
avare comme le Père étemel. A moins que ce dernier et 
impie proverbe ne soit détourné de avare comme le père 
Israël. On connaît, disions-nous autrefois dan« l' Union 
de Saintes, cet honnête modéré de la Bible, qui vendit si 
cher un plat de lentilles à son frère, un peu rouge peut- 
être, mais mourant de faim. 

Aveuglle, B. Aveugle. Aveugller, aveugler. 

AviRE-mowcAe (in), Un soufflet, surtout donné à revers. 
AviRE-wiarfo», idem. 



AY 55 

Avis (m'est), B. Il me semble, Vieux français, très usité 
chez nous. 

Avisé, Instruit, intelligent. 

Aviser, B. Regarder un peu, voir rapidement. R. Régnier. 

Avocat, avocate^ Fier, arrogant, présomptueux. « Faut 
point tant faire soun avocat ! » quelquefois : avoucat. 

Avoine, Se prononce souvent aveine, «omme dans le vieux 
français B. Gagner Vavoine, B. C'est, pour âne, cheval 
ou mule, se rouler sur le dos d'un et d'autre côté. 

Avoir. Voy. l'introduction. 

AvoLUER, Amender la terre. C'est pour avaluer, donner 
valeur. 

AvouRE, A cette heure. Mézit avoure , m'est avis à cette 
heure. Voy. Mézit, 

A vous ! Se dit seul par abréviation de : à vous, bonjour! 
A vous donc ! idem. 

AvY, Peut-être du lat. avis, oiseau ; commune bocagére de 
l'arrondissement de Saintes, canton de Pons. — Habi- 
tants ? 

AxcEPTB, Excepté. 

Ayet. Aguet. à Vayet de.,, à l'affût. Angl wait. 

Ayilonneu, b. id, et Guilanné (voy. ce mot dans le Glos- 
saire du centre, pour la chanson populaire, dont il donne 
quelques couplets, d'après M. Rathery). Ailleurs Guil- 
lonnée ; chez nous finalement, et par extrême corruption: 
Ayillon neu, aiguillon neuf. Nous avons encore vu dans 
notre enfance d'autres enfants de village se promener, 
le jour des Rois, de porte en porte, avec un aiguillon de 
bois tout neuf, dans lequel ils embrochaient les couennes 
de lard qui leur étaient données. Ils quêtaient aussi de la 
graisse et des œufs pour V ayillon neu, afin de faire des 
crêpes et de se réjouir, sans se douter qu'ils célébraient 
une fête druidique bien antique et bien mystérieuse. En 
effet, le cri ancien était-il au guy Van neuf! ou son 
équivalent, comme on l'a cru jusqu'à nos jours, ou bien 
Eghin an eit, le blé naît, la vie ressuscite, l'humanité 
n'est pas abandonnée ? Cette dernière explication, qui est 



56 



la plus probable, ferait remonter ce rite gaulois jusqu'atix 
fêtes phéuiciennes de la mort et delà résurrection d'Adoni» 
(adonai^ le Seigneur): trois jours de deuil, après lesquels 
les dames s'envoyaient mutuellement des pots de blé vert, 
en grande consolation, et réjouissance. La Pàque juive et 
chrétienne n'a nullement brisé avec ces primitives et naï- 
ves traditions. Nous donnerons, s'il y a place à la fin du 
dictionnaire une chanson moderne là-dessus. 

Ayillon, Aiguillon, du latin acutuSy aigu; du grec, akê 
pointe. 

Ayulle. Aiguille. B. ayulle de charrette, le timon. 

Ayuser, Aiguiser. 

AzERT, et Lazert. Lézard, du latin lacerta, ou lacertus, 

Nunc virides etiain occultant spineta lacertos. 

(ViRG.) 

Le vert lézard se cache au hallier le plus sombre. 



57 



B 



D- comme dans le Berry, ne se prononce pas chez nous 
dans les mots nobstant (pour non obstant), obstiné. 
Il se substitue au M dans bontrer (pour montrer) ; — 
(même en français : flambant ^ pour flammant) ; — au 
P, dans accoubller, dube (pour huppe) ; au V, dans 
bit on ^ biraud, etc. 

B (marqué au). Bossu, borgne ou boiteux. Suspect de malice 
et même de méchanceté ; ce qui ne serait pas étrange, vu 
les sottes plaisanteries auxquelles sont exposés, enfants, 
ces disgraciés de la nature. 

Baba, ou Bébé, Terme de nourrice pour dire saleté. Dimi- 
nutif de caca. (Aujourd'hui en français, bébé, de Fanglais, 
baby, signifie petit enfant ; et baba, une sorte de pâtisse- 
rie. tempora ! ) 

Babeluche, et Babeluchon ; B : Bobeluche ; petit insecte 
ou fétu, grain de poussière, atome quelconque qui fait 
tache ou nuisance. Diminutifs de Baba, au moyen des 
terminaisons italiennes uccio, uccione, 

Babet, Elisabeth. 

Babouin, Mot français, en d'autres sens ; chez nous, spécia- 
lement, un mannequin pour servir d'épouvantail. A. De la, 
embabouinéj mal fagoté dans ses habits : « la v'ià em-- 
habouinée c'me in babouin dans les cherves (chanvres). 
Dérive toujours de Baba, qui pourrait bien, ainsi que 
hobo, être parent de Thébreu ABOBOUT, ulcère, vilain 
mal. 

Babines, O. R. Lèvre inférieure et ses dépendances ou ses 
ressemblances. Du lat. Labium : L adouci en B. 

Baçhule, Bascule; baçhuler, basculer. Mot composé: 
bas-culer. Au sens actif c'est berner, faire sauter à quatre 



5S 



dans uQv? couverture, comme il advint à Sancho Pança< 
Un diminutif, c'est de prendre un homme à deux, Tun 
sous les aisselles, l'autre sous les jarrets, et de l'élever et 
abaisser ainsi plusieurs fois en criant jhan^ jhoill^ 
{su. giii italien). Cela se fait même aux jeunes filles, dans 
les fêtes de noces et de vendanges, mais avec décence , en 
tout bien et tout honneur. 

Badebet, B et R: (nom de la femme de Gargantua), qui 
ouvre bêtement le bec, qui bave aux corneilles : « ar'ez ! 
çheu grand Badebet! * 

Bader, Entrouvrir. B : bavarder. C'est de l'ital. btzdare, 
attendre, d'où badaud, qui attend, bouche béante. 
JBade7^ signifie aussi attendre, en Saintonge : « que 
bades-tn là ? > 

Comme en Berry, nous avions croyance au loup neuf 
jours badé et neuf jours barré, c'est-à-dire ayant là 
gueule neuf jours ouverte et neuf jours fermée. 

Baderole, J. féminin de Badebet, ou de badaud. 

Badigocs'es, et Badigoinces, R. Terme dérisoire pour dire 
mâchoires ou gencives qui badent, grande bouche 
goulue. 

Bagaghe, Canaille, tas de pas grand chose. 

Bague a signifié primitivement effets de corps fet provi-* 
sious; témoin la formule : vie et bagues sauves. C'est da 
celtobreton bag, bateau (bac) et bagad, batelée. De là le* 
bagages d'une armée, et les gens de peu de valeur quL 
s'y tiennent cachés. A. En Saintonge : « ol est 'dauL 
bagaghe, » est une terrible sentence. Bague, dans sa^ 
situation actuelle et propre, est une réduction bien consi- 
dérable des bagues d'autrefois. 

Bagou, B. ^owv Bagout et bagoull^ qui se disent quelque- 
fois. Bavardage importun, avec l'air important; langage 
de basse goiUe, indiscrète, impudente. 

Baillarghe, 0. B. Orge distique. Angl. Barley, orge. Da 
grec Blastos agrios, blé sauvage. 

Baille (in) pour une baille. Dimin. in baillot, de bailler I 

Bailler, B. R. Donner. Futur JA^ ôaVae, pour je baillerai. 
Ancien français, que dis-je? ancien chaldéen et hébreu: 



BA 59 

BAAL, bel, maître, seigneur, Dieu. De là bail et hailly^ 
àalise et baliveau, etc. 

On se figure que la pie, qu'on appelle ajhace, qui est 
voleuse et avare, n'a guère (l'autres expressions que celle- 
ci : baille, baille, baille; c'est tout son vocabulaire. Or, 
un jour, il y a bien longtemps, bien longtemps, elle serrait 
des gerbes de blé, de compte à demi avec le coucou. La 
pie faisait le gerbier, le coucou apportait les gerbes ; 
baille, baille, baille! criait toujours la pie ; le pauvre 
coucou s'ébaffait à charrier. Epuisé enfin, réduit à une 
maigreur proverbiale, il renonça pour toujours à une 
si décevante association. C'est depuis ce temps-là qu'on ne 
voit plus de coucous en Saintonge, du moment qu'il y a 
des gerbes dans les ôhamps. 

Baiser, (prononcez Béser), Cohabiter sexuellement, selon le 
grec baine. Le baiser des lèvres se dit biser, bisette et 
erabrassade ; échange de sens qui a aussi heu en français 
pour embrasser. Il existe près de Gemozac un groupe de 
moulins à vent et un joli bosquet dont le Ueu-dit est 
La Bisetterie. (Voy. biser.) 

Bajh-a-tout, m. et fém. Brûleur ou brûleuse d'ouvrage. 
Ital. bastaà tutto? 

Bal, Danse locale à deux, sorte de valse à deux temps vifs. 
Air sur lequel va cette danse. Du grec balle, jette (les 
pieds). Nous avons des bals (airs de bal) très originaux de 
chant et de paroles; nous voudrions pouvoir les noter en 
chiffres à la fin du Dictionnaire. 

Balan, B. et marine : Balancement , effet que le balancement 
prépare : « prendre son balan (son élan,) » « avoir dau 
balan. » Au moral, incertitude, hésitation : « être en 
balan. » Du lat bilanx, double plateau, d'où balance. 
— ^ P'r in balan » pour une fois. — « Grand balan et 
petit cot. » Ce que La Fontaine dit : « Tout père frappe à 
côté. » 

Balandra ; français Balandran ; La Fontaine a dit balan- 
dras. Grande casaque ou manteau que Y on jette (en grec 
balein) par dessus l'homme, en grec, ayidra» 

Balanzac, Commune de l'arrondissement de Saintes. Ce 
nom de lieu, comme une infinité d'autres, a pour finale 
ac, demeure, en basque, en celtique, et peut-être en latin, 



60 



par le renversement casa, racine de house et de hauss, 
en anglais et en allemand, signifiant maison. — Habitants : 
Balanzacais-aise. Ainsi de tous les noms de lieu en ac, à 
moins que nous ne marquions une exception. 

Balasse, français et berrichon : Couche de bâle d'avoine — 
méchante couche. — Dimin. baîasson, selle grossière 
pour les mulets. 

Baler, B. Surnager, flotter. Apocope de balancer. « Des 
maisons çhi balant sur Tève ; des navires. 

Ou « nos châteaux allés qui volent sur les eaux. 

Voltaire. 

BALERrr, La cresserelle ou épervier qriard ; peut-être de ce 
qu'il baie très bien en Tair « set (sec) c'me in Balerit » ; 
comparaison proverbiale. 

Balet, B. 0. Hangard rustique. Du celtique Hall (anglais), 
d'où nous avons fait halle, salle, salon, et peut-être 
hallier. 

Balier, b. 0. Et vieux français : plus doux et même sens 
que balayer. Du grec balle, jette. 

Balieur, Balieuses, Baliures, balayeur, balayeuse, 
balayures. 

Balise, (Marine) : Poteau indicateur d'une passe, d'un che- 
nal. Chez nous, arbre laissé ou planté pour marquer une 
limite, une devise (division). Voy. Bailler. 

Balot, Du lat. bassum labium, basse lèvre, lèvre inférieu- 
re ; grosse lèvre en général. En vieux français baxiliè^ 
vre. < Ay aussy ouy dire que, depuis (j^'i\{!Saint'Louis) 
fut retourné d'outre-mer, durant que j'étois à Joinville 
allé, il avoit faict brusler et marquer à fer chault le neys 
et la batdiêvre d'un bourgeois de Paris, pour un bla- 
phème (blasphème) qu'il avoit faict. » Joinville, vie de 
Saint-Louis. 

Balothage, Gens suspects : « ol est dau balotaghe. » V. 
meurgheail 

Balue, J. Balise, baliveau têtard. 

Bambocher^ B. Se mettre en bamboches, en pantoufles, â 
son aise. Faire ses caravanes, s'abandonner au plaisir. 
De là, bambocheur, et même bambocheuse. 



61 



Bamboches, 0. Pour babouches, pantouffles du Levant. 

Banastes, 0. Banastres, R. Franc. : Benâtes, paniers ju- 
meaux, qui s'adaptent de chaque côté du bât sur une bète 
de somme. Mot espagnol, venant du celt. Benn, qui était 
un charriot en osier, et même toute sorte de tissu d'osier. 
Il y a de ces paniers qui sont carrés, d'autres faits en 
côte de melon. Vov. Benaton, Bouteilles, Gourbillon. 
(Benn a donné en français et à d'autres langues, Fanne, 
bande, bandière, bannière, bandit, banni, bannette, yan, 
ca-ban et leurs analogues). 

Banc de boucher, 0. ou de marchand forain : Etal, Etalage. 

Banche, Argile disposée par bancs, stratifiée, dit le néo- 
grec. 

Bande de roue, partie du cercle de f^r (aujourd'hui d'und 
seule pièce) qui entourait les jantes. 

Banlin, (Banne de lin) ; franc, moins exact, Balin ; gros 
linceul ou drap de lit ; servait aussi de rideaux. 

Banlinee, Ce que peut contenir de grain ou de foin un 
banlin, 

Banliner, quelqu'un. Le secouer dans ses draps pour le faire 
sortir du lit, presque le berner (Benner ?) — Se banliner^ 
au contraire, se tourner et retourner à son aise dans son 
lit de paresseux. 

Banne ou Panne, Fanon des bœufs. Racine Benn ; ( mais 
le Languedocien bane pour corne, doit venir de penn^ 
tète.) 

Baptême, B. On ne compare jamais un c?A7*^^/6n (un homme 
ou une femme) à une bête, que l'on n'intercale : sans 
comparaison ; sous-entendu du St-Baptême. On dit 
aussi : sauf le baptême, 

Baquer, B. BaqueteVy (ne pas confondre avec banqueter), 
se dit des bestiaux qui boivent dans un baquet de l'eau 
mêlée de son ou d'autre médicament. 

Baragouane, onBaragane, J. Porreau sauvage. 

Barat, Tricherie, tromperie au jeu. D'où Barater, R. et le 
franc. Baraterie. Du celto-breton, barad, trahison. A 
rapprocher peut-être de l'hébreu BRD, grêle, d'autant 



62 



mieux que bâr en breton veut dire ondée riolente et 
accès. 

Nous avons encore vu dans notre enfance une trace de 
la coutume antique, connue depuis, de cracher dans son 
sein pour abjurer quelque chose. Voy. Ovide et Tibulle. 
Quand un de nos camarades avait triché et qu'il en avait 
la honte, nous lui disions : Eh! bien, crache barat! et il 
crsfchait à terre, pour abjurer sa tromperie et y renoncer 
dans l'avenir. 

Baraton, Froissart : Baratier, tricheur. Se trouve comme 
nom propre. 

Barbarin, ine. Mouton ou brebis à qui Ton a coupé les 
oreilles. Etym ? 

Barbe, B. Moisissure. « Çheu f rmaghe a trop de barbe, » 
Barbe en barbe, face à face. « Se rencontrer barbe en 
barbe, » Barbe-sale, sobriquet de quelq. chiens et de 
quelq. hommes. Barbe vient du celt. bar, homme, d'où 
baron, varon, vir, etc., de l'hébr. BR. créer. 

Barbecane, Barbacane, bardecane, Meurtrière, fente 
aux murs des anciens châteaux par où on canardait 
l'ennemi. 

Barbiaire, J. Breviaii'e, (abrégé, souvent long au dernier 
point). 

Barbis, B. et Berbis ou b^rbis, Brebis, du lat. vervex, 
mouton, (sujet au vertige au tournis). 

Barbot, b. (bête barbue?) Tout insecte, mais surtout de la 
famille des carabes ou scarabées. D'où peut venir barbota 
s'il ne vient pas de barbe ? 

Barbote, Sort jeté, ensorcellement : « Çhèle veille sorcière 
lli a baillé sa barbote. » 

Barder, Barrer. La marine conserve Embarder. 

Bardis, : Baradisse, de Barre ; français, mais en marine 
seulement. Cloison de chambre, surtout en bois. 

Bardrâ, Peut-être pour Bat draps. Battoir des laveuses 
de lessive. C'est un T en bois, d'une seule pièce , épais 
comme une planche et à ailes élargies. Voici un jeu de 
mots en énigme sur cet instrument : < Si vous lavez 



BA 63 

(lavez) ne me le prêtez point ; si vous ne lavez pas, pré- 
tez-me-lou. » 

Barguenâ,-nià, Petite berge de foin. 

Barne, J. Ailleurs, berne et beiirle, la berle, plante, simn 
du celt. bêler y dit Lesson, qui signifiait cresson. 

Barnessart ou i?^rn^^5<xrrf, ancien logis près Gemozac. 
Signification : Grange à Tessarté, au défriché ; ou du bas- 
que Barnetche, maison dans un lieu creux. 

Barra, Barreau de chaise ou d'échelle. On dit aussi bâton 
etrolon, et ralon, Vov. 

Barre, Sans rien ajouter , signifie barre de fer à faire des 
trous en terre, ou barre à barrer. On dit comme en 
Berry, la barre du cou pour la nuque : « se casser la 
barre du cou, » Du celt. Barr, même sens que barre, 
et signifiant aussi homme. 

Barré. ( Voy. Bader ). 

Barricoter, Barricader. 

Barricot ou Barriquot, Quartaut, diminutif quelconque 
de la Barrique ou futaille à Barre. 

Barzan, xGommune de Tarrondissement de Saintes, dont la 
position sur la Gironde et le nom nous offre de l'analogie 
avecleiViaJarw^d'Ausone. Habitants: Barzanais — aise. 

Bas (à), A. Pour à terre : « jeter à bas, » pour jeter bas. 
Du grec Bathos, fond, par l'italien basse. — Bas pour 
profond : < çheu poi (puits) n'est pasôas; il a tant de pieds 
de bas, * 

Bàselit, Origan (Lesson), (ocymum. Linnée). Le nom de 
cetteespèce de marjolaine signifie rogal. C'était en effet le 
roi des parfums pour nosjhénes filles, dans le temps où, 
par vieille habitude, on appliquait le mot roi à ce qui 
était bon. 

BÂsi, Disparaître. Du grec basis départ, en latin evasio. 
* n a bâsit », il a disparu, est le pur latin evasit. 

Bas-lieu, Pour banlieue (lieue sujette au ban du chef-lieu) 
méprise de terme partagée, par plusieurs facteurs ruraux. 

Basse, B. P. Petite cuve portative, ovale d'un côté, plate 



64 



deFautre, afin d en poser deux sur une bête de somme, 
pour voiturer de la vendange ou autre chose. En Guienne, 
ce sont des basteSy ce qui nous donne la vraie étymologie, 
le grec bastazein, porter. 

Basse heure, Environ trois heures après midi. Jhaute 
heure^ environ neuf heures du matin. Cela rappelle la 
division du jour chez les Romains, qui l'avaient peut-être 
empruntée des bergers de Fltalie, pays de pâturage, 
(Italos, veau.) En Saintonge, quand ol est jhaute heure, 
on ramène les bestiaux à Tétable, ri on met en parc; et 
à basse heure^ on remet les bètes aux champs^ rton 
touche, 

Bassée, B. Bassie^ petite auge en pierre, contenant à peu 
près une basse. 

Bassin (blond comme un), B. Sous entendu ; de cuivre. Se 
dit surtout des enfants. Le roman de la Rose emploie cette 
comparaison. 

Bassinet (cracher au), R. Fournir une contribution en 
argent, comme on mettait Tamorce à une arme, dans 
le temps des bassinets, que les capsules ont remplacés. 

Bassiot, Baquet. Diminutif de Basse. Les paniers en plan- 
chettes des maçons, et, depuis plusieurs années, des 
vendangeurs, s'appellent chez nous des bassiot s, 

Bassivail, J. Marmaille. De bas, d'où vassal, vavassal ; et 
en Berry, vassive et vassiveau, brebis ou mouton 
d'un an. 

Baster, Suffire. Ancien français etitalien : bastare ; basta^ 
il suffit, disent les Itahens : de là notre exclamation : 
bast! ou bah! que m'importe! basterat, cela portera. 
Du grec bastein, porter. 

Nous ne pensons pas que le prénom Bastien vienne de 
baster ; ce doit être une abréviation de Sébastien, véné- 
rable, auguste ; comme Polion de Napoléon, et Colas 
de Nicolas. 

Bastille, F. : Bastide, bâtiment, maison. Nom de 
locahté. 

Bastringue est féminin en patois. Étymologie ? C'est peut- 
être un terme d'argot. Nous le prenons en mtfuvaise part. 



BA 65 

Batâ, Bateau. J : bateau, tandis que toutes les autres ter- 
minaisons en eau deviennent ta. Du celto-breton bac. 
angl : boat, que nous prononçons bot, 

Bat-agheace (traquet) Pie-grièche. 

Bat-aigaily raine jaune ou grenouille des prés. 
Bat^ouette, c'est-à-dire bat-queue, hochequeue, ber- 
geronnette. — Femme svelte et gracieusement dégagée. 
5a ^-J9at*ie (canard), canard domestique commun. 

Batail, B. R. Battant de cloche. 

Bataillon, adject. Querelleur. « Çheu drôle est-i' donc 
bataillon ! » 

Bataisons, B. Souvent prononcé batesons, temps et action 
de battre le blé ; action non diminuée, mais temps bien 
abrégé par les machines à manège ou à vapeur, aujour- 
d'hui généralement adoptées. 

BÂTISSE (ine). Un bâtiment, vieux ou neuf. « Vlà ine bêle 
bâtisse. » 

Battablle, Qui mérite d'être battu : « tu creis donc, chin 
d'enfant, que tu n'es pas battablle ! » 

Battis (terrain), Battise (terre), sol glaiseux ou argilo-sili- 
ceux, qui durcit sous la pluie, qui est, disons-nous, sujet 
à batteresse. — On dit d'une femme qui a un mari bru- 
tal ; « al est c'me la terre de Bllanzat, sujhette à batte- 
resse. » 

Batterie, B. Accord des fléaux battant le blé, et tombant 
chacun à son tour ; ce qui était bien mieux rhythmé qu'en 
Guienne, ou chaque côté de la troupe frappait à la fois ; et 
ce qui valait incomparablement mieux qu'une Batterie de 
canons. 

Battre, B. Pris absolument, signifie battre le blé, le dé- 
piquer. 

Battresse ou batteressCj Action d'une pluie violente et 
surtout delà grêle qui battent le sol et les récoltes. « j 
at oyut grand battresse. » Voyez Battis. 

Bauches, Lieux incultes, terrains vagues. — Nom de plu- 
sieurs localités, où existent encore des bruvêres et des 
bois. 

Ce mot est remaranable. Il vient d'un radical du nord 



i). 



Cfi 



d'où l'anglais a tiré Walk, promenoir, et balk terrain 
laissé de côté par le labour, et aussi, sillon ( dernier sil- 
lon.) 

En ce dernier sens, nous avons baiiche ou baughe^ au 
singulier, point de départ pour tous les jeux d'action. 
« Avoir ]}\eAkbanghe,y^ être solideàson poste. Baugher, 
mesurer. 

De là évidemment le français ^;n&ai^c^^r, débaucher; 
la bauge du sanglier, et peut-être la jauge. 

Baudrer, et BouDRER, Salir de boue ou de bouze. De là, 
baiidrous, et baudrouse, adjectifs. 

Baughe, Voy. bauches. 

Baume d'acier. Se dit de l'instrument du dentiste qui guérit 
le mal en arrachant le membre ; méthode expéditive, mais 
trop primitive, et qui se civilisera. 

Baurre, Baurrer, Se dit au heu de bourre, bourrer ; et 
le nom est masc. « Dau baurre, » s'applique particuliè- 
rement à la couche de paille que l'on met dans les sabots. 
« Traiter c'me baurre de galoches, » expression de sou- 
verain mépris. 

Baurre ou bourre, c'est le grec Pyrrhos, couleur 
de feu, parce que telle est ordinairement la couleur du 
poil de bœuf et de plusieurs autres bêtes, telles que la 
bourrique y en français, eiperro^ le chien, en espagnol. 
Le bourreau, l'homme rouge, et Burrhus et Pyrrhus^ 
hommes à cheveux rouges, et la danse Pyrrhique des 
anciens et la perruque des modernes n'ont pas d'autre 
étymologie. Enfin bourriquet et perroquet sont le même 
diminutif appliqué à deux animaux rougeàtres bien diffé- 
rents. Rosse, lui-même, de l'allemand ross, rouge (qui 
nous paraît être la fin du mot PyiThos), vient très proba- 
blement de ce grand radical Pyr, le feu. En allemand, 
ross est un cheval plein de feu; en français, rosse j 
roussin, rossinante sont le contraire, étant pris en 
moquerie, comme il arrive à la plupart des mots traduits 
du langage d'un peuple ennemi. 

Bavard, outre le sens français signifie Menteur. Bavardise, 
raenterie. 

Bavasser, augm. de Bavarder. 



^ • 67 



Bayous, Barouse, B. Baveux, baveuse. 

BÈ, Bê, Cri d'appel pour les brebis, en imitant leur bêlement, 
comme Agnelet, dans V Avocat Fathelin. 

BÉBER, B. Boire, en terme enfantin ; lat. bibere. Espagnol 
beber, Vov. Bubu, 

Bêché (œuf) B : Ebeché , pour becqueté, français bisché, 
œuf couvé dont le petit poulet a commencé de briser la 
coquille avec son bec. 

Bêchée, B. et souvent Uchée, becquée. 

Bechoter, diminutif de Jé/c^er, travailler à la bêche. Les 
diminutifs en oter s'adaptent à une foule de verbes sain- 
geais : mangheoter, bevoter, liroter, etc. 

Bedoche, et le diminutif Bedochon, petites bêches, ou plu- 
tôt petites 7narres et marrochons, à deux houës. Quant 
à bêche ^ il vient du celtique bec. 

Bedondaine, R. augmentatif de Bedaine. 

Begasse, Beccasse. 

Begauder, J. Bégayer. 

BÉGUER, id. 

Bein, Bien ; se prononce bin. Voy. Ben. 

Beinfait, F. action bien faite. C'est souvent une ironie : on 
invitera l'auteur d'une maladresee à venir admii^r son 
beinfait. 

Beinprou, Beaucoup, ITien prou ; du^at. probe, assez ; vieux 
français. On dit encore peu ou prou, et en faire son prou. 

Beintoû, b. Bientôt. 

Belard, J. Bélier. 

Bêler, Bêler. Ironiquement, crier, pleurer. 

BÊLESAMiNE, (Belle-Zamine? cherchant un sens à défaut de 
l'étymologie) Balsamine, du grec balle, lance (ta graine). 

BÉLEMÊRE (Peigner en), en marâtre : à rebours, •« en mon- 
tant en j'haut. » 

Belin, b. etB'RLiN, Bélier. — Ver qui $e trouve dans les 
cerises. 



08 



Bélître, fém. Geôle mobile, en forme de cloche, pour tenir 
la volaille captive. Voy. Mue. 

Beluire, Bel hiiys, belle porte, ou belle-vire, beau tour- 
nant? Commune de l'arrondissement de Saintes, canton de 
Pons ; joli site sur la Seugne. — Habitants ? 

Beloû, B : 5^/0 (bellots), Terme mignard pour appeler les 
pigeons. 

Belouse, Vieux franc, abrégé aujourd'hui en Blouse, à la 
manière du patois. 

Belugher, et Blicgher, Fourmiller — pétiller en bluettes. 
De la langue d'O : bouluga, remuer vivement. Bluettes 
est pour bouluguettes, 0. étincelles, et sorte de danse. 

Belughière, J. Fourmilière. 

Ben, pron. 5*n, bien. Bé devant une consonne : « ol est bé 
sur. » 

Benaise, pron. benése^ bien aise. Subst. enBerry, ainsi que 
benaiseté. 

Benasse, Terme de mépris, affecté, pour le bien, c'est-à-dire 
• pour la propriété de la terre, le bien suprême aux yeux 
des paysans, qui en furent si longtemps les esclaves. 
« Jh'ai p'rtantine goulée de benasse. » 

Benates est français. Voy. Banastre. Mais il y a en B. le 
dim. benaton. 

B'rbeler, b : Dardeler, mot expressif : désirer avec tant 
d'ardeur que Ton est prêt à bêler, à crier, et que les 
lèvres tremblent. Voici un vieux quatrain : 

« Tu vois que jh' sech', tu vois que jh' mêle, 
O fumer dure c'me in landier ! 
D'peux r temps qu'o y at que jV te barbelé, 
N'as- tu donc ren p'r m'apacier ? » 

Berbis, b. Barbis, et souvent b*rbis, brebis. C'est l'ancien 
français et quasi le latin. Nous avons en chanson, ber- 
Mette, qui est joli. 

B'rceau, Bercer, Berceau, bercer. 

B'rciiot, B'rchut, Brèche-dent, qui a brèche en sa den- 
ture. 

B'rchoter, le même que bechoter. Voy, 



09 



B'rdadà, B. on. Grand bruit, surtout d'une chose qui tombe. 

BARDASSE, Adj. des deux genres, brouillon, brouillonne; qui 
se donne beaucoup de mouA^ement pour rien. B'rdassier^ 
ière, id. 

B'rdasser, ON. Tracasser, ON. B : berlasser. 

B'rdindin, on. Son métallique, tintement. — B'rdingiierj 
faire un tel bruit. 

B'rdouner, b. on. Bourdonner, ON. 

B'rgau, b : Brigaiidy Burgau, escargot de mer. ( Gris et 
capuchonné, comme certains moines vêtus de bure. ) — 
Le blaireau, à cause de sa couleur. Lab'rgauderie, nom 
de localité, dans des landes, où il y avait des blaireaux. 
— Gros frelon noir. — Excroissance velue à l'églantier. 

B'rghe (ine) B : Èraye, Une maquette à tiller le chanvre. 
Racine, broyer. 

B'rgher, tiller le chanvre, le mettre en fragments, appelés 
aigrettes. 

B'rgheon, Dim. du latin Brève. Sillon plus court que les 
autres, ne pouvant aboutir aux chaintres (Voir ce mot) .^ 

B'rgheounée, Pièce de terre ou partie de pièce en ôV- 
gheons. 

B'rgher, B'rghére, b'rghérie, berger, etc. à^berg, mon- 
tagne, en allemand. 

B'rghére, B. Bergeronnette, oiseau, bat-couette. 

B'rlan, Berlan, jeu (aïlemand, ver-land ?) — Cancan. 

B'rlander, cancaner, ébruiter un scandale. 

B'rlière, a. Bélière en franc, l'anse d'une cloche ou d'une 
médaille ; chez nous, l'anse d'une basse ou d'une com-- 
porte, Y oy. ces mots, et orlière. 

B'rlin, Pour belin, bélier, et ver de cerise. 

B'rlué, Berlue. 

B'rlurons et B'rlusonSy Menus restes de quelque chose, si 
petits, si atomiques qu'on a la berlue à les compter. 

Br'lusA, nom de locahté, et nom d'homme ; d'homme en 
mauvaise renommée, d'après le proverbe : « Fidèle c'me 



70 



B' rlusà çhi voloit le lard à son pere. » Les voleurs 
essaient de donner la berlue. 

B'rluter, B. Scintiller de manière à éblouir, comme la lu- 
mière d'été sur certaines surfaces. — mîix)iter comme un 
reflet sur Teau. — Papilloter, comme la neige fine, etc. 
V. Vrtiller. 

B'rnard, Le derrière, le cul. Du celt. Bre^xn, français Bran, 
son de farine et de scie, puis ordure. De là le nom défavo- 
rable de quelques localités malsaines : La Brenne, en Ber- 
ry, et peut-être la Bresse. Chez nous, on joue sur le nom 
d*homme Bernard (qui vient de hern^ sommet, éléva- 
tion), et le confondant avec Y d^ive Bernard o\xB'rnard, 
on le dit en riant, « parent à tout le monde. » 

Ber^îe, Se prend pour bermede chemin, et aussi pour berge 
de fleuve. Ce dernier est du celto-allemand berg, monta- 
gne, les deux autres du celto-breton bern , tas, sommité ; 
d où la ville de Berne, en Suisse, et le bourg d'Epargnes, 
en Saintonge, {Es^bern, Es-pern). 

B'rneuil, Berneuil, berniculus, petite berne, petite émi- 
nence. Commune de l'arrondissement de Saintes, canton 

. de Gemozac. — Habitants : Bemeuillais-aise. En plaisan- 
terie, B'rneuillon-oune. 

B'rmques, En Berry, ce sont besicles (latin bis oculus); 
Et là comme ici il pourrait être le mot besicles, mal pro- 
noncé. Chez nous, b'rnique n'est qu'adjectif, ainsi que son 
diminutif b*rniquet, Vrniquette, et signifie qui tracasse 
vivement, mais sans ordre ni attention et en faisant nom- 
bre de bévues. De là notre verbe b'rniquer. 

B'rtau, Du latin VerUj broche, du celt, bir, flèche (vieux 
français, vireton) cheville plantée sur chaque bout du joug 
à lier les bœufs d'attelage. Dim. b*rtauquet, b'rdauquet, 
que l'on peut écrire Urtoquet, Vrdoquet, loquet, cla- 
vette, engin quelconque servant à fermer quelque chose, 
fût-ce les anciennes chausses, à défaut de boutons. .BV- 
dauquet est quasi d'une aussi grande ressource en patois 
que Machin ou Machine en français. 

B'rtaud, Nom pr. et nom du roitelet {Rob'rtauâ). B'rlau- 
derie, nom de lieu. Viennent-ils de Berth, brillant, com- 
me Berthe et Robert (rouge brillant), ou bien du breton 
berr, court ? berteaut, courte langue; brehaf^n, (vieux 



71 



fr. brehaigne) c.-à-d. berr-gana, courte à produire, fe- 
melle stérile; berr huch court cochon.blciireaii, et peut- 
être burgau, (voy. ce mot), qui aurait donné sa couleur 
à la bure au lieu de la lui avoir prise. Ce qui nous fait op- 
ter pour cette dernière origine, c'est que Bertauder si- 
gnifie tondre ras , ccuper les cheveux court (et non pas 
inégalement.) « Ma fille, écrit la bretonne madame de 
Sévigné, qui vous a donc ainsi bertaudée ? » 

B'rtiller, B. Scintiller plus vivement encore que ce qui 
b'rlute, Ex. les étoiles. 

B'rton, B'rtoitner, B. ON. ^Etincelle, étinceler. On joue 
sur ce mot quand le feu b'rûoune trop fort, en disant : 
4c les V rions battrant-ils les français ? » D'autres fois 
Ion s'amuse à faire jaillir des b*rtons^ en répétant : < au- 
tant d'pculett à Pâques ! » 

B'rtrèche, parole libre. 

B'rvaghe, Breuvage. Vieux français ; voy. Froissart. Par 
suite abrever. Les anglais, anciens normands, disent en- 
core beverage, 

B'rzille ! Si la fileuse, aux veillées, ne dit pas vivement ce 
mot, quand son fuseau lui échappe, le garçon qui le dit 
avant elle a droit de ramasser le fuseau et d'embrasser la 
fileuse, 

« Cette paresseuse fille, 
Qui dort... etc. » V. Hugo. 

B'rziller, b. Bressiller, ON, Comme briser; rompre ou se 
rompre en très petits morceaux. 

Besson, Bessoune et b'sson, b'ssoimey B. 0. Frère 
jumeau, sœur jumelle. Du lat. bis, deux fois ; comme 
jumeau de geminus, double. Dubartas cite les bessons 
de Dèle (Delos). George Sand, plus heureuse dans la 
Petite Fadette, célèbre deux bessons. 

Besq, p. Gui. Lat. viscus. 

Bet, Bec, mot gaulois. Nous gardons néanmoins bêchée et 

aVcher. Bet d'osâ, bec d'oiseau, sorte de raisin blanc. 

— bet de jhar (bec d'oie) coquillage bivalve, espèce de 

palourde marine dont le pied sort comme un petit bec 

d'oie.*' 



s BC 






PéTE, Bétà (masculin) B :« Grand hète! grons bétâ! >Marot 
ei Palissy emploient beste en ce sens. 

BÉTES, Au pluriel, se dit pour toute espèce de bétail, bœufs, 
chevaux, brebis, etc. 

Boun' mère, disez-me p'rquoi 
Çheu monsieu fait poure à noû bétes ? 
— A' cVgniant las habits d' fêtes : 
Ar avant meis d'esprit qu' toi. 

Béte à chagrin, B. Animal domestique peu docile et 
fâcheux. S'applique quelquefois à la bourgheoise. Com- 
bien les bretons sont plus galants ! chez eux maoïiez, la 
femme, c'est réjouissante. Il est vrai que ce sont des 
marins. 

Béte faraniine, B. bète sauvage. Confusion de 
farouche et de Varmine. (Voy . ce mot.) 

La male-bétey B : la Grand béte, la Ganipote. (Voy.) 
le loup-garou, le diable. En 1763, 4 et 5, la bête du 
Gévaudan fut longtemps prise pour la male-bète; 
c'était un loup armé, dit-on, de quarante dents, qui fît 
beaucoup de ravages et efifraya longtemps même les 
chasseurs. 

BÉTiAiRE, Bétail. Bestianum, basse latinité. 

Eedde, Génisse, de bœuf. Diminutif : beudiche ; Berry, 
baiidiche, moins bien dérivé. Beudet, veau : diminutif : 
beudichon. De là le verbe beiidicher, vêler. 

Beugne, b. Gonflement à la suite d'un coup, surtout à la 
tète. Bigne, en vieux français. Villon. 

Becrbe et Bourbe, même effet plus fort. 

Beurgne, Plus fort encore ; s'applique aux chaudrorià bos- 
sues : tous ces substantifs féminins, et l'adjectif français 
Borgne nous paraissent dérivés du celt. bern, élévation. 

Beurgner, Faire une beurgne, 

3EURLAY, lay, demeure, beur à beurre ? commune de l'ar- 
rondissement de Saintes, canton de Saint-Porchaire. 
Habitants ? 

Beurlet (in), Bourlet ou bourrelet. 



73 



Bevandè (la), Boisson quelconque, autre que Teau, en provi- 
sion pour le jour ou pour Tannée. 

BevoNS, Buvons. EnBerry, boirons, que Ronâard employait 
toujours : 

Boivons les ondea sacrées 

Consacrées 
Au Dieu qui nous poinct le cueur. 

Le Saintongeais se rapporte à lltal. bever. 
Beyin, Béguin, coiffure d enfant, du bec, qui bégaye. 

Beyine, Petite javelle de sarment, représentant, d'une façon 
fort grossière, un enfant coiffé du béguin. 

Beyinée (Serpent), Couleuvre à collier, confondue à tort 
avec la vipère et très redoutée. < Méchant c'me ine ser- 
pent beyinée. ^ 

Beyut, Bégu. Pois beyiit, sorte de lupin. 

BezoI*, b'zôt, Terme de nourrice : ventre d'enfant. Diminu- 
tif de bedaine. 

BiÂ, Ëeau ; pluriel : btas. Mais le féminin est bêle, « La 
mariée est trop bêle, dit-on aux gens difficiles, o faut li 
coper le nez. » Ëerry et vieui français : biau. 

Biau, J. Vanne de moulin à eau ; pour biez, via, 

Biasse, 0. Besace. 

BiBER, « Biber tintëùf. C'est Tavaler tout cru, dit le voca-* 
bulairè du Berry. » Eh ! bien, en Saintongeais, biber, 
c'est demander avec importunité ; guigner, guetter un 
objet de désir, pour l'avaler, en quelque sorte, de même. 
Que hie biàes-tn donc là ? Du latin biber e, boire. En 
français : il la boit des yeux. 

Biche (Tète à). V. Tètè. 

BicHOUNER, Bichonner. 

BiDAlLLON, B. Méchant petit bidet. 

Biens (les), la Prestation en nature pour la réparation des 
chemins. Né vient point du français bien, mais du grec 
baine, va, via. On a dit autrefois les bains, pour lefe 
bans. 



BiCAiL, Bétail considéré comme objet de maquignonnage. — 
L'acte de trafiquer ainsi, de 

BiGAiLLER, B : Blgager, qui donne 1 etymologie, gage 
contre gage ; Limousin : biga, 

BiGAiLLON, Petit maquignon, qui bigaille, — Moustique, 
bibion, cousin (petit bétail). Bigail se dit aussi en ce 
dernier sens. 

BiGHEARRE, Bizarre. Deux variantes de bigarré, deux ^fois 

varié. 
BiGHEARON, le même que Boughearon. Voy. 

BiGLLE, adj. Louche, bis oculus, double œil, double regard. 

BiGLLER, Loucher. — Fermer un œil pour viser. On dit 
aussi bicller. 

BiGNET, 0. Beignet. B : beugnet, beiignon. 3: bignon, 
de baigner. 

BiGDENOCHER, Boîter, marcher difficilement. Bi-guenigher. 
Voy. Guenigher, 

BiGUENOCHON, Bigueuoton, petit boiteux. Aller de higue- 
nochon, en biguenochant. 

Bille, Bouture. Le vîme prend de bille. Bille, petit bâton 
dont le moissonneur se sert pour nouer le lien desjgerbes. 
Billot, petite bûchette ; de là le verbe billoter,- briser en 
mille petits fragments. 

Billet, Très-usité dans cette locution : Jhe t'en donne 
(avec un mot plus énergique) mon billet. C'est une affir- 
mation solennelle : C*me si le notaire y avoit passé. 

Biner, Donner la deuxième façon à la vigne. Le mot est 
français ; mais une dérivation Saintongeaise, c'est le nom 
de l'ortolan, appelé chez nous binetû, comme s'il faisait 
toujours au vigneron cette question : bines-bines-bines- 
tu? à quoi l'on prétend qu'un bon Saintongeais du bon 
Dieu répondit une fois : « Non, mon p'tit osa, jhe bêche. » 
(Pour la première façon). — Il y a eu la coiffure à la 
binetû. 

BiOR, Butor, espèce de héron. « Brômer c'me in bior. » 

BiQUER. Diminutif de biscr, donner un baiser. B : biger, 
bichcr. 



iO 



Biquette, Petit baiser. 

BiQUOT. Chevreau, petit delà bique. Français : biquet. 
BiQUOTTER, Mettre bas, en parlant de la chèvre, qui a géné- 
ralement deux petits : {bis, deux fois.) 

BiRAUD A. et Birot, dimin. d'un mot libre (voir plus loin). 
« Mon petit biraud, » dit-on volontiers aux enfants. 
Quanta JS/ro^, il est devenu un nom propre. (Y. Cou- 
nill, ) 

BiRBOQUET, Pour jBilboquet. La h\\[evire effectivement. 
Nous verrons, au contraire, virebrequin pour vilbre- 
quin. 

BiRŒuiL, B. Louche, de vire-œil. 

BiROLET, Bistoquet, diminutif de biraud : « in drôle de 
bistoquet ! » 

BiRON, D'un nom d'homme, viron, baron, brave. Commune 
de l'arrondissement de Saintes, canton de Pons. — Habi- 
tans : Birounais-aise. 

BiSAiGRE, Un pftu aigre. Bi semble être ici la particule béy 
me y qui détourne l'acception et signifie mal. 

Bise (ine),'un baiser. 

BiSER, Le même que biquer. Il est aussi substantif . 

BissAT, Bissac. Voy. Masse, 

BissE, Le rouge-gorge, russe {ross, rouge) en Angoumois ; 
oiseau qui revient avec la bise ou vent de Nord-Est, en 
celtique bis. Aux écoles de village, la plupart des petits 
Saintongeais, quand ils récitent la première fable de La 
Fontaine ne manquent pas de dire : « quand la bisse fut 
venue, » au lieu de la bise ; ils pensent à l'oiseau et non 
pas au vent. 

Par une conséquence naturelle de langage, que les sa- 
vants ont voulu nommer catachrèse, on a la bisse, lors- 
qu'un vent froid vous fait venir une goutte d'eau au nez. 
Nos bons vignerons ne se doutent pas qu'ils [font des ca- 
tachrèses. 

Bisquer, B. S'ennuyer, être contrarié. Parait venir du jeu 
de paume. 



i6 



Bit, B. B pour V. de vis, force, comme vir, homme par 
excellence. 

Biton, b. Titre de qualité : « in bon biton, » Du nom pré- 
cédent. — N. prop. Le verbe biter, se dit quelquefois. 

Bllanc (Tout à), B. inondé, couvert d'eau. 

Bllanc, b. 0. F. Monnaie ancienne : « six bllancÈ, » deux 
sous et demi. 

Bllanchard, b. Blanchâtre. Nom d'homme et nom de 
bœuf. Yoy. au mot Nom, 

Bllancher, 0. Mégissier qui blanchit les peaux. 

Bllancdura, R. Blancdureau ; sorte de pomme dure et 
blanche. 

Blanzac, Chef-lieu de canton dansrAngoumois,adonné heu 
au jeu de mots sur une femme battue : « a'semblle la terre 
de BUanzat, aie est sujhette à battresse. » 

Blla-ye, La ville de Blaye, que les Parisiens disent B laie y 
lat. Blavia, 

Blleud'zî, b. Bleuir : interposition du d^^roman, comme 
dans aplat zî et beaucoup d'autres. 

Bllonde, Molène, bouillon blanc. 

Bllouc (faire), ON. Jeter dans l'eau' un corps lourd. — 
Plonger. 

Bllouquis, J. Plongeon, bruit de l'action déploûger. 

Bllût, Fém. blhie, B. 0, bleu, bleue. A. écrit hluf. 
Dicton : « œils blhity maison en brut (bruit). » Eu^ qui 
se prononce encore u dans J'ai eu, et dans tous les mots 
gascons, se prononçait de même dans bleu au xvi® et au 
commencement du xvii®siècle, où nos paysans demeurent. 

Blluter, Faire voir des bluettes, éblouir. 

BoDicHÈ {Tout patin), famihèrement (en mauvaise part) 
pèle-ttièle, en grande liberté d'attoucheftientô. 

BoEu' (Langue de), Vipérine dans le Berry ; sauge des prés, 
chez nous. 

« Laissez faire aux quatre Bœufs de devant! » Rabelais. 
Soyez tranquille ; comptez sur notre énergie. Proverbe. 
Chant de l'alouette, selon nos Gauloises : tant qu'elle 



4 4 



monte : « monte en sus, n'jhurerai p us ; monte en sus ne 
j'hurerai p'us. » Quand elle descend : « tète bleu, corbleu, 
morbleu ! quatre vaches ne valent pas mon Bœu. » Pour 
les noms de bœufs, voy. nom. 

BoGUET, Pour Boquet, écope de saunier ; passée en usage 
dans Fagriculture. 

Boire sur telle ou telle chose. B. sur la sauge, sur des clous 
rouilles etc, etc., en prendre Tinfusion. 

Ce verbe fait à l'imparfait \jhe bevis , au passé : jhai 
êw^, ausubj. : que jÂe hoijhe. Boit sans soi (pron. 
hoiié sans soue), B. surnom d'ivrogne. 

Boire, subst. < dau hoire, » de la piquette , de la boisson. 

BoiRiE, Profession de boire. Tous les verbes et plusieurs 
noms fournissent ainsi à volonté des dérivés substantifs : 
mangerie, louberie, etc, on en varie même les finales : 
Ex. : « ah ! (peste soit) de tes hoiries et de tes hoir an- 
gheSy et de tes hoiries étout ! » Quelle richesse d'idiome ! 

Bois (Porter bin son), B. Etre grande femme et cependant 
marcher droite et avec aisance. Pas indispensable de 
marcher droit. 

BoisiLLER, Habitant du pays bocage, par opposition à 
Champanais, 

Boisson, Fém. B. Piquette, et particulièrement eau passée 
sur les raffles ou râpes. On en pas3ait à plusieurs fois, ce 
qui donnait « de la première et delà seconde boisson» ; à 
présent, on distille volontiers les raflBles, pour en extraire 
de Teau de vie. 

Boisson, masc. B. Buisson. « Battre les buissons p'r qu in 
autre prenghe les merles, ouïes maries. » Rab. Proverbe. 

Boite, féminin {oi bref), qualités potables du vin ou de 
quelque autre boire : « il est de bonne boite, » 

Boite, Ro. appât pour la pèche. Angl. hait, 

BoiTOÛ, Boitouse^ boiteux, boiteuse. Boitouser^ bcîter, 

Bômî, Vomir. 

Bon, féminin bonne, « J?on c'medaubon pain. » «Çheul 
houme, ol est tout ce que n'en peut voir de -Bon. » B. 

Bon-Dieu (le), B. Ce nom réunit le God du Nord (bon) et 



BO 



le Drus ou theos de rOrient (fondateur). C'est un des 
plus beaux noms de la Divinité. 

Bon de Nouzille, amande de la noisette. * faudroit me 
promettre bin des hons de noiizille! )> Que d*innocence 
pastorale dans ce vieux, très vieux mode de tentation ! On 
devrait bien dire : « âge de Nouzille »^ lieu « d'âge d'or.» 

BoNE, B. pour Borne : mais nous ne pensons pas que Tun 
vienne de l'autre. Il y a en grec bounos, tertre, élévation. 
Le Berry dit bone et Jwn^, qui confirme notre étymo- 
logie. 

BoNER, B. borner. C'est de la que peut venir «abonnement.» 

BoNJiiouR,B- Salut, avant midi. Après, c'est rigoureusement 
bonso7r, 

« Uni c'me bonjhoiir, > homme sans façons. 

« SimpUe c'me 5on//iowr,» chose facile à comprendre. 

BoNTRER et Rebontrer, pour Montrer et remontrer, B. 
Voy. lettre B. 

Bord (courir le bon). Marine. Avoir bon vent, faire une 
bordée favorable. Par figure, faire la débauche, se don- 
ner du bon temps, « courir la prétentaine, le guilledou. )► 

Bord de cou. Col de chemise d'homme. 

Borde, 0. Arête des épis et des poissons. Ce n'est que dans 
l'épi que Tarète fait le bord. 

Bordée, J. Marine. Vive réprimande. — Volée de coups. 

Borderie, Petite métairie ; occupant le bord des grands 
domaines. 

BoRDiER, Cultivateur d'une borderie. — Nom propre. 

BoROLLE, Borgne. Uorbus peut-être, en transposant b. 

BÔRRE, BÔRRiER, pour bourrc, bourrier. Et borre est masc. 

BoscAiLLE, Boscaillon, Diminutif de bossu, bossue. 

Bosse, P. de marais, terme de saunier. La levée faite par 
suite du creusement des aires et des^a^. La culture des 
bosses est un des profits du saunier. 

Bossis, P. laongè&Ae bosses. 

Bot, b. Gros sabot sans garniture en cuir, plus usité en 



li) 



Limousin qu'en Saintonge. On l'appelle en Limousin 
sucha, du lat. soccus, comme notre socque et notre 
souche. Le hot doit être la vraie galoche, gallica, de 
nos vieux, Gaulois ; c'est aussi le masculin de hotte, 
évidemment. 

Botte (avoir le diabÎB en sa), être vif, éveillé et malin. Un 
cordonnier doué de cette dernière qualité avait, dit-on, 
mis cela en rediis sur son enseigne : Uns botte d'où se 
montraient une femme, un singe et un serpent. — Chère 
en botte se dit d'tm tonneau dont les douvelles s'affaissent 
les unes sur les autres, faute de cercles. — D'une femme 
dont les jupes tombent, faute dagraffes ou de cordons. — 
Ficelle à plusieurs torons. 

EouRBE, Gonflé, dovffi; du latin bucca, grosse bouche. 

Boucan, B. même étymologie, selon nous. Gronderie vio- 
lente, bruit, vacaime, désordre. « A' vous Ui a poussé in 
boucan ! » Ce nom et le verbe boucaner, fumer, s'en- 
fumer, faire fumer, ce qui ne va guère sans gonflement de 
joue, bucca, existaient certainement avant qu'il y eût des 
boucaniers aux Antilles. 

Bouche (Tomber de) à dents, sur le visage, la face à terre. 

Boucher de Bretagne, marchand de sardines et de mo- 
rue. 

BouçHiN, J. BouquiSy qui se bouque, qui boude. Toujours 
bucca, la moue. 

BouciT, O.Dim. de bout. Il existe en languedocien un char- 
mant petit jeu de maman ou de nourrice que nous nous 
plaisons à recueillir. La mère promène un doigt dans la 
main de l'enfant en disant : « Per aquello carreiretto 
(petit sentier, ou sillon) es passado la lebretto » (le petit 
lièvre, au fém.) puis prenant successivement les cinq pe- 
tits doigts, en commençant par le pouce, elle ajoute : 

m Aquel que la véset, (voici celui qui Ta vue) 
Aquel que la tuet. 

Aquel que l'espelet (qui l'a dépouillée) 

Aquel que Tenastet (l'a embrochée, astu) 

Et lou pichou, pichou que menavo Fasto (qui tournait la 

broche) cridavo : « coui ! coui ! un bouci per moun payri!» 

« un bouci per moun payri! » un petit morceau pour mon 



parrain. Er o..t:r.r:;e î'^jû leia: de manger le petit doigt, 

I; ►rcM-FrTTH. P-^^'-r Vyj^e. — Petite bille d'eau oud^autre 
li^juMe. 11 y a -iaLs »:•=: s+riii le v^rbe bouclletter. 

IV>t:de, IlooieKe. 

liouDER. Reculer, saigner du nez, refuser une entreprise ou 
un défi. 

BouDiNER. Pour badiner. Jpu de mots sur boudin. 

lîouDîNGUE. B. Vessie de porc. 

B>T:ÉrE, H. Hnte. P.^^mn^iatioa e: orthographe anciennes. 
Voy. la satire Ménippée. 

BocFF AILLE et Bouti faille, B. Mangeaille abondante. Goin- 
frerie. Occasion ou action de : 

I^CFFER, B. B. Manger goulûment, à joues bouffantes. 

BouFFix, Bluet, centaurea cyanus. Flore de Lesson, 250. 
Nous n'hésitons pas à faire remonter bouffln au grec 
baphé, plutôt qu'au vieux nom français aiibifoin, qui 
pourrait bien lui-même en dériver. Car, autrement, quel 
rapport entre Y aube, le foin et le joU boiiffin des champs? 
Tandis que le bleu du ciel a dû paraître h. couleur par ex- 
cellence. 

BouFFiOLE, Ampoule, bouffissure. 

BouGHEARON, Dimin. d'un vilain mot « Petit boughea- 
ron! » 

BouGiiER, B. 0. Partir. S'emploie à l'actif et au réfléchi : 
4c Bouglie donc tes jhambes ! Boughe-te donc I » « Çhi 
de 7 n'en boughe 2, reste 5. » 

BouGHERiE, Pour bougie, dont la patrie originelle. Bougie 
en Afrique, est maintenant française. 

BouGNEAU, Quasi boifc-eaii, commune riveraine de la Seu- 
gne, arrondis, de Saintes, canton de Pons. Ce nom pt>ur- 
rait être adouci de Bourgneau. V. Bourgne, Habi- 
tants ? 

BouGRAT, Bécasseau. 



81 



BoUiL pour Bouillon : faire prendre un louil au pot. On 
nomme bouil un bourbier liquide, le jus du fumier, etc. ; 
bouillard (augmentatif) est \me ondée, une averse et 
nullement un brouillard. 11 y a des localités dites le Bouil- 
lard et le Bouil. De là : 

Eboiiiller, écarbouiller. Onomatopées. 

BouiLLÉE B. et quelquefois Bouillie, Buisson de bois ou de 
broussailles, cépées, jets formant sur la même souche 
comme un bouillonnement de végétation. Jolie figure, 
quelquefois trop jolie. Il y a plusieurs pièces de bois dites 
Bois des bouillées. Le diminutif est bouillon : « in bouil- 
lon d'érondes » (de ronces). On dit aussi in bouillon de 
vent, pour un tourbillon. 

Bouillir, Ce verbe fait au présent jhe bouille, B. « feire 
pot-bouille ensemblle, » ménage commun. 

Bouillon, Au sens français : Bouillon d'onze heures, B. 
Poison, qui se donne plus facilement la nuit. — Bouillon 
pointu, clystère. — Bouillon de mouclleSy brouet: 
« o s'est en aie en bouillon de moucUes. » 

BouiNE (Mouche) et par corruption gouine (voir ce mot), 
mouche bovine, plate et tenace, qui s'attache aussi aux 
chiens. On l'appelle^ en ce cas mouche de cKn, 

BouBE, Gonflé de boue claire ou de matière analogue. « Terre 
hoube ; figure bouhe, » 

Boule, adj. B : boulé. Tout rond d'enflure, de graisse ou par 
maladie. « Il est tout boule, » 

BouLÊME, Enflé et blême, œdémateux. 

JBouler, b. Remuer en tout sens, rouler, surtout sous les 
pieds. — Agiter Teau avec le houlour (bouille de pécheur) 
pour faire prendre le poisson dans les filets. 

BouLÉYER, B. Remuer ensemble, le sable et la chaux, par 
exemple, pour faire du mortier. 

BouLi-BouLA, Et bout-ci-bout-là, pêle-mêle. 

^Bouloter, Vivoter, faire un tout petit commerce, 

BouLOUR, B. Voy. bouler. 

0. 



82 



B4:)rN, Bon devant nne voyelle : féminin houne, B, 0. , « 10 
hx)n vent ; in boun abht. > — Etre dans ses bonnes, » en 
bonne disposition, de bonne humeur, en hauts esprits, 
dit l'anglais. — Boune pièce, (ii-onie), mauvais sujet. 
hoiines ghens ! e\ bounghensl exclamation de bonne 
pitié. Bounhoinnej plante, espèce de marrube, et autres 
menthes. 

BouNicHON, bounichoune, Dim. un peu ironique de bon. 
« Il est bounichon^ » un peu bonnasse. 

BouNET, Bonnet. Cot de bonnet, bonnétade (Montaigne). 
« V*làta fellaude boune à marier : t'en auras des cot de 
bonnet î > — Coup inoffensif: « Y s'en étonne, ma foi 
guienne, c'me in âne d'in cot de bonnet .' » — 

BouNET de prètre, fusain commun : forme du fruit. — Verpe 
agaric, champignon. 

BouQUER (se), R : bouquer. Bouder, faire la moue. 

Bouquet, B. Fleur, même une seule, mais cultivée. « Semer 
des bouquet ; çhullit, ou gâter, des bouquet. Toutes les 
autres petites plantes sont des herbes, ou de l'herbe collec- 
tivement. 

BouQUis, J. Le même que bonçhin, qui boude. Sur quoi ce 
dicton : « bouquis, boucard, veux-tu dau lard ? — Nenni, 
ma mère, ol est trop tard. Bouquis, boucard etc. » finale- 
ment : « veux-tu des cot d* bâton ? P'r in bouçhin o n'est 
que trop bon. » Correction matemelleen chanson ; la meil- 
leure de toutes. 

Bourde, Etai , appui, béquille. A. dulat. fer ou même du 
grec Phorton^ fardeau. 

Bourder, B : Bourdir ; étayer, et aussi s arrêterez chemin, 
parce qu'alors le colporteur appuie son fardeau sur son 
bâton ferré, sur sa bourde, 

Bourdouneau. b. Montant, en bois, d'un vantail de porte, 
Dimin. ou plutôt augmentatif de Bourde. — Bordereau 
d'imposition : « M'sieu Y Précepteur (quelquefois le Per- 
sécuteur, pour le Percepteur) v'ià mon bourdouneau. » 

Bourdons (les trois) O. Les trois belles étoiles du baudrier 
d'Orion, considérées comme les bâtons de pèlerin des trois 



83 



rois delà noël. Les habitants de ces soleils doivent rire 
de nous ! 

Bourg, B. Tout village ayant un clocher. Et en effet, Bourg 
vient par Tallemand herg^ burg, ou directement, du grec 
Purgos, une tour. 

BouRGHEOis, BouRGHEOiSE, (Habitant du Bourg), titre que 
donnent encore les domestiques et les colons à leurs maî- 
tres. 

BouRGHEON de laine. Flocon ; ressemblant en effet au bour- 
geon cotonneux de plusieurs plantes. « Bourgheon-ci, 
bourgheon-là : Ma mère zou saurat jhà. » Refrain de ber- 
gères. 

BouRGNAis, bour^nais, bourniâ; B: Bornais, Ruche d'a- 
beille. On francise en hournier, pour faire le dicton : «En 
Février, ébrèche { recueille le miel de) ton bournier. » Ce 
mot vient de 

BouRGNE, dimin. Bourgnon ; Nasse en osier ou autre ma- 
tière analogue. Abrégé, selon nous, de ce qui est cabour-- 
ne^ caverneux. 

Bou'rie, Beuverie, nom de localité. 

BouRDiNGUER (marine), Remuer pêle-mêle et rudement, 
mettre en désordre, confondre. 

BouROLE, Gros noeud à un arbre. — Petit tertre d'herbes 
gazonnantes dans un pré. — Elevure à la peau, soit par 
suite d'un coup, soit autrement. Voy. Bourriche, 

BocRRAGHES, B. 0. Fagots de brins minces et feuillus, 
bourrées. 

BouRRASSER, Mal fagoter quelqu'un ou quelque chose ; lais- 
ser en désordre, comme un tas de bourrées. 

BouRRE-co^Am (des), B. Des haricots, 

BouRRi et Bourrin, B. Âne, bourriquet. 

Bourriche, Non pas un panier à gibier, comme en français; 
mais une butte formée par les souches de carex, dans les 
ûiarais ; ce qui est bourru, de forme et de couleur d'âne ; 



84 

OU bien encore un énorme nœud d'arbre, une grosse 
bourole. 

BouRRiN-BouRRA (Mettre quelque chose) , le bourlinguer. 

Bourru (tout). A. Tout binit. — Bourru (vin), dur et rude 
au palais ; vin trop nouveau. 

Bourse de raisin ; l'enveloppe de la pulpe. 

Bourse de chenilles, B. leur nid. 

Bourser, B. Faire la bourse, se gonfler. 

BousER, Fienter, en parlant des bœufs ^ racine du mot. 

BousiN, B. Bruit confus de gens ivres. Mauvais lieu. De 
l'onomatopée itahenne Bussare, tapager. Ou terme de 
mépris, du mot bouse. 

BousiNER, Tromper : faire tomber dans la bouse. 

BousQUER, Rebuter, brusquer, blâmer rudement. Celt. 
bousca, s'agiter. 

Bout (de bout en ), B. d'un bout à l'autre. Changer 
boutfaiV bout, (Marine), sens devant derrière. Le bout 
du monde, l'intestin ccècum du porc ; — impasse dont il 
est difficile de sortir. 

Bouteilles, Double panier d'osier pour charger une bête de 
somme : 

« Et Tautre, se faisant prier, 
Portoit, comme on dit les bouteilles, » 

C'est peut-être bien là le sens du comme on dit de La 
Fontaine. Bouteille fournit le diminutif boutillon (B : 
bouteron), au lieu de bouteillon^ qui se dit encore, et 
qui signifie un petit panier rond, couvert, que l'on porte à 
la main. C'est le fidèle compagnon de la ménagère en ses 
moindres excursions, jamais bien longues, comme le bâton 
l'est de son mari ; au point que nous avons un étrange 
proverbe : « Homme sans bâton, homme sans raison. » En 
effet, que faire sans bâton? se promener, flâner : c'est c^ 
que nos gens affairés ne comprennent pas. 

Quant à ôoM^^7/^ et bouteillon, dans notre sens, ils? 
viennent probablement du celto-breton bo, ôorf(ang. bu(f^ 
paquet de feuilles, bouton : les bouteilles et boutillott^ 



85 



sont faits souvent de visaube ou vigne sauvage, à peine 
efifeuillée. 

BouTENAC, (Lieu où se tiennent des bœufs ?). Une des com- 
munes les plus fertiles et les mieux cultivées du canton de 
Cozes, arrondissement de Saintes. 

Bouter, F. Pousser, en parlant des taupes, faire hutte ou 
bout. Ce verbe est usité aussi au sens actif pour dire 
mettre, comme dans le vieux français ; « Boute zou içhi, 
boute zou là. » « In JoM^e-tout-çheure» (cwire), exprime 
on ne peut mieux un dissipateur. 

Bouton de roue, B. 0. Moyeu. — Bouton-ci, boutonAk. 
boute ton nez là ! » plaisanterie en gestes, dont le dernier 
abuse de Rabelais. — Bouton d!or, B. renoncule jaune 
des prés. 

BouYER. B et R : Boïer, Bouvier. Nom propre très com- 
mun. 

BouYOLE, petite bourole (v.) ampoule, bouflSssure. 

BouziN. BouziNER, Voy. Bousin, bousiner. 

Boyard, P. Bard, civière à bras ; de feretrum, de Phor- 
ton ; ou du celtique bar, barre. 

Braguette, Brayette. Diminut. Aebracca, braie, l'antique 
culotte gauloise : gens braccata, oppo. à gens togata. 

Brailler, Crier ; onomat. française, mais qui, chez nous, 
s'applique spécialement au vagissement de Tenfance : « ma 
fille, va dire à ta fille que la fille de sa fille braille » dicton 
de la bisaïeule qui voit trois générations. — Braillaud, 
petit oiseau de passage, qui se prend aux coustilles{^.), 
sorte de mûrier gris. De là : Braff, et Ebrait, grand cri. 
y.s'ébraiter. 

Braiseau , Brasier. 

Bran, A. Son, soit de blé, soit de bois. D'où : Brenée (v. ce 
mot). — Bran de Judas, (B. bren) des rousseurs au vi- 
sage. Locution tirée d'un absurde préjugé. 

Brandî une charrette, Lier le chartil à l'essieu. V. Van- 
çller. 



86 



Brandit (Tout) B. R. Molière, Tout entier et tout vêtir. 

« Des manches où j*eutrei-ions tout brandits, toi et moi. » 

(Festin de Pierre.^ 

Brangheole, Elscarpolette, balançoire « à la brangheole >► 
peu solidement. — Se brangheoler, B : se brancillery 
se balancer. En Gascogne : câline et se câliner. 

Braque, adj. Brusque, fantasque et mobile dans ses détermi- 
nations ; comme le chien braque probablement. 

Brasîère, Sorte de four de campagne, pour faire cuire les 
choses à Tétouffée. Vov. câlin. 

Brasse de foin ; 8 mètres cubes, l'ancienne toise. 

Brasser la salade ; la tourner, ce qui ne se fait pourtant pas 
à tour de bras. 

Brebis comptée, le loup Ta mangée. 0. proverbe. 

Brèche, B. Rayon de miel. Espagn. bresca; de là : ébré- 
cher, ôter le miel des ruches. Voy. Bourgnais. 

Breghe. Voy. B*rghe 

Brenée, Pâtée pour les porcs, faite de bran, ou bren, 
c'est-à-dire de son. De là : brener, foirer, et les adjectifs 
erabrené, brenous; rapp. E'rnard. 

Brette, b. Petite vache, ou même petite femme bretonne. 

Breuil, Nom de lieu très répandu. Autrefois bois taillis, 
broussailles; onom. à' ovl embrouiller eiY'iidX. imbro- 
glio. 

Brichet, Breton ; nom des bœufs qui ont du blanc à la 
queue. Voy. les noms d'animaux, au mot nom. 

Bricoler, Chanceler, faire des S en marchant. Se dit aussi 
des chiens de chasse qui ne sont pas droits sur la voie. 
Ce mot, abrégé de brise-col, vient des harnais que l'on 
met sur le cou des animaux et des hommes, et qui n'aident 
à marcher droit ni les uns ni les autres. 

Bricoli, pour Brocoli, sorte de chou-fleur pourpré. ItaL 
hrocco. 

Bride de galoche, la garniture, qui passe sur le pied. De 
l'anglo-saxon bridge, pont ? 



87 



Brie (la), et, par corruption, Labrit {comme ailleurs -4/;6r^^ 
pour l'arbret ou La lehretté) nom de chien de berger, 
issu de la Brie. 

'BRiEsous-Mortagne, et mieux, sur-Mortagne ; commune 
du canton de Cozes, arrondissement de Saintes. Ce nom, 
fort commun, indique un sol de Bri, ailleurs Braie, et 
Broie, alluvions de mer. — Habitants ? 

Brigander, B. Faire le brigand, vagabonder. 

Brigue (il n'y en a), il n'y en a bririy il n'y en a pas. 

Brin est souvent pris pour grain : « grous c'me in brin 
d'miU. » 

Bringue, le même que brigue, diminutif de brin ; menu 
fragment. « Mettre en bringues, B. (marine : brinde- 
zingue) briser, billoter (v. ce mot). Onomotapées. — 
Bringailles, dépréciatif de bringues, broutilles, petits 
débris confus. 

Bringue, adj. Fille folâtre : 4: ine grande bringue. > 

Bringuer, Folâtrer ; jouer comme avec des bringues. 

Briquer, Paver de briques : « in couroir briqué. > 

Bris (Saint) des bois, commune du canton de Burie, arron- 
dissement de Saintes. 

Brisard, augm. de brie ou bri ; Argile très grasse, souvent 
rougeàtre ou jaune. — Nom de localité, par exemple entre 
Gemozac et Pons. — Nom d'homme. 

Brives, Commune du canton de Pons, arrondissement de 
Saintes. De bridge, un pont. — Habitants ? 

Brô (Onomat.) Petite charrette. D'où brouette. 

Broche, Aiguille à tricoter. — Sarment de vigne à planter. 
Del'ital : brocco {verruccio ?) rejeton. 

Brocher. Tricoter. 

Brodé, Se prend en très mauvaise part, d'après l'ital. brodo^ 
boue (et brouei) J'ignore si tel a été le sens primitif du 
français brode, mais chez nous, on dit « brodé de fagne 
(fange), » et même de pis. — Brodier, en normand, c'est 
le derrière. Voy. Rabelais. 



«8 



Broiser, Pour broyer : < braiser de la sao (do seî). > Ono- 
matopées. 

Broker, Bramer, mais appliqué aux bœnfs aa liea de beu- 
gler^ meugler, mugir. 

Brondî, Brond*si et bronsî^ O. Gronder sourdement, com- 
me une pierre lancée ^i la tournant, ou comme la mer et 
le tonnerre lointain. Onom. 

Bronser, ou Bronzer^ se dit d'un vase au feu dont le li- 
quide, en bouillant, surmonte les bords et s'épanche. 
Quelle périphrase ! Si la Dubany eut été Saintongeoise, 
elle aurait dit, plus honnêtement à Louis XV : La France ! 
prends donc garde : ton café bronze ! Onom, probable- 
ment tirée du mot précédent. 

Brouasse, B. Grain de bruine, qui se prononçait brouine^ 
selon le latin pruina, prouina. On dit aussi Brouée, B. 

Brouasser, Bruiner par raflFales. On connaît la finale asser, 

Brouillis, Résultat d'une première distillation du vin, avant 
d'obtenir Teau-de-vie, par l'ancienne fabrication en deux 
chauffes. 

Brousse, B : Brosse ; nom de lieu et d'homme. D'où Brous- 
sailles. Voy . BrochCy pour l'étymologie. 

Bruchailles, Bruchailler, J. peut-être aussi bien dit que 
notre buchailles, buchailler^ (V.) d'après le mot précé- 
dent. 

Bruèle, b : Bruère, Bruyère, et nom de lieu. Toujours 
broche. 

Brûle, Subst. masc. 0. nom du peuplier de pays. Etym. : 
Brûler. 

Brûle (Diab' me) ! grand serment de vérité. 

Brûlée (donner une) , une volée de coups : « jhe te f . . .icheraî 
ine brûlée que le feu-z-y prendrat. » 

Brûlot, Trou fait par le feu dans une étoffe. Voy. Grillot. 

Brume (à la), pour à la brune, le soir : « de ser, à la brume, 
jh' érons voir ma brune. » La rime n'en souffre mie. 

Brun'sî, b. Brunir. Beaucoup de verbes en ir prennent s. 

Brusq, R. qui casse brusquement : «Jrw^g^c'medaubuis; > 



89 



et le mot vient de huxus, buis, ou de ruscus, houx, qui 
n'est pas brusque à rompre, mais à piquer. 

3rut, B. Bruit, contestation, bagarre : « y aura dau drut,* 

3ijBU, Bobo, mots enfantins et pis qu'inutiles pour dire du 
mal. Le maumau des villes ne vaut pas mieux. 

ÎUCHAILLES, Brindilles, broutilles. Dépréciatif de bûche. 

îccHAiLLER, Faire fagot de broutilles, ramasser le bois mort- 
La bûche de neau ou bûche de Noël était célèbre à 
l'époque peu regrettable que ceux qui l'exploitaient appel- 
lent le bon vieux temps, où le peuple ne pouvait songer 
qu'à bien boire, s'il pouvait, les dimanches et fêtes, et à 
bien servir, tous les autres jours. La veille de Noël on 
choisissait une grosse bûche, qu'il fallait rouler au foyer 
avec des leviers de paille, et chaque fois qu'un levier cas- 

- sait on buvait un coup. L'Eglise, habile à transiger avec 
ces idées, comme arec celles de sortilèges et de miracles, 
en vint jusqu'à bénir ce tison de nau et à laisser attri- 
buer de la vertu à ces charbons que l'cm gardait, ne plus 
ne moins que des reliques et avec des résultats tout sem- 
blables. 0. "^ 

BucHELiER, Bûcher, provision de bûches. Lieu où on les 
serre. 

Bûcher, Cogner comme le bûcheron C'est le français de 
Froissart, qui écrit aussi buquer, «Le comte vint jusqu'à 
la porte et fit buquer à grand coups. » Il s'ensuit pour évi- 
ter l'amphibologie, qu'un amas de bûches est, en Sainton- 
geais, non pas un bûcher, mais un buchelier. Bûcher 
pour battre est aussi du Berry. 

Bue, Buie, cruche à eau, petite buje. De là, Bujhée, buée, 
lessive ; et bujhour^ cuvier à lessive, en bois, en pierre ou 
en terre cuite. En Berry, bujau, d'où sans doute, les 
noms propres Bujaud, Bugeaud et autres semblables. 
Froissard dit buire, 

BuFFÂ ; En chanfroisant : Buffau, soufflet de foyer. 

BuFFE (avoir la), la courte haleine, l'asthme. 

BuFFÉE, Elan de travail entre deux poses, entre deux mo- 
ments pris pour buffer, respirer : « n'en v'ià-t-assez p'r 
ine buffée, -» 



90 BTJ 

BuFFER, Souffler. In buffà, un soufflet. Ce n'était primi- 
tivement qu'en tua de seuil ^ (un tube de sureau) puis 
un vieux canon de fusil, par lequel on soufflait soi-même 
le feu, en faisant nécessairement bouffer ses joues. Plus 
tard, les braves auvergnats ont, malgré le grand courroux 
des chiens, colporté dans les campagnes les soufflets arti- 
ficiels. 

Buffet, C'est un bas d'armoire surmonté d'étagères ouver- 
tes, comme des rayons de bibliothèque, mais ayant cha- 
cune ime tringle en avant, et sur lesquelles la ménagère 
étale de face, avec soin et symétrie, ses assiettes, ses plats, 
ses saladiers, ses écuelles, eii terre et en étain jadis, en 
faïence et en porcelaine aujourd'hui. On l'appelle aussi 
vaisselier, 

Bujhand'rie, Buanderie. 

BuJHÈE, B : buée, R. Lessive ; la buie y est nécessaire. 
« A.ssire (asseoir) la bujhée, » 

BuJHOUR, B : Bujau, demi-francisé en bujoir ; jarre ou ou- 
vier en quoi s'assied et se coule la lessive. 

BuRGAUD, V. B*rgau, 

BuRiE, Chef-heu de canton de l'arrondissement de Sain- 
tes. De 

BuRON, (Auvergne), habitation, demeure ; d'où bureau y lo^ 
cal et étoffe brunâtre, d'après la couleur des burons au- 
vergnats. « n'y at ni maison ni buron, > disons-nous 
en Saintonge, d'un lieu désert. Ce mot vient-il de buire, 
(lieu ou l'on boit) ou d'un bur (Pyrrhos) signifiant la 
couleur ? Voy. Burgaud et B*rgau. 

Bu' ROT, Bu' rotte, pour boufferot, boufferotte ; B : bufferot; 
noix burotte. noix creuse, dans laquelle on peut buffer. 
« Jhe n'en ba'ris (donnerais) pas ine noix bu'rotte. » 

BusARD,Màle de la buse, dont la fiente est censée porter mal- 
heur ; on dit d'un homme à qui rien ne réussit qu'il « est 
battu de m... de busard, » 

BussAC, (demeure boisée) ; Château pittoresque et commune 
du canton nord de Saintes. 

Busqué, Vieux français, aujourd'hui buse. Soutien du 



01 



buste des femmes. Aussi le patois confond busqué et 
buste et dit souvent Tun pour l'autre : 

« D'memain je tins mon buste ; 
Jhe t'en Wrai sur les doigts. » 

Cependant busqué vient de buscus, buis^ et buste a 
une origine bien difiërente. 

Butin, B. Mobilier, avoir quelconque : « tout son butin. » 

Butter, B : Bruquer. Broncher, heurter du pied un obsta- 
cle. Ce mot a été français comme la plupart de nos mots 
patois. Scarron a dit : 

« Tout autant de fois qu'il buttoit. 
Butter ou broncher, Tun vaut l'autre. » 



92 CA. 



c 



C se change en ^ à la fin de certains mots : bet pour bec ; 
sat pour sac, etc. B. Nous rerrons, au contraire d eit 
se changer en c (0) : nie pour nid et pour nit. 

Ça, B. S'emploie comme un maudisson devant les adjectifs 
injurieux: « ça vilain! ça démounaire! voyez donc le 
mau qu'o fait ! » Quelques chanfroiseurs disent ça pour 
il, au lieu de o : « ça pleut, ça vente fort. » 

Cabèche, R : Cavêche, Tête. Dérivé de cap : « met zou 
dans ta cabèche ! ine bonne cabèche, » 

Cabillau (dau), delà morue fraîche. Inversion du mot bas- 
que Bakaillaue, morue ; ital. : bacala. D ou Bacalan, 
nom de faubourg à Blaye, à Bordeaux et probablement 
ailleurs. 

Cabillot (marine), Cheville qui servait au lieu de bouton 
pour tenir en place les guêtres et les hauts-de-chausses de 
nos pères. De là un proverbe exprimant bien le désarroi : 
<( Il a p'rdu ses cabillots, » On sait le triste état d'un 
homme dont le hautnie-chausses tombe. Ce dicton s'ap- 
plique aussi à la démence. 

Cabinet, B. 0. Armoire à deux battants ; demi-cabinet, à 
un seul. 

Cablle, Cable. En guise de poisson d'avril, le premier 
jour de ce mois, on envoyait quelques niais (sans expé- 
rience, comme les poissons d'avril qui ne font que d'éclore) 
chercher par exemple le cablle à virer le vent. Idem en 
Berry. 

Cabochon, Petite caboche, clou à grosse tète, Rapp. cabèche. 



OA 93 

Cabosse, B. 0. Caboche, pour les fers de cheval, pour les 
sabots. 

Cabourne, Caverneux, creux et vide : « arbre, noix 
cabourne, » 

Cabriole, pour Carriole, en ironie, comme Billturit pour 
tilbury. 

Cabrit, Chevreau. «Sauter c'me in cabrit. » Jouer à cache- 
cabrit (B : cache-cabi) ou à cache-poulette : se faire 
chercher tour à tour. Cabre pour chèvre est de la langue 
d'oc; latin cabra, la sauvage, dimin. capella, A la 
cachotey même jeu. 

Caca, fém. Terme de nourrice pour noix. — Masc. pour 
ordure, est tout grec. 

Cacasser, Caqueter, en parlant des poules, par exemple. 

Cachotier, iére, B. Personne cachée dans ses allures^ 
mystérieuse. 

Cadabre, Cadavre; ce qui est tombé (cadere), mais pour se 
relever à Tinstant sous d'autres combinaisons. On dira 
volontiers d'un homme sec, très vivant, mais peu beau : 
« quel grand cadabre! » Berry, cadâbe, 

Cadène, Grosse poutre qui soutient le [plancher et relie les 
murs comme une chaîne, en lat. catena. 

Cadet, B. Le fils puîné; ce qui demeure souvent son pré- 
nom, comme dans le Midi, cadiche, cadichon, cadi- 
choune. En général étaient cadets ou cadettes tous les 
enfants après l'aîné ou l'aînée, qui seuls encore, dans 
nos campagnes, portent le nom de famille par excellence. 
Les autres en étaient déchus, cadebant, et des biens 
aussi qui suivaient le droit d'aînesse. 89 a relevé les 
cadets en tout genre : quel passe-droit ! quelle iniquité ! 
Et sait-on bien pourquoi l'aîné avait tant de privilèges ? 
La coutume de Béarn l'explique naïvement : c'est que, 
d'après le Droit du seigneur (point d'histoire nié par 
mensonge), l'aîné pouvait être le fils des œuvres dudit 
seigneur ! 

Cadut, Cadute, caduc, caduque ; triste, abattu, prêt à 
choir. 

Cafetier, iére, 0. Homme ou femme tenant un café. 



94 OA. 

Cafignon, B. et Bretagne ; R : escafignon. Chausson. A la 
forme d'un esquif, scapha. 

Cafourche, Voy. Quafourche. Cafourchat, Voy. Qita- 
fourchat, 

Cagnardier, R. Indolent et casanier, connue un chien 
paresseux. 

CÀGNE (la). L'apathie, le découragement. : la flegme. 

Gagner (a bref), S'ennuj^er, être vexé, comme un chien à 
l'attache. 

Cagnot, 0. Jeune chien. Cagnoter, se dit de la chienne qui 
fait ses petits ; mot qui manque dans la langue française. 

Cagouet, B : mieux, Cacouet, car cela vient de couette, 
queue, avec Taugment. ca ; R : cahiiel, La nuque. 

Cagouillard, Guignette à double crochet pour chercher les 
cagouilleSy OM escargots. Cagouillaii,i : tèt d'escargot. 

Cagouille, R : cagoule, peut-être ancien gaulois ; capu- 
chon ; têt du colimaçon ou escargot; pris pour Tescargot 
lui-même. « Le tambour des cagouilles, » le tonnerre. 

Caill, Coq de cailles. « Chaud c'me in caill, » se prend au 
propre et avec innocence, comme disait cette jeune fille : 
« Voyons donc que je touche cette caille; on dit que c'est 
si chaud ! » Mais le proverbe a un autre sens. 

Caillbute, Culbute. Voy. Porrée. 

Caill cadet, Le cri de la caille; ailleurs :paie tes dettes! 

Caillmacha (Chère en), tomber tout l'un sur l'autre, en tas 
de ruines. Origine peut-être de Galimatias. 

Cailletreau, Petit de la caille. En français cailleteau, 

Caillfourchon et Caillifourchon, Califourchon. Serait 
mieux écrit quaillifourchon (de quatre, comme carre- 
four). 

Cala, Le crâne nu, du latin calva, ce qui est chauve. Le 
cala de Saint-Eutrope, à Saintes, a fait, dit-on, de grands 
miracles, bien qu'enchâssé par un orfèvre huguenot. — 
Quartier de noix, cerneau, qui ne ressemble pas mal à un 
cerveau. 



ajL 95 

Calandre, Non pas l'alouette, mais un mûrier à queue 
rouge et à gorge grise. Néanmoins le proverbe : « Chan- 
ter c'me in coilandre, » doit avoir trait à l'alouette ainsi 
nommée. 

Calé, B. Solide, fort, bien, muni, bien prêt : « me v'ià calé."^ 

Caler, 0. Marine : couler, aller au fond de Teau. Opposé : 
baler. — Reculer, céder, baisser de prétention ou de 
force ; s'accaler, se dit d'un temps noir qui disparaît ; 
< va s'accaler. » 

Câlin, Subst. Etouffoire de cuisinière. — Adj. B : fainéant, 
pas grand chose, suspect même : « ol est d'au câline-^ 
ghe ; » des gueux. 

CÂLINE, B. Coiffe de nuit, ordinairement en molleton. V. 
Cayenne. * 

CÂLINER, B. Fainéanter, gueuser et aussi cajoler. 

Calot, Sébille ou grande tasse (ressemblant à un cala) ; 
faire son calot, faire sa part en cachette et plus que sa 
part. Dim. caloton. 

Calotte, B. R. Coup de la main sur la tête. D où : calo- 
ter. B. 

Camarde (Noix), grosse noix à coque tendre, moins allon- 
gée, en effet, que les autres. — La camarde, la mort. 

Cambois, Cambouis. 

Camisard, Huguenot, protestant, depuis la guerre des Cé- 
vennes, qui se faisait souvent par camisades, ou attaques 
de nuit. 

Campagne (aller en), 0. en voyage. 

Camper, B. Appliquer ou jeter vivement : « elle lui a campé 
une tape ; il l'a campée là. » 

Camus : Un seigneur comme il n'y en a plus rencontre à une 
foire voisine d' Aunay un paysan comme il y en a encore; 
lequel avait le nez très court : D'où es-tu camus ? — 
Jh' seus dau nai. Monsieur (du nez) ; Le seigneur com- 
prend du bourg d' Aunay , et ajoute : tiens, tu emporteras 
donc bien mes chapons. — Oi bein Monsieur. Le camus 
les prit et au lieu de les porter à Aunay les fît passer, dit- 
on, par sa bonne ville à'Angoulême (en goule aime). 



96 



Canaghe (Dau), Volée de canards sauvages. — Canards 
francs. 

Canardier, long fusil pour tirer aux canards. 

Canaules, 0. R. Gâteaux, sortes d'échaudés. Châtaignes, en 
Béarn. 

Canaulet, J. Anneau en bois (de la forme d'une canaulé) 
adapté au bout d'une toile de moulin à vent pour la faire 
glisser le long du réron, afin de la serrer ou de retendre. 
Ce sont des racages, chez les marins. 

Caneçon, Caleçon, dim. de chausse, qui vient lui-même de 
calœ, talon. 

Canes : « Il est de Tordre des canes, sot et méchant ; > pro- 
verbe qui n'est pas plus juste que les dictons contre 
l'àne. 

Canet, B. Caneton. « Etre mouillé, trempé c'me in ca- 
net. 

Canette, Sceau en forme d'œuf ; qui plonge bien, comme 
une cane, 

Canevar, Canevas. Du grec Kannabis, chanvre. 

Canne, 0. Roseau, a^^undo donax. Primitif, le can, 
canal. Voy. Saintes. 

Cannepetoire, Canon à vent, que se font les enfants. 

Cantine, 0. Grande bouteille de verre garnie d'osier; dame- 
Jeanne. 

Canton, 0. La place principale dans les bourgades. It. 
canto, coté? 

Canuche, Dim. de chien, comme caniche. 

Canule, Canelle de barrique ou de cuvier ; devrait s'écrire 
cannule. 

Cape, Ailleurs coiffée ; l'antique mante à capuchon des 
Gauloises. 

Capî (se), B. Se tapir, se blottir, comme sous une cape. 

Capiot, J. Œufs de Pâques et autres provisions que Ton 
donne au sacristain dans sa tournée de capture. 



.Capon, Doit venir de chapon. Signifie uniquement poltron, 
lâche. 

Capodner, Faire le capon, refuser de se battre ou de stu- 
poser au péril. 

Oaptaine, 0. (marine, ancien français), Capitaine. 

Capucin (chemise de), B. Un verre de vin pur. Les capucins 
ne se servent pas d'autre chemise. î 

Caput, adj. Se dit d'un chou cabus, d'un arbre tètaud. 

Carabis, Favoris, la barbe des joues. Du grec Kara,iëie(^.?) 
ou peut-être de s<irrasin, comme le mot suivant : 

Carabin, B. Blé noir, blé sarrazin ; fagopyrum. 

Carciner, Calciner. 

Careûgne, Carogne, dans le sens injurieux de Molière. 

Careuil, Caleil ; voyez chareuil. 

Careuillon, Enfant qui a les yeux 

Careuillous, C'est-à-dire chassieux, chargés de cire^ ou 
comme un careuil, 

Carguer (se) en arrière. Se pencher. 

Carme, Carmer ; Calme, calmer. Un bon forain vous dira: 
« o y at dau carme aneut dans les affeires. » Et il dira plus 
vrai qu'il ne pense. 

Carnaval (le) 0. Le mardi gras. 

Carne, B. Dépréciatif de viande, carnem ; « grand man- 
gheour de carne. » 

Carnioles, Sortes d'agarics édules qui viennent au pied des 
panicauts. Près des ormeaux, ce sont des oiimeroles. V. 

Carot, dimin. Caroton, Petite sébile en terre cuite, tasse sans 
queue ni anses. : carotte , une terrine : « carotte de 
graisse. » Quanta la locution vulgaire : « tirer une ca- 
rotte à quelqu'un, » le tromper, elle nous paraît tirée des 
charlatans et sorciers, qui prétendent faire sortir du corps 
de /ei/.r5 malades des crapauds, des serpents, des entre- 
visses et toutes sortes de plantes, 

Carpre (in), une Carpe. Dimin. car pr eau. 



i . 



98 OA. 

■ 

Carquelin, (petit carcan), Échaudé en anneau ; grande ca- 
naule. 

CARQun.LON, Petit carquelin, — Quartiers de pommes 
secs ? 

Carra, Carreau ; serait mieux écrit quarrean. 

Carre, B. Non seulement le quarré géométrique, maistoot 
prisme à quatre côtés, dont chaque côté se dit me quarre. 
— Oreiller, B. 

Carreau de jardin, 0. Une planche de jardin. — Le fer à 
repasser des tailleurs. — Centième partie du journal r 
mesure agraire. 

Carrelîet, Règle d'écolier, en prisme à quatre côtés. 

Cartagher,v. Quartagher. 

Cartière, V. Quartier e. 

Carville (pomme). Pomme Calville, c.-à-d. de Calville. 

Cas (être dans le), B. Etre capable, soit en bien, soit en mal : 
€ Il est dans le cas de zou feirec'me i'zou dit. » — < Ne 
feire p'us cas de soi, B. Perdre espoir, dans une maladie. 

Cascarinettes, Castagnettes. 

Cassard, p. augmentatif de 

Casse, Flaque d'eau. — Casse à fien, fosse à fumier. — La 
casse, en cuisine, la lèchefrite. 

Casse-museau, B. R. Par antiphrase, sorte d'échaudé à la 
crème. 

Cassine, B. R. Petite etmauvaise maison. Détourné du sens 
de rit. casina, dont le masc. casino signifie lieu de ré- 
jouissance. 

Casson (in). Un tesson. 

Cassotte, (petite ca^^e). Godet pour prendre de l'eau du 
seau. Ils ont fait là-dessus une énigme burlesque : < çhi 
est-o çhi monte sus sa mère p'r pisser ? » 

Cassouil, Dimin. de casse, flaque d'eau. Voy. gassouiller. 

Cassounade et castonade. Cassonade. 

Castain, Châtain. Nom de bœuf ; fém, castine. 



II 



9d 



Càstille, B. Querelle. « Jh'aurons castille ! » Est-ce un 
souvenir des campagnes de Duguesclin en ce pays ? ou un 
dérivé de castigare f 

CastoUret (jhène) , Freluquet^ à chapeau de Castor ? 

Casuel, Fragile — éventuel; probable ; du lat. casus, le 
hazard. 

CatapllAme, B. etcatapiàmej Cataplasme. 

Cataut, b. Dimin. de Catherine, comme Margot de Mar- 
guerite. Mais ine cataut se prend en mauvaise part, bien 
plus quHne catin. (Voy. ce mot.) 

Catechime, 0. B. Prononcé catéghime, catéchisme. 

Catèchimier, Catéchimière, B. Catéchumène ; un peu en 
raillerie. 

Catheline, b. Catherine. 

Cathelineau, N. propre, trop célèbre en Vendée. 

Cathêre> 0. b. Catharre. Vieux franc, idem et caterre^ que 
Théophile fait si bien rimer avec terre ; 

La gelée a tuè les fleurs ; 
L^air est malade d*un caterre ; 
Et l'œil du ciel^ noyé de pleurs. 
Ne peut plus regarder la teri'e. 

Catin, B. Poupée. — Doigt enveloppé de linge, 
Catiner, Flatter, amadouer, dorloter comme une poupée. 

Causette, 0. B. Causerie, petite conversation. « Feire la 
causette. 

CVale, C'Valier, pour Cavale, cavalier. 

Cav REÀtr, B. Caveau. 

Cayen, Injure adressée au paysan par le militaire ; aggra- 
vation du moi pay en, comme aussi pékin ; et, en effet, le 
soldat, sous l'obéissance passive, est le catholique par 
excellence. La France le prouve trop bien quelquefois. 

Cayenne, B. Pauvre cabane. — Coiffe enracines des îles. 

Cayer, cahier. Du breton Kae, clôture, haie. 



100 OEÎ 

Cayiment, Quasiment. 

Cayute, Cahutte. La hutte, avec Tinitiale enveloppante c^r. 

Ceintre, Cerne de brouillard autour d'un astre. — Circuit 
rond. 

Ceintrer, Serrer tout autour, rétrécir la ceinture. 

CÊLUGiiiEN et Cérughien ; F : cérurgien, Cliirurgien. 

C'mentières, (toujours au pluriel), Cimetière; du grec Jioz- 
7fiêtêrion, dortoir. 

Cendrille, B. Mésange. Oisillon au plumage cendré. 

Cendroux, B. adj. Cendreux. — Subs. linge à envelopper 
le lit de cendre pour la lessive. 

Cenèle, b. Vov. Senèle, 

Cener, V. Sener. 

Cenique, Vov. Seniqiie, 

Centime (ine). Un centime. 

CÉPAGHE, B. Espèce de vigne. Devient français : « un bon^ 
un mauvais C6j9a^(?. » Voy. visant. 

Cercller, Cercler, et aussi sarcler. 

Crise, Cerisier; Cerise, cerisier. A observer que nous nom- 
mons cerise ce que les Parisiens nomment guigne, et réci- 
proquement. 

Cerne, Enceinte tracée autour d'un moulin à vent, hors de 
laquelle les ailes n'atteignent pas. Toute la motte sur la- 
quelle le moulin est bâti : voy. motte. 

Cernughe, B. Cerniie ; mot corrompu à'éterniie : Sorte de 
chiendent ou de blé sauvage trop commune. On dit aussi 
çarnughe ou sarnughe\ B : Sarnue, 

CÉSAiRE (Saint), Césarien ; commune du canton de Burie, 
arrondissement de Saintes. Les habitants doivent être dits 
Césariens ? 

Cesse, Cessation : «tu n'nous ba ras donc ni fin ni ces- 
se ! » n'est guère français que dans Tad verbe sans cesse. 

Cet, Subs. Pied de vigne — champignon du genre bolet. 
Au lieu de cep, du lat. cijjpits, ou mieux du grec Keph- 



aA. 101 

aie, tète; de riiébreii GPH, id. GPHX, vigne, en hébreu. 
Ctapendant, B. Cependant. 

C't-i, C't-èle ; Ce dit-il, ce dit-elle ; s'intercale presque à 
chaque parole, dans le récit. On y ajoute même guT dit, 
en forme de traduction. 

Cette lA, B. plus souvent çhêle-là.'CeYLelk. Voy. çhéle. 

C'ttti-ci, ctid-là, B. Celui-ci, celui-là. Mais c'est chan" 
fraiser, Voy. çheu, 

Chà, Chaque : à châ petit, peu à peu. Châ petit, châpoî 
(ou poids), idem. 

Chabane, Poisson blanc de rivière, à nageoires et à queue 
noires. 

CiiABARRAGHE et Ckamarvaghe, Discours ou rêve confus. 
De barre ou ïnarre, même mot, et de l'augmentatif cha; 
oudemare, jument, jument fantastique, d'où cauche>»ar. 

CiiABÈNE, Le même que Chabane, 

Chabine, Méchante chèvre. < Ah! chabine! vins-tu içhi! » 

Chaboisseau, b. Poisson du genre chabot, comme la cha- 
bane. Dans tous ces noms de poisson domine le radical 
cap, la tète. Aussi des familles humaines à grosse tète ont 
le nom de chabot. 

ChAcher, Casser ; mais ne s'emploie que pour dire émotter 
les guérets, casser les glèbes à coups de râteau. De là: 
châcheur ou châchour, et châcheuse. De là aussi châ- 
cheguaret, nom donné aux ivrognes (quand il y en avait), 
qui tombaient et grattaient la terre, et au vin trop rare ou 
trop capiteux qui leur enseignait ce métier. 

Chacola (du). Du Chocolat. 

Chacoter, b \Chabrotter, Tourmenter un morceau de bois 
avec son couteau. Distraction favorite des Yankees, ou 
Américains du Nord. 

Chadenac, Commune du canton de Pons, arrond. de Saintes. 

Chadène, Lieu près de Tesson où se trouve un soucis, (Voy. 
ce mot.) Cha (cap) à'ene ou Dene (grec due, dune, 
plonge), origines très incertaines du nom. 



102 



OiADEMER. Localité, autrefois paroisse, aujourd'hui dans la 
commune de Gemozac, sur la Seudre. Habitants ? 

CHAFFAn), Chaffauder, B. EchafÊaud, échaffauder ; s'en- 
tend des préparatifs de maçonnerie. Vient de Tallémanique 
schaffy d'où scabin, échec in y escabeau , scale, escale, 
échelle, escalader, scande^*^ ascension, etc.; schaff 
est pi"oprement saut de mouton. 

Chaffaurrer, Chaffeurre7\ B : Chaffourrer, Vêtir à 
Texcès et en déguisant, comme avec des fourrures, (chats 
fbun'és de Rabelais) ; troubler les traits, du visage — ou 
de récriture. Delà: 

Chàfre (in), Un nom déguisé, un sobriquet. V. Echaffrer, 

CiiÀONAiE, B. pron. Chagnée, Lieu planté de chênes. Du 
celt. haie, pLmts rapprochés. 

(^itvoNASSK. fém. Petit chêne de peu d'espérance. Châgnon, 
m ASC. vaut mieux. 

t-ii voNK» B. Chêne. Df^quemus, dit-on, pour quercus. N'y 
nurait-il ))oiut plutôt quelque confusion avec castanea, 
doveuu eu anglais chesnut-lreef — Chagne-dreit ; 
pluater ou faire le chagne^reii, se tenir sur la tête et 
»ur l(«9 luaius. les jambes en Tair. L'homme, qui est un 
nvhw inverse en effet, se trouve alors dans la pose de 
rnrlire lui-^iuème. On dit aussi, moins justement : pllanter 
lit /i<ir/V(*» — Chàgn^tikàte (in) J. un apathique, un 
iiulolout» Voy» hkiUe. 

( -MAt. (>. Autrefois TAoy, de ra<sa, cellier ; toute l'usine à vin. 

('ItAY. ooiuuiunedu canton de Saujon, arrond. de Saintes. 

(ÎHAtt.t., Caillou, du cdt. cal, dur {à^oxkgaël, gallus?)... 
Toiite plonH) dure, silex, quartz, grès, est un chailL^J)\iv 
o'uwUx chailL * 

('HAilifiOTMii, Contenir de petits cAatïfc, qui se trouvent sous 
Un dents. 

CiiMUiOTod, Chailhtousey Qui chaillote. 

(jMAfM.ott, nom d*homme et de localité. Idem en Berry, ^t 

i^hiïliiu, nt peut-èti*e, ailleurs, chillon. 
lUiAm, pour ChftX : « chain nous, chain vous.» De casa. 
tUu\f^Mt II. Arpnnter ;\ la chaîne. 



en K13 

Chaintres, B : Cheintres, {capisiraoM ceinture?) Sillons 
au bout, (à la tète) et en travers des sillons du champ, de 
la versenne, à laquelle cet espace a serti à'aboutures, 
Voy. ce dernier mot et achainirer. 

Chaire, prononcez Chère B. R. F : chaiêre. Chaise ordi- 
naire et aussi chaire d'église ou de temple, «Monter en 
chaire, » prêcher; dulat. ou plutôt du grec ea^Aecfra, 
sous-siège. 

Chaisier, B. Faiseur de chaises. 

Chalâ, Echalas. 

Chalant, Pratique d'un marchand — poursuivant d'une 
belle. 

Chaleuil et Chareuil, (voy.) caleil ; Lampe rustique. « A 
la Notre-Dame (le 25) de ma's, chaleuil à bas ! » plus de 
veillées. 

Chalin (dau), B :des chalines, Éclairs sans tonnerre, l'été. 
Les trois derniers mots sont de la racine cale, chauffe. 

Châlit, B. Bois de lit. Vieux français, mais seul usité. {Cha 
augmentatif et compréhensif, d'après l'hébreu CaPh.) 

Chalounaise, Sorte de coiffe à barbes de moyenne longueur, 
unies et tombantes sur les côtés. Sans doute de Chàlons. 

Chalosse, Sorte de raisin, originaire de la Chalosse (Gas- 
cogne). 

Chalumia, En dérision, pour chalumeau. 

Cham araghe ,Y, chab,,, 

Chambalon, Bâton pour porter des sceaux, un à chaque 
bout, où ils vont brimbalant, chambalant. Grec Balle. 

Chambarière, Chambrière, soit de chair et d'os, soit en bois 
pour soutenir une charrette ou porter deux sceaux sur 
l'épaule, soit en fer pour supporter la poêle. — Clanche, 
taquet qui a une dent tombant sur une porte fermée et 
qu'on n'a qu'à relever du dehors avec la main pour ouvrir. 
C'est encore moins que la bobinette de Mère Grand. Cela 
ravissait, en 1859, M. Michelet et le faisait s'écrier: Pas de 
clé à St-Georges-deDidonne, mes amis, pas de clé ! 



104 CIÏ 

Chamborder, Border tout autour, principalement la pièce 
d'eau ou le ruisseau, lorsqu'on y tend un rets pour pren- 
dre les oiseaux à Tabreuvoir. 

Chambres jhautes, B. Premier étage. 

Champagne, F. B. Plaine fertile, découverte et unie. La 
Charaj^agne des environs de Cognac est célèbre partout 
pour ses spuntueux. 

Champanais, Champanaise, Habitant d'une Champagne. 

Champ-brun, Jachère, qui reste en effet de cette couleur. 

Champis, CAa>>î^2^^,R. b. Enfant naturel, comme ti'ouvé 
dans les champs. Les légitimes se trouvent sous un chou, 
dit-on aux petits curieux. 

Chancit, franc. : Chanci, B : chaniit. Un peu moisi, en 
parlant d'un mets. De canescere^ blanchir. 

Chancre, P. Cancre. Chancre rochut, cancre des rochers 
maritimes, dont la femelle seule est une bonne prise. De là 
un dicton : « Dans çheu ménaghe, ol est l'histoire des 
chancres rochut, la fumèle vaut meux que l'màle. » 

Chandèle. « Voir 36000 chandèles, » être ébloui, étourdi 
par un coup. — B. Poteau qui soutient verticalement. — 
Chandèle de glla, B. glaçon pendant. — Chandèle de 
. lout, le fruit en spadice de Varum (v. giron), appelé aussi 
demi-lir/re de beurre (Lesson). Plante vénéneuse. — 
Chandèle de sui\ B. ou de s'i, ne s'allume guère que 
pour le repas du soir, la chandèle de rousine suffisant 
pour la veillée. 

Chandeliers de cherre, Faisceaux pour sécher les tiges, 
avant de b'rgher. 

Chanfroiser, Inversion du mot franohoiser ou fran- 
çoiser, essayer de parler français. Ainsi se dit quelque- 
ibis masagiiin pour magasin, Voy. cormenuse et 
sanguenite. 

Changhe, b. pour Échange : « fasons in changhe! » 

Changher (se), 0. Changer de vêtements : « t'es tout trem- 
pe, va donc te changher ! » 

Changeous, ouse, dim. Chayigheotous, oiise, Changeant, 
hiconstant. 



oit 105 

Chanirrs, Autrefois Champniers, commune du canttm de 
Saintes. — Habitants ? 

Ciipcsnk, Chanteaiiy B. R. et C//a?2//a2e, Morceau princi- 
pal d'un pain entamé. 

Chanter cllairo\x /?n, D'une voix aiguë. Chanter lejhaii, 
B. se dit d'une poule qui prend une voix de coq — d'une 
femme qui se rend maîtresse. — Chante-grelet (grillon)» 
chante-mei^le , chante-raine (grenouille, rana), &c., 
B. noms de localités. 

Chantier (de) ; Une pièce de charpente ou de maçonnerie 
est posée de chantier, qurnd elle est de côté, sur sa face 
étroite ; en franc, de chant, et, mieux de cant ; it. canto, 
coté, d'où la cantonade, au théâtre. 

Chantuser, Chantonner. Mais le patois peut diminuer tous 
ses mots, comme litahen. 

Chape, B. Bande de cuir, ordinairement écru, qui coiffe la 
verge du fléau à battre le blé, afin de pouvoir l'attacher 
au toitlot, au moyen de courgheons (voy. ces mots). 

Chapelle (la) des Pots, Commune du canton de Saintes où se 
fabrique de la poterie. Habitants^ chapelain ? 

Chaperouné, Se dit du grain de blé mal mûri, qui garde ses 
bàles, après le dépiquage. 

Chapiâ, Chapeau Grands-chopià, sobriquet des Sainton- 
geais, à Bordeaux. 

Chapouner, Chaponner. 

Chaque d'in, chaquin, in chaquin. Chacun, un chacun. 

Charabia, B. Patois peu intelligible, baragouin. De même 
que î5ar(75rowm est le breton hara-gicin,]sdi\\ï,\\ïi, non 
compris des gens à qui on le demande, nous soupçonnons 
tori charabia d'être la prononciation auvergnate et li- 
mousine des mots sera beau ! mal entendue et tournée en 
raillerie ; ou bien une allusion à ces masche-rabes, com- 
me dit Rabelais. 

Charamôuche, Scai*amouche, plaisant, suspect : x< ardez ! 
çheu charnmoitche ! » 

8. 



iO(i en 

Charbounure, Trace de charbon. S'applique même à des 
taches blanches : nous fûmes bien surpris un jour d'enten- 
dre une domestique à qui Ton faisait remarquer sa manche 
blanchie, répondre : « ol est le mur çhi m'a charboiiné.^ 

CiiARCASSE, Carcasse. Augment. du latin caro, chair. Ici 
c'est le patois, chose rare, qui s'éloigne le plus du latin; oa 
comme le suiv. du grec Savcos. 

Charcois, B. Moins dépréciatif que cJiarcasse, « Il a sauve 
son charcois, » sa personne, son corps. On dit d'une fem- 
me trop parée : « la pUeume vaut mtux que \e charcois » 

CiiARDOUNET, B. Chardonneret. V. Echardrit. R : Char- 
drier. 

CiiARDOUNETTE, R. Les étamiues du chardonnettier, arti- 
chaut sauvage. 

Chareugne, eu bref, Charogne, sans figure — avare, — 
eu long, injure. Voy. l'abréviation : 'areugne. 

Ciiareuil, y. ChaleuiL 

Charfeuil, 0. Cerfeuil ; de chœrefoliuni, feuille en forme 
de main. Le mot cerfeuil ne vaut rien ; il rappelle le cerf. 

Charge (en), En équilibre, parlant d'une charrette, et, par 
suite, d'un fléau de balance. 

Chariot (le grand), La grande Ourse ; le petit chariot, la 
petite Ourse. Constellations mieux nommées que d'un nom 
d'animal ; seulement, il est superflu d'y asseoir le roi 
David, qui ne les connaissait peut-être pas. 

Charmo'te (portera la). C'est-à-dire à la chèvre-morte,, 
sur le cou, jambe de çà, jambe de là; ou du moins sur 
le dos. 

Charnaghe, Tout le temps hors du carême ; jours où Ton 
peut manger de la chair ; temps qui empiète sur l'autre, 
tous les jours. 

Charnassier, Carnassier. • 

Charnel (frère), De père et de mère, germain. 

Charnier, Petit cuvier en bois à mettre le porc salé. Si 
c'est une jarre en terre, elle se dit ^o.nn^. Voy. ce mot. 

Charnure, (Constitution de la chair : « être de bonne ou de 



OH 107 

mauvaise charnure^ » saia ou disposé aux maux exté- 
rieurs. 

Charpiller, B. etÉcharpiller; mettre comme en charpie, 

Charpillon, Une petite écharde, un brin de cliarpie. 

CiiARPiLLOii, Charpillouse^ B : charbillous, comme en 
filasse. De chavbe, pour charve, clianvre. Ou plutôt de 
charpie. 

Charpiner (se), 0,B:Charplgner, Se tirailler, se charinr, 

OiARPÎ, B. Mettre en charpie. De charve, clianvre ; ou de 
carpere, latin. 

Charpit (dau), De la charpie. 

CïiARPRÀ, Nom de localité, lieu planté de char près. 

CîiARPRE, masc. B : Charpe et charne, Tarbre charme. Du 
latin carpinus. Combien de changements, tous légitimes 
en philologie ! 

CuARREiT, B, Charroi, 

Charria (Chemin), A. Chemin charretier. 

CiiARRUAGHE, Attelage, harnais de charrue. — Conduite. 
Charti, b. Chartil. 

Chxrtvtier, Cha^^'tuterie, pour Charcutier, etc., au lieu 
de cuire, c'est tuer. 

Charvarit, Chenevière. 

Charve, et Cherve, Chanvre. Persan : kannab. 

Châsse, B. Cercueil, du lat. capsa, caisse. 

CnASSE-GALERrTE (Gualcrite, de Wild, pron. Waild^ sau- 
vage ?) B : Chasse à Rigaud, etc. Une des vieilles ter- 
reurs de la campagne ; passage bruyant, la nuit, d'une 
troupe de diables sifflant, hurlant, faisant claquer des 
fouets et entportant des quartiers d'hommes. En réahté, 
volée de cigogne3 ou de canards siffleurs, dits Mions. 

Chasse-cousin, Du café trop clair. 

Chasse-rat, J. Mouhn où manque le blé. Ailleurs : moque- 
poule^ moque-souris. 

Chasseron, Chassiron, Valet de meunier, chassant aux 



lôs on 

])ochées ou sacs des accoitrsiersj des pratiques. — Nom 
propre. 

Chat (de), A quatre pattes. « Tu grandis, mon fiUot, dit-ou 
en plaisantant : çliette année tu passes de chat sous le 
lit ; Tannée prochaine, tu zV passeras tout de bout. » 

CiiÀTAGNE, Chàtagner, (Chastagne P.) 0. pour Châtaigne, 
&c., latin castanea. 

Châtain, B. Nom de bœuf. Chàtine et non châtaine , pour 
la vache. 

Chàtelet, B. Dévidoir en roseaux, imitant un petit château. 

Chat-fouin, b. Fouin, ou fouine. — Chat-grille y nom d'une 
sorte de poire. Texte d'un dicton : « i' semblle in chat 
grillé : meilleur qu'i'ne se montre. » — Chat-pitois, le 
putois. « Descendre en chat-fouin ou en chat-pitois, » 
la tète la première, tomber. 

Chàtigne, Châtaigne. 

Chatouil, Chatouillement. «Faire le chatouil, » chatouiller. 

Chatouilloû, Chatouil louse. Chatouilleux, chatouilleuse; 
qualité qui passe pour un signe d'amour. 

Chatouner, b. Chatter, faire des petits cla's. 

Chatvant, b. Chat-huant. 

Chaubouillure, b. R : Eschaubouilliire. Echauboulure. 
Pourquoi le français ne conserve-t-il pas bouillir ? 

Chauché, p. Sorte de raisin rougeâtre, à grains durs et 
serrés. 

Ch'aucher, b. pour chevaucher. Acte sexuel des oiseaux 
mâles. — Actes analogues. (De là Cauchemar, ou ch'au^ 
che-mèiles, les prétendus incubes du moyen âge). 

Chauchignon, J : Le coccyx. Serait-ce faux chignon ? 

Chaude (ine), B. Une chauffe, dans le travaSl des métaux. 
— une alerte — une forte réprimande. 

Chauderée (ine). Plein un chaudron. 

Chaudin, La panse du porc et d'autres animaux. 

(uHaudrit, Chaudrite, sensible au chaud — de chaudtempé- 
ramment en amour. 



cil 103 

CiiAUDURiER, ière^ Sensible à la chaleur. Opposé : / 'rdii" 
rier. 

Chauffelit, B. Bassinoire. 

Chauffepied, B. Chaufferette, qui se dit chauff'ette, 

CiiAUFFis, Chauffise, Qui aime à se chauffer. 

Chaumenit, p. R. et ckaitvenit, B. moisi, chauve, de moi- 
sissure. 

Chaument. Ciment de chaux, 

Chaunier, Fabricant de chaux. 

Chausses, B. Les bas. « Tu ne redouteras pomt les sorciers 
aneut ; t'as mis ta chausse à Tenvers. » La précaution 
est bien simple. 

Chavaillon et chevaillon, Crète intacte que laisse le soc au 
premier labour, et qu'il faut travailler à part. C'est une 
des trois façons qui se donnent aux vignes: ouvrir, tirer 
les chavaillons, fermer. Herser s'ajoute aujourd'hui. 

GnAVÈCHE, B : Chavoche, R : chevèce, chouette. Racine 
cap. 

Ch'é, Abréviation de je crois {jhe cré): « ché qu'ouey; ché 
qu'non, ch'é fout' b'n qu'ol érat c'me çheu ! » 

Ghein, b. et souvent che, chien. « Çheu chein de chat ! in 
che gâté (enragé). l' l'avant jharôdé c'mme in che gâté. » 
— Ch'n, cKne, chien, chienne : « prends garde à çheu 
cKn ! » Pour exprimer une condition très-malheureuse, 
on dit : « Jh'aim'ris meux ètr' cKn et n'avoir point 
d'coue. » 

Çhêle, Çhélès, Celle ,C9s. 

Chemiser, Se promener en chemise. 

Chemïsole, Grande casaque. 

CHEMtJCHER, Singlotter unpeu, commenn enfant dont les 
cris s'appaisent. Nous donnerions pour racine mussare ; 
mais comme on dit aussi chenucher, il est probable que 
ce mot vieàit des petits chiens. 

Chenac, Commune du canton de Cozes, arr* de Saintes. De 
chêne ? 



110 Cil 

CuENASSE, Péjoratif de chienne, — femme de très mauvaise 
vie. 

Chenasser, Tenir une conduite équivoque et dissolue. 

Chenassier, Homme qui tient cette conduite. 

Chenasson, Diminutif de chenassier. On voit que les pay- 
sans, qui observent de prés, ne professent pas une haute 
estime pour le chien. Les anciens de même: obscœnœ 
canes. Les musulmans idem. 

Chenau, R. Chenal. Decanna^ du celt. çan : \e^ Santons. 

Chenebard et chenevard (in). Une chenevière. 

Ciienèle, p. Cannelle (rohinet); dim, fém. de chenau. 

Chenit, Chenil. « Au chenit ! au chenit ! » 

Chenot, Petit chien ; mot plus caressant que cagyiot. 

Chenut, Chenue, Même sens moral que cossu, cossue, c- 
H-d. vieux ; respectable, riche et précieux. « 01 est dau 
chenut ! » B. L'âge a fourni les titres de distinction : gé- 
ras, récompense, de geron vieux ; senior seigneur (plus 
vieux) ; mais il est remarquable que geron et gr^ra^ vien- 
nent de geranos, la grue (tète grise), ainsi nommée d'a- 
près son cri — une autre singularité c'est que signoriia, 
signorina, demoiselle, signifient au vrai, petite vieille. 

Chenucher, V. Chemucher. 

Chérac, Pron. Chérat, commune du canton de Burie, ar- 
rondissement de Saintes. De iTer maison, en celt. — Thè- 
me d'un dicton : « ol érat jusqu'à chérat, » c.-à-d. jus- 
qu'à ce que cela tombe. 

Chérant, B. Cher, qui vend cher. « Çhèle marchande est- 
èle donc chérante ! » 

Chérantise, B. Cherté : « olest la chérantise même ! » 

Ch'rche (en). En recherche. Pourquoi, en français, la re- 
cherche, même avant la cherche, qui n'existe pas ? 

Chère, B. Choir, tomber : « prends garde à pas chère ! » 
« La chevillette chéra, » dit Perrault, dans le Petit Cha- 
peron Rouge. 

Chérente, Charente. 



CherfeL'IIm Mieux que cerfeuil. Du grec Cheir, maiu^ forme 
de la feuille, et non de cerf. 

Chérité, B. Charité : « la chérité s'ous pliait ! » 

Chermignac, Commune du canton de Saintes. Ke7\ maison. 

Cherve, Chanvre A. Palissy dit chervi, qui est la graine. 

Cjiesson, R : Cheusson, qu'il applique aussi aux moines ; 
Cousin, moustique, culex. (Ciitenilegens ? pinçant la 
peau). 

Chet, Chète, Chu, chue ; tombé, tombée : « ol achet. » 

Chète (de). De chute : « fermer de chèie, » de soi-même. 

CiiÉTiT, Chétie, Chétif ; et aussi, malin : « es-tu donc che- 
tit ! » mais in chétigas ne vaut rien. 

Cheû, Chez. « Cheit nous, cheu vous, citez eux.» 

Çheû, ce ; ÇnEÙt, Cet, souvent Çheûl : « çheù chevau, 
çheiil âne. çheut-\c\\\, » çheut aussi à la fin delà phrase: 
« n est pas çheiilà, ol est çheut ^ (ii^i). 

Çheuque, çfwuqc/ioitse, çheuqWin, Quelque, quelque 
chose, quelqu'un. — En çheuque enAveit (endret), à ses 
nécessités. Euphémisme moins ridicule et moins profane 
que l'anglais : cueillir une rosCy fi ! 

Çheurateur, Curateur. 

Çheure, Cuire. — Çheusine, Cuisine. «N'être pas charghé 
de çheusine, » B. être maigre. Çheusinière, Cuisinière. 
Çheusinée (ine), ce qui se fait cuire à la fois. — Çheut, 
çhetite, {eu bref) cuit, cuite. « 01 at çheusut, » il a cuit. 
Chanson de l'hirondelle : « ol est cuit, o n'est pas cuit, ol 
est cuit, o n'est pas cuit, mais prêt à cuirrre. » 

Çheûreû, Quéreux, queureux, en terme de notaire ; com- 
munal où chacun a droit de quérir ; ou de carrus, 
quarroy\ 

Çheûsse, Cuisse. « Ine çheusse de poulet. » Delà mytholo- 
gie il reste peu de chose chez nos paj sans, à part les fêtes 
catholiques : néanmoins, ils font une vague allusion à 
l'histoire de Bacchus, quand ils disent, pour reprochera 
quelqu'un trop de fierté à propos de sa naissance : « n'on 
diroit qu'il est sorti de la çheusse de Jhupiter ! » 



\\'2 CJJT 

CiiF.VAiLLoN. Vov. CluiraiUon. 

('iiK\'ALET, Support v\\ X (loiil)le pour le bois à scier. — 
Appui pour la perche (l'age) de la charrue. 

TiiEVAr, I>. R: Cheval : chevaù (des) B : chevals, desdie- 
vaux. — (Chantier de scieur de long. — Chevatt dau diablle, 
la mante prie-dieu, insecte. 

CiiKVELU, B. Plant de vigne avec racines. 

Chevet. — « Religieuse au couvent de St-Jhoset : deux 
têtes su' in chevet, » c'est-à-dire mariée. 

Chevillard. Vov. Coi, 

CiiÉvRE, Faire devenir chcrre, 0. rendre fou. — Vin à faire ^s? 

danser les chèvres, B. vin âpre et bourru, — A la chè 

rre-7norte, B. Vov. Charmo'te. 

Chevrette, Se dit au lieu de Crevette. — Et aussi poui"i«- 
désigner la fameuse bète blanche ou ganipote : « courii!i«: 
la chevrette. » 

Chéyut, (fcm. chète), Cliu, tombé. « Il Tichéyut, » 

Chez, B. Entre dans la composition du nom de presque tou .»-. 
les villages : Chez-Maille, Chez-Grenon, etc. — S 
prend pour toute une famille ou maisonnée. ^Chez M. u: 
tel sont partis. » Casa. 

ÇiiH ! B. Sifflement prolongé pour faire reculer les bœufs. ~ 

Çhhà, b : Cholà, parole pour les arrêter. 

Çhi, Qui. « ÇJii est o çhie^i là? » Qui est-ce qui est là 
« çhi est o çhi a fait çheu ? » qui a fait cela ? 

Chiard, R. Qui cliie plus que déraison. 

CriiASSE (la), La diarrhée. 

Chiche, Trcip juste, insuffisant. Ne se dit que Jfc- es 
choses. 

Chichette (à la), A mesure trop chiche, à plusieurs foiset^â 
regret. 

Chichot, b : Chiquet, petit surplus de la mesure : « ba li- 
iez m'donc le cldchot ! > — « Al a trente ans et le 

chichot! » 



CM 113 

CiiicoN, Laitue romaine. Augmentatif de chicorée. 

Chicot, Très jeune chien ou chienne. 

Çhïcoter, B : Chigoter. Se dit de la chienne qui met bas. 

Chien, Avare, cliiche. Opposé : libre. 

Chïenfrais, B. Inversion burlesque de français : parler 
chien frais, (ou fringuer, chanfroiser), essayer do 
parler français par affectation et mal réussir : dire, par 
exemple, un plé pour un pié, il pluit pour il pleut, etc. 

Chier des œils. Pleurer, dit ironiquement. 

Chiffe, Adj. Mollasse, fripé, sans consistance. 

Chiff'e, Subst. pour Chiffre. 

Chiffouner, Chiffonner. 

Chiffrail, Menus décombres, débris de pierre taillée, plâ- 
tras ; du grec schize, fends, d'où schiste au physique, et 
schisme au moral. 

Chignon de pain, B. pour Quignon. Breton kig^i, croûte. 

Çhinta, Quintal, lequel est pourtant de six gerbes ; ainsi 
entassées : trois, deux, une. 

Çhinte, Quinte; discussion vive. 

Çhinze, Quinze. 

Chipotaghe, Action de 

Chipoter, Marchander beaucoup pour peu de chose. Pot? 

Çhh.lard, Grosse quille plantée seule et à laquelle on en jette 
d'autres. 

ÇihllÉ, Quille. Çhiller, abattre des quilles, avec d'autres 
quilles que la boule a poussées. 

Çhillère et çhullère, Cuillère — tarrière ayant cetteforme. 

Chiquer, R. Bien manger. Du breton chocnts mâcher, par 
l'anglais cheek (chic) joue : manger en faisant la grosse 
joue. 

Chiron, Tas de pierres abandonné dans les champs. Nom 
très ancien {cheiron, grec, indiquant comme avec la 
main) d'une chose plus ancienne encore, ces premiers 
témoins ou monuments d'un fait, simples tas de pierres 



^J, 



111 en 

i)ii cljacun mettait la î^iecn^», ]}elra7i en Bretagne, galgal 
en breton et en hêl^reu (Genèse xxxi). Nos gens appellent 
encore if' nu tin s les j^etit^s pierres, imlaux ou charbons 
(ju'ils <lêi>osHnt au pied des bornes qu'ils plantent. — Plu- 
sieurs localitV's, se nomment encore le chiron. — Tomber 
eu rliiron, eu ruint^s. 

(jiiKorEii, I]. Hu<ti(]UO lieu d'aisances. 

riiiTTANCK, (Quittance. De quies, repos. 

rjUTTK, rhitier. Quitte, quitter. « r/<27/(?^-me tranqufle!» 

ThllA et rUâ, B. B : (ilaz. glas funèbre; grec klaie, pleure 
— fléau à kittro le blé. 

(jiKLAHoT, Creux, vide, HKÛns un peu de liquide qui ç/dla- 
bote, qui ciapofr {oïk mat.) 4. œutç/illabot. » 

riiLLAiit et Cllair, B. Clair — çhllarté, clarté. 

Chllairin et <7/a '/•/??, B. Clairon, c'est-à-dire gros grelot 
p<.)ur les chevaux. 

CjiLLAïKiNKK, Crier, comme à son détrompe. 

CuLLAMHE, ('hll(nahei\ Flambe, flamber. 

CjiLLAQiE, Çhllaquei\ Claque, claquer. Toutes ces onoma- 
u>|>ées nous semblent meilleures encore en patois qu'en 
fi^ancais. 

CiiiXARCERet ChUerce)\ Sarcler. (Mètathèse ou inversion.) 

CiiLATTRON, Flatteur, rapporteur * Les çhllotro7is n'avant 

qu'in temps. » 

Cnui:, Clé. 

CiiLLERc, (Jllerglieon, Clerc, clei^eon. 

CiXERÇE, ('hUetXd\ Cercle, cercler, (Mètathèse). 

Chjjjk, Claie. Xom de localité : gi-ec Kiados, Scion. 

Cjjlijon et (Jhllon, Petite claie, clayon (Scion.) 

ÇnujpET, Clajx't. 

CJUJJQLE, i'Xv'\\ut. 

CjAÀ^^r.. r/dUsser, Cli<se, chsser : * bouteille r/////*5eV. > 



en 115 

Çhlloche, Çhllocher, Cloche, clocher : « çhi voit le çhllO" 
chè n'est point au pié. 

Çhllocher, verbe, 0. Non pas boiter, mais sonner une clo- 
che, à coups interrompus, non en branle ; çhllochailler ^ 
dira. 

Çhllona, Agaric blanc des champs {clos ? ) bon à manger. 
B : cluseaii, clouseau. 

Çhllône , clone, Mara naturelle, or.linairement ronde ; 
eau enclose ; à moins qu3 cela ne vienne du provençal 
lono, grec limnos, étang. 

Çhllou, Clou. Çhllouery clouer; clatus, lat. 

ÇHLLOUC,Voy. Çhouc. 

Çhllouer, B. O'.chimer, cluber, Fermer les yeux ou se les 
bander pour certains jeux d'enfants : « ol est à toi de 
çhllouer, » Claudere, 

Çhllouetter, Cligner : « i' la regardoit sans çhllouetter, » 

Choc, Peine, chagrin : « o m'a fait in grand chocli^ — chO" 
quer de verre, trinquer. 

Chœur, Cœur : « serviteur ! et d'in bon chœur ! » 

ÇhœurassoN; Sentiment d'ardeur à Testomac, par mauvaise 
digestion. 

Choine, 0. Pain de première qualité. De Tallem. Schcen, par 
rang. Shine, blanc, brillant, beau. De là, peut-être c6, 
fleur de farine de blé. 

Choler. Faire différence : « o vl ^e\ii choler . ^ It. nulla 
f)ie ne cale, je ne m'échauffe ni de ceci ni de cela. 

Chômer, B. R : chommer. Tarder, cesser: « i' n' chomit 
point à s'en aller. » « Tu ne chômeras point àepider ; ♦ 
de demander. — Manquer, être absent : «on' chomoit, 
point de jholies filles à çheu bal. De l'hébr. ShMR ? 

Chope, B. adj. Blet, blèche, en parlant des fruits. Du grec 
Kopte, meurtris. Le verbe neutre chopî en est formé. 

Chou ! Chou! Silence! silence! se dit aux'enfants pour chut! 
chut ! 

Çnouc (Feire), Faire la chouette, non la coquette, comme en 



110 en 

italien, mais rester fille, coiffer Ste-Catherine, ne pas se 
marier. 

Chouse, B. Chose : chouse était du bon genre, au temps de 
Henri Estienne : la cour disait chouse, et la campagne 
chose: révolution. — Chouse , masc. remplace un nom de 
personne ou de lieu qui ne vient pas : « Chouse de chou- 
se, m'a dit ine drôle de chouse, » Il a son féminin : La 
chouse, la une telle. — in chouse, un engin quelconque 
dont on ne sait pas le nom. — sens libre. 

Chouse çhi n'est pas de dire, ou de feire, 0. B. Qui ne doit 
j)as être dite ou faite. 

CnousiER, Le contenant quelconque, vague, inconnu des 
chouses : « que de chouses dans in chousier ! » Que 
d'idées dans toute^idée ! C'est la mer à boire ! l'infini. 

Chp^tien, b. Synonyme abusif d'homme en général. 

« Et jamais je ne vis de plus hideux chrétien. > Molière. 

* Les bètes et les chrétiens ne pouvant yère être hureux 
tretous ensemblle. » Quand le foin abonde, il y a peu de 
vin et de blé. — Parler chrétien, B. R. Molière. De ma- 
nière à se faire comprendre de tous. 

Çhu, Cul. La campagne use et abuse de ce mot (qui vient, i 
chose frappante ! de la même racine que koilos, cœlum, , 
le vide, le cieL) On n'entend que çhu de pot, çhu de verre, 
çhu de poêle, çhu de panier; chère de çhu, — Mettre sa 
goule en çhu de poule (faire la moue), etc. , etc. , — mettre 
le çhu dans la palisse, refuser une bataille ou une discus- 
sion, capouner. — Çhu-roughe, oiseau du genre des 
mûriers. — Çhu-bllanc, B. motteux; bécasseau ; sorte 
d'hirondelle. — Çhu-pllat (assis à), sur le sol. 

Chuchoter, àçhucher, Épuiser en plusieurs fois. 

Çhuler, Culer, reculer. « Tu m'f ras pas çhuler! » 

Chullî, Cueillir. 

« Allons çhidli la nouzille. 

Allons, bergher ette, allons ! » Chanson. 

Çhulotte, Culotte, « ine paire de çhulottes, » 0. une 
culotte. Des çhulottes, idem, une culotte ou un pantalon. 
Sauver ses çhulottes, sa vie; s'en tirer les braies nettes. 



et- 117 

— ÇJiulotton, enfant nouvellement culotté. Homme petit 
et gros. 

Çhurà, B. Trognon, « in çhiirâ de poume. » 
Çhure, Cure, demeure du curé. 

Çhuré, Curé. Et jeu de mots sur curé (nettoyé) d'argent : 
« si jlie sens pas prêtre, sens trejhou* çhuré. » 

Çhurer, 0. Curer, vider, écurer, recurer. 

Çhurette, B. Curette ; tout instrument pour en nettoyer un 
autre. — Gagne-pain des maçons. 

Çhurou', Curoir, pour la charrue. 

Çhurures, b. Raclures ; terres extraites des fossés, etc. 

Chuter, B. Tomber ; et non pas, comme en langage de 
théâtre, imposer silence. 

Çhuve et souvent Chu'e, Cuve. — Chii chartière, ou 
doiiillat, cuve à porter sur la charrette pour vendanger. 

Çhuvraille, Couvraille, Ensemencement des blés. 

Çhuvrî, Couvrir la terre (LaFontaine), c'est-à-dire le grain. 

CiGOUGNE, Cigogne, grande bascule pour tirer Teau d'un 
puits. — Nom de localité. 

CiGOUGNER, 0. V. Zigougner, 

CiMENTiÈRES, ç'mentières (toujours au pluriel). Cimetière. 

CiNCE, Enveloppe d'oreiller. Plutôt since, de sindon, lin- 
ceuil. V. Génin, sur le mot chinche. 

Cisailler, B. Couper gauchement ou difficilement. 

Civière. A. Brouette. La vraie civière se dit boyard, La 
civière portait-elle primitivement les vivres, cibaria ? 

Civilité (feirela) ou baiser la main (la sienne propre). Re- 
mercier de la main. S'enseignait jadis aux enfants. 

Claune, p. Grande mare; peut s écrire c^one. Breton lenn, 
étang ? 

Cllafoulit, b. Tarte aux cerises. 
Cllair, b. V. çhllair. 



U9 



CLLàrDE. -^ ■ tiitfiff, ♦faillie. pr«?ïiciïi. Simifiait boiteux ; 
aujuiiriliiu. tiieiiiiie£Li>- )• ire-ix resprLt. dupe, mari 

Cllavul. CîiivhHiri : il :e i-r pa>«5e ia zn.Hîin des porcs, pour 
le:^ emt>tH:iier Le 5 luiler. — F.inur^-^a. 

0.r.nsi>^ vIoj. Lli Cib:^^. :-.:n]mime ec cantoa de Saintes. — 
HabicaiiD>. . . .* 

rtUHVKry 'rie-, Ti. cLl ui rr-e. inie<:*:>. 

irMANOfcK. L>. CocLiniaiL'Lt^-'/\''f.*^fV//'-'fi«f.conimaiidemeiit. 

Cvt\ Coitinie. « '^' //* 31. L _•' /'* vi. *' — C't,i' çheu, tout 
douct^tti^îa:. c ■ us-i . :• u:s>.: . - C iizi*t-iz le p« »rtes-t u ? cr/i . 
^*hfu. » — '/ •/' *^ •- . :• r^Le :! ûi;:. — Cfin' fout, B. 
v'ow^»Anu5>v»tt baaa;!> : '^ al t^^c aialine */Me tout. > — 
i^hé^ Ù^ti; Ut?u «Le ri»* :;in.< je< o:iuf*araisoiis d'égalité : 

i''M\nHt>.\ Iv Oottirtxvxii::^. < jl sa •*'*.♦ xf*/**. > Au pluriel, 

r\NAU IK. l\ùt tHXÈm: : d^ JL:ia cuHtr. berceau. 

l''NK(\rHis\ iVuuaùtw ♦ vH e<î p^rtani d" c neutre. » C'est 
|H^uiaut fuoilo a vvtiai::r^. C^aeussance, cneussut, 

( !<M .\nu» l Vtit iXHif Avon<* ^jiîe p^uidiefit quelque fois les pou- 
Wx K^\ q\u> Ton attalHi^ à Iveuvre d'un serpent, d'un 
tMHU^HUU du dinUU\ on vîe^^vHîS. Cria tient à la cocadrille 
(lu Horri» fiUUC^iuo qui haîuait les vieux châteaux. Voir 
loM I .^ytMuK^s ru^tiqiH's de G. Sand. 

(Nmiik dt^ mU^tior, Sm ètaWi. 

(Nm'IIKH [i^Uv i\ sos^, Vi\iv du sien, avoir sa taille pour le 
phin, nU\ 

riiiiiiiiT, »l, pourC'A»r'v«7. l^ssoulit. 



cil 110 

CoriiîLLE, Coquille. — Au pluriel, êcus : « rn'en at amassé 
des coçhilles, » 

CoçHiLLONS, La seconde enveloppe de Tépi de maïs. 

CoriiiN, Coquin. D'où coçhiner, coçhinerie ; (èicoçhina- 
ghe, tas de coquins. Les anciens cuisiniers, coqui, faisaient 
donc danser l'anse du panier ? 

CocHOUNE, Coche, en terme injurieux. — Cocliouner, B. 
mettre bas, en parlant de la truie. 

CoçHU, Coucou. Cocu. — Merde de coçlni, B. La gomme qui 
vient aux arbres. 

CoçHUE, B. Ciguë. Semble forgé de C6)?2?io;i et de cecM^a sou- 
dés ensemble. 

Coco, Terme d'enfant pour dire œuf. 

CocoxE, Coloquinte, petite cote, v. 

CocoTE, B ; id. Pour dire poule. — Maladie des yeux. 

Cocotier, Coquetier, petit vase à supporter un œuf ou fait en 
forme de demi-coque d'œuf pour baigner les yeux. 

CoFiNA, Cofinean B. Corbeille à porter la pâte au four. Pur 
grec : KopJdnos. 

Coîbine (Feire la), se dit des poulets malades qui mettent le 
manteau, ^traînent les ailes; des autres oiseaux ; des per- 
sonnes. Eté coi ! Y. Coûahine, 

Coie, p. Calebasse, citrouille. — Femme bète. Est-ce de 
Tadj. co^ ou une sorte de fém. du mot coijon, que quel- 
ques-uns dérivent de coi. Rappeler le grec Koilos, creux. 

CoiFFANGHE, Façou de se coiffer. 

Coiffe, Prononcez couéfe, la coiffe et aussi la ca2}e, Voy.% 

CoÎME ? 

CoiRACDou Coireau (bœuf)? 

CoissiN, R. 0. Coussin. 

CoÎTE, B. Prononcé très long, couette de lit. Du latin ciilci- 
ira ? 

CoÎTiT, Coutil. 

Coix de Boiirgoxigne, poix de Bourgogne. 



CoL\, H. Colas, abrégé dt* XûxJa?, rainqueur dépeuples: 
niais, badaud : * grand cola ! » — Canard musqué. Du 
grec Koloios ? qui s'appliquait au choucas ; imitations 
du cri. — Erre de la vache à colas, être protestant ; so- 
briquet accepté par les calvinistes, comme le fut Jacques 
Bonhoiûme. [»ar les pavsans. Serait-ce que leui's igno- 
i-ants ad^ ersaii^es auraient dit d'eux : ils ont de la reli- 
gion comme la vache à colas ? 

CoLE, Gausserie, mensonge, tromperie: Coleui% flagorneur. 

CoLET, Piège à prendre les oiseaux par le cou, surtout les 
bécasses. — Colet de b'rghère, 1>. ronces prises à deux 
sillons. 

CoLiDOR, 0, Cori'idor, mot italien que nous verrons traduit 
par courrai^ adouci en couloir. 

Combe, R. 0. Terrain plus bas que l'auti'e, petit vallon. Lat. 
incumbere^ se pencher : de Kupte, Ixiisse la tète, Kubê. 

Combe ? Combien ? comben, B, combeun. co?nbin, id. 

Compagnie, B. Compagnie. «Bonjhouret à la compagnéey^ 
se (lit même à une i)ei'sonne seule : la compagnee alors 
est Dieu. 

Comparaison (Sans), précaution honnête et pieuse que Ton 
prend toujours quand ou rappixKrhe un chrétien des bètes: 
« Tu t'ébraites c'me in âne, sans comparaison. > En face 
de ce tour oratoire, il n'y a plus moyen de se fâcher. 

Comporte, fém. Petit tonneau poitat if à deux anses dans 
lesquelles on passe des bâtons. — Autre qui est traversé 
par une seule barre et qui se porte à deux hommes sur les 
épaules. A^oy. ovale et machecou. 

^CoMPRENABLLE. Compréhensible. 

Comptant (tout), B. Coniptè-comptant, Comptant.. 

Compte (le), Un en sus de la douzaine, deux en sus du quar- 
teron (de 25), cinq en sus du cent. Quand on veut dire 
qu'il y a beaucoup plus qu'on ne déclare, on ajoute : « et 
le compte. » « Aie at 25 ans.^... et le compte. » — «Etre 
de bon compte, » de bonne foi. 

Compter Que (sans), B. Ajoutons que... sans compter que 
s' i' refuse, jhe le feis assiner tout dreit. » 



CoNCHE, Plage en forme de grande coquille, coucha. — 
Réservoir d'eau pour les marais salants. P. 

Condition, Service de domestique : « être, aler en condi- 
tion ; ine boune conditioii, ine mauvaise condition, » 

Conduite, B. Ce qu'il en coûte pour transporter quelque 
chose : « payer la conduite.^ — Conduite (feire la), ac- 
compagner. Et Ton conte Thistoire de ces deux bons amis 
qui passèrent tonte une nuit à se faire la conduite de Tuii 
chez l'autre : si non èvero è ben trovalo ! A. Nomme 
cela conduite de Limoges, pauvre Pourceaugnac ! 

CoNDURE, Conduire. It. condurre, « F n'y voit p'us à se 
condîire. 

CoNFONDUT, B. Gâté, abîmé, perdu. 

Consent, 0. B. Consentant : « est-èle consente ? » 

Conséquent, 0. B. Considérable : « ine propriété cotisé- 
quente, » 

Consoumer, b. Consommer et consumer, que Ton confond 
comme du temps de Molière : 

« Et quoi que Ton repi-oche au feu qui vous consomme. » 

(Dt'pit Amoureux.) 

CoNSOUDRE, CoNSOUTRE, Consoude, plante : deco7isolidare. 
Constipées (autorités), ^lauxtûs jevLf oiiv constituées. 
Consulte, 0. Consultation : « aler prendre ine consulte, » 

Content, ( Tout son) B. à plein contentement. G. Sand a 
mal écrit : « pleurer tout son comptant, » François le 
Chanipi. 

Contenter, B. Terminer, ajuster : « çhèle pièce (de char- 
pente, par supposition) est p' us courte que l'autre: faut 
zou contenter, >► Expression qui marque bien le bonheur 
donné par toute harmonie, par toute Justesse, Justice, 
îijustage. 

C!onterole, 0. et Contreroler» Contrôle; contrcroler, 
c'est la vraie et complète expression. 

Continue (de), A la continue, 0. sans interruption. 

CoxTRAiJÉTÉ, B. Contrariété ; contralier, B. Contrarier. 

Ju. 



' ->»» 



co 



«'.♦NTRvT ilir^ iaas Ié»sk Danal*^ imnnàcritir. «iaiis les par- 



v*»T^. PU ^ims opposé : -r Ust^zAi re «^ue vous Tondrez, i' 

/ou pr^>mi ront a la conlrarerse. p 

< ,»)\'TRR. r>. ^t 7)/» rnntrr>, .Uiprès. a joindre: < vins (iuac te 
:n rrrr.> ;'3;^^^? m >., n }!in d:j 'ijii*r? moi ! > 

'loN'TaRP'iiN'TR, 0. Coiirt^ointe. 

r.)NTRF,p<)RTRra, CoIport5gîir. 

♦ oNTRRTrRRa, Tirer «{xma un mauvaLs :^ens. Se dit d» âlets, 

Ton Va ii.s aT:ô\s . G .nr^î^itioa. 

CopR. ^o;>^'/'. /•/îp ?//'/?, Coupe, couper, roupure. Grec pur. 
C/)/;« ^i d^t.r B. brâe. reiiuit â m*anr. — Coper la fi- 
ffur^ fin rj^yf.r, H. m«ia<!e extrême: coper cme in mcl- 
//?, a:; terminer: coper se «lit aassi 'run coup «le rent. d*un 
^,o?ip devin, d'an Tioleat hesi^iii, 

r>'<i i.i. moi le) ! f>* prix, la victoire. Rei^te. ^na^ doute, de 
'^e.'HJeiix harbare* où l'on jetait des bàtoiLsà un coq, à 
nne oie. rpii appart^nain en^raite au saiirage qui FaTait 
fjiee. Vov. 6i!>. 



OiO^^^ARTiR. tem. Co'ça/''/^. fêm. Biise frL^ «lerîle de Sï 

riaicfne. 

OtC^^xKXy, Chapon rnal réusr>i. 

r^<>r:A5ii5rRR, R F5. Ct>:[tiet'er, marchand de rolaill^ 

Co^'^rATRr. V. focotri, 

f V)OT;RrT;AN'TE. Cigiie fach«^ : f^es racines. 

C>RRATOX, Bjtton courbe en fer pour tenir les ambileis slu 
joug. 

CoRBE, J. Courbe. 

CoRBEi.ET, B. Petit corbeau ea pierre qui soutient le man- 
teau de la cheminée ; toujoun? assez haut pour que la cui- 
sinière pur>î.se s'avancer dessous. 

CoRBET, Bœuf dont les cornes se dirigent en J«^. 

r<»RBiunAr. roriBrufAr. couRFiUAr. Courlis de mor. 



OO 1?3 

CoRBîNER, Attendre longtemps ; comme le corbeau perché. 
Dans Rabelais, faire un vol, une filouterie, comme avec 
un bec de corbin, 

CoRCODRiLLE, Crocodilc. 

CoRDÀ, Cordeau. 

CoRDÊLE, Cordeàlaquelle s'attellenlleshommesqui liaient les 
barques. Corde garnie d'hameçons pour la pèche. 

CoRLASSE, Grosse écorce. — Corlassocs, couvert d'écorce, 
ou qui est de la nature de Técorce. 

ÇoRLUT, Courlis de terre. Çorliit imite mieux le cri que 
courlis. 

CoRMAT, V. Corme, On dit de même poirat, poumat, &c. 

Corme-Ecluse, Commune sur la Seudre, canton de Saujon , 
arrondissement de Saintes. — Corme-Royal, idem, à peu 
de distance : ancienne abbai e. — Habitants : Cormillon- 
noune ? 

CoRMÉ, R. B. Boisson faite avec des cormes. Le verbe Cor- 
mer, s'applique à tous les fruits qui, ainsi que la corme, 
achèvent de mûrir après la cueillette. — Attendre avec 
ennui. 

CoRMENUSE, Coniemuse. 

CoRNAiLLER, Essavcr ses cornes : « les bœufs se covnail^ 
lant, » 

CoRNARD, Brosse pointue de boulanger pour enlever la farine 
de dessus le pain. 

Corner, B. Donner des coups de corne. — R : crier long et 
fort. 

Cornière, B. Coin de mouchoir, de pièce de terre, &c. 

CoRONEL, B. Colonel. On dit aussi courounel et coii'- 
rounal. 

CoRPORAL, B. Caporal ; grade que les bonnes mères confcn- 
dent volontiers avec couronnai et même général, 

CoRPORÉ, Corpulent ; bien corporel de belle taille. 

CoRPORENCÉ, Corpulence. Le mot patois est de tous points 
le meilleur. 



i2i eo 

Corrompre, Interrompre : « corrompre ine conversation.» 

CoRSAiN (damné comme un), Sans doute comme un cahor- 
sain, usurier du moyen âge, et non pas comme un corps- 
saint^ dans le sens des Reliques de Béranger ? 

Corsé, B. Qui a du corps. On dit aussi du vin corsé. 

CossARD, Arbre vieux ; du celt. cos, vieux. 

Cosse, B. Vieille souche, surtout de vigne. Français dans ce 
sens. 

CossET. Dim. de Cosse. 

CossiN, B. Coussin. 

CoT, Coup. Du grec Kopie, cogne. — Fois : < ol est assez 
pV in cot. » — On dit au maladroit qui ne parvient pas à 
frapper où il veut : <c en cent cot cent lieues !»-=-« Cot 
a battu chevillard ; » on s'est donné un coup à la cheville 
avec l'autre pied, comme les chevaux qui s'entretaillent. 

Coter, Cosser, heurter de la corne: « çheubœu te coterai, > 
— Hésiter en lisant. 

Coterie, fém. Camarade, fût-il unique : « in tel est sa cote- 
iHe. » Doit venir à'écot, qiiot debetur, combien est-il dû? 

CoTiT, Cotie, Véreux ; coté du ver. 

CoTRÀ, Cotteret. Et nom de famille. Tels les anciens cotte- 
reaitx. 

Cou (ine), Pierre à aiguiser, un queux, du lat. cos, Rabelais 
écrit coz ; le Berri, cous. 

CouÂBiNE (v. coibine). Si ceci était la vraie orthographe, le 
mot viendrait de Couver. C\vV: t Vvl)ç&^.'*; 

Cou'ain, b. Couvain. 

CouANE, B. Couenne de lard, qui, du reste, se prononce 
couanne. 

CouBLLE, Couple. — CouBLLER, se dit de deux individus 
ayant chacun une bète de tiavail qu'ils réunissent en atte- 
lage, pour le labour et les charrois. 

Couche, Mise au jeu. — Coucher, mettre au jeu, parier. 
Souvent on dit mettre tout court, ou pàrier-rnettre. 
Voy. Misaille et parier. 



Coucher douére, (dehors), B. Se dit d'un outil, d'une char- 
rette, qui reste dehors, mais qui ne se couche pas : « mon 
coûta a couché douére, çhette neut. » — Se reproche 
aux mauvais chasseurs : « que de lièvres tu as fait coucher 
douére dans ta vie ! » 

CoucHis, couchise, Qui aime à se coucher. 

CoucoMBRE et c'coMBRE, G^ttcombre. 

Coucou (fleur de), B. Primevère sauvage; faux narcisse ; 
lychnide ou coquelourde ; etc. 

Coude (lever le), 0. S'enivrer, surtout secrètement. 

CouDiN, Coing, Cydonium malwn. — Nom propre. 

CouDiNiER, Coignassier. En gascon ce serait Cuisinier. 

CouDOT, Subs. et adj. Poulet auquel la queue pousse. 

CoÛDUT, Coûdue, B. cousu, cousue. Jhe coudis, je cousah. 
tu coudis, i coudait, Jhe coudi, tu coûdi, fcoudit, je 
cousus &c. 

CouE, B. Queue. (Lat. caouda^ coua, coue). Enigme : 
4c qu'est G que mais n'en zou tire p'r la coue et mais 
o fouit ?» Le peloton de fil. Vœu désespéré : « vaudroit-o 
pas meux être ch'n et n'avoir pas de cowe? » Pour chasser 
les mouches. 

Cou'ÉE, B. Couvée. Cou'er, couvé ; cubare, 

CocET, Petit cheveu. — Couet, couhet ou coity tube en 
bois pour les prises d'eau des marais salants. De quie-- 
tui, V. amezau. 

CouGNASSE, Lieu planté decoignassiers. 

CouGNAT, Cognac, ville. — Jeu de mots sur Cognac : lors- 
que deux personnes se disputent vivement : « érat-o jus- 
qu'à Cougnat ? » cela ira-t-il jusqu'aux coups ? — Habi- 
tants : Cognaçais-aises. 

CouGNÉE, B. Cognée. De cuneus {couneus), coin. — So- 
briquet de la femme battue. 

CouGNER;, B. Cogner, t. queugner. 

Cou'î, adj. B. Couvé : « inœu'cou'î. » — Subs. J. couvain. 



li>6 CO 

Coi:ihLK,]e Scro! uni ; aw plur. B. Testicules. — Femme 
bète. — De chat, tubercules de Torchis mâle. 

Coulée, Mortier clair, à couler dans les joints. 

CouLEURÉ, B. Coloré. Vin bien couleuré. 

CouLÎ {Not), Nœud coulant. 

CouLiNE, de Couler, Pente de terrain, vallon, ravin. Opposé 
de Colline, qui vient de col. 

CouLOMBARD, Colombard, variété de raisin blanc. 

CouLOMBE, Instrument de tonnelier, grosse varlope renver- 

S66* 

CouLOMBiER, B. Colombier. 

Couix)MBiERS, Colombiers, commune du canton de Saintes, 
où Ton a trouvé d'anciennes monnaies marquées d'oi- 
seaux. 

CouLONGES, ConiHiune du canton de Pons. Habitants de ces 
deux communes ? 

CouLOQUERun enfant, Le trop choyer. De coUoquer. 

CouME, Comme ; voy. c'me, 

CouMENT, Comment. Cette question faite trop de fois, amène 
la réponse : « gourmand toi-même ! » mauvais caleni- 
bourg. 

CouMÉDiE, Comédie. De même, coumiinion, &c. 

CouMENTAGHE, Assaisonnement avec le pain. C'est ainsi que 
Rabelais annonce un livre intitulé : Des pois au lard cum 
commento, avec commentaire. 

CouMÈRE, B. Femme en couche. Voisine qui l'assiste. — 
Commère en général. 

CouMis, B. Se dit principalement des employés aux contri- 
butions indirectes, toujours en odeur de gabelous, dans 
le pays. 

CoÙNiL, Lapin —nom propre, (plus ou moins.) 

CouNiT, Diminutif d'un mot libre. 

CoupANGHE, Coupage, mot et chose devenus trop pratiques 
sur les spiritueux. 



- CO 127 

CoupiE, Copie. — Quantité; du vrailatia coupia : par exem- 
ple, on dira d'un rhume : « tu en as ine hoxme coiqne ! » 

CouRAGHis, Courag/iise, Courageux, hardi, persévérant. 

Courant (Not), A. Nœud coulant. 

Courante, Danse à temps boiteux, hors d'usage. — . 
Cours de ventre. 

Couratier, Conratière, B. Habitué à la couraterie. Est 
devenu courtier, 

CouRAUD, : Coiiralin, gi-ande barque de charge — nom 
d'homme et de localité. 

Courbe, fém. Sable mou qui engloutit ce qui s'y jette. En'ise 
en Normandie. 

Courbejhau, V. Corhejhaxi. 

ÇouRCOURY, Ile et commune sur la Ssugne, canton de Sain- 
tes. — Il y a cours et recours d'eau. Il y passait une voie 
romaine qui'sert maintenant crècours à un des bras de la 
Seugne, laquelle a exhaussé son lit. 

Cou'resse, (poule), Couveresse, qui couve en ce moment. 

Couveuse,. en effet, indique l'instinct plutôt que l'action 

même. 
Courghe, B. Bâton disposé pour porter sur Tépaule un sceau 

à chaque bout. V. C/iambalon. 

Courgheon, Petite lanière de peau tortillée, de manière à 
faire un cordon très fort, qui sert à assembler, par exem- 
ple, le toulot et la verghcy les deux parties du fléau à bat- 
tre le blé. 

Courgnoles, Fruits du cornouiller, cornouilles. En Berry, 
gorge peu développée. 

CouRPE, Croupe. CourpièrCj cvow'^xkve (qu'une petite fille 
qui n'en savait pas le nom, appelait très bien la bride du 
derynère,) Courpignon et courpion, croupion. 

CouRPÎ, Croupir. Participe : coitrpU, coiirpie, 

CouRRoi, : Courroir, Couloir, corridor. 

Course, Cours d'eau qui fait tourner un moulin - 

Courser, Poursuivre à la course. Coiirsî, id. 



1 



V2A OO 

Cot:r.sikre, Rayon dans lequel un meinier a ses accoKrr- 
siers, 

CouRToiRE et Courtoise, Couverture de pot. 

CouRToiSER, Courtiser. Pourquoi Courtiser et Courtoisie ? 

CousTiLLE, Piège à oiseaux, faitd'une côte ou coûte de bœuf, 
ou, à défaut, d'un petit arc en bois, dune anse en 1er de 
seau, et garni de filet. 

CouTÀ, Couteau. Le repas fini, on ferme son couteau, et il est 
vilain de le rouvrir, quelque chose qui survienne en des- 
sert. Mais il y a un vieux conte, souvent remis à neuf, de 
saison favorable, d3 terrain fertile, faisant pousser la lu- 
Zv-îrne ou d'autres plante* long.... « té ! sac'rdienne !.... 
c'rae mon coûta ! » Cotità-parour, grand couteau de 
sabotier, tenant d'un bout à la coche, pour parer c.-à~d. 
préparer le bois. 

CoÙTÀ de Tripier ; Espion, mouchard, qui vous tire les se- 
crets du ventre. 

Coûta, et par corrupt. toûtà, de haricots surtout, Gcusse 
presque vide, mal venue, où il n'y a que la cote. 

Coûte (ine) B. Une côte, du corps ou de la mer. 

Coûté. B. R. Côté : « d'in coûté, » d'une part. 

Couteloune, Couverture en coton. 

Coûtement, b. Coût, dépense. 

(/OUTiver. Soigner du foin coupé, le cultiver pour qu'il 
sèche. 

CoÛTox. Coton, B. Grosse nervure des feuilles de chou, de 
bettes et autres semblables. 

Coûtoyer, Pron. coutéyer, B. Côtoyer. 

(Coutume (de), B. Habituellement. 

Couvarte, Couverte, 0. B. couverture. 

CouvRAiLLE, B. Le temps où Ton couvre les semailles. — La 
quantité de terre mise en culture de blé : « tant de jhour- 
naux de couvrante. » Voy. çlmvraille, qui est le même 
mot. Aille est bref dans les deux. 

Couvrit. B. fém. Courric, Participe de couvrir. 



Cou YER, Etui eii bois à loger la coM. Se pend à la ceinture 
de manière à favoriser le quolibet burlesque. 

CouYOLE, Fruit de l'aristoloche — la plante même. 

CouYON, Coyon. De coi selon les uns, de coglione, italien 
selon les autres, desquels nous adoptons l'avis, r. Koilos. 

CozES, Canton deTarrond. de Sain tes. Vient de Coz, ancien; 
comme, probablement Je Cosas de Virgile : quique iir- 
hem liquêre Cosas. Énéid. Ainsi Cosence &c. 

CoziLLON, Habitant de Cozes. Les messieurs de Cozes^ dit- 
on aux alentours. 

Cracher Dans ses mains, habitude pour empêcher les man- 
ches d'outils de glisser. Par suite, c'est un préparatif de 
bataille. — « Cracher en Tair pour que ça vous retombe 
sur le nez. > Porter une accusation qui est la condamna- 
tion de celui qui Tintente. 

CrAgne, Subs. le crâne. — adj. crâne, bravard, téméraire. 

Craignut, B. Part, de craindre : « sijhen'aviscrat^nwif ! » 
souvent syncopé en c'rgnut, comme l'imparfait crgnis : 
« si jhe ne crgnis mon couraghe ! » Ils disent : <!^que mon 
couraghe » par erreur de mots et quelquefois vérité de 
sens. 

Crain're, Craindre. 

Crainte, 0. Timidité. 

Craintit, Craint ie, Timide, en parlant des enfants : « à 
n'est jharnigoué point craintie ! » 

Craintitud^, Timidité. 

Cramaillêre, Crémaillère. Cramàillon^ B. Crémaillon. Le 
grec est e:i effat krêma, suspends. 

Craque, B. Menterie, gausserie, ou gausse^ la gabe du 
moyen-âge ; hébreu GBE {gabbia, cage, panneau ?). On 
connaît' M. de Crac, et Tarbre de Cracovie, à Paris et 
ailleurs. « Pousser ine cr^çiee. ^ 

Crasse. B. Trait d'avarice, vilain tour : « i' m'a fait ine 
crasse! » 

Crassit, Sali de crasse : « t'as cr assit ta manche. » 



\V. 



\'M) eu 

Crassou, B. Crassoitse; Crasseux, daiis les deux sens de 
sale et d'avare. 

Cravans, Commune du canton de Gemozac. Breton ; ke)% 
awcm. Habitants : Cravanais. 

Cray'on (prononcez crèon), Crayon. 

CnÂZANNES, Commune du canton de Saintes. Toujours ker, 
demeure : habitants : Crazannais. 

(!ra^A, Esturgeon. N'ost pasle crèac des Bordelais, espèce 
d'alose. 

r.RÉiATCRE, B. Créature. 

Creire, b. Croire. « Jhe creis. » « Creis fout' ben ! * for- 
mule ironique d'un doute absolu. — « Chouse de creire, 
de feire, de dire,.. » O. B. de pour à. — Etre docile, 0. 
« Çlieul enfant ne croit point. » Le participe est créyut, 
créyue. 

Creissance, Croissance, C'est IV latin, là : credere, ici, 
crescere, 

Creît, b. Croît. « Çheu garçon a feit son creit ; >» a pris 
toute sa taille. 

Creître, b. Croître. « Mettre à creit re ; » ajouter de l'eau 
au bouillon. 

'Crenom et crnora, Jurement : sacré nom ! 

'Crenotut, Crenotue, Diminut. de sacré. Injure élogieuse : 
« cheu 'crnotut drôle, c'me il est fort ! » 

Crépin (saint) , RiSanfresquin ; sainfriisqiiin ; L'ayoïr, 
la fortune, les économies. « Il a manglié tout son saint 
Créjmt, » comme l'Enfant prodigue. Ce mot vient des 
cordonniers, dont saint Crépin, c'est-à-dire crepida, 
la sandale, était le patron. 

Crépissaghe, 0. B. et Crépissanghe, Crèpissure. 

Creûgne (ine), J. Creux à la tète par blessure. — Croûte 
d'une plaie. 

Creùt, Creux. Creusé, percé à jour. — Chanson creusée, 
à double entente, licencieuse. 

(Jrkve (la), et la crve, ou cr raison , B, la mort. 



OR 131 

Crevé, C^vé, B. Fatigué, n'en pouvant plus. — « Tout son 
crcé, » tout son soûl. — Ancien corps de robe dont les 
m inche> étaient d'une autre étoffe. — C^vDer s'applique 
au feu et à la chandelle, comme Mourir: «le feu est crvé.)> 

CaEVE-ciiiEN (Lesson), Morelle noire. Plante. 

Crier, B. Pleurer, niBuie sans jeter de cris. 

Crique, fèm. Rosse, mauvais cheval, mulet ou âne. Ledim. 
criquet est français. 

C.iissE-M.VRiNE, C.'istsmirine, chrilhmus maritimus. 
Crocher, Accrocher: « si jh3 i^ croche me fois ! » 

Crocheter, B. Accrocher. Fermer une porte, et non pas 
essayer de l'ouvrir. 

Crochets, Pissenlit dent de lion, ouLiondent. 

Crocs, pron. cro. Favoris aux joues ; moustaches. — Trac« 
de vin aux lèvres. 

Croison, Voy. Clloison, 

Croler, B : Crouler, Bercer, soigner tendrement. ON ? 

Crolis, Secousse, bercement» 

Croque solk (vieux ou vieille). Vieillards près de croquer 
la sole (le sol), ou plutôt d'être croqués par lui. 

Crosses, Béquilles, « Aller avec les crosses, » Crux^ croix. 

Crosser, Rembarrer durement, comme à coups de crosse, 

Crotter, b. Fienter. Crottet, crotton, petite crotte. 

Crottoùs, Boueux, sali de boue. 

Crouler, Roucouler. 

Crousser, b. et Grousser, glousser. Ancien français. 
Onom : 

Croustet, Crouston, B. Croûte de pain, croûton. 
Croustiller, B. Craquer sous la dent. 

Croûte, B. ^ Mangher ses croûtes, » vivre en son particu- 
lier. — Avoir vécu, grandi, pris delà force : « tu n'as pas 
encore manghé assez de croûtes, » — Croûte-levé, I>. 



133 



D 



U. Lettre euphonique, comme toutes les dentales, s'ajoute 
au commencement de quelques mots : douter pour oûter 
(ôter) ; entre certains mots : çheuque dHn, ^oxxvçheuque 
in (quelqu'un) ; tombe et se perd dans quelques autres : 
2irenre, teinre, ipour prendre, teindre, (tenir) ; adoucit 
souventle^: descende^ perde, rende, vende, pour 
Descente, Perte, Rente, Vente ; et cela même au commen- 
cement de quelques mots : dourcher pour Toucher. 

Dà, B. Se place d'une façon particulièreà la fin d'une phrase: 
« ol est p'rtant bin vrai, rfà ! i> ce monosyllabe doit être le 
Dia, par Jupiter ! des Grecs. 

D'abord que, B. Aussitôt que. Molière l'emploie. 

Dada, Terme enfantin pour Cheval. Onomatopée. 

Dail (in), 0. R. J. : îne daille, Une faux. Du celtique rfaî7, 
feuille. Une faux est mince et allongée, comme une feuille. 
C'est par corruption que les Limousins disent dard. 

Dairai (jhe), B. Je dirai. Commencement bannal de toutes 
les phrases dans les lettres des conscrits, à l'imitation de 
celles qui leur sont adressées ; parce que le parent, qui les 
dicte, parle ainsi à l'écrivain : « Tu zi dairas, à çheu cher 
drôle que &c. '» 

Dàlée, Blaisois, id. B : dabé ; Quantité d'urine répandue a 
la fois : pleine dalle. 3 . : drâlèe. Cf. Tang. dalç. 



» • ■ t * 

.» ■'•-...■•. ■.'.."■'■- *:' — lLi--. f-mine- .L^xr :?r- 

'/.'/.''',/ .•■ -. .r-' :.-:. :»a- :a>i-*'f.!Tr j. .jitp -recàer. ^7»»*^ 

., -nr .;^ ,;tri"'- ."!,;;.»*: Lr- .'* .a iitiir'rtî le hîs TLtis »«4le» 
•rr:>^-' ' .'* -■..•p- :.» "f^' -lia. ijmnr L 'ina ^stsïilts. »2a 

f> i.7v;rj' , pr:ini*5i . f^ui "inr l;i u;nne f*n jr^aqne la. domcear des 
r>Ar , Dn : ^//îj/ /;/î;;?., rfnu ri.n. De Ti:::. ^<rjf. Eti i éé z^ Jbe 

f>Ar. B : IrpOH, de à r^ooilm- Très abrére 4? digiiali rf— 

f>AVA>'T. B. Devant. Ital. daranii, 

r>KftAr>ER. Fermer La hoacoe r^ni hadaîL qai était oaverte. . 

VéBAtxif?,^ B. laîerraptba deiîravail: * jhefiairoas demain) 



DÉiîAUCHÉE, Cessation du travai!, le soir : « àla debauchce» 
à rheure où l'on quitte l'ouvrage. 

DÉBAUCHER, Cesser le travail : contraire à'embaiccher. 

De desoin, Br pour: Besoin : « jli' n'en ai p'us de besoin. » 
« S'il en est'de besoin, > a dit Molière. 

De bià (à), ixd'bià, ixd*?nau , changement en mieux ou en 
pis. 

DÉ3INE, B Déconfiture, misère, état de débiteur insol- 
vable. 

D'bit, Débiter y Dôbit, débiter. 

Débord, Dévoiement. 

DÉBOULER, B. Partir comme un boulet ; se dit du lièvre qui 
fuit de son gîte. 

Debout (vent), et rvÀexwde bout. Contraire, venant par le 
bout a^ ant du navire. 

Débragu'té, J. Ayant la brogue déboutonnée. 

DÉBRiNGUÉ, B. Démoli, mis en pièces, en parlant d'une cons- 
truction compliquée, comme faite de plusieurs brins, 

D'burer, J. b. Jeter l'eau de cuisson des châtaignes. Dépu- 
rer. 

Décampe, J. Dégaine, laide façon de marcher. 

DÉCARŒILLER, Oter la cire (Jui vient aux œuils (jeux). 

D'céder, Décéder, « o y at beau temps qu'aie est d- cé- 
dée ! » 

Décesser, B. Cesser. « J'n' décessera pas ! » ne se dit 
guère que négativement. 

DÉçniLLER , Faira tomber comme une quille ; démonter 
quelqu'un, ou le faire destituer pour prendre sa place. 

D'ciiiRER, Déchirer. 

DÉçLLAiRER, B. Déclarer. Villon, Marot disent desclairer, 
— Dénoncer : « j' l'avons déçllairé aux coumis et i' l'a- 
. vant feit prendre. » 

DÉCOLÉRER, Sortir de colère : « a' n' décolère pas. » 
De contre, Contre, auprès : « tout de contre moi. > 



\:w> 



l>ï-:ropEK ise). O. Se craitrenire Boi-méme. 

I)Ér DiLEfRER. B. I^ècolorer. C'est ici le français qm estb- 
tin. 

I>ÊrorTRiT, Dècoïtrrie, B. Découvert., déconva^jÊ. 

LÊCBorHETER, B. Dècrocber. 

DjËCKOLER. B. et Zk'croiUer. R. Ebranler, préparer rêciw- 
lement. 

Dedans, B. Danfi : mais dedans est plus fort^ connoe véri- 
table opposé de dehors : * ceux qui ont la foi dedans le 
cœur > Pascal. 

Dédire (se). Se défaire en grandissant, se démentir avec le 
tempg, ne pa?; t^enir ce que Tapparenoe avait promis : 
« çlièle ftimèle étoit jbolie étant p*tiCe : a* s*est fain dédite.* 

Défaire, Des pois, par exemple, les écosser. O. 

Défaire (se), 0. X"est pas un crime le moins du monde, c'est 
commencer à se dèi êtir. 

Dfaut, B. Défaut. « Etre en d^favt. » 

Défendut, b. Impossible. Terme de défi : < o t'est dèfen- 
dut. » Chi dit dans le m^e sens : « jbe te zou défends. > 

Déf'rmer, F. Ouviir. 

D'fês (bois du). Plusieurs tenanti^ de bms ont anciamement 
ce nom : c'était apparemment un bois exclus du droit de 
fouage, une résene, avec défense^ du sdgneur. 

Défint, définie. Défunt, défunte. Defuiictus (beau mot) 
qui s'est acquitté de la vie. Combien peu de morts sont 
défunts ! 

D'FOui, Fuir loin de. ^ Pauvreté n'est ]pas vice, mais tout le 
monde n'en d* fouit. » Proverbe. 

Défueucher, b. Défricher. Friche a rapport au breton 
fraust^ stérile. 

Dkgaoiié, b. et D'gaghé, l^ste, agile; l'it. disitivolto. 

Dk^argatk, Décolleté, montrant la gargate, la Gar gante 
rie llabelais, la gorge, proprement et virilement dite. Si le 
débi-aillé va plus bas, c'est décarcassé, montrant la car- 
casse. 



ii '-'137 



DÉGÂT, (Tgâl, Dommage^ pris au sens actif : « les liêtes sont 
en d'gàt, » c'est-à-dire font du dégât. Vastcint, 

Dégh'lée, B. Volée de coups ; qui doit effectivement ré- 
chauffer. 

DÉGHÈNÈR, B. Mettre au large. 

De GHiNGOis, De guingois ; comme qui guigne, qui regarde 
de travers. 

DÉGoisiLLER, B. Dimin. de Dégoiser, tirer de son gosier 
beaucoup de sons. 

DÉGOÛT, B. Mauvais goût; « V'ià du vin potabllé: i* n'a point 
d' dégoût. » 

Degré, Escalier. À. sens du vieux français, et jusque dans 
Boileau. Usité de même en Savoie, si Ton en croit cette 
plaisanterie sur Vaugelas, grammairien français, mais 
Savoyard : il se retirait le soir de chez son confrère eu 
Académie, Fontenelle, et trouvait que la domestique lui 
tenait mal le flambeau : « Faites-moi donc clair, lui dit-il, 
dans ce degré ! » La sers^ante ne bouge. Alors Fontenelle, 
du haut du degré : « Excusez cette pauvre fille, M. de 
Vaugelas : elle n'entend que le français » 

D'GUiLLER(se), J. se Trémousser de joie, de jubilation. Fa- 
mille : guilleret. 

Dehors,, B. « Sortir dehors, entrer dehors, renfermer de- 
hors, » Ainsi un anglais nous disait qu'il avait fait la 
route dans l'extérieur de la diligence. 

Deit, Doit. « In tel mèdeit tant. » 

Deigt, Doigt : * Jhe teba'rai su' les deigt ! » 

. . • . . >. 

DÉJHA ! B. En vérité ! bien sur! ironiquement. Sens. très 
particulier dans cette phrase et autres semblables : « vous 
ne manghez pas ? — Ma fine ! o n'est pas dèjhà si bon. >► 

DÉJHETER, B. Chasser, détourner d'un lieu, dégoûter d'y 
revenir. 

DÉJH0BRER, Débarbouiller. Voy. Jhdbrous; cest du grec. 

DÉJHouQUER, B : Légxicher ; (k\x\iiQv\(i jhoiiqow juchoir, 
en parlant des volailles ; le lit, en parlant des r/in/^?>??5. 



i:t^ 



De-ihùnei:. !►** rimer, cesse! ie ieùiH;. ifjunium. 

in LA vriAy. . • ■ >aii- lani? ("h* sl place. 

1) uussEi.. PruL. iyirssr*\ l^éiaisser. h,, iasciare. 

1>*libi:kl. lî l>fciik-. résolu, dètenniiié. * D'in jrqpo» 
ff'Ub**i^ . >• Hiirdinien'. sauf rémission €it canmie i^rà 
€^^l»i!•efi*-t•l!^«uell: urlilnry . dans^ le sens irançais, pesé 
{léOrin If ]it>uî' e: k- rtraire. — Itelivré (liber) : « m 
leniim' ujUi eiun enceune- esi û'UIpct^. > 

V'hv.Ai : 1 •' LIGUENT, l^élicai. dilipent. 

r'LiNyTEK. L. iK-croJtîv. deliùllir. Lax. ûelinguere^ tHoot 

l>ii:/?i:h ise, lî. Nr dn des jiierre*^ qui se déconqKiErait jar 
leuili♦n^. par ct»u'.*lief . t la irelBCi- 

!»>//. Kt. Li. Avise, fûi^. giL a êdiapjiê au leurre. De li 
au!>î>- lî'rvfi. 

1' XAVWt. i>. lK»miiia£r^. -# Ah ! le irand â" tf^gite^ 

IjKXè.i's ;ii !<; . B. A Irippiriiè de la main ordinaii^ à gauche 
àtu liet; dVuTf a dr-.^iie. cïu rfeciprcquement. 

J^ij^AVjHtai. I>. I>:Jalre. à^TuerLre. àêcanstmire «n çénènl, 
ii«^$itk^ «^i- tju: li'a j?Llnii^ eu d^ man.Sbe. un l»ras, une nui- 
i^/u . uu juid d'oÎM^u. un miLria:re. use aSkire. 

J^fcXA>;/fc a i^ >îLi- U. Jepreai? à i^3ia un \éL 

J/h^£ir/j^fck. j^ F^re se^ premiers pas d'enfant. BBfeeiire- 

ix^^\- Kt^, ux'^KhfiT frû paruiDt ^e Tappoi maternel. 

Uhx*-kMrM>.^'i . A. I>jvorce. <^j-iaration. 
Uii.Xf/^k.K'^t H Uifftfi'ire, * feîre sa deré^eurance. ^ 

Ujr/Xir/ Jik'^'^, {;, iUr.^^nr, < Le demeurant des rats. ^Lafan- 

•jf^f^f/:. hu f\x *^^'V9Tf'. : au 4f;m?urant. 

t^kMoyfir, F^iMrfJX : * ine m^r déûiontée. > Conmie un che- 
si^i f^ii À fUnwfîM ^>ri maître, ou comme une machine dé- 
U'^|u^ <{m v^4»;m<i qu'on pui.«.^ rarrèter. 



"Ï>E 139 

D'MorsÈLE, Pron. d'mouéséle. Demoiselle, domicella. 

DÉMOUNAIRE, Possédé du démon. Apostrophe de courroux. 

DÉMOURE, est plus fort ; c'est démon même : « çheu c?<?- 
moure !» 

Demourer, B. R. Demeurer. Lat. demorari. 

DÉNENGHER, Déseuger, faire périr l'engeance. 

Dénigrer, B. R. Dénicher. 

Dentoile, pron. comme toile, Dentelle. C'est en eSeitoilek 
dents ; mais quels caprices bizarres ! Le français qui dit 
toile, revient au latin dans dentelle, et le patois qui dit 
tèle (tela), par dentoile Tuasse au français. 

DÉPARTEMENT, B. Départ. L'ancienne et gente départie, 

DÉPATER, B. Oterla grosse boue qui tient aux pattes, aux 
pieds. 

DÉPEIGNER, B. Décheveler. 

DÉPEINDRE, Dépeintrer, B. J. Discerner, distinguer à l'œil. 
On dit quelquefois, dans le même sens, défigurer. 

DÉPENiLLÉ, Déguenillé. LeBerry fait une juste application 
de ce mot : « dépeniller le fumier, » répandre par lam- 
beaux. 

Depeû. b. Daii d'peû\ B.O. : du depuis, Aisçm^, It. dipoi. 
— Depeû-mézit, J. longtemps après. 

Dépit, B. Peine, regret : « tu me feras dépit, si tu fais 
çheu. » — « En dépit d'au bon sens, » à tort et à tra- 
vers. 

Dépllégher, b. Déployer, déplier. 

DÉPOTER, Mesurer au pot, à la velte, surtout l' eau-de-vie. 

Dépoteur, celui qui Dépote, dépotaghe existe aussi. 

Dequoi ?0. Quoi ? question bannale des personnes si nom- 
breuses qui ont la mauvaise habitude de faire répéter ce 
qu'on leur dit. Le patois leur fait une réplique grossière, 
qui finit en rime par le mot noiœ. 



--L'*"Jr=- -Tï?-. -a. Jlfc- 



1 . - - — -1 



:3^ L 2ÏL * 'nnn r>» 






r 



^ifr^^f» -iKpfier" 



-r 



r;'***."-3. 






•r ^«ir atr^ TrtKSp «rzaE-atÂnnrfApecît. » 



^^uT^LLS-'Ezrr. - j-Mi-r» fs^ mite: m ^KKrrr* ^oq arait 

fl.:Li^<t' lins- - **}' >-i'Zr * - maijBaaaiTi x 



■5:5^,-- oîu xiT J*^4ffr*iïir-:«*--?jir^ i«ri?e i une poule 
J>>*.w'\v''::5 rv'. -. >» ie:umsB«: if zoiîîip'sa oa de quel- 

Vfct^w-îsiwî!^ t::^K23_ v- 3,. : iBsSAS.-is^Kix, CoeîIIîr oa semer 
7ir<.^~it.":£ix. C' F» I*fCfc:ifr: . j^i:. enfirançais, se confond 



Î>Ê 141 

DÊSAUJHETER, J. Y .Déjketer, 

Descende, B. Dascente. V. Tentète de la lettre D. 

Descexdée, Descente, pente de terrain. 

Descendre, 0. pour Abattre : descendre un oiseau d'un 
coup de fusil. Un peu ironique, comme descendre en 
abrégé, pour tomber. 

DÉSEMBARRASSER, 0. Débarrasser. 

DÉSEMPAQUETER, 0. Dépaqueter. 

DÉSEMPÈTRER, Dépêtrer. 

DÉSENCRUCHER, B. Désenrucker, J. ôter d'un crochet 
élevé. 

DÉSENDETTER (se), B. S'acquitter d'une dette. — On voit 
combien cette syllabe destructive, démolissante, des, en 
grec dus, est consciencieusement appliquée par les pa- 
tois. 

DÉSENDORMÎ, Réveiller. 

DÉSENFERGHER, I)ésenfargker,B, Oterlesentraves(enfer). 

DÉSENFiLER uue aiguille. En tirer le fil. 

DÉSENFOURNER, P. 0. Défoumer. 
DÉSENGAGHER, Dégager. 
DÉSENROCHER, Déterrer une bète morte. 

DÉSENTERRER, Dèseufrrer, B. 0. Déterrer un cAr^Y^ew. 
Texhumer. « Pâle c'me in désenfrré, » Portug. desen- 
terrar. 

DÉSENVELOPPER, B. Développer. 

DÉSHABILLÉ (in), Un vêtement complet de femme, le juste y 
la robe et le devantau, ce qu'elle a mis de côté quand 
elle s'est déshabillée. Le négligé des dames est la toilette 
des villageoises. 

DÉSHARNACHER, B. Oter les harnais. Le franc. Dégarnir ne 
vaut rien. 

Desloges (prendre Jacques) pour son procureur, Déloger, 
partir. 



Ii2 



Dessisse r^œjÎLî'- F. Ôiie je 'L-^se, Tmpnn. <abj. de Kre. 

I>ESgof FR. Defirlcher. 

Ifessnt, B- F. RuQîani : Etessos. Yoici un beau vers de 

Pbr^aoc d^:i:tmr le âroiic k» mal ^ si 



l^ÉTAPOcyEa, Deboacher, «xer le lapon. 

DÊTACSSER- D^îCoanier- — L'herbe dêiamrme a la Tertu , si 

FoQ marefae des^as, ie toos «ièsixiaiier et de tous Caire 
penire Tocre cbanin. Herbe, héLss! bîai commiuie, et que 
pixirtazir i.KL ae oxinaît pas... en bocaû^œ. éa moôis. 

DtTfcLNLkE. R de pÂege. *ie ££«îl: DècesL:e. 

Mrv^rit. Acci-leat ^nrare qic ««promet la croîssaiice, le 
iiéTeîopptsseac, qoî ^xe £a ferve : < û a-c-attrapè dau 



DÈTRiES. R SêTT»*. Du IxJn. detrudere. éloigner, comine 
sevrer Tàern de réparer. Voj. Etrier, 

DKTR*X"ai_ER. R F : RfsùoimiUer; S^êbrooiller, sortoat du 
fit. Le R di^ ièityrr^ymileret d?iiiie Fêcrmolugîe : c'est 
menre «q pekxoa rêc&eTaa t^iii ècaa sur îe tratouilj ou 
ilèvùloir. 

IV VALÈc. R IV^tsceace. peace de câceau. <« A la d" talée. > 

D^^ALES. B. F. R. ]>?9cmire. « Je semble an uMNrt qn en la 
t\^s:$e Ctt dévale. » Ce vers de Roosarvl est com^ètemeat 
$;junu^igeat$. IHi n>sce IVrakr est firancats an sais actif. 

Okyxntà. IkraHt^sH. R R. (Qoidîiigerab simplonent le 
d^TA^Ht\ TaUier. Ce^ se meuait donc antnefoîs sur la 

IVvAXTAôHK. RîiYaniage^ Dm^miaffe qpe, B. plus qne- 

Oifvxxt HiKR. R eç ;f«^r^,tii*'-i-Ai?r, ÀTant-liîer. 

OKWNTièKiR. R Ortîind der^miau a porter nn faix dTierbe 
ou vlt^ fcniilk^. € La saiinie Anàere enqporte tont dans sa 
i/f<'#\iw^it^.'Y> > U>s 5^fee$ d avril, mois où se tronve cette 



DE 143 

Devant soi, B. En sa possession, à sa disposition, en par- 
lant de biens, de fortune ; ou seulement en espérance, 
comme Ton dit peu moralement : « çhèle fille n'est pas in 
mauvais partit : aie a chèque chouse devant soi ou 
devant le. » 

Deveni, B. Venir de. « Voulez- vous déjhûner? — jh'en de- 
vins, » 

DÉVERRiNER, J. Empêcher de faire le verrat, le paresseux. 

Devers, B. Vers, du côté de : « devers moi. » Molière. 

DÉVERS, B. Penchant à verser. On s'y oppose en tenant le 
dévers, d'une charrette mal chargée, par ex. 

DÉVERTÎ (se). Se divertir, surtout danser, si ce sont des 
filles qui parlent. 

Devidoire, b. Devidouè ; Ronsard : devideau ; J : devi- 
doire, Devidoire. 

Devine, La Fontaine, Devineresse. 

Devinoire, b. : Devinoiié, Enigme. 

DÉVIRER, B. Détovirner. « Dévirer ses poches ; — dévîrer 
les œils, » mourir. 

DÉviSAGHER, B. Envisager, un peu ironique. 

DEVISE; Divise, B. marque de séparation entre les proprié- 
tés. 

DÉvÎTRE, B. : Dévîter, Dévêtir, déshabiller ; ôter un vête- 
ment. 

Devoider, Dévider. 

DÉVOYÉ, enDévoiement, en cours de ventre. Dans le vieux 
français : égaré d'esprit. J. : écarté d'un lieu. 

DÉYiSER, Déguiser. 

Dhoire, Dehors. 

DiABLLE, B. et Dîab\ Juron bannal : « Diab' manghe ! 
Diab' t'emporte ! — Etre imaginaire sur le compte duquel 
on met tout le mal et une partie du bien. C'est bien de lui 
qu'on peut dire : Pauvre diable ! — Nous ne citerons ici 
qu'une ellipse y relative, usitée aussi en Berry : « il a couru 
que le Diablle ; » sous entendu aussi vite. 



144 r>i 

IhAiJLLuTON, 0. Diablotin. 
DiAMOURE, Autre diminutif de diable^ 

DicHEVET (à), Tète-bèche, à deux chevets ; comme par et. 
du blé mis dans Taire, épis deçà, épis delà, sur deux rangs. 
C'est le di grec, abrégé de dis^ deux fois. 

I)IEï^ Peu usité ainsi ; on dit mieux : le Bon Dieii^ réunis- 
sant le ffod anglais, bon, et le tliéos, ou fondateur, grec. 
— ^ Si XqBoh Dieu veut » formule protestante pour tout 
ce qui a rapport à l'avenir : « jh'érons vous voir demain, 
û\eBon Dieuyewi, » — « Devant Dieu seit-i', devant 
Dieu seit soun âme ! B. » Formule des deux cultes, en 
parlant d'une personne défunte. 

Diffamer, B. Déchirer physiquement, surtout de morsures; 
idée de famés y plus que de fama : « les ch'n Tavant dif- 
famé. > 

Différer, Faire difficulté : « v'ià in bià bœu' ; i' n' diffè" 
rerant pas d'en bailler doze louis. » 

DiHORs, Diors, B. Dehors. It. d» fuori. Du latin foris. 
Fores, porte ; grec thura ; angl. door^ prononcé dour. 

Dinde (in), masc. 0. Une dinde, c'est-à-dire une poule 
d'inde. 

Dindenaut. L'histoire des moutons de Rabelais était popu- 
laire avant lui ou, par lui, l'est devenue ; car on dit chez 
nous : « être le dindenaut de la farce, » et non pas le 
dindon. 

Dire, Jhe disons, vous disez, régulièrement. Jhê dessis 
(je dis, au parf.), i dessiyant, que jhe dessisse. Jhe 
dirai et jhe dairai, tu dairas. — «Trouver à dire, » 
chercher ce qui manque. — « Savoir à dire^ > O. trans- 
mettre une nouvelle, ou une commission. — « n'est pas 
])'r dire, » c'est très réel. « — I' ne Seut pas qu'o seit 
l'dii, » H. Il ne veut pas en convenir. — « Qu' i' m' dîY,» 
B. me dit-il. — « Dis-donc, » — B. et dans toute la 
France, interpellation populaire, exoTde général de tout 
entretien familier. Tellement qu'à l'étranger les français 
sont connus pour être des dis-donc (It. didoni), comme 
les anglais, des goddem, les bas-bretons des pé ira 
(qu'est-ce que c'est ?) les allemands des 7nein herr. 



r>0 145 

Discompte, Escompte : discompier, escompter. 

Disette, Berry, Caquetage, commérage. 

Disputer (se), 0. Disputer, se quereller. 

Dissipé, 0. Frivole, distrait, en parlant d'un enfant. — Dis- 
sipateur, en parlant d*un homme. 

DiST, le nombre Dix (dî), que les bourgeois même prononcent 
diss. Et pourtant tous disent si, 

DiVARSEMENT et Diversement, D'averse, en parlant de la 
pluie. 

Divinement pour Défmement, Définitivement. 

DivoiRER, J. Dévorer. 

Docteur, à peu près le ^ynonymeà' avocat ; Présomptueux, 
avantageux dans ses manières et son langage : « feire sou 

. docteur. » — Docteur en soupe salée, » B. ignorant qui 
veut passer pour savant. 

Dodailler, adouci de Dorâailler, B. Sommeiller debout ou 
assis, sans vouloir tout à fait dormir. Lafinale ailler dans 
nos verbes déprécie toujours ; et tous les verbes peuvent 
ravoir. 

Doder, Laisser aller sa tète quand on s'endort. Le français 
a le diminutif et lesous-dim. dodiner, dodeliner, depuis 
Rabelais. 

Dodo, Mot enfantin, p. Sommeil. C'est la répétition adoucie 
de la première syllabe de Dormir. 

Doile, Douve oudouvelle de tonneau ; mais que nous écri- 
vons doile, parce qu'elle nous paraît venir du lat. do- 
liimi, tonneau, qui est Tliébr. DLIoU, de DL, puiser. 

DoiTE, J. Dette, se ^it par ceux qui chanfroisent, 

Doler (se) B. Se plaindre, lat. dolere. 

DoMPiERRE, (Dominus Petriis), Comm. du canton deBurie. 

Dompte, adj. B. Dompté, domptée. 

Dont, 0. pour D'où : « à Cougnat, dont jhe vins. » 



V3. 



146 



Dont, est 1*^ conjonctif banal, en patois : « Y m'avœt feit 
in billt't, rfonl qu i' ne» Ta pas payé à Técheyance, et dont 
que je lai feil a^^.^iner. > 

D'oRE-EN-AVANT, B. Ainsi prononçons-nous, mieux quel' A- 

cadémie. 

DoRMARD, 0. gi'and Dormeur ; ard^ ald. aud, augment. 
du nord. 

DoRMiLLE, B. Petit somme. — Celui qui le fait. Voici en 
énigme de nos veillées, en devinoire, la fable de Garo : 
« dormille dormilloit ; pendille pendilloit, Tentille venti- 
tilloit ; ventille fit chère pendille, çhi reveillit dormil- 
le. » Quelle grâce italienne ont ces diminutifs, applicables 
à tous les mots ! 

DoRMiTOiRE, Besoin de dormir. 

DoRNE, fèmin. Giron, gremium. Du celto-breton dorn, la 
main ; (ïoudani, poignée, darne. 

DoRNÉE, DOURNÉE, Plein la dorne : « ine doméede brou. » 

Dorothée, v. Gaghet. 

Doû, Dos, de dorsum^àe deire, écorche. Chez nous, 1er, au 
lieu de tomber, s'est changé en w, comme souvent. 

DouBLLÉ (in), Sac double, besace, bissac. Se dit de préfé- 
rence par euphémisme et pour éviter le quolibet, fort peu 
propre : « ni bissât ni bissale. » 

Douceurs, B. Temps doux, avec un peu de pluie : « o vin- 
drat des douceuy^s. > 

DouciN, Eau douce qui vient se mêler à Teau salée, par ex. 
dans les marais salants. 

DouciNAT, d'une Douceur fade, soit physique, soit morale. 

Dou'e, Douve de château. Creuse, basse; grec dune, plonge; 
angl. down, en bas ; breton dufen, douves. 

DouHET (le). Commune de l'arrondissement de Saintes, où 
existe un aqueduc romain. En lat. duce (douke) c'est : 
conduis. Habitants ? 

DouHÈRE, Dehors. V. dihors. 

DouLER, B. F. V. n. Faire mal : « o me doule dans le coû- 
té. » — (se), se plaindre. 



1>R 147 

DouLEUREUX, (de douleur), Douloureux. 

DouLLAT, ou Cuve charretrière, cuve à transporter la ven- 
dange. Gomme il y en a toujours deux, on a fait un sin- 
gulier du plur. latin dolia, 

DouNAisoN, B. Donation. 

DouNANT, Libéral, généreux : « V n'est yère donnant. » 

> 

DouNER, Donner. — « donner la sort» ou seulement ^a don- 
ner çheuque chouse, » 0. ensorceler. 

DouNEUR, B. Donneur. La finale enr s'adoucit souvent en 
eux : amuseux &c. pronciation de cour : piqueux pour 
piqueur. 

DouRCHER, Toucher, T. adouci et r ajouté. 

Poussier, Dossier, de doû, 

Dousî, B. 0. R. J. franc. Dusil, fausset de barrique, cm can- 
nelle par où se conduit ( lat. dncit, doucit) le liquide ; ou 
bien du mot oiisi^ oisi, osier. — « Emporter le donsî » 
B. boire jusqu'à épuisement du tonneau. — Plusieurs vil- 
lages sont nommés, par épigramme, court-dousî, n'ayant 
pas ou n'offrant guère de vin. 

DouTABLLE, B. Doutcux. Douteux conviendrait mieux à 
l'homme, comme soucieux, soupçonneux ; et dontable^ 
comme croyable, à la chose. 

DouTANCE, B. Doute. La Fontaine ne perd pas le joli mot 
doiitance. 

DouTANGHE, B. idem. 

Douter, B. F. Redouter. « Sorcier jhe te donte, » précau- 
tion indispensable, mais infaillible, prise tout bas. 

Douter, Oùter, Oter : « doute te de là ! » 

Doux, B. Pliant, opposé de â're (âpre); bois doux, réglisse.^ 

DozAiNE, Doze, Douzaine, douze. 

Dreit, b. 0. Droit. — Debout : « tins-te donc dreit, » lè- 
ve-toi. — Au dreit de, B. vis-à-vis. — Tout fin dreit, B. 
Justement. Molière l'emploie. 

DaErr ou Breis, 0. Permis. Ucite, lat. fas, s'applique sur- 
tout aux abstinences catholiques : « est-o f^rm,aneut, de 



148 I>XJ 

feire gras? » se perd avec l'occasion de l'appliquer : 
dy^ez e razon , Pétrarque citant le Troubadour. Arnauld 
Daniel, XXIP canzon. 

Dreitier, Droitier, opp. de gaucher ; qui se sert de la main 
droite. — Bœuf qui se lie à droite du timon. 

Drive, pour Dérive, ou de Tangl. to drive : s'en aller en 
drive, marine. 

Droguer, B. Attendre longtemps. 

Drôle, A. Drôlesse, B. 0. Terme amical pour les garçons 
et les filles, mais seulement tant qu'ils sont petits. Tient de 
Tangl. darling, mignon, et aussi deTitalien drudo.diVw, 
vigoureux, bien venant, comme le chêne, drus; d'Aubigné 
l'emploie encore dans ce dernier sens. 

Drouine, Coureuse, comme qui dirait avec les chaudronniers 
ambulants, qui portent la Drouine. 

Droull (Chêne), B : drouille, chêne drouillard, chêne 
blanc ou pédoncule, à branches qui s'étalent ; le plus beau 
des chênes et qui vit le plus longtemps. Voir celui de 
Montravail, près de Pessines, arrondiss. de Saintes, chez 
M. Fontenaud. 

Droyet, Droguet. Faut-il remonter jusqu'au persan DRoG, 
tromperie, d'où nous vient Drogue (et peut-être truc) ou 
bien s'arrêter au breton drouc, mauvais? Cependant, au- 
jourd'hui, on fait du droguet beau et bon. 

Dube, B. Huppe. De l'angl. up , en haut. 

DuBÉ, B. Huppé. Alouette dubée, le cochevis. (Coq de che- 
min, via ?) 

Ducherie (la), Nom de localités ; chez quelque homme du 
nom de 13uc. 

Dumet, syn. de Duvet, dans Rabelais : « un oj'-son bien du- 
meté. y> s'est appliqué depuis aux petites échardes que la 
mait, met ou 7nay, (mactra) laisse quelquef. dans le pain 
et à la farine qui s'en élève. 

Dur, adv. B. « Travailler dur. Entendre dur. » 

Durant que, B. Molière. Pendant que; mais durant prend 
toute la durée. 



i>rj 149 



Durée (de), 0. Durable, solide. « Temps pommelé et femme 
fardée ne sont jhà de durée, » Prov. 

Durer , B. Montaigne. Régnier, Endurer « ne sauris-tu 
donc durer in petit? » — Durer à, sembler bien long. 
« Le temps dure à çhi attend. » — Tarder, « o t'arriverat, 
seyes en sûr, et o ne peutyère durer. » 

DuRET, Qui se fait attendre. Terme de plaisanterie. 

DuvRÎ, Ouvrir, d euphonique. Les nourrices disent à Ten- 
fant qu'elles abecquent : « Duvre donc ton p'tit goulot. » 



150 



E 



t est la voyelle qui s'élide le plus chez nous et en Berry^ 
comme en toute langue : aditer, frrtier^ &c. 

E fermé devient muet à la fin de quelques participes ; domp- 
te, use, pour dompté, usé. B. — Remplacera quelque- 
fois : Chérité, Cher ente, pour charité &cB. — Remplace 
Yu dsins jheyiient pour jument, B. ou plutôt c*est Yu qui 
se mange. 

Ebaffé, Essoufflé jusqu'à épuisement. De la racine hébraï- 
que ou plutôt onomatopique APh, le nez, le souffle, la 
vie. 

Ebaffée (ine) ; c'est plus qu'une Buffée, < Encore ine 
ébaffée, » eno-ore un grand effort, 

Ebaudi, Ebaubi. On trouverait plus naturellement l'origine 
du premier que celle du second : de é privatif et de bald, 
baud, hardi ; c.-à-d. découragé, interdit. 

Ebeler (s'), S'écrier ; un peu ironique, venant de bêler. 

Ebélezî, EmbeUir: Voy. Embélezî. 

Ebêter, Abêtir ; et non pas Hébéter, qui veut dire Emous- 
ser, mais qui revient au même. 

Ebeurgner, Faire une Beurgne (voy.) une bigne, surtout à 
quelque vase en cuivre. Ce n'est pas Éborgner, quoique la 
bigne soit alors très grave et que la racine bretonne ô^rw, 
émin€nce> soit la même. 



EC 151 

Ebeurrer, Oter de dessus le lait la crème qui fait le beurre. 

Ebiller des Artichaux ou d'autres plantes, enlever les i6^7- 
/e^ (quasi bulbes) ou boutures reproductives et qui nui- 
raient au tronc principal. V. Bille, 

Ebobé ou Ebaubé, prononcé bref, Ebaubi. 

Eborder, Oter les Bordes ou arêtes de certains grains. 

Eborgller, Eborgner. 

Ebougher (s'). Se dépêcher, agir vivement. B de départ et 
bougher (voy. ce mot). 

Ebouillacrer, Augmentatif énergique d'Ecarbouiller. 

Ebouiller, B. Ecraser quelque chose de mou. Onomatopées» 

Ebourrasser, 0. Enlevergrossièrement le poil ou la bourre, 
par exemple en se houspillant, se battant, se pelaudant, 
se donnant une peignée, 

Ebrailler (s'). S'écrier très haut, en braillant. 

Ebraiter, ébruiter très fort, comme en imitant le braire de 
Tàne. — S* ebraiter^ s'écrier, pris ironiquement. 

Ebrècher une Ruche, en oter la brèche ou rayons de miel. 
Ce mot est bien plus joli que Châtrer. 

Ebriffer (s'). S'émouvoir : se rebiffer? 

Ebrouter, 0. Cueillir le Brout ou feuillée des arbres, sur- 
tout de l'ormeau. 

Ebruter, Ebruiter ; rapp. brut, 

Ebuffer, Essouffler, moins fort Gjyx'Ebaffer 

Ecanoui, Se dit d'un enfant assez fort pour qu'on puisse le 
sortir du berceau, en latin cunœ. Ce mot n'a rien de com- 
mun avec Ep' jioui. 

Ecapoutî, Ecraser, mieux JS'c^Z/opow^î (voy.) 

Ecarder, Carder. — Ecardour, cardeur. 

EcARQUAiLLER, EcarquiUer : « il écarquailloit des œils ! » 
augmentatif d'Ecarter. 

Ecarter, B. Egarer : 4: jh'ai écarte mon coûta. » — Eeatté 
en parlant de quelqu'un, en délire, hors de sens. On dit 
aussi « paroles écartées, » B. sans raison. 



l.'i 



R HAFFAF aËE, E«*Iiaii3'..mrèe. Le û-anrais vaut mieax, venant 

il-? F.'ur ecle Chauii. 

¥j îfAFFKfiR. Effacer : < jai pojé : èchaffrez-zoM. > 

K' IFALF J>. Eohell*^. «la lat. scnla. Dimin. Echalelte, Echa- 

KrtFAr ER (î<?sXoix, B. R. Les écaler.Deca/, dur : «a' nVe/w- 

f*int pa<. *■ 

Et'iîAMPissER, Emarcofer : oter les champis, les faux reje- 
tons Ju TÎnie, des œillets, des autres plantes. 

ErnAPPER, (actif) B. Laisser échapper : « ûéchappit souq 
cuti*. » 

E< iiARROT, R. Est.xirbot, bousier : et non escai^ot, comme 
dit le Glossaire dv Centre, — Echarboter ; R. Fouil- 
ler, déchiqueter, comme font les escarbots. On dit aussi 
d'un fainéant qui se met à l'œuvre le plus tard qu'il peut : 
* r >emblle les écharbotj \ s'émalit su' le ser. » 

EcHARDRiT, Chardonneret. Rabelais àxtChardrier. 

EcHAREiGNER, B. Dépccer maladroitement de la chair. 

EruARPiLLER, B. Charpir menu, tirer brin à brin. 

EciïAUDER, 0. Avorter en parlant des fruits et des plantes, 
même delà terre qui, labourée à contre saison, « attrapi)e 
in tour, » et de longtemps ne produit presque plus. 

Pa'hauffé, b. Constipé. 

EciiAUFFURE ; B: Echauffaison ; Pleurésie, fluxion de poi- 
trine. 

EciiEBRUNE ou EschcbruHe, de-B(?rn,éminence. Commune 
élevée du canton de Pons, arr. de Saintes. On joue sur ce 
mot en disant Luchebriine, léhe ou embrasse la brune. 
— Hab. : Echebrunais. 

EoniLES, A. Echilles, Clochette de sacristie. Ital. squille, 
cloches. 

Echiner (s'), S'éreinter de travail. Un de nos amis, remar- 
(juant le malheur de plus d*un travailleur littéraire, disait 
très bien : « Echinez-vous, on vouséreinte. » 

KrniPACJiiE (ine), féminin, Equipage :« me v'ià en bêle efAt- 
pfujhe ! » (). s'entend aussi des hardes, des habits. 



ir>3 



EçuiPÉE. Équipée. 

EçHLLAViNER, EcLLAViNER, Publier ; plusbruyaatqu'(?pow/- 
fer, V. ce mot. 

EcHOYANCE, Echéance. 

ÇçHU, Écu. Comme les Berrichons, nous comptons souvent 
encore par écus, trois livres, trois francs: «cinquante 
epAw5 » au lieu de cent cinquante francs: «quarante- 
deux pistoles et in èçhu > : 423 francs &c. Le revenu de 
la France partagé également fournirait plus aujourd'hui, 
mais non mieux que Y Homme aux Quarante écus de 
Voltaire, ou que les Cinquante écus de rente de Béran- 
ger. — Herbe aux échus : clé de montre, monnaie du 
pape : la Lunaire. 

EçHUELLE, Ecuelle, de scutellum, petit bouclier, comme 
écu vient de 5CM/w/n, primitivement cuir. Les Scythes, 
les hommes aux charriots de cuir ? ou, seLm Lacour, les 
scalpeurs du cuir chevelu ; comme aussi SABAoTH. 

EçHUME, Ecume. 

EçHUREUiL, Ecureuil. Signifie en grec, « qui s'ombrage avec 
sa queue. » 

EçHURiE, Ecurie. D*Equus^ cheval, le rapide. 

EcLLAiRciE, 0. Clairière dans un bois. — Moment plus clair 
d'un mauvais temps, comme en français. — B : Eclardie, 
ou Eclairdie, prononcés éclL Première aube du jour. 
Nous prononçons aussi Ecllairzie, B. « partit kYécllair- 
zie. » 

EcLLAiRE (herbe d*), Éclaire, sorte de chélidoine (hirondelle); 
plante que l'on croyait employée par les hirondelles pour 
rendre la vue à leurs petits. — Ver luisant. 

EcLLAPOUTÎ, Écraser avec bruit quelque chose de mou, 
comme un œuf, un fruit pourri, &c. — ON. 

EçLLAT, Eclat. 

EcLLissER, Faire comme un mouvement de foulure dans un 
nmscle ou de petite explosion dans une oreille : « o m'at 
écllissé dans çheu brat. » ON. 

Ecolier, Élève externe. 

14. 



: .1 



F*' » 'f T . f\'"iî'ti*n.^0T , Ei:i:'Q«>niL4». lienaoïmaer. être 

, ; , (I* . ^.r . ■ . lii r. r»* pîir: Qi ; o:* J.T. . as vu canero ïis pour 

'•'/■"•//« V. vvr I. *^T, ppMs«^a«* vojeCe. est lii^oitie, comme 

K •> rrïî . • »».T K*^ -irof'* «l'une branche «xi d"aa mmc dTarbre. 

I ■ •»' \u I KJi. n. Ro^riier Lnchereoxoal» crins; la ^««. 

y "I tM\. Kii rh»nfnii!»anc. fTei^vp^vie. P. Copean. 

K "Yî'f^. r(iriiriia;it?iJu caatoavIeBorie, arrood. de Saintes. 

y »î \<y^n, y*nU'v, iiSiintT : «< i'^ft^rases mon conta. » 

!•: »:tn. PiîI.ïI, «-oirn* a4L'iptè à rintêneor d'nn grand. De 
'i'-rntnun, oinjw.t où Ton tnei à pari ykrine) qndqiie 

r iti tMifîfc. Kiu'nrr. 

I"' irin itr. «ttt 111,1111. nu i la moin. 0. Manuscrit. 

I" •:• ».i t \r.<. KcnHirlIrH, Scniphules (maladie du porc oa 
l'îtii'i 'In s{i l'riix^llr. par ivs>emblance arec lesmamdks 
) < li iitiiir) Il «-hL nvu i'hez uoiisquele s^tième enfant 
! •!•• • t^ittitltit. |>4Mirvu (|ut< tous soient du mône sexe, 
/„♦/! V.' // / /l'.v '''•/vfct^//r:fjf,c*e;>t-à-dipeles guérit parattou- 
Il MM^iii . itr |i|iis MO iiiniiis^ i|Uft» les anciens rois de France, 
■M { int/iiii. iMvoirihuuK «le ({uelques prières et recommao- 
i.Mi i>t iii.il/iittJ tio utf pan mailler de viande les jours de 
ïî-x.^.i iMMiii^ltr^. .i potno Je uuUitè. 

) I.... .t.i»»*»ii.i4 A* V» v/ Af //, irfi*^p*t/v, Ecuver, en anglais, 
»»>»•> . hi vfiiitpn rtuVklkmal de Saintes. 

(>».»». ».^^ i> p Kte\ or. mol qui i>a:$sera en français. Vienne 

j.'» I ^i l^^'^■•l^K■^^ . JtMiiio «>js<*<%u e/fctumighè^ récemment 
. «iti «Kl in i, /*<:<.*/■ i/icl ntdij. Ciuq mots trançais pour un 

♦ ♦ i i' >î l'iv 1 *» 4i'SMi«v»r v\ut»uo ilu foin que Ton feine. Effeniller 
\s L/fi'in.f^tLc*\ ^.Utkuuuuts ; du Ut. /^irnumy foin. 



KO- 155 

Effisser, J. Jaillir spontanément, comme le lait de la ma- 
melle. — De là : Èfflssée et EJfissure, 

Effoiré, Qui a la foire. Le verbe existe : s'effoirer, 

Effoliqué, devenu Folliquet, follet. 

Effondrer, Se prend au sens neutre pour s'Ebouler. — Le 
participe est synonyme à'éffoiré. 

Efforces, Pour forces, grand ciseaux. 

Effort, Hernie.- 

Effougher (s'), Action des oiseaux pulvérateurs quand ils 
prennent un bain de poussière, comme si c'était dans la 
cendre du fougher (foyer). Ce verbe manque en français. 

Effoupelî, (act. et réfl.) Mettre en mouvement, mettre tout 
en Tair, comme une couveuse qui sort de son nid. « Sans 
peste, à matin, c'me la v'ià effoupelie ! » 

Effourâcher, EfFaroucher. 

Effrangiiiller, Commencer à Effranger — mettre en frange 
menue. 

Effrimailler, dimin. d' 

Effrimer, Mettre en petites miettes, comme en frimats. 

Effriser, Effrimer la surface, comme qui dirait la frisure. 

Effroyable Se prononce Effrèyable, De même Effréyé. 
Effroi ne se dit pas. 

Egal (C't), C'est égal. Un vieux bonhomme affectait de dire: 
« o m'est égal, pour ne pas dire égau. » C'est qu'en effet 
Egaux ne se dit pas ; au pluriel : « F sont égaL » 

Egambée, B. Enjambée. Egamber, B. Enjamber. La racine 
hébraïque est bien CAM, GAM, courbé. It : gamba. 

Egandrillé, Se dit d'un raisin y d'une grappe à grappilles 
clairsemées et maigres, dites gandrilles, Voy. 

Egauler, Élaguer une gaule. Un bûcheron pensait que le 
nom de Gaules et de Gaulois venait Ae^ gaules àe bois qui 
couvraient alors toute la contrée. A cette opinion naïve 
nous opposiong celle que gaule de bois viendrait plutôt 
de Galloise, femme à taille fine et dégagée ; de la race 
des Galls. 



156 



Egllander, se Fendre comme im gland. 

Egllisk, Eglise du grec ekklêsia^ assemblée choisie ; mê- 
me sens qu Eglogue, à quoi une Eglise ressemble tr(ç 
peu. 

Egousser, B. Tirer delà gousse. — Dépenser follement des 
écus. 

Egoût, B. Cautère ou plaie du même genre. 

Egrafigner, b. Egratigner. Le patois et Ronsard, qui dit 
Egrafiner, retiennent arec raison, le graphe grec et 
l'idée de griffe. 

EoRAFiGNURE, B. Egratignure. 

Egrigner, Ebrécher un peu, ôter un grin, un grain. 

Egroiser, Egruger grossièrement du sel, du chanvre en 
graine &c. Le français a Egriser, pour les diamants. 

Egron, b. Héron, d'ardea lat. Erodios grec, qui est notre 
Egron, Le Glossaire du centre renvoie à Aigueron : il a 
tort. 

Egrugher. Egruger ; s'applique au chanvre femelle (faus- 
sement dit mâle) dont on fait tomber la graine, après 
avoir agroué (enfoui) la plante huit jours dans la terre, la 
cime en bas. 

Eguener (s'). S'efforcer jusqu'à en gémir. V. Guener, 

Eoueniller, Dégueniller; — tourmenter de questions, d'ins- 
tances importunes, de tracasseries. 

EiGNON, Oignon"; a son fém. Eignoune, pour dire Toignon 
qu'on laisse monter en tige. 

EiMER, Estimer (Esimer, Eimer) jjuger, apprécier. Vieux 
franc. Voy. Amyot, Palissy, Vinet. S'emploie surtout 
pour le jaugeage à vue des tas de sel sur les marais. — 
à bêle eime de point, (ou de poing), à vue d'œil, par 
aperçu, à beaucoup près. 

Ejhamber, Ejhambée, B. Voy. Egamber, 

Ejharreuiller, Briser une plante aux nœuds ou jarrets de 
la tige. 

Ejhouabller, Détruire le jable d'une futaille. 

Elavé, Affadi, délayé par surabondance d'eau. 



E3X 157 

Eleugner, et souvent Leugner, Eloigner. 

Elève (avoir de T), De l'éducation. 

Elingué, Long et mince. La marine a le verbe, pour dire 
élever des fardeaux pris dans une élingue, nœud cou- 
lant. 

Elocer ; B. : jF/ocA^r ; Montaigne : Esïochement\ Rabe- 
lais : deslocher (déloger) ; Dict. de Trévoux : locher. 
Glisser de sa place, de son lieu, è loco ; se luxer, qui est 
le même mot. 

Eloise, Eclair ; ine Eloîse; de Elucere, luire. 

Eloiser, B. (et Elider) Faire des éclairs : « ol eloise c'me 
tout. » 

Elongher, b. Longer. «E'/onpr^^r son chemin», le suivre. 

Elourdî. b. R. Etourdir. « Jhe sens tout élourdit, » 

Elourdissement, b. Etourdi ssement. Rac. : Lourd au lieu 
de tour, tron, tonnerre. 

Emaghination, Imagination. 

Emaghïner, b. Imaginer : « au delà de ce que n on peut 
Emaghiner. » 

Emalî, B: Emalicer, qui montre Tétymologie : s émail. 
S'exciter, s'animer, devenir w«/m au travail (improbiis 
labor), que ce travail soit mauvais ou bon.Voy. Echar- 
bot, 

Embabouiner, B.Mal vêtir, surtout mal coiffer. — Coiffer, 
au sens moral : « 11 est tout embabouiné de lé. » (d'elle). 

Embagagher, Embarrasser de bagages. 

Kmbaleur, b. Faiseur d'embarras en affaires, qui, à grand 
fracas, entreprend plus qu'il ne peut ou ne veutaccomplir, 
« qui trop embrasse et mal étreint. » Rappelez Ambas- 
seuieur, 

Embarber (s'). Se rencontrer barbe en barbe, 

Embarder, V. actif. (Neutre en marine), Embarrasser, 
barrer un passage : « rCembardez donc pas tout çheii 
chemin. » 



l.Vi 



Embarlîficoter, EmherUficoter, B. Rabelais : ember- 
lucqver. Entomiiler. entraver, soit les jambes, soit Tes- 
prit. Une j;arr>die de Werther assure «que Ton ne peut 
faire un pas dans cette vie sans s' embarlîficoter les jam- 
bes. » Dimin. plaisant à'Embarrer. 

Embarras (o n'est pas là T), Phrase très usuelle pour dire : 
c'est adleurs que gît la difficulté. Je me rappelle que, tout 
petit, en l'entendant, je me demandais, futur philologue, 
ce que c'était que Lalembarras ; jen disais un seul mot, 
comme on a bâclé Lendemain, Lierre, Loriot, &c. 

Embarrassée, B. Qualification trop juste d'une fille enceinte. 
Les Espagnols le disent de la grossesse légitime, de l'état 
intéressant des Anglaises. Voy. Embllaver. 

Embarrer, Avancer sa barre, son levier pour qu'il ait toute 
sa force et n'échappe pas: « embarre meis > (davantage). 

Embaucher, neutre, ou s'embaucher, B. Se mettre à l'ou- 
vrage. 

Embaudrer, Rendre baudrous, sali de boue. 

Embaurrer, Embourrer, surtout ses galoches, avec du foin 
ou de la paille. 

Embaver, Mouiller de bave. 

Embélie, marine. Moment de beau temps entre des grains. 
Se prend figurément. 

Embêter, B. Excéder d'ennui. — Duper. 

Embeyiner, Coiffera la diable, comme d'un béguin. 

Embiber, Imbiber. En, français, au lieu de in latin. 

Embllaver, b. Ensemencer de blé. — De toute espèce de 
graine. — Occuper, prendre possession. — S'étend jusqu'à 
dire une femme embllavée, enceinte. 

Embobeliner, E. Entortiller comme une bobine; erami- 
touffler. « La tète emboVlinée c'me in gheneiiil çhi a 
niau. » — Se prend au moral : « les prêtres l'avant tmbo- 
Uliné. » 

Embohêmer, Flatter, cajoler pour obtenir ; comme font les 
Bohèmes on Bohémiens, types de mendiants. « Ah! le 
bon bohème ! » Ah ! l'adroit flatteur ! Le Renard embo- 
liêma le Corbeau. 



KM 159 

Emboucher un bœuf, Lui faire ouvrir la bouche pour con- 
naître son âge aux dents. — Mener à son gré, asservir : 
4c a' n'est pas c'mode à emboucher / » — Personne mal 
embouchée, qui a des propos grossiers. 

Emboudousser, 0. Embarrasser de vêtements. Rac. Bouton? 

Embourrasser, B. Emmaillotter grossièrement et à l'excès. 

Embouser, B. R. Salir de bouse, et aussi de boue. 

Embouveter, Joindre des planches au moyen du bouvet. 

Embrasser, Se dit comme en français, pour Baiser ; euphé- 
misme nécesaire, mais peu juste, puisque on peut donner 
un baiser sans prendre dans ses bras, et réciproquement. 

Embrener, a. b. Souillertrès salement. Voy. Bran, 

Embreuver, Embrever, b. Abreuver abondamment, im- 
biber. 

Embringuer, Embarrasser dans des bringues, des brin- 
gailles, de petits brins de bois ou d'autres choses. 

Embrouillaghe, 0. Embrouillement. 

Embrouillamini, B. idem. Parodie du latin des vêpres. 

Embrumé, Un peu ivre, la vue troublée par les brumes du 
vin. 

Em'rllaudé, Émerveillé, et poussant des exclamations 
/aurfa^^i'^^. Très bonne expression. Le v. réfl. existe: 
s* èmWllauder , 

Emigher, b. Emier, mettre en mighettes ; It. migheite ; 
IdXmmica. 

Emiller, Arracher les pieds qu'il y a de trop dans un champ 
de mil, et, par suite, dans un champ de maïs, de haricots 
et de quelques autres plantes. 

Emiouler, Emioler, B. Oterla moelle; plus souvent des 
ronces ou du seuil (sureau) que des os. 

Emmailler, Faire prendre un crochet dans son anneau, par- 
ticulièrement aux mailles de puits. Voy. Mailles. 

Emmancher, B. Adapter ensemble bien ou mal, en bonne ou 
en mauvaise part, deux choses quelconques ; « v'ià ine 



JOL ^m I iwwTtyaar, • Ubt janaû. 













-■*;ti :t;i*jz: .jmzùmmrei .r ^e. ■ lefliKraagK^: it :i«sr ne^ Ikpré- 









I:K'~?Tri:'i2- li:^'^t£jttr -«nrrter nsmîIinuiHr. ct^mme par 

Z:h'^'£a >*. 3. >'aiimeîw. -r'imirrDissr^ l^ullin^ «hboî. Les 

F u- es^. >\i rAHi ikt Zijrz . c'-isc paistke dans la pale, 
Kxr vN>\ ^:*îu. 3' Ejipa-i- 

Km ^ vri^K. Ch^v;*îaciber 5sr. imbrâioer. — Metore un crochet 
vbu^^FAtte. Tenue tieîoîiette. 



Empêcher, Jeu de mots : « clieldsqliin en péchant (du pois- 
son) n'en inangheant. » 

Empeigne, B. sorte de Jable postiche ou extrémité de douve 
ajoutée à un tonneau où elle manque. 

Empene, pour Empenné, vieux fr. Embarrassé d'attirail, 
comme une flèche qui aurait trop de pennes ou de plumes. 

Empereur, Empereur. 

Empêtres, Entraves qui ne sont pas en fer. Voy. En far- 
ghes, 

Empeû, masc. une Ente, une greffe. Empeûter, enter, ocii- 
los imponere, Virgile. Ou bien à'ampittare, couper au- 
tour —^ Empeûter, terme banal , pour construire, ar- 
ranger quoi que ce soit. 

Empîétation, Empiétement. 

Empirance, B. Tendance à empirer. 

Empllatre, b. Emplâtre. — Importun : « ar'en ! le bel em^ 
pliât re ! » 

Empllette, Emplette — s'applique en mal aux personnes : 
<( inebèle empllettel » 

Emplléyer, Employer. — In emplléyé, un commis au^ 
droits. 

Empllî, b. Emplir; s'applique, actif et neutre, aux efifetsde 
Facte sexuel. 

Emporter le Chat, se retirer d'une réunion sans dire bon- 
.soir. — En Berry, achever de déménager, acception qui 
a dû conduire à la notre. 

Empotiquer, Embarrasser, gêner. Probablement pour hy- 
pothéquer. 

Empougner, Empoigner, prendre, dérober. — « A la foire 
denipougne, B. » au moyen du vol. 

Empouliner, Entortiller la corde dans la Poulie. 
Emprês, b. vieux franc. Auprès. 

Emprêter, b. et Emprinter,T^ïa^v\miev. Emprêter ^evaiii 
le meilleur, venant de prêt. — Se dit aussi pour empêtrer. 



v\f 



K\fr r^:, O. Kriieute ; qui se prononçait émûtes au temps 4» 
(^ l'ontiiiiH». 

f*,N i»/»Mr ^i, W. Xri'M fréquent devant un nom (lelocafitê: «iP« 
\(<»NM»iH*i*4 m Arvort, > comme Ton dit en Amérique, ea 
Afii(l<M*M'H^ Il ont vrai qu'autrefois MarexuK»^ Arvert 
(\i\M^\i Hu«»««i di'H îloM. En Vaux est devenu un seul mot, 
u\a\ Nrit. Anvauw. H. Lyon. Belgique. — Enpow^^si 
liM) do pour : « vous leu ferez mes compBim^nts^Ti pour 
iMoi, ou (*n jf'r moi. * — En çheuque endret (aHâr), à 
s^w Mv<«oiUH imtun»l». — De deux en deux^ O. deux à 

{^Mi ^rotjîtt. KNCACJOTEtt. Emmitouffler. (Cagoule.) 
|CvrM4HOKM, H, Molioi'e, Charger quelquun d'une com- 

|Cv( iKHNMl iii. S() (lit (lu pi» des bètes, quand il semUetont 
itM (;)i'i(r oi uo di)tmo |Uis de lait. 

(ws( M>!>K/l. h ; Knchi^rdir, Enchérir. 

("/•^f MUM»»low, Kmburmîw^f^r dans le chipotaghe, action de 

fwiîf Mf'UH. Malir, J*urt(>ut dVxcmnents. Remonte à rhébrcu 
Mille, iHi'IVl' r» HUUH» ft^ssies» &c. 

|îii?( l*»i''H, lmi-*<^4v 

jii^dlWlvMl /^'>M*//ar^» Enclave. 

Itii^Mi (viiMibMi Kn(:Ui^um0, Enclume. 

)ii(^(.|.|.tm!,Htsl Kni,'llinei\ Incliner. 

|ii.i(.|.l.Mt Mk/i^ iUi f(H' dv chnrrut^, Y faire entrer le soc. 

|îiîîf( I |n|i|!iH, Itîiu^ouin*. - Kuiivuun\lreleferpourcoramen- 
i;(jr (m t}il|(iu />uv/i'>v/ \\>y. Kî%ï^yer. 

flM( (u iii-^H, |i. KutHiUer. tK>ur arrêter quelque chose dans la 

(;(U'li*i ou inUuill^. 

WNiHLNTHiM ^uH>l^^. MtHlWur que Reucoûtre, qui semble indi- 



KIV lê3 

quer une seconde entrevue ; Encontre est la première. 
Quand on goûte un premier fruit de la saison, il est d*usage 
de dire : « Tbon Dieu m'en donne in boun encontre ! » 

Encorder, 0. Un sabot à jouer, ou toupie, l'entourer de la 
corde qui le fera virer. 

Encornaillé, B. Se dit d'un mari trompé. Mais d où vient 
cet emblème des cornes ? d'un bonnet qui coiffe trop ? ou 
des coiffures grotesques du voisin promené sur un âne ? 

Encougnure, Encoignure. 

Encourî (s'), B. vieux franc. Se mettre à courir vers quelque 
but. 

Encourroucé, En courroux. 

Encousiné, Bien ou mal pourvu de cousins. 

Encramailler, Laisser prendre des dentelures ou des mail- 
ler* les unes dans les autres. QRN, keras, corne, cran, 
créneau . 

En-creire (s'), 0. S'en faire accroire sur soi-même. 

Encrèter, Premier labour, qui laisse intacte la Crète du 
sillon, le chevaillon. 

Encrucher, b. Placer haut, qu'on accroche ou non. 

Endarde, Endarce, Enderse, B. Enderce, Palissy. Dar- 
tre. Du grec deirein, écorcher : (d'où aussi dorsum, dos). 

Endives, B. Avives. En vieux franc, sorie de laitue, m^MÔa. 

Endominé, b : Endeminé, Euphémisme courant risque de 
blasphème, pour ne pas dire Endiablé ; possédé du Sei- 
gneur, au lieu de possédé du diable; peut-être aussi pour 
Endémoné, 

Endormi, 0. Engourdi. 

Endreit, b. Endroit : « soun Endreit » sous-entendu na- 
tal. « Chaquin endreit soi, » V. franc. Chacun pour sa 
part. 

Endurablle, Supportable. 

Endurant, Patient. 

Endurer, B. Se prend en bonne part : « tu endiireris bin . 
de te feire câliner ! » 



^ 



... / <rf ■-• «« ■ — 

.)^Hs^ \,.,r^ '*»; ;îa.:.a.i:-i::!t : niiL:* Eaf^i'iit dauL diable a^î 

r -■ r- # 

r» ^r.v^ U^ ? i a .i -1 !..^ri Lier . Ij^mor, **irrûz j »iiiî:e 4 Yofcaîre avait 
mi*v>n dft hno^l^.«r l> ji-*îe-Tie £^'jr4i (/*? ftiOf't ; moL^ elfe 

9,:*99.%i<:?.xi, f air^en'rer lé f ïr «ie charme nla^ oa m."mà las 

' ^ ^^ 

A^x-^ la fi^Tier : -< cA enferre trot. » Ce a eî*t: pa:* EnHtUouer. 

fi»?ONf>ît^,, F;, It. Villoa, il/>îill!er de pam en part. En/on-- 
dut, rru'iuillf; aiûii, 

KN?o?jf>af,Jt, I;, Effondrer. 

\\^ff>Ktf:â, iif!Xiîorr:fT, et; au sens neutre^ se renforcer : 
« ch<rjl aill at enfortezit d' peux qu'il es: çheuillit. » 

K?Jï?or:î, fS'), S'enfuir, part, Enfjiui, enfoiute^ enfouie. 

K.Nf of;R/' ir^a, Prendre à pleine fourche. 

Ky,VKfAU?:/A, ICefroidir ; «e refroidir. 

K.^f^fjîRR, Mfîttre un liquide dans un fut. — Un fiisil, un souf " 
f!^?t, un rat^u, &c,y adapter le bois (fustis) nécessaire. 

K,WARi>iai, B, R. Garder de, préserver, empêcher. 

K50*K5KR, 0. Mettre le grain dans la trémie d'un moulin. 

E^OHE, Engeance, espèce. Entrer en enghe de quelque 
chone, n'eu procurer graine, greffe ou plant. 



Enohèance ! Dit par calère, sous-entenJ cVau diahlle! 

Engendrure, Géniture. 

Enghénie, V. Inghénie. 

Engheoler, bref, Enjôler. Gh vaut mieux que J, ce mot 
venaatde geôle, gabbiola, petite cage, 

Engober, Englober, absorber. Peut-être de Gober. 

Engouer (s'), Avaler de travers, comme dit, (de travers), le 
français. Pourquoi refuser, au propre, ce dérivêde Gosier, 
que l'on a, en figure : s'engouer de quelqu'un ou de quel- 
que chose. Le Berrj dit s'enosser, que le Glossaire expli^ 
que mal, selon nous : il faut y voir en et os, se mettre un 
os dans la gorge, comme lé loup de la fable. 

Engraisse (Le temps s'), B. Se charge de brouillards, de 
vapeurs. 

Engraver, R. Graver, entailler, incruster. Angl. to en- 
grave. 

Engrugher (laisser) un mal. Le laisser envieillir. 

Enjhaut, Enhaut. 

Ënjhointl're, B. Jointure. 

ENLAiDEzi, B. Enlaidir. Roman : Laidezir, 

En lieu DE, Au lieu de. 

Enllian, Au loin. V. fr. : léans, opposé de céans, ici. Ci" 
étant, 

Enlloubé, Pris dans un bois fendu appelé llouhe ; la dro- 
gue àe^ soldats. 

Enllugrs, Du lat. lubricus, devenu gluant par quelque pâte 
ou suc. 

Enneu, B. Ennui. 

Enneuyant, b. Incommode, importun ; minutieux à faire. 
— Enneuyous, qui a l'habitude d'être enneuyant, 

Enneuyer, Ennuyer. Du lat. nocere, nuire, par l'italien 
ennoiare. Froissard écrit anoyer. 

Enougiieler, Casser les noix, pour faire Thuile. Veillée in- 
téressante autrefois, de bon voisinage, de gai tapage et de 
bon réveillon ou collation de minuit. 



1«9 



En parade, Ea étalage, en montre, mais dit avec ironie. 

Enragher, de faire çheuque chouse, B. Désirer ardem- 
ment, s'obstiner. 

Enrayer, B. Commencer la raie ou sillon. Voy. Ençllouer, 
— Arroiite?*, mettre en train, une œuvre quelconque. 11 
est. fâcheux que nos deux mots aient en fr. une significa- 
tion tout opposée. 

Enrhumure, b. Rhume. 

Enribanté, Pomponné de ribans ou rubans. 

Enrocher, b. Enterrer une bête, le mot Enterrer étant ré- 
servé et consacré pour les chrétiens, 

Enrosser, Doter dune Rosse, à quatre ou à deux pieds. 

Enroueure, 0. Enrouement. 

Ensacher, B. 0. Faire entrer dans le sac en le secouant. 

Ensauver (s'), b. Se sauver de quelque part à la dérobée. 

Ensemblle (s8 mettre), B, S'unir par mariage, soit plus, 
soit moins. 

En sème que, En même temps que, It. insieme^ ensemble. 

Ensouvenî (feire), 0. Faire souvenir de. 

Ensuairer, Ensevelir. Ensuairerest plus précis et se fait 
naturellement du mot suaire, sudarium, p. la dernière 
sueur. 

Entablements, P. Certaines allées de communications dans 
les marais salanta. 

Entend (s'). C'est bien entendu, convenu. — « La çUoche 
s entend », on entend la cloche, elle est entendue. 

Entende, Entente. « y at là dessout ine entende. » 

Entendoire, b. R. Intelligence, compréhension. 

Entendut (in), 0. Convention secrète, collusion. — Homme 
entendià, n'est pas celui qui s'entend à quelque chose, 
mais qui a voix au chapitre et voix écoutée. 

Entoumer, Entamer. D'un aoriste de temne, coupe. — 
Cheval entoumé. 0., qui s'est entretaillé, coupé. 

Entoumcre, Entamure. — La portion que Ton détache d'un 



KîV 167 

pain en l'entamant ( après lui avoir tracé une croix sur le 
ventre, si Von est catholique) : « doune-me V entournure, » 

Entouner, Entonner, soit en chantant, soit en versant 
dans r 

Entounoir, Entonnoir. 

Entour, B. Vers. « Entour les trois heures. » 

Entour (à 1*) de, B. Autour de. Nous parlons comme La 
Fontaine et Molière. 

Extourner,. Entourer. 

Entournis, Entourage, entortillement. 

Entre DEUX (être) de, B. 0. Dans le doute, dans Toption. 
— U Entre deux, la ligne séparative des possessions : 
mot de très grande conséquence. 

Entrepiquer, ou Entrepllanter, Mettre des broches de 
vigne entre celles d'un plant où il en manque. 

Entrer, Act. B. 0. « JFn^r^r sonbasrf«nssajhambe.» On 
dit aussi feire entrer ; par ex. « son chapeau dans sa 
tète. » 

Entreuiller, Embrouiller le cable A'\m treuil, guindeau ou 
cabestan de manière à faire arrêter le mouvement. 

Entreviser, Ne faire qu'entrevoir. 

Entrouiller, Variante diminutive du verbe entreuiller, 
ou bien d'Embrouiller. S'applique à toute espèce de corde 
et même de fil. 

EnveleR; Se gonfler comme une voile (yeiwm). Sedit des 
planches, douvelles &c., qui se faussent et font la tuile, la 
gondole. 

Enverguer, Marine, où c'est adapter la voile à la vergue ; 
chez nous, la signification devient petite, quasi plaisante 
et revient à peu près à Embringuer, voy . 

Enverrer, Empoisonner avec du verre. — Se prend pour 
Endèver, Endiabler: «il est enverré de feire tèle chouse.A 

Envers (mettre Tâme à V) Expression énergique pour dire 
tuer. — Et peut-être expressinn profonde : si l'âme est à 
sa place dans le corps ou autour du corps, le trépas cer- 















ilî;» ;}'.♦» ;ai* .*î VjUi-s. 

S<-; - ./; • 4 • • .r '<t ^\ \ u r* -^ ^Tti ( » tour. E u rwhey»ii^. • . — S^iHiar à 
ft-M'-- f'.'^-n. E^^/'.^ ^*'^\'^ tij-^ :iiv:iiiLiar : -<*!-? -**^a5 a? 

f><:i:/Ar î^, f^u^. r/i %Y^t^ pour ^j^^T/T,'/*. 

^>Alt/'/.N^^'^^. f /vmrftrmA^ éfe^à?^ ffa caa;.ici *îi? Gizes. air. de 
H?ki^>f/<î. Im fr^rln, tjfemr espern, iwi::e. ^ievadixi. Habi- 

fi$^\kOi' A, Kt/ftiifArk lïïïge, V. Eparour, 
H^'Xkf'AiUÀi ^K EparjHÎlé, I>e /^a/yjaZ/fon. papulon. 

VA'AfCHrM, Vjcr^i^^t vîlainrîmeat ; 5=erait-ce de Paume des 

rr»^ir>% ? oti rf^ Pouacre ? 
VA'AirtiiH, li/fiii\Uxi de Taction précédente. 



JZIP l()9 

Epautrer, Se dit aussi, comme dans Froissard, et Epau- 
tris. Le participe est même Epautri. Voy. Pautri- 
gner, 

Epeillandré, Epeillanllé, Déguenillé, réduit à l'état de 
peille, de chiffon. 

Epelî, p. lat. Eœpellere^ Eclore. Ce dernier xienid* exclu- 
dere et n'est peut-être pas aussi juste ; car la coquille de 
Tœuf ne se ferme pas, no7i clauditur^ derrière le petit 
qui en sort. 

Epeloquer, Commencer à Epeli, 

Epelouner, Des marrons ou du blé d'Espagne, ôter les uns 
de la bogue et l'autre de la rafle, nommées toutes deux 
peloiines etj)elons, choses qui se Pèlent. 

Epelucher, Eplucher ; dim. de peler. 

Epeneuiller, CneiWiv les penouilles ou fusées (les panicu* 
les) du maïs. 

Epenillé, Déguenillé. Du vieux mot Penne, frange de toile. 

Epeurghe, Epurge, EiiphorbiaLat/ujris (Lesson), grande 
tithymale aux baies purgatives, dont les paysans abusaient 
quelquefois pour se médicamenter à peu de frais. 

Epiarrer, Epierrer. 

Epic de souleuil, Ardeur soudaine, qui pique en eflet. 

Epigher, B. En parlant des graminées, Epier, venir en Epis. 

Epigots, Débris des Epis. 

Epincettes, 0. Pincettes. Mot formé c«)mme Emoucheites, 

Epine, B. Aubépine. On dit aussi Epine bllanche, B. ou 
boisson bllanc, et pour le prunellier. Epine nègre , on 
boisson noir, ou nègre, à volonté. 

Epixglle (attacher ine) à son bonnet, Prendre pour soi un 
reproche ou une critique exprimée en général. 

Epingller, b. Attacher avec des épingles, la toilette sur- 
tout : « femme bin Epingllée, » bien mise. 

EpiQuÉEde Souleuil ; Voy. Epic. 

Epirailler (s'). S'épuiser de fatigue, user sa j^^/r^», c.-à-d. 
son cœur, ou plutôt son foie. Y. Pire. 

16. 



170 Kit 

EpiVARt)ER, Dépouiller do ses enveloppes, de ses coçhillons, 
l'Epi ou fusée du maïs. Par suite, on dit de la volaille qui 
s'épluclie qu'elle sépivarde ; dune femme dont les vête- 
ments se dérangent « qu'aie est in p'tit épivardée » Y 
a-t-il de l'Epi dans ce mot ? C'est douteux. Il y aurait plu- 
tôt di\2)h'0is, pavois. 

Epllet (Faire del), B. : Epllcter, Suffire, abonder, lat. 
eœplere, remplir, en parlant des provisions, des mets ou 
des denrées. Un cochon fait de lépllet quand il est bien 
gras. Voy. soucéyer, 

Eplleuré. Eploré. 

Epoiser, Epuiser. 

Epouffer, B. Pouffer : « sépouffer de rire. ON. — Ebrui- 
ter un secret : « a'zou at épouffé p'rtout. » Tangraenta- 
tatif est éçhllaviner, V. 

Epousser, 0. et Epouss'ter, Epousscter, ôter la poussière. 

îlpousTiFFÉ, Epoumonné. Un peu en plaisanterie. 

Epouzer, Oter les pouces. Mauvais jeu de mots sur Epoux. 

Epris, Allumé, au physique. Le feu est épris, » 

Epuelle, Bobine de laine ou de fil. It. spilla, broche. 

Epuzer, Epucer. 

Erablle, Erable, nom d'arbre et d'homme, ainsi que tant 
d'autres noms de serfs, anciennement ; les seigneurs pre- 
naient les noms des terres soi-disant conquises. 

Eràcher, Oter de l'huile le marc ou la ràche, mot hébreu. 

Eraghe ! Enragé. « ah ! Chin à'éraghe ! > 

Eraignk, Eraignée, Eraignon. E. initial au lieu d'A. 

Eraler, b. Ebrancher, déchirer en général : « Çhulotte 
èralée, » Mais, proprement, c'est arracher une raie, une 
jambe. 

Eralouner, Casser ou arracher les rameaux, les petites 
branches. Dim. à* Eraler, 

Eranteler, b. Oter les arantèles ou toiles d'araignée. 

Eraper, Echapper brusquement de la main ou d'une autre 
prise. 



KS 171 

ErAper, Séparer les grains de raisins de la râpe^ c'est-à- 
dire de la rafle. 

Eraqué, Fatigué de la raque, Dévoiement. 

Ereinte, Action d'Ereinter : « Tlli avant donné ine fameuse 
éreinte! » — « Courir à toute éreinte, » B. très fort. 

Erener, B. R : Montaigne : Esrener, Ereinter. Souvent 
EWner. 

Eriffller, b. Érafler. D'où Eiiffllure. 

Eriper, Glisser de la prise. Dim. d!Eraper. Eripure, 
glissement. — Au sens actif : dépouiller vivement un ra- 
meau de set feuilles. Stringere frondes, Virg. S'*** : 
Eriper dau brout. 

Erisipère, et Erésipére, B. Erysipèle. 

Eronde, b. Ronce. « En avril, bon p'r tout Fmonde, quand 
r pinçon boit su' Yéronde, » Prov. Les petite» pluies du 
printemps favorisent la végétation. 

Eronder, Blesser d'une égratignure de ronce. — D'une 
atteinte d'amour ; particulièrement de la part d'un veuf 
ou d'une veuve ; et c'est ce que l'on craint ou ce qu'on 
espère, dès qu'une ronce coupée s'accroche par hasard aux 
vêtements. 

Erreur se confond avec Horreur : « i' se sont pris en 
erreur, » 

Errhes, 0. Arrhes. De là : Errher, A. donner de» arrhes. 
ARR. serment. 

Errière, Arrière. Et, au contraire, on dit darrière pour 
derrière. 

Errr ! Çhhh ! Roulement et sifflement pour faire reculer les 
bœufs. 

Escabreux, Scabreux. Même famille qu'escarpé : Skra , 
gratte. 

Escaler, V. fr. Escalader. 

Escalette, 0. Esquelette^B. Squelette; gr. Skeleton, 
chose sèchs, comme l'os de la jambe, Skc^os, 



172 



Es* AMKiis, O. E>:c:ilier. Le plur. pr. le sing. Et au contraire 
le dejrè au lieu des de^jnes. V. Degré. 

Es(AMîALE, B O. Scandale. Petit caillou (danslacons- 

ciriict*.) 

EîicANDALi.SKK, Sciuul.ilii^er. Ces deux mots sont du v. fr. 

r^<(AKMoL("iiE, Scarauiouche ; plaisant suspect, d'après l'It. 

EscAKHii.LAT, 0. Vif, êveiUé, guilleret, de Tltal. Scarabi- 
(jliara, jou^n* d^ quelque instrum?nt très bruyant. ON. 

]']scak:ot (Judas), Julas Iscarioth, c'est-i-dii-e natif de 
Cariotli, resté connue type des traîtres. 

EscAKPiNEK, S'échapper vite, jouer de TEscarpiu, chaussure 
léi^^ère. Enarfj^ot, £sca7'pe est un voleur. 

KscM.opK, Eclopé. 

EscoiFiKK, Sul)tilis<n', soustraire. De l'angl. io scoff, se 
juofiuer, du gr. Skotnnia, raillerie ; du mot panompliée 
(universel) SC, un sac, où l'on cache ce qu'on veut, témoin 
S( lapin. — Kscoffier, tuer, occire, dit le Glossaire du 
(•(într(î ; mais ce n'est dit qu'en euphémisme : soustraire de 
la vie. 

EscoiiHiT, Scoi'but. Du ^Tecshor, scorie, saleté. 

EscoKi'ioN, Scorpion; même racine. Les bonnes femmes 
a[)[)ellent volontiers ainsi tous les insectes dont elles ont 
p<Mir, jusc^u'à l'innocente chenille de la pomme de terre, 
({ui (h^vient un si joli papillon ! 

J^Isci.'SK (jhe vous demande), 0. B. Je vous demande pardon. 
Ciu-'lques-unscori'igent en disant: «je vous iài-i-escuse.^ 
< ). mais faites escuse! nous semble correct. 

Esri;sK/. B. Exclamation ironique, se plaignant du peu pour 
reprocher le tr()p:«ine robe de soie! rin que ça! escusez!» 

Esii'KKrc, l'Irysipèle. 

EspAciEiJx, Spacieux. Et pourtant le franc, dit Espace. 

EspADKiLLKS, OU Esioardillcs, 0. Espagn. alpargateSy 
chaussures en cordes, usitées et utiles dans les montagnes. 

EsPADRON, Espadroiiner, 0. Espadon, espadonner. 

KsFwuij^ANGUER, 0. Ecarquîller, écarter trop, épivarder. 



173 



EsPAKViER, Épervier, filet de pèche. 

EspÉciAL, B. Spécial, Espécifier, F. B. spécifier. On dit 
bien Espèce. 

EspÉr^ER, B. 0. Attendre. Joli mot, quand on attend du 
bien. Mais nos gens, comme Virgile et Joinville, l'em- 
ploient aussi pour atten Ire du mal : « Espère in pecit, 
que jhe te baille ine chasse !» — < Espérer quelqu'un à 
souper. » B. 

EsPERGHES, Asperges. Du grec A, augmentatif ici plutôt que 
privatif, et speire, sème : nombreuses semences. 

EspÉRiMENTÉ et Espynmenté, Expérimenté. Le second dé- 
guisement du mot lui prête le sens d'homme d'esprit, et le 
fait apphquer même aux enfants. 

EspiNDON. V, Arquet. 

EspiRiTUEL, B. Spirituel. Et le fr. dit Esprit. 

I]sP0NGiEUx, B. Spongieux. Et pourtant, Eponge. 

EspRÈs, Exprès. La grande excuse des enfants consiste à dire : 
« zou ai pas feit exprès. » — à Veœprès, B. tout à Vex- 
près. B. Exprès. 

Esquinter, B. Ereinter. Du mot Echine, It. Schiena, 

EsQuipOT, 0. Petite armoire, surtout de cuisine, quasi Es- 
quive-pot, 

EssANGHER, Passer le linge sale aune première eau, avant 
de le blanchir. Les chanfroiseuses disent Echanger ; 
mais nous croyons que cette étymologie n*est pas nette : 
Essangherào\tyQ\}xvà\i\i\t,è,sov\x de, et de sanies, 
saleté. 

EssARMENTS, Sarments. 

EsSARMENTER, B. Ramasscr les sarments dans les vignes 
taillées. Essarnienticre, cette façon même. 

Essarmenteuses, les femmes qui s'en acquittent, et 
qui ont soin de vêtir une chemise neuve par dessus leur 
costume habituel ; ce qui sert à deux fins, à préserver les 
vêtements et à mitiger un peu cette chemise , qui est en 
grosse toile du pays. 

Les vignerons calculent que la valeur des sarments paie 
les frais de fabrication de Teau-de-vie ; mais peut-être au- 



m 



raient-ils plus d avantage à les brûler pour en donner les 
cendres à la vigne, à laquelle ils ne rendent jamais rien. 
Ce serait, possible, un remède contre Toïdium. 

EssARMïLLER uu Bois taillis, en couper les jets minces et su- 
perflus, les sarments, les Essarmillures, 

EssART, B. Défrichement, sol essarté. — Des Essarts, B. 
nom de famille. Les Essarts ou Les Essards, commune 
du canton de Saint-Porchaire, arrondissement de Saintes. 

Essarter, Déchirer, du linge, des étoffes, la moindre chose. 
C'est en effet Topposé de Sarcire^ coudre, en latin. 

Essaurer, Sécher uupeu au vent. gr. et lat. Es aura. 

EssADRiLLER,Essoriller, ôterles oreilles, aures. 

EssÉE, Voy. Aiscée. 

EssEMER, B. pour Essaimer, partir en Essaim, en parlant 
des abeilles. — Venant de Semer : répandre au large, dis- 
perser. 

Essence, Insensé ; ou plutôt le démens lat. qui a perdu le 
sens. 

Essentes, et mieux Aissentes, petits Ais minces, bardeaux. 

EssERMENTs, Vov- Essarmcnts et les mots qui le suivent; 
ils se disent en ar ou en er, à volonté : VEsserù omVEs- 
say^ty etc. 

EssiGAULER, Elaguer, tailler en forme de gaule. 

EssiGAUTER, ou Essigoter, Houspiller avec un couteau. 

EssiLER une charrette, voy. Aissiler. 

EssiLLES, Foin laissé par les bœufs après leur repas. Latin 
exiles f minces (brins), 

EssiLLEUR, Qui use beaucoup de vêtements. 

EssiT, voy. Aissit, 

Essorer, yoy. Essaurer, 

JEssoTTitLBR, Faire perdre la sottille, Tongle des animaux 
fissîpèdes ; et, par suite, même celui des bipèdes humains. 
Del'Ital. sottOy sous. 

EssuER, Essuyer. Ital. asciugare, lat. siccare, sécher. 



KO 1:5 

Essu'main, Essuie-main. 

EsTALER, Installer. Syllabe panoinphée sla^ faire tenir; 
angi. stall, place fixe, stable, 

EsTAMEL, Espèce, qualité, surtout d'un tissu, du lat. sia- 
meriy d'où étamine. Une chanson de noce par M. Vander- 
quand, ancien curé de Virolet, près Gemozac, disait à la 
mariée et à ses compagnes : 

« Jharnigoué ! dans noutre vUlaghe 
N'en voyons point de çheul estameï : 
O n'est point des chrétien\ jhe gagho» 
Mais des angh' desceudut dau ciel. » 

EsTATiON, Station. 

EsTATUE, B. Statue. Mot confondu avec Statut, qui est 
masculin. 

Est'rlin, Sterling, mot anglais : monnaie à V astre, écu au 
soleil ; conservé en Saintonge pour dire quelque chose de 
solide et de sûr : « mon chevau vous menerat est'relin. » 

EsTERMiNER, B. Exterminer : « le diab' tn'estertnine ! b'o 
n'est pas vrai ce que jhe te dis. » 

EsTERNE, Externe. Voy. Ecolier. 

Estime (feire). Présumer, compter d'avance. — Feire de 
Yestime de quelqu'un. B. l'estimer, en faire cas, bien par- 
ler de lui. — A Yestime, 0. à l'estimation. 

Estimer mieux, 0. Aimer mieux, préférer. 

Estoc, F. Lignée, race, extraction. Et, par suite qui souvoit 
trompe, nature, qualité. De la racine commune à tant de 
langues, stichos, stecco, stock, qui est notre estoc, 
stabilité. 

Estoper, Ravauder, reprendre à l'aiguille. Estopure, re- 
prise. Angl. to stop, arrêter (la déchirure). 

EsTOUMAT, B. 0. La poitrine, le sein, la gorge d'une femme : 
« a' sacque sa montre dans soun estoumat, » — « A* 
semblle les p'rdrit roughes : al at de la chair su' Yestou^ 
mat, » Avoir boun estoumat, de bons poumons, une forte 
voix, ine bêle loquence. — L'estomac véritable se dit le 
chœur; quiproquo existant aussi en français, dans «faire 



170 KT 

mal au cœur, soulever le cœur, avoir son dîner sur le 
cœur. » 

EsTOUMAQLÊ, Mécontent, fàcbè, qui a quelque chose sur le 
cœur. 

EsTRA, Extra. « Feire de Yestra\ » tihrègé à' Eortraordi- 
noire , mot qui se prend pour Singulier appliqué aux 
personnes : « il est estraorCiinaire ! > 

EsTRAiT. Extrait. « Estrait de baptême, » acte de nais- 
sance. Sous l'ancien régime, c'était tout un : les non- 
catholiques, même baptisés, n'avaient titre civil que de 
bâtards. 

EsTRÊMiTÊ (à toute), sur le point de mourir, 

EsTRÊME o'tion, Extrèmc onction. 

EsTRÉxMONTANE (perdre T), Perdre la tète, la présence d'es- 
prit. La tramontane (tra os montes) est l'étoile polaire, 
qui, dans toute la Méditerranée, apparaît au-delà des 
monts. Quand on la perd, au physique, on se désoriente ; 
au moral, on devient fou. 

EsTRiNGOLE (Dlab'm') ! B. juron plaisant : It. mi stringa la 
gola, me serre la gorge, m'étrangle ! 

EsTROUNiQUER, Otcr les branches et ne laisser que le tronc. 
Etabllit, Etabli ; nom ou adjectif. 

Etages (femme à quatre). Ayant sagesse, fortune,* esprit et 
beauté. 

Etalouner, Donner au liquide que l'on masur.^âla l'oeuf*, 
si c'est, principalement, de l'eau-de-vie que l'on dépote, 
(Voy.) le tempsde se niveler par le ^a/on du pot, ou échan- 
crure postérieure ; sans quoi, le Dèpoteur risque fort, et 
Dieu sait avec quel regret ! d'enlever plus que sa part. 
« Laissez donc ÉloJouner, » 

Etaminot, Etamine commune. «. In d'vanteau à'ètaminot\ > 
on n'en voit plus guère : ils sont d'indienne, de malino 
■ (mérinos), de soie. 

Et AMOUR, Etameur, la terreur des chiens de village, ou du 
moins leur bête noire, avec les chaudronniers et les mar- 
chands de tamis. 



ET 177 

Etanxhe, B. Etanché : « çlieu tierçon n'est pas èlanclie. » 

Etaque, fém. Taquet, support. 

Etaquer, Mettre une étaque. 

Etargxer, Epargner. 

Etat, B. Feire état. Faire cas, tenir compte. — « Ne p'ns 
leire état de soi, » s'abandonner à la mort. — « Se met- 
Xve dans toutes sortes d'^'m^ » s'emporter jusqu'à la fu- 
reur, soit dj colère soit d'autres passions. 

Etau , Arbre têtard. 

Etausser, p. Couper les branches d'un arbre qui reste 
debout. 

Etau, Au plur. les fagots que Ton en fait. Car il y a les bons 
fagots (0 : faissonnats) les fagots diétaux ; puis les 
bourra ghes (bourrées feuillues) et les Esserrnillures. 
Ko : Epurgis. Molière a bien raison de dire qu'il y a 
fagots et fagots. 

A. 

Etaut, Etau de forgeron. « Etre pris c'me dans ïnEtaict. » 

Etèle, Etoile, stella. « Feire voir les Etèles en pllein 
midi. » 0. Duper. — Sens libre. 

Etelon, Etalon. — Pilier de halle, par confusion avec 
Etaler ou plutôt à cause des Etalons de mesure que les 
halles au blé ou minages offraient autrefois. 

Eteignut, b. : Eteindu, Eteint. « Jh'ai tué la chandèle et 
éteignut le feu. » 

Etenter procès, Intenter. 

Etêpe, p. fém. Etai ; de l'angl. to stop, Etéper, étayer. 
To stay. 

Eteublle, Pour tenblle, tuile. — Chaume laissé sur pied ; 
du lat. stipula, Yoy. lieu, glus. 

Etiré, B. Allongé : figure étirée. 

Etirer (s'), B. Se détirer, étendre ses membres. 

Etout, Molière : Itou, Aussi. Souvent Voî^^ : « Jh'en veux 
moi ^tout.» A tout, autrefois, signifiait avec : «11 fut pris, 

- à tout ses trésors. » Nos Saintongeais auront transposé : 
« ses trésors à tout, ses trésors étout. » (Et tcut), 



17. 



^.i -^^^1. • Jar 



. • ' 






/ • -I ■ 







/»> -i-^yft. H'fr^/f0^. H^ffj^fK^, JEr-.f-r/jrA^- E^a^de^le, 

f/ '/#;. ^; H*r-'A^, V. ^ii«:<^ TAT; : h:. t7«r. Toos mots fé- 



EX 179 

EvÀ, B. Evasement ; biais qui élargit rentrée d'une baie de 
fenêtre ou de porte. 

EvALTOUNER, Eparpiller quelque chose au vent, qui s'en em- 
pare et l'agite. S'évaltoiiner, se donner de grands airs 
par arrogance, comme le coq qui bat des aîles, ou s'étaler 
à tout hasard, comme la poule qui sépivarde. On est 
d.ins ce dernier cas, à la Valtoline, ou à la Valtorine, 
mots imitatifs, de la langue d'oc et fort difficiles à tra- 
duire. 

Eve, Eau du celtique ai^. Ere a été français ; il est commun 
dans Froissard; nous en avons gardé Evier, que les Sain- 
tongeais ont rejeté, préférant ayère (aiguière) du latin 
aqua^ qui pourrait bien être le même qu'aw? gaulois. 

EvENTAiRE, B. Inventaire. 

Eventer, Inventer. 

Eventé (vin ou linge), 0. Vin qui sent Tévent ; linge à moitié 
sec. 

EvENTODSOi', Pron. éventousoué. Eventail. 

Ev'rdin, Vive alerte qui fait fuir, ou v'rder, Voy. ce mot. 

Eve VER, Devenir veuf ou veuve. 

EvoLAGHER, Faire prendre la volée, rendre Volaghe, c.-à-d. 
sauvage, difficile à prendre. 

Evoluer, Voy. Avoluer. 

ExEMPLLE, B. féminin. Comme autrefois, comme il Test en- 
core pour les élèves en écriture. « Tu donnes ine hèle 
exemplle ! > — Au lieu de Par exemple, nous disons vo- 
lontiers, nous et les Berrichons, par hasard ; et tout à 
l'heure pour A présent, comme les Limousins ; et quel- 
que part pour environ ; de manière à légitimer parfaite- 
ment cette phrase-type : « J'hai tout à l'heure que' qu' 
part cinquante ans, mais par hasard, je ms porte bien. » 

Exempté, Souvent synonyme d'Estropié ; exempté du ser- 
vice militaire . 



i^J 



F 



r Lettre muette à la fin des mots, excepté dans ref, pour 
Teuf, et dans chef. bref, mab qui iont français. 

Fa (la tour du), c'est-à-dire du Phare, près de Talmont sur 
Gironde, n'est plus qu'une petite prramide servant d'amer. 
A Bordeaux le Fort du phare était devenu le Fort du Ha. 

Fabre, Nom propre, le plus rapproché du latin faber^ (fac 
ferruni), travailleur en fer. De là Fèvre, Faure, &c. 

Fabricien, B. Membre du conseil de fabrique d'une église. 

Face, B. Un homme bien facé^ à face large et colorée. 

Fâchoux, fàchouse. Fâcheux, fâcheuse. 

Facouneux, 0. Façonnier. Le féminin se dit aussi. 

Fadasse, Un peu fade. 

Fadet, b. dim. Ae fade ; fata. Fée : esprit follet, que nous 
dibons souvent frère- fadet, source ou dérivé du Farfadet 
français. G. Sand a délicieusement féminisé le mot dans 
sa Petite-Fadette . 

Fadesî, Devenir fade. 

Fadour, Fadeur. 

Faonard, Passage fangeux, plein de fagne. Nom de localité. 

Fagnasser, Se dit du chemin dont la terre prend aux pieds. 
* fagnasse à matin. » Bonne onomatopée. 



FA. 181 

Fagne, Fange. A. Ital. Pantano. 

Fagnocher, Dimin. de fagnasser, 

Fagnous, fagnoiise, Fangeux, fangeuse. 

Fagotanghe, Action de fagoter. 

Fagote, 0. féminin de Fagot, plus léger que /amona^; ce 
qu'on dirait chez nous fagot d'étauœ, 

Fagotier, Fagotière, Faiseur ou faiseuse de cancans. 

Faguenat, B. R. Odeur de bouc, de gousset, &c. Voyez 
Saguenat. 

Faignant, te, B. Fainéant; se prononçait fainiant, qui fait 
néant, qui ne fait rien. 

Faignanter, Faire le fainéant. 
F'aignanïise, b. Fainéantise. 

Faillette, Petit défaut, petite faille dans une étoife, dans 
une pièce de fer. Mot qui manque en français. 

Failli-gA, Mauvais sujet, rien qui Taille. De la honte que le 
bon peuple attache encore aux faillites. Ou bien de Tangl. 
fellow, 

Faiscine, Fagot de broutilles, Bourrée. : Coussinet sur la 
tète et les épaules d'un portefaix. Du lat. fascis, faix, 
d'où rital. facchino, portefaix, qui, endimanché, devient 
faquin. 

Fait (de), B. En effet, comme Tangl. indeed. S'emploie 
souvent pour reprendre le discours. 

Faît, b. Faite, fastigium, sommet : « su' le fait delà tête.» 

Faîtanière, Faisanderie ; nom de localité ; lieu où l'on éle- 
vait des faisans ou phaisans , oiseaux venus des bords du 
Phase, en Asie. 

Faîteau, B. : Faitiau, Faitière^ grande tuile pour le faîte. 

Faix (en avoir tout son) , B. Presque plus qu'on ne peut en 
porter. 

Fameusement, Remarquablement, beaucoup. 

Fanal, 0. Lanterne grande ou petite. 

Fanfreluches, R. Bagatelles, inutilités, notamment dans 
la parure ; comme qui dirait freloches d'enfant. 



l^J 



Fantoùme, Fant«'»m«^. 

Faon, Se prononce fa-on. 

Faquin, B. Elégant, faraud. Ne se dit qifau mascul. 

Faquiner, Faire le beau, le faquin ; avoir de la. faquiney^ie, 

Faramine (bête), B. Bête farouche fantastique ; du ktin 
fera, ou vieux et vague souvenir du nom de Pharamoud. 

Farandole, 0. ou forandoule. Longue file de danseurs et 
danseuses, sur les places ou dans les rues, au son du fii're 
et du tanil)ourin. Mot formé comme girandole et qui ea 
est peut-être dérivé. 

Faraud, B. et faraude ; fier de ses beaux habits. Du ce!t. 
fraUy beau, d'où l'allem. fraie. Vierge. 

Farce (pour telle chose, vous en verrez la) : En Languedoc, 
vous en verrez la foire. A la foire, se jouent des farces. 

Farci, Subst. 0. Farce, hachis. Toute farce, nous parait 
venir du lat. far, grosse farine dont se masquent les far- 
ceurs. % 

Farcisseur, Se dit en plaisanterie au lieu de farceur. 

Fargon, Fourgon à remuer le charbon dans le four. Quand 
un vicieux en reprend un autre, on dit que « la pèle (la 
poêle) se moque àsM fargon, » 

P'argouner, Barbouiller, charbonner, comme avec un far- 
gon, 

P'arinier, 0. Meunier. — Sat farinier, sac à farine. 

Farme, Farmier, Ferme, fermier. 

Farouche (la) B. Le trèfle incarnat. De trèfle rouge ? 

Fasaulle, Faisable. 

Fasant, b. Faisant. — Maufasant, B. Malfaisant. 

Faskz, Fasons, faites, faisons. — fasour, faseur, fa- 
seuse, faiseur, faiseuse. — Fasut (en plaisanterie), fait. 

Fat, R. O. Fade an goût. 

FATiQTri:, fnUqup, \\. Fatiguo, fatigué. It. fatica. 



^A. 183 

Patrouiller, Fouiller lourdement et brutalement avec les 
mains. Correspondant de Patrouiller avec les pieds. 

Fauchanghe, Façon de faucher. «Il at in bon fauchanghe.^ 

Fatjchard, Grande faux à long manche pour dégager les 
cours d'eau et, spécialement les biez de moulm. 

Fauches, B : Fauchailles, Saison et action de faucher les 
prés. 

Faucheux, Voy. Ptde. 

Fauchis, Boiteux, traînant une jambe, comme le faucheur. 

Fâuchour, Faucheur. 

Faulloit (o), Il fallait. Souvent sans pronom : « faullçnt 
zou voir. > Participe : fattllut. 

Faumanche, B, Manche de faux. Mot composé à la grecque, 
ù l'anglaise. 

Faurraghe, Fourrage. Foris agium, ce qui se fait hors 
(du camp). 

Faurreau, Fourreau, &c. 

Faut-o.' faut-ou ! Faut-il ! « mon Dieu, faut-o .' » — « 
faut bein qu'o seit vous ! » 0. 

Fauvelet, Nom d'homme et de bœuf ; un peu fauve. 

Faux (le), B. la Faux. «Battre son faux^ ayuser son faux. « 
Plus souvent son dailL 

Faux-saunier, Contrebandier en fait de sel. Firent la guerre 
delà Gabelle, (xvi® siècle), surtout en Saintonge. 

Favaud, Nom d'homme et de bœuf: couleur de Fève. 

Fayan. p. Hêtre, /à(;ani/5, dérivé de /îz^m^, de Phagein, 
manger. 

Fayau, Fève de marais ; faba, 

FectivemenT, Procope, pour effectivement. 

Fein, R. Foin. De fœnum, légitimes l'un et l'autre Frois- 
sard écrit faings et fîens, qui se prononçait fein, 

Feire, Faire. — Feire besoin, B. Manquer, être de moins. 
Feirektel ]e\},0. jouer^z'y /m-tu?» Feire au mêr/ie, 
B. 0. sans ricochet, au billard : mais signifie tromper. 



184 ITK 

Mous«»r. mettre iledans. — Envoyer feire lonlaire. B. 
l.nvovt^r promener. (Ju ajoute souvent : « au lout d*in 
lutou. * — hvive ine maladie. O.èt^elongtemp^^mab^^. 
— *Tous les jouî-s ([ue le bon Dieu /feiY,» O. tous les jours. 

Fkîs-imint, Sorte Je négation : jene le ferai pas. 

Fil., Vile : rioii. F lotie ; fils, fille ; fillet, fiUette. 

Fkmnîk (la^ tlediez nous, B. Au lieu fie ma femme, ce qui 
s< mbloriit un jhhi téméraire ou provocateur. Tout au plus 
ostM-on dire * Nout' /^''"''*^- * temporal omorea! 
O naïf miroir des mœui^s !... féodales ! 

Fkmmotk, Oiminutif affectueux, que le franc, devrait envier. 

FKNAr»iiK, Façon que Ton donne au foin. La quantité du ftin 
lui môme. 

Fi-.NAisoN, lî. L!\ saison de faner. 

Fknassk, Quantité de mauvais foin. Nom de localité. 

Fi'.NnorR, Uout de lûlon, taillé en hélice, pourfendre le vîme 
en tn>is. 

Ffner, p. !î. Faner le foin. 

Fknktu.v, Petite fenêtre. 

Fi:m:!*ii,, Fenouil. D«* fœnîcvluri} petit foin, vu ladéchiqne- 
tun» des feuilles. Son eau distillée est bonne aux yeux af- 
faiblis. 

FKMor, Fenil, irrenier à foin. 

FFMorKR, Vov. F/fcuiquer. 
l'iiNoru, Frnot(S(\ Faneur, faneuse. 

I'f.k dt» rharrue, ou /J'/'par excellence, Le soc ou son arma- 
ture en ïow 

FicîiBLANOt iKR, O. Ferldantier, qui ne vaut | as autant. 

F'uin, W. Froidir. Nous verrons aussi Fvedest. 

F'kdoï'nkr, Fivdonner. Onomatopée. 

F'rdi'rk, 1>. Froidure. — F^rdurier, F^duronsB. Fri*- 
leux. 

F'rlasser, b. Faire un l)ruit de ferrailles ou de cn-'^uilles. 



1^"'I« 185 

F'rltner, B. Fairo un bruit do clo"hf>ttas, un son argentin. 
Le tVançais a d relui, d relia, le B. dreliner. Onoma- 
topées. 

F'rluquet et FcrlnqiiH, Freliiquat ; comme qui dirait petit 
tVèlon, coquettant avec les fleurs. 

F'rluroxs, Voy. B'rlurons. 

F'rmaghe, Fromage. Autref. formtge, des Formes où il 
se fait. 

F'rmer, Fermer. — Se f'rraer, 0. s'enfermer. 

F'rmî (in), une Fourmi. Le patois a le genre du grec nnir^ 
rnè,v, et le français, celui du latin fonnica, qui scmt le 
même mot. 

F'rmigher, Fourmiller. 

F'rmogher, B : Fomhrayer, ôter le fumier desétahles. 

F'rmure, Fermeture; fermoir. 

F'rraCtHE, Façon de ferrer; salaire pour cette façon. 

F'rrant (riiarlcJiaut), Marêchal-ferrant. 

F'rret, 0. Briquet à faire feu. (Petit fer.) 

F'rrounier, Marchand de fer, Ferronnier. La belle Fer- 
ronniçre. 

Fers (i'ne vaut pas les quatre) d"in cli'n, B. Rien du tout. 

F'rsaie, Fresaie. 

F'rsat, Vo3^ Fore-sat. 

F'rtasser, F]rlasser en cognant. 

F'rté (la), La Ferté, nom de localité ; (la Fermeté). 

« 

F\rtic-F'rtoc, Imitation du bruit de la pierre aiguisant la 
faux. L'ancien opéra dit : 

« Et U'\c et fric ot fi*ic et froc, 
Et zic et zic ot zic et Zi)C. » 

F'rtier, b. freltier, Faiseur de cercles. 

F'rtillé et Fertillé, Frétillé. 

F'rtoc, Gros et court bondon à la fonçuro d'un tonnenu. 



IW 



Frtoquer, Ritrrp, ross?*r. 

FvRiER. Février. — F'rnéres, Violettes de ce moi». Si 
de nouvell'^ dèn< niinatioiis par nous proposées pour les 
mi»is venaient à être adoptées, ces fleurs s'appelleraient 
Duosettes. 

Fescêles. B : O : Faisselles^ et le Berry, se reprenant: 
Fescelles comme venant exi efiét du latin fiscella, petit 
panier : ce qui fait dire aussi chez nous fiscèles : moules 
a fromages, et plus souvent cages en bois ou en fer à con- 
tenir sous la pression les rafles des raisins. 

Frscque, Mérule chanterelle ; ainsi dite, non qu*elle ait rap- 
port à cantus, mais à ca}%thenus^ chevron : c'est comme 
un petit toit soutenu par des chevrons rayonnants. Vers 
Saint-Jean-d'Angély, elle est aussi très bien appelée 
javnette, 

Feublle, B. Vieux franc, faible. 

Feuillard, b. Rameau avec ses feuilles, surtout si les feuil- 
les s jnt sèches : on a senti Tonomatopée de la terminaison. 
— Cercle mince en fer pour les Umneaux. 

Feuillargheods, Qui a beaucoup de feuillage. 

Feuille de livre, 0. Feuillet. — Idem de scie, O. 

Feuillet, B. Petite scie. (Mince et dentelée comme une 
feuille.) 

Feuillous, feuillouse, et feuiîlut^ feuilluey Feuillu, 
feuillue. 

Feurne, Vanne, écluse. De fores ^ porte, en latin. L'alle- 
mand a fu7*nier, p!aque. Ville de Fumes ? 

Feuve, Fève. Voy. Véve. 

FÉVE (trouver la), P. Réussir. — En amour sensuel. — Sou- 
venir du gâteau des rois, et des dieux, la mola sacra des 
payens. 

FÉVERIT, févrit, Pris de la fièvre, fébricitant. 

Fi ! (ma), B. R : fy. Ma foi ! — Ma fine! idem. 

Fi' (in), un Fie, excroissance en forme de figue. 

FiABLLE. F. B. A quoi, ou à qui Ton peut se fier. 



n 187 

FiACON et fllacon, Flacon. It. fiasco, 

Fiacre (Saint), Patron des cochers et des jardiniers ; pour- 
quoi? Est-ce par jeu de mots, comme souvent arrive, à 
cause de la fiente des chevaux, pour les uns, et de la 
fiente de vache ou de bœuf pour les autres, laquelle, ap- 
pliquée aux arbres, sous le nom ^'onguent de St-^Fiacre, 
en guérit les blessures? La.fète de St-Fiacre, le 30 août, 
est celle de Mortagne-siir-Gironde, bien que l'Eglise du 
lieu soit sous Tm vocation de S t-E tienne. 

FiAGHEOLET, Fllagheolet, Flageolet. De flare, souffler. 

FiALÉE, Quantité de ce qu on a pu 

FiÀLER, Flaaquer, donner vivement, fouetter : flagellare, 

FiAMBER, fllamber, Flamber. Yoy. Çhllamber, 

Fiance, F. R. B. Confiance. Mais la confiance est mutuelle, 
la fiance prend Tinitiative : fidanza. 

Fiancer une vigne, Couper Textrèmité des sarments avant 
de tailler à fond. 

Fiauler, Voy. flàler. 
Fichant, Vexant, fâcheux. 

Fichumasser, B. Eiphèmisme ponr fouHmisser. Voy, 

FiCHUT, Fichu, soit subst. soit adjectif. Fém, fichue et 
plus souvent : fichu en supprimant Ye : « çhèle fichu' 
femme ! )> 

Fidèle, Signifie surtout probe, honnête. Lorsqu'on en doute, 
on dit : « fiiéle c*me B'rlézà, çlii voloit le lard à son 
père ! » 

FiEN, P. B. Prou, fîan ; ceux qui chanfroisent disent flan; 
abrégé de fiente : signifie fumier. « Casse à fien, » trou à 
fumier. 

FiÉRAUD, B. et fiéy^aude, ridiculement Fier. 

Fièvres, 0. A.u pluriel, dès que la fièvre a quelque durée. Il 
semble que par la fièvre on n'entende qu'un seul accès. 

Fiévrous, B. Fiévreux, surtout en parlant des chpses. 



1^ l-^I 



f^jhi'vn. nj-u-:* îi:â^vADT'.-- — F.'jf'^','. li_ruier. Lat. fu^us^ 

^JV';, ^u'u*'. •.:Ult*^: Ir^ lUelU- lliv»!. ])'«jÙ SvtX>î>liaUt^. 

Fi'^N >LEr:. I.:ui'.»aVi.ii,< K H.R:*.f!i-JrT t^n i'.»iieTTe. vouloir hvW- 

l^rjuir (if U.-'jiux ijuxîJa:^. !>- la : Fir^^ijlfax, pjnoieu- 
1 > 



.Vf. B. 



l-'i.aiiE tla). L:^ vi-.are HXi-Iuîdvtaijfiit. 

FîL.\>«.-.lIE, F:ir.iii ^jt'lilt-^. 

FJhA^^'•l <. oiise. QuÀ ^\•1J va PU ÊLisse : le bois, les raci- 

P'iLAT- <J. Ke-i-Tiueii SI, li!-*T de ]»^jlje ou «le cbasse. 
Filet. B. Vi*:-ux fr. FJ.. *ln peI<.»:Lai de ftltt. » 
FiLEix. FIL u. 
FlL^^^K'HON, h**\ix de fil. 

FiLosuMiE. PbvsioDoinie. 

FiLTMUPiER, B. ^Fiî, èuiup^K Pei-Tueur de chanvre. 

Fjls (/e Ma{^n„4f\ de Joui, de tir,, *i:t\, Juixias et injures 

|)]u> ou uioiiis leN->ivev^. llaji. En font, 

FiLL vss.^. i). i}\\\\\ le fille, en niiuwiise put. EIn bonne part, 
c est FillaH'le. B, 

Fille dechambee, O. Femm? de chambi-e. 

Fille de la lune^ (Lesson), le Xv»suk*. 

ViLLK\:x,U.etfii/oLfinoh?. B. Filleul, filleule. C'est le 
fils et la tille italiens : ftgluolo, fijhiola. 

Fin (i sèle), B. A s?ule fin. — Ala fui des fins. B. à la fin 
finale, O. Finalement. — Au fin fond, tout au fond. 
FranraLs. — 7 07<^/?/2 r/re//, tout juste, précisément. — 
Tout fia seul, B. tout à fait s^ul. 

FiNABLLEMENT, B. Finalement. 

Fln'assier, b. Finasseur, finaud. 

IwNE (de la p'u*) De rexcrément le plus sale. De là cette grosse 
plaisanterie sur le troupier (pii se faisait peindre et qui di- 
sait au camarade rapin : « Te voilà au nez : mets-y de la 
coideur de chair et de la plus fine, et reprends ton aligne- 
ni(*nt \ » 



189 



Fine force (à), B. A force de persévérance. 

FiNissEMENT, B. Fiii, aclièvemaiit. En plaisanterie : /?o/i, 
B. le chic. 

FiNOT, fiaotte, Finet, fia^tte. Aug-niiiitatif : fîa-fiaot. 

FiQUE (ma) B. : 7na figue, Dimiii. de ma foi ! 

Fiquette! 0. Diraiu. àefbuquette ! Voy. L'aJject. est fique- 
notât. 

Firlimuse, Ritournelle, ruse, finesse, détour ; « EntenJs-tu 
la firlimuse ? » très-joli mot. 

Fisquement, Fixement. 

FiSQUER, Fixer. Et prend très bien la chose pour ohjet : 
« fisquer le souleuil. » 

FissÉE, Poussée, élancemant de quelque chose, surtout si 
c'est liquide : « ine bonne fîssée. » L.impée, rasade. 

FissER, pour Ficher, du lat. figere, piquer, en parlant des 
guêpes et (par erreur) des serpents. 

FiSSON, Limousin. Aiguillon des bètes qui fissent — Mau- 
vaise langue. 

Fissure, Piqûre par un fisson. 

Fiston, B. Terme d'amitié, tiré de fils : « mon petit /ï^^ on ! » 

FiTRE, Auvergne : fichtrà ; fltut, dimin. de termes gros- 
siers. 

FiYANT (i'). Ils firent. 

Fllâche, b. subst. Creux dans la ligne d'une pièce de char- 
pente ou de maçonnerie, par défau t de matière. « o y at 
dau fllàche. » — Adject. qui a du flàche ; mou, flasque, 
pendant. Lat. flaccus, flaccidus, 

Fllambart, Torche, tison flambant. 

Fllambe, R. b. Flamme. — Sous-fl^am^ie^ galette tendre, 
cuite sous la première flamme du four. La fouace de 
liabelais. 

Fllambeau, et plus souvent chandelier ; Flambeau. 
Fij.AMBÉK (ine), un jet de Flamme. 



1C«» 



Fllamber. B et ÇhUat^her, (tov.). Flamber. — « Fllam- 
ber in por* .ou io goret. » lui gnller le poil. — « Fllamber 
des œils. » B. Caire des veux courroucés ou ardents. — 
« Tout fllambant neu\ B. tout à fait neuf. — « F fllam- 
hit. r fllatnhiyant, » il flamba, ils flambèrent. 

Fllamekjise. O. Framboise, fragrans in boscOj qui sent 
bon dans le bois. 

Flijin de lail, O. Tarte à la crème. Mal dit en français 
Flandrelet. 

Flla>x, Flanc. Fllanquer, fllaquer , flaquer. Jeter au 
flanc, ou onomatopée. 

Fllasque, ^ubst. Fer à repasser qui porte sur lui son ré- 
chaud. Malsaine invention. 

Fllattron, Flatteur, dénonciateur. Vor. Chllattron, 

Fllau, Fléau de balance, ou fléau à battre le blé, Voj. Çhllâ. 

Fllaugxard, 0. Flâneur et patelin, chien couchant à deux 
pieds. 

Flleur et fieur. Fleur. 

Flleur (le) de sang, B. pour la Flueur de sang (comme 
fleurs blanches )\ la d\ ssenterie. En Barry, là,drdle. La 
même croyance existe que les sorciers peuvent donner ce 
mal, en déposant des charbons ardents à Tendroit qui sert 
de retrait. 

Fllelrer, B. R. Flairer. 

Flleuret, Fleuret, étofie légère de grosse laine, sorte 
d*étamine. — Petit galon bleu et blanc. 

Flleuron, Furoncle. Gros, c'est un fronclle. Voy. 

Flliper, Dissiper, manger ; filouter. 

Fllû, Flux. — Sorte de jeu de cartes. 

Fllûtâ, Fllûte, fllùtet^ Flûteau, flûte, sifflet. 

Fllûter, b. Siffler. — Boire d'un trait. 

Fllûtedr, b. etfl,lûtour, Flûteur. 

Foguer, Fournir à force, comme beaucoup de bois au feu, 
focus ; € sa mère zy foguoit trop d'arghent. » 



FO 191 

Foi (Ma), ma/oi/ B. Sorte de serment. Se prononce fouè, 
loué, comme à Paris. — « Ma grand foi ! » B. autre ser- 
ment. — « A la bonne foi, » B. Sans détour. — La Foi, 
nom de plusieurs localités. 

FoiBLLE, (fouéble), Faible. 

Foie bllanc, B. Le poumon. — « Il a le foie bllanc, » il est 
légitimiste, il regrette le drapeau blanc. 

Foirail, 0. Champ de foire. Dichéance deTantique forum. 

Foireux, B. Homme de la foire. 

FoiROCHE, Petite foire. 

Foirole, Mercuriale , plante laxatîve. 

FoiROUs, B. Qui n'a pas besoin de foirole. 

Fois.(à des) B. Quelquefois. — « ine fois in, ine fois Tau- 
tre. » L'un après l'autre. — « Comb' de fois 1 » Combien 
de fois ! 

FoLE, Ancienne coiffe de femme à rayons volants. 

Folie, B. Rut, surtout des femelles. 

FoLOUR. Folie, aliénation d'esprit. 

FoMBRAYER, B. (Saintougc /VmoprA(?r, Voy.) Enlever la 
litière de /uwiier et broyer ou brouetter. 

Foncer, Fournir prodigalement et en cachette, dernière 
circonstance qui fait la différence avec foguer. 

Foncet, Fausset de barrique, qui, en effet, se met au fond, 
tandis que fausset veut dire petit gosier. « In cot de 
foncet y » un coup de vin de trop. 

FoNCiLLE, Faucille. — Foncillon, à Royan, la couche des 
Dames. 

FoNçuRE, B. Fond de tonneau. 

Tond, 'fonde^ Profond, profonde : « vout' poi (puits) est-i' 
'fond?>^ 

Fonde, F. Amyot. B. Fronde. C'est le latin funda : fan- 
dens lapides, répandant des cailloux. 

Fondra, fondreau, Fondrière, fond de vallée. 



Font, B. vieux franc. Fontaine. C'est le Latin, mais devenu 
f Hiiiiiin. — Lff Font, nom d'homme et de localité. 

FoNTAisiK. Fantaisie. 

FoNTKriL, Fauteuil. 

FuRAN, P. Un (les compartiments des marais à sel. 

FoRÇAF^LLE. Qui exïge (leTefiort : « ouvraghe forçablle. » 

FoRCKii, Au sens neutre : faire ou nécessiter des efforts. 

F(»RK-SAT, et f i'sat (qui perce le sac), Orge à queue de 
souris. 

Forge pour la faux. Petite enclume à pierl pointu, que l'on 
enfonce en terre, pour y r^'battrele daiL 

Formances, (0 : ntannes)^ Lames de la vigne, embryons 
des grappes. 

Forteresse, Aliments de haut goût, ail, oignon, sardines, 
morue. Quand sera-ce la seule forteresse du mon<le ! 

Fortin, Llem : « quand on est malade, faut pas trop man- 
gherde fortin. » Mais souvent encore on n*a guère autre 
chose ! 

Fortuné, B. Riche, qui a de la fortune. 

.F(ju, foie, Vai parlant des plantes, les plantes sauvages qui 
ont leurs analogues cultivées : « ail fou, avoine foie. * 
Ainsi était jugé, dans le moyen-àge, tout instinct d'in- 
dépendance. — On dit mieux igyià fou, agneau atteint 
du tournis. Et delà la comparaison ironique : « saglie 
c'me in ignâ fou. » 

Foudre, masc. (fr.) Grande futaille à mettre cuver plusieurs 
tonneaux de vin ensemble; économique, utile à la qua- 
lité du vin, mais bien dangereux à cause des émanations. 

Foi.ET, (Faire peter son fouet), B. 0. Se faire valoir, en don- 
nant hautement son avis sur toutes choses. Petit-Jean, 
dans les Plaideurs. — « T'auras le fouet, mahn gueux! » 
La réplique est : « et vous \e^ fouettées. » (les fessées). 0. 

Fouetter, B. Lancer, jeter vivement. « A'ily a fouette iue 
tape. » (un soufflet). 

Fouoheasser, Fouiller, trncasser dans de petites choses, 
comme lors(|u'on égarguille le feu, focas, dans le 



F<y 193 

FouGHKR, OU fouyer, B. Foyer. Rappelez Effougher (s*), 
mouvement des oiseaux qui se saupoudrent. 

FouLOiRE, Grand bassin en bois ou en pierre, où Ton foule 
les raisins, à côté du pressoir ou servant ensuite de pres- 
soir lui-même. 

Foui, F. R. Fuir. Participe fouit, fouite, Fugere (fou- 
gère), 

FouiTE, Subs. Fuite. C'est la prononciation de Yu latin, con- 
servée dans tous les mots par la plupart des peuples. 

Fouillis, B. Confusion d'objets. Français en peinture. 

FouiN, B. Le masculin, au lieu de Fouine. — «Puer c'me in 
fouin, » — Fouin ou Foin! interjection de mépris ou do 
dégoût ; laquelle est la meilleure ? Puanteur de bèt3 ou vi- 
leté d'herbe sèche? Le Glossaire du Centre est pour 
Fouin. 

FouiNEAu, B. pour Fagineau, hêtre. Fagus, Le canton 
des Fouineaux, forêt de Chàteauroux. 

Fouiner, B. Chercher à piller comme un fouin ; pis que' 

fureter, comme un furet. 
FouiYEz , fouiyons. Fuyez, fuyons. Fouiyanty &c. 

Fouquette! Diminutif d'un juron. 

FouRÀcnE, B. Sauvage, volage. C'est Farouche, transposé 
de lettres et affaibli de sens : « aie est fouràche c'me in 
lièATe. » 

FouRAS, Localité près deRochefort. Mais d'où vient et que 
signifie le vieux dicton qui associe Fouras avec la lune : 

« As-tu été à Fourâ ? 
As-tu vu la luuQ* 

Moiigâ? 
As-tu vu la lune ? » 

Est-ce uniquement pour la rime, que le g a répond : 

« A mon çhu y en a-t-une. » ? 

Fourchât, Fourchon, bifurcation. En Berry, sorte de 
fourche. 

Fourche (fait à la), 0. à la AidAAQ.— Fourche! juron ; Tad- 
jectif est/ourc/iu : « fourcJiut houme, va! » 

19. 



194 



FouRciiÉE, B. Ce que peut prendre une fourche. — « Aisità 
manier c me ine fourchee d*aghioas. » 

FouRNER, fourneyer. Faire une fournée de pain. Rabelais 
disait fourrier. — Forneyer, id. ainsi que plusieurs 
mots en four,.. 

FouRNiÈRE (la), le Fournil. Manque souvent et le four est en 
plein air. On choisit un beau temps pour fourneyer. 

Fous'll, R. Très vieux pour fusil, focillus, petit foyer. 

FousiLLER, Dimin. de Fougheasser. Même étj^raologie. 

FoTTssE, R. B. Fosse. De fodere, fouir, creuser. Notez 
Fouir. 

FoussÉYER, Entourer de fossés. « In prébin fousséyé, » 

FoussiÉ, B : Foussé, Fossé. 

Foutaise, B. Niaiserie, baliverne ; peu de chose. 

FouTiMAssER, B. S'amuser à des riens, à des foutaises. — 
Etre tout foutimassé, inquiet, tracassé, hors de son 
assiette, près d'être malade. 

FouTUMENT, Adverbe de blâme ; Bougrement est Topposé. 

FoYAN, B : Foyard. Voy. Fayan, — Noms d'hommes. 

Frabique, Inversion ou métathèse au lieu de Fabrique. 

Fraghile, b. Incertain, douteux. «Le temps est /rflyA^7^,» 
peu sûr. 

Fragne, b. Frêne, nous avons presque gardé le latin, fraxi- 
nw5. Delà Frâgnée, lieu planté de frênes; /}'agr won, 
jeune frêne ; et les noms propres Fragnaud, Fresneau, 
Dufrêne, Fresnet, Dufresnoy, etc. 

Fraîchin, b. Odeur de son genre, comme disent les savants, 
et d'un genre fort désagréable : certaines huîtres, des 
verres mal rincés etc., sentent le fraîchin. 

Frairie, b. Fête champêtre, Assemblée qui a lieu annuelle- 
ment à chaque bourg ou ville, ordinairement le jour du 
saint (ancienne notoriété payenne) auquel l'église est con- 
sacrée. Ce doux nom de frairie (phratria) vient de 
frère. 
A propos de ce dernier mot, voici un dicton enfantin que 



195 



Ton applique aux familles où il y a beaucoup d*enfants : 
« Là bas, là bas, frère Colas ; in grand lout gris, frère 
Louis ; courons, courons, frère Simon ; p'r l'attraper, 
frère Bouyer ; il a de la laine, frère Etienne ; p'r feire in 
bounet à frère Jhacquet. » 

Franc, Doux, apprivoisé ; opposé de sauvage et de fou, — 
Bois franc, flexible. Aussi dit-on : « franc c'me osier; 
et franc c'me Tor, » B. O. — Franc dau collier, che- 
val qui tire bien. Homme rond, vif et sans arrière- 
pensée. 

Franc-jheu, au Potet, choisir pair dedans et impair dehors. 
Voy. Quandale. 

Francheté, Franchise ; — Qualité de ce qui est franc. 

Franchir le mot (ne pas). Dire la chose en plein, tout à 
trat : 

« Nommer un chat un chat et RoUet un fripon. » 

François, Nom d'homme équivalant à français, témoin feu 
Français de Nantes. Ce mot nous rappelle un type incom- 
parable de .prière du soir, un pieux et naïf François disait 
simplen^ent chaque soir, faisant l'appel et la réponse : 
4c Adieu, Bon Dieu. — Adieu François ! » 

Fraser, Emietter en frottant, égruger. « Fraser du sel ou 
delà soiu. » 

Frasill, B. Fraisil. (Fraisi). 

Frayer, se prononce Fra-yer 

Frayeur.... Fra-yeur^, 

Freideitr, Freidure, froideur, froidure. 

Freit, B. -Fmc?^, Froid, froide. « N'avoir pas /r^2Ï aux 
œils » B. être hardi ou amoureux. Tous ces mots viennent 
de l'onomatopée grecque jîArm^m, frisonner. 

Fréquenter, B. Faire la cour à une fille : « I' fréquen- 
toit vers chez noujs. » 

Frérot, Petit frère. Dimin. qui manque en français. 

Frété et F'rté, Frayé : « chemin frété. » En latin fretum, 
passage, détroit de mer : d'où fret de navires et autres 
mots. 



lOG 



Frète, Jeunes pousses de bois taillis ( ^/'Mem, pousser), 
notamment de châtaigner, propre à faire des cercles de 
futailles. — Les cercles qui en sont faits : < in meul (une 
meule) de frète. » Froissard ne prendrait-il point le mot 
dans ce sens, lorsqu'il dit : « abattre frètes^ remplir val- 
lées ? » 

Fretier, Faiseur de cercles de tonneaux, comme FWtier, 

Freuche, Friche. « Terre en freuche. » D'où défreucher, 
Voy. 

Freux, (vieux français), Fresaie. Du celt. /rao, même oi- 
seau. Onomatopée de son cri : « Mangherc*me in freux^^ 
engloutir les aliments, dévorer. 

Fricassée, B. Soupe ou rôtie grossièrement faite et horri- 
blement épicée, que Ton portait en cohue et non sans 
quelque indécence aux nouveaux mariés le matin de leur 
première nuit. Cela paraît un vieux et mauvais reste des 
usages fescennins. 

Fricot, B. 0. Mets de viande, frite ou autre. 

Fricoter, B. 0. Faire im bon repas. Fricoteur^ qui aime 
la table. 

Frigalise, Friandise. 

Frigouri, Ragoût de foie en friture. 

Friloû, frilouse, Frileux, frileuse. 

Frimaillons, Miettes de gratins, de gâteaux, de sucreries. 
Ces dernières surtout rappellent bien les frimas. 

Frimousse, Visage. Du celt. /n, nez, et mouih, bouche. 
Mais frimousse se dit ironiquement, comme la binette 
parisienne, qui est le profil. 

Fringale, B. Faim soudaine et violente, ayant un caractère 
de crise nerveuse. Mot corrompu probablement de la 
faim-vale des chevaux. Le Berry a le verbe fringaler^ 
avoir la fringale, 

Fringalier, Sujet à la fringale. 

Fripe, B. Ragoût friand ou trouvé tel. « Ine bonne fripe, » 

Friquemasseau, Sorte de beignet, de massepain frit. 



WXJ 197 

Friquet, B. Écumoire : spatule de cuisine à retourner ce 
que l'onfait frire. « Feire jhouer le friquet, » se ruer en 
cuisine. 

Fromageon, Fruit de la mauve ou de la guimauve. D'après 
sa forme. 

Froncer, Verbe neutre, Froncer le sourcil. 

Fronçure, Froncis. 

Fronclle, R. B. Furoncle. Du grec jowr, feu ; dim. latin, 
furunculus. 

Fronta, R. fronteau, B. frontal^ 0. Bourrelet pour les 
enfants. — Pour les bœufs, sous Isijhulle, ou lien du joug. 

Frottade, b : : Frottée, Croûte de pain frottée d'ail et 
de sel. — Volée de coups. 

Frougner (se), F : se /rogner; B : fràgner. Se trémous- 
ser pour que les vêtements frottent le dos ; se frôler ; 
s'ébrouer. Du grec phruattein, onomatopique, comme 
s'ébrouer. Flaugnard (voy.) doit venir de frougner. — 
Se dit particulièrement du chat qui cherche caresse. 

Froument, Amyot, B. Froment. Fruraentum (froumen- 
tum), 

Frut, b. Fruit, dans tous les sens. 

Fu, fue, Feu, feue, défunt, défunte. Fuit, latin. 

FuE (ine). Une fuie, colombier pour le pigeon fuet, fuyard. 

FuMAiLLON, Petit jet de fumée. Diminutif de 

FuMARD, Tison ou charbon qui fume ; dans une chaufferette, 
par exemple. Berry : Fumeron, que nous disons aussi. 

Fume {la barbe Hz en), Il a grande envie de quelque chose 
et se croit sur le point de la happer. 

FuMÈLE, B. Femelle. Femme et surtout fille. — Chanvre et 
autres plantes fumèles ; ce sont ordinairement les mâles 
en botanique, les pieds à étamines, plus petits que les pieds 
à pistils, qui doivent porter le fruit. 

FuMÈLiER, B. Coureur de /wme7^^, 

FuMEROLE, B. Courtilière, taupe-grillon; insecte qui se tient 
dans le fumier. 



\il» 



'àiT' luis»- ir^nf r imt^. — ?*gs:nri> peine. Fluette, 



'f^zi, 2. r^fTTnt IL lif r-°Tirnis 3e*T-?rr^ par le fumier. 
r.iiir y^ ni-"^ Lrî-_'':;!ir 11» Jiuiiie. ^s:!* u^os le sensac- 
iu^ î* ir nm:^ r^iui m .p^c r%«>A<:;^. pap-rfam, qui est 

[. jLit its- i»*T?«. ^mrïTE: fe israsl&âs. Yoj. Folie. Les 



r Lnnt^m iol rmir: 



• 



rz-'T^Si, B- ncL rx zrîl ec ri sais. — Rasade : 4f dévide 

FIt -îr Tit: .<. 3^ riiisi^. Àir-. *r., laxinire er bois de plu- 
<Le:r5 n.scn-ntsi':?. — /»? ^.'^jjoîiiile, coquille d'escargot. 

FÙT£ Tîr. . Vm ::z^ fec: !e £î. 



Fjttes, Fiin*T«iîr irapçaau le gibier ec ne pouvoir ou ne 
vo:il:-cr Le p r^rcir^. Cerre dernière £içon est celle des chas- 
seurs •^':i: vecieaî reaire impuissants les pi^es des tra- 
ce nniers. 



GA. 190 



G 



t à la fin des mots ne se prononce pas plus qu'en français, 
— Vient souvent adoucir \ecou le ch : agheter, gabillot, 
ganif, revenghe, &c., Mt prononcer gn le ni français 
devant une voj^elle : pagner, opignon, — 0. Beaucoup 
de mots commençant en français par gu, comme Guil- 
laume, guichet y &c., devront se chercher à Y, plus 
rapproché que gu du w anglais : yichet, Yillaume, &c. 

Gaban, Vagabond, croquant, chenapan: «ah! grand gaban!^ 
de gober ; capere ? 

jS Gabare, Proprement bateau plat de la Charente et de la 
Loire, à màt au milieu, portant voile quarrée, tel qu'on 
nous représente les navires de la guerre de Troie. Aussi 
bien une fable a eu cours longtemps rapportant Xainctes 
au Xanthe^tles Santons (hommes des canaux) à quel- 
ques compagnons d'un fils d'Hector, Xanthos, qui veut 
dire blond, couleur suffisante pour démentir la fable. 

Gabarier, Patron d'une gabare, 

Gabarot, B. Petite gabare. Ne serait-ce point trop grec ou 
trop hébreu de rappeler ici scapha , CAP h , &c ? Ces cap h , 
cap, gab, gob, pour Prendre, Contenir, sontpanomphées. 

Gabeghie, B. Ruse, tromperie, piège Captieux, cage, 
gabbia. Du vieux français gaber, gabeler, se moquer. 
D'où gabelle. 

Gabelou, : Gabion, Préposé à la gabelle, ou droits sur le 
sel. Douanier. Le terme passe pour aussi injurieux que 
Pille-gigot ou qitas~tu là, appliqué aux agents de 
l'octroi. 



^* 



*-•-'. t." '7 ''L'»-i*' TiiiL ':r•"•:c••- 
" - ^H-L r . ^'^T-Lti mî:-^ lit. irr •.•:rj:.:c. V<,jr. Cabilîot. 
'rtiï vL^^i. Li.-i:r_*-Li-^fL.i::i'C--..>ï:r»^: r* mal réussi. NV 



:. c;- -L i .-!* -r :ij'Liiv--ir^:c;jTr»::irJ.- G. comparée sur- 






«/t.r;* 'Ti.:-:!. Aiio:.. îr c:ixcïr^ -^lû licnî de Cap ou des 

<;A'7-:5,- «^il-riir:!:!: nLTj: '^^1:1 tous- flamme, et qui a été 

^/a:^'.'- >:£i;-. '.'-- :-.rr rL Lai: de ^dow-. — T^Tme injurieui. 
OAiTEi. Pr^i.:rr i j'rli;'? gnr^alc. iCAPh). Voy. Agaffer: 

Oaoke. B. SilîLrtr d'uii OU d'uae domestique. < Y gagne in 

Gaoiiz jue . B Formule de î*ari. < Ga^he que si ! — Gaghe 
que non ! » Point de paii f jnn?! sans dépôt de gage. 

(jjifA\TT(jholi)^\TOZi\e:]o\\(j^T%\ de Gahet? Crétin. Le 
relatif i^m. est '.Jholie Dorothée ! V. 

Gagnepain, masc. Spatule en bois pour recurer la truelle, 
t*;rrne de maçon. Le Gagne-vie du Berry est plus gé- 
néral. 

GAGNER, B. Vaincre, surmonter, décider « F la gàgnit, » 

G AGNON (le), Nom de localité. Du vieux mot Gagnage ou 
(même prononciation) Gaignage^ tenure de terres culti- 
vées, on céréales principalement ; la vigne était rare en 
ce teinps-lâ. 

(lAoui, Nom dérisoire pour Marguerite et appliquai toutes 
les fiîumies trop foi'tes : « ine grousse GaguL » 

Galafke, Balafre. 

(rAKANTiSK, V. franc. Galanterie. 

( f Ai.E (avoir la) aux Dents ; ne pas Tavoir dutout. « Pren Is- 
gardo ! jli'ai la gale aux débits ! » 

(Ialkmontemi'S. : Oalahontemps , Roger -bon temps. 
\'oy. liougv bontom2)S et Roule bontemps. 



GA. 201 

Galer, B. : Gâcher, en parlant des plantes : Taller, tracer, 
se propîiger de soi-même plus qu'il ne le faut ; comme une 
gale. « Lepopilion ^âf^e bin prou. » Le peuplier s*étend 
par ses racines . 

Galette, Gâteau plus sec et plus dur que la gâche, mais 
du reste sans apprêt. Voy. Alise. Nos gens évitent le mot 
galette, ils le croyent trop patois, et gâche, beaucoup 
mieux dit. 

Galfat, Calfat. 

Galf'rtier, Coureur de bombances et d'autres plaisirs, 
mauvais sujet //nz. Rabelais a le verbe. Le Berry en dit 
pis encore. 

Galféter, Calfater. 

Galmaches ou Gamaches, Guêtres rustiques en peau, sou- 
vent avec le poil de la bête. La racine cam, gam, jambe 
est bien là : comme qui dïrant jambières. 

Galocher, Subst. Faiseur de galoches. — Verbe : faire du 
bruit en marchant avec des galoches. 

Galochon, Petite galoche. Le tout de gallica, la chaussure 
gauloise. 

Galope, B. à la galope, à la galopée, A la hâte et sans 
soin de bien faire. 

Galot, b. Galop. « Aller le grand galot, tout le galot.y^ — 
Pousser in galot à quelqu'un ; lui faire rudement la leçon. 

Galusan, g : Galipian ; Galant suspect et dédaigné ; esco- 
griffe de longue et maigre tournure. « Grand galusan! » 

Galvat, Calfat maladroit et grossier, mauvais ouvrier, 
gàte-besogne. 

Galvauder un travail, Le faire en galvat, le bâcler vite 
et mal. 

Gambette, Croc enjambe. « Feire la gambette, » donner 
le croc enjambe. 

Gamote, Petite boîte joliette, bonbonnière. Angl. game, 
jeu ? — D'où escamoter. 

Gamme, Colère bruyante : « la v'ià dans 9>à gamme! » 



t^yj. 



202 OA 

Ganchi, Fatigué et mouillé, sali de boue. € Te v'ià tout 
gauchi, > Du Berrichon canche^ mare, qui doit être le 
même que notre couche, Voy. ce mot. 

Gandrille, Grape de raisin demeurée trop claire, par l'effet 
de la coulure ou d'une autre maladie. 

Gandrillous, Tout en gandrilles. 

Gane, Graminéedes sables maritimes, «rtmrfo areuaria ; 
plante mise sous la protection des lois comme fixant les 
dunes de nos côtes. Adouci de canne? 

Ganif, Canif. Angl. knt/e, couteau. 

Ganipote, La male-bête, Tobjet des craintes superstitieuses 
de toutes nos campagnes. Ce sont, dit-on, des sorciers qui 
se changent, la nuit, en chien blanc {cani-^ote patte de 
chien) et courent le pays pour faire peur et pour faire mal. 
Ce qu'il y a de déplorable, c'est que des gens d'ailleurs 
sensés et instruits, des bourgeois, des rnousieurs, victi- 
mes quelquefois d'une hallucination panique ou bachique, 
vous affirmeront de bonne foi avoir senti la ganipoteleuT 
sauter sur les épaules. C'est très lourd et ça ne lâche prise 
que lorsqu'on entre dans une maison. — Depuis que le vin 
et les goûts d'ordre et d'économie sont devenus communs, 
les ivrognes et les ganipotes sont à la fois devenus rares. 

Ganivette, R. Diminutif appliqué à faux, car il signifie le 
plus grand couteau d'un boucher, son tranche-lard, eu 
forme de doloire. 

Garaube ou garobe ; B : Gerdriau, jaraude; R : ar- 
rousse pour jaroiisse; vesce à fleur solitaire. Confusion 
probable avec orobe. Proverbe : « quand le pigheon est 
soû, i' trouve la garobe amére. » C'est le pâté d'anguille 
des fabliaux. 

Garbouil, B. Dissension, querelle, inimitié. Voy. GribouiL 

Garçoune, Simple féminin de garçon ; cependant,*: ine boune 
garçouue» est une fille très éveillée. 

Gardale, 0. Terrine. « Ina gardale de graisse. » 

Garel, Garèle, B. 0. Bigarré, bigarrée. Si l'on ôte bi, 
(deux fois), il reste garré^ varié, vair, varius 

Garenne, Futaie de chênes, bien que sans lapins. De Garer. 



OA. 203 

Garet, B. Guéret. — Garetter^ mettre en guéret, labourer. 

Gargaliser, 0. Gargariser. 

Gargante, Gosier, grand gosier, giirges. 

Gargantua. Grand mangeur, peut-être dès avant Rabelais. 

Gargasser et Carcasser, Expriment le caquet de la poule. 

Gargate, L'extérieur de la gorge ; Voy, Bégargaté. 

Gargoter» 0. Bouillir avec bruit. 

Gargousse, Bourbier trompeur dans un chemin défoncé. 

GARi, B. F. Guérir, « Je le pansai, Dieu le garit. » Amb. 
Paré. 

Garïson, Guérison. Serait peut-être mieux écrit guari, de 
rital. guarire ; curare latin. 

Garite, F. Guérite. De garer, garder, to ward. 

Garlle, adj. Déjeté, de guingois : « ine ie\ùA\e garlle, » 

Garni, Subs. B. Petites pierres que les maçons mettent en- 
tre les grosses. — Garnir une quenouille, 0. La charger. 

Garniment, 0. Garnement : « mèchdint garniment ! » 

Garouaghe, b. : Gallouaghe, avec un sens plus doux, 
comme la prononciation: Celui ou celle qui est en galloua- 
ghe n'est que galebontemps ; celui qui est en garoua- 
ghe est en pleine débauche, en bordée, comme disent les 
matelots. Les matous vont en garouaghe. 

Garodil^ Maïs. Rappelle garaube et jarousse ? 
Gars, se prononce Gâ: « injhènegfâ. 
Gassiller, Gaspiller. 
Gassouil, fonrcassouil. Flaque d'eau bourbeuse, 

Gassouïller, b. : Garsouiller et Gassouillery Souillei^ 
de boue. Patauger dans un gassouil ou gassouilliSyB, 
qui se dii aussi. 

Gâte, b. Pour gâté, affaibli, malade. Voy. Enffle, mate 
&c. 

GÂTÉ, B. Enragé, hydrophobe. Euphémisme employé com- 
me tant d'autres, par crainte superstitieuse des corisé- 



2p>I 



qneQCCs qœ Li r-f^r-f i» i-^ lox pn>pr? pourraii avoir. Voy. 
rnauraîs ïnau. «kc. 

GÀTEAr. Eniani si:ê- << Vocs ei £i5ez in gâteau. » 

Gâter. B. Ea3êT.rr,^^»er f-rn^ bîesser grièvement. — Cueil- 
lir un firniî. K^ki cïî'u îoîî mûr eî que ce soit par le pro- 
priétaire. — 5e ;7îî»V*"- B. R. pn«idre une hernie. — Une 
maladie secnê^e. — En jarlaxii d'un firuit : se pourrir. 
< Poume gàlée. > 

GÂTiXE. B. Terre ou vizne inculte. — Xom de contrées. — 
Tous ces mots viennent de rasfat'e^ guastarCy rendre 
désert. 

Gauche i^main). Comme le Nouveau Testament recommande 
que, dans les bannes œuvras, la main gauche ne sache pas 
ce que fait la droite, nous avons vu d'excellentes femmes 
prendre à la lettre ce conseil de discrêtioii et tenir avec 
grand so'm leur main gauche derrière le dos, en faisant 
Taumône. 

Gauche (Gagner du côté de la poche). Perdre. 

Gaucher des deux mains. Maladroit. — La préférence 
donnée au côté droit pour l'action n'est point une habi- 
tude factice ; le cœur étant plus à gauche, la nature ins-^ 
pire de mettre ce côté moins en avant. 

Gacde f\"ert c'me) ; Comparaison usuelle et juste. 

Gaudiche ou Godiche^ (venant de Gauche, de Claude ou de 
Godet). Dim. Gaudichon. gaudichounej Niais, benêt, 
badaud. — Nota : « La mère Gaudichon est fille de Gau- 
dercy > se réjouir. < Chanter la mère Gaudichon, » la 
joie bachique, la folie. 

GAtJDRE, pour Gaude ou Pastel, Sorte de réséda qui teint en 
jaime. 

Gaudrer, Barbouiller, souiller, comme teindre en sale cou- 
leur. 

Gaudrous, Gaudrouse^ Sali, boueux. Voy. Baudrous. 

GAtJOHE, pour gaughé. « Jhe seus tout gaughe, » Voy. le 

mot qui suit. 
Gaugher, B. 0. Prendre Teau ou la boue par dessiis sa 

chaussure. De gué, vadum, passer à gué. 



205 



Gaule, Houssi e, comme en français. 

Gaurrer (se), Se tromper, se prendre au piège, au gaur ou 
au g or à pour les poissons. 

Gausse, B. Qui se prononce gosse; menterie, tromperie 
sans conséquence : « pousser ine gausse » est plus inno- 
cent que tirer une carotte. En franc, se gausser, se gaudir ; 
de gaudere. 

Gavache (le). Nom français et sérieux d'un des idiomes 
saintongeais qui ont cours aux environs de Blaye. «Parler 
ganache, » Voy. les mots suivants. 

Gavagner, Gâter, gaspiller, détruire sans Lut. On gavagne 
des fruits en les cueillant trop verts : « ol est gavagné. » 
Du suivant : 

Gavaud, Ouvrier d'un certain ordre de compagnonnage, 
inférieur à Tordre des Dévoirants (et non Dévorants), 
compagnons du Devoir, et objet de leurs injustes et inin- 
telligents dédains, au point que gavaud est une sorte 
d'injure. On en a fait gavagner et 

Gavauder, Gâter une besogne. Voy. Galvauder, Le Midi, 
en mauvaise part aussi, dit gavot et gavache. Eh ! bien, 
tout cela vient d'un nom de contrée, le Gévaudan, Goba-- 
lus^ (hébr. GBL, montagne), aujourd'hui les Cévennes, 
dont les habitants pauvres, et, plus tard, hérétiques, par 
dessus le marché, descendaient dans les plaines offrir leurs 
bras, ou, chez eux, étaient traqués comme impies. — De 
là peut-être aussi les gauchos américains. 

Gaver, B. Gorger, empâter des oiseaux pour les engraisser. 
De gave (pour cave?) le gosier. 

Ghearbe, b. Gerbe. 

Ghearce,- b. Gerçure. 

Ghearne, ghearnon, B. Germe.— Ghearner, B. Germer. 
Germinare, 

Ghearvis, Voy. Ghervis. 

Gheay, Geai, oiseau. On joue sur ce mot, quand on ne prend 
pas l'oiseau : « o n'est pas in gheay, ol est in jbe n'ai pas.» 
— Nom d'homme. — Nom de commune, canton de Saint- 
Porchaire, arrondissement de Saintes ; commune remar- 
quable par ses monuments druidiques. — Habitants : ? 



206 GH 

Ghelasser, Geler un peu. 

Ghelassous, Un peu sujet à la gelée. 

Ghelé (Etre c'me in étron), Comparaison grossière appli- 
quée à qui dit n'avoir ni froid ni chaud. 

Gheler (se) D. Geler. « Jlie sens auprès dau feu et j'he me 
ghele. » (Sans accent). 

Gheline, Poule qu'une opération empêche de se reproduire, 
Tanalogue du chapon. Gallina. — Ghelinier, B. Pou- 
lailler. 

Ghelinous, Ghelinouse, très frileux ou frileuse. 

Ghelis, Ghelise, ghelisse P. B. Gélif, en parlant des arbres 
ou des pierres. 

Ghémî, Bien meilleur, avec sa légère aspiration, que Gémir. 

Ghemme, b. p. Poix de cordonnier, dite aussi poix de Bour- 
gogne. — 0. résine naturelle : « pin gemmé » pin rési- 
neux, non épuisé par l'exploitation. — Ste-Genime^ nom 
de commune, canton de St-Porchaire, arrondissement de 
Saintes. C'est probablement de Sancta Gemina ou Gér-" 
mina : car il n'y a pas de bois d« pins. 

Ghemozat, Gemozac (mieux que Gémozac), chef-lieu de can- 
ton, arrondissement de Saintes. Deheim, gem, habitation. 
Habitants : Gemozacais-aise. 

Ghencer, 0. Balayer partout. Faire jouer le Genêt. 

Gheneuil, Genou, geniculus. Les anciens trouvaient des 
rapports entre cette articulation et la force génératire. 
Horace a soin de dire : dùr/i virent geniia. — « Etre de 
gheneuil ou degheneuillon, )> et non pas à. 

Ghenevèle^ Penture de porte ou de volet. G'e^- effective^ 
ment un Genou. 

Ghenévrier, Genièvre, arbrisseau. 

Ghenoper, Marine : Lier deux pièces, solidement, comme un 
Genou. Prendre, attraper, saisir : « me v'ià ghenopé ! » 

GuENS ! (bonnes), B. Mot de commisération très prodigué : 
* ah ! bonnes ghens! quel malheur ! » 

Gheotit, féminin ghenti\ B. « In ghentit hotime, ine 
ghentV femme. » 



g; II 207 

jheorges (St.) des Coteaux, commune du canton Sud de 
Saintes. — De Didone, commune du canton de Saujon, 
arrondissement de Saintes. Bains de mer, où M. Michelet 
en 1859, a écrit le livre de la Femme et éprouvé la tem- 
pête du mois d'octobre, si bien dépeinte dans son livre de 
la Mer, 1861. — Habitants : St-Georgeais. — Jouer à 
Gheorghe^ entre enfants, voy. Passe-cornard. 

jHerbat, Gerbier. — Gherber, B. foisonner en gerbes. 

jherbauder. Secouer et mettre en désordre, comme une 
g herbe déliée. 

rHERVis, (ou Jhe7'vis) , Corrompu de clair-vis, claire- 
voie, treillis en petites baguettes de bois, qui :ï.ervait de 
vitres à nos anciens paysans, quelquefois en position 
d'acheter du verre, mais s'en gardant bien, de peur des 
exactions. 

rHERzi, gherzeaUy B '.gerdriau. Gesse sans feuilles, 
vicia aphaca. Peut-être corrompu de Ers, V. Luzette. 

rHiBER, Ruer ; tiré de regimber, qui vient de gamba. 

rHiFFLLE, B. Soufflet. Ghiffllcr , donner des ghifflles. De 
ghiber, ou onomatopée ? 

riiiGOUGNER, Remuer bras et jambes, toutes les ghigues, 
pour parvenir à faii*e quelque chose et ne pas réussir. 
Voy. Cigougner et zigougner, qui en sont d'autres 
prononciations. 

rHiGUE, Grande jambe, long gigot. 

rHiGUER, Agiter la ghigue, 

î-niNGUER, B. De même, mais pour jouer, pour s'ébattre ; 
exemple : les enfants, les jeunes chiens. — Se dit aussi 
des amoureux en état d'innocence ; et la fille qui aime ce^ 
jeux est une grande ginghue. 

î-HiOLE, Geôle, particulièrement pour les poulets. De l'ital. 
gabbiola, petite cage. — « Mettre sous la ghiole, ou 
sous la chue (cuve), » c'est de quoi est menacé tout homme 
autre que le mari, qui entrerait trop tôt dans la chambre 
d'une accouchée. On lui suppose un mtérêt suspect dans 
l'événement. 



'^)^ GIS 

Ghiriks, Détours, ambages, démarches obliques (gyrus), 
pour arriver à quelque but non avoué : « Allons ! voyons! 
v'ià-t-o pas assez de ghiries ? » Abrégé probable de Gj- 
reries. 

GiiiRON, Giron. — Arum, plante devenue ghiron parerreur 
de mot ; par erreur de chose, la renoncule ficaire. 

Ghisier, 0, Gésier. 

GiiissE, Gesse. 

Ghitte, p. V. Jhitte, 

GiiÎTRE (la), le Gite. — Ghître à la noix, B. Terme de bou- 
cher : le haut de la cuisse du bceuf. — Se ghîlrer^ se 
gîter. 

Ghivrella, Verglas, qui est un mot allemand. 

Glla, B. V. Lia. Et cependant nous disons 

Gllace, pour Glace, et non llace. 

Gllisser, Glisser. Onomatopée, meilleure en patois. 

Gllougllou, Glouglou ; idem, idem. 

Gllousser, Glousser, idem» 

Gllu, b. p. V. Llit pour le chaume ; mais pour la Glu, nous 
disons gllu , < o prend c'me gllu, » 

Gloire, B. 0. Vieux fr. pour gloriole, vanité. Juste et sage 
synonymie : « chèle filie a bin d' la gloire I » 

Gnaf, B. SobNquet injurieux du cordonnier, soit par allu- 
sion au mot latin ignaviis, lambin, soit du bruit qu'il i^}^ 
en tirant le ligneul, bruit que celui qui dit gnaf di soin 
d'imiter au moyen d'une grimace. La légende du Juif-er- 
rant n'aurait-elle point déteint sur les pauvres cordon- 
niers ? 

Gnargue, b. Nargue. — Gnarguer, narguer. Du grec 
nay^koûn, engourdir, dédaigner, braver ; ccmme nar- 
quois. 

Gniau, b. Nichet ; œuf laissé dans le Nid, pour engageriez 
poules à pondre. 

Gniéce, b. Nièce. 

Gnièle, Nielle, G il ha go, œillet dos moissons. 



GO . 500 

Gnier, B. Nier, negare. 

Gnognote, B. 0. Niaiserie, mauvais bonbon dont on amuse, 
abuse les enfants. 

Gobe, (deThébr. GB, dos de sillon) Motte de terre, glèbe. 
Voy. regobé. 

GoBET, pour Boguet (voy.) Peut-être bien est-ce Bbguet 
qui vient de gobet. 

GocE, pour Coche, entaille? faire une goce à un couteau. 

GocER, Goçailler, gociller^ Houspiller du bois avec tm 
couteau ; passetemps pour d'autres encore que pour les 
Américains. Voy. Chacoter, 

Godaille (deTangl. good aie, bonne bière, bonne boisson), 
Vin mêlé au bouillon de la soupe. ¥di\ve godaille oxa boire 
à chevrot, se servir de son assiette pour boire aiiisi. 
Usagé peu conveiiable, quoique très sain. — Godailler est 
français pour boire à tout venant. 

Godiche, Voy. Gaiidiche. 

Godille ou Goudille (retient encore le good anglais?) Un 
seul aviron auquel ori donne un mouvement d'hélice der- 
rière un canot. -^ Godiller y aller à la godille, 

Gogne, B. (de Fit. gonna, robe de femme, gimê^ bu dé 
gogna, carcan). Bourrelet pour tenir les jupes. A pris 
divers et étranges noms. 

Gogue, b. Gros boyau du porc. — Boudin que l'on en fait. 
— Goguet, nom d'homme. François Goguet équivaut à 
Sancho Pança. 

Goîdron, gôitron, Goudron. Goîirouner, goudronûer. 

GoMPRÉ, pour Rompre, s'applique à l'entrehoeud d'une gra- 
minée tiré par force de sa gaîhe : « il a gômpiii. » 

Gonds (les). Communes du canton méridional de Saintes, au 
Confluent de la Seugne et de la Charente. Habitants : ? 

GoNE, 0. Tonne contenant des matières résineuses : « une 
gone de brai. » 

GoNFLLE, adj. B. Gonflé, con/latus, en quoi on a soufflé. 

GoRAiLLE, Pièces, débris et apprêts du porc tué. Gr. choiros. 



1\. 



210 ao 

GôRAïLLER, Se livrer à ces apprêts. — Manier salement. 

GoRCE (la), Nom de plusieui^s localités, en Cozes, en Saint- 
Fort, &c. Châtaigneraie, dit le Glossaire du centre ; mais 
le celt. cors, ajonc, bruyère est plus applicable aux. 
Gorces de Saintonge. Habit. Gorcillon-oune. 

GoRDES, (peut-être pour Gardes), Plaques en fer, tuilées, 
pour garnir, dessus et dessous, au gros et au petit bout, la 
saillie d'un essieu en bois : ainsi le frottement a lieu fer 
sur fer, au moyen des boîtes, qui revêtent intérieurement 
les extrémités du bouton oumoveu. 

GoRE, B. Truie. — Femme débauchée, angl. wore. Le peu- 
ple de Paris appelait Isabeau de Bavière la Grand Gore. 
(Glossaire du centre.) 

GoRE (main de). Voy. Main, 

Goret, A. Pourceau. Grec choiros. — Homme malpropre. 
— « Feire in goret en labourant, » tordre la règhe ou 
sillon. 

GoRGHÈRE, Trachée-artère. 

Gorghette, B. Fauvette ; oiseau qui use bien de sa petite 
gorge. 

GoRGHiTE, Idem. 

GoRiN, B. Petit cochon. — Nom d'homme. — De localité. 

Gor'tiérk (Truie), destinée à porter, à produire des gorets. 

Gouaille, (F : Gaille), Raillerie, delà famille delà gausse^ 
mais plus obstinée. 

Gouailler, b. g. Railler lourdement, persiffler. 

Gouailleur, (nota benè) Flatteur intéressé, sérieux ou iro- 
nique. Le Renard, près du Corbeau, est du dernier genre. 

Goudronner des Coiffes, les lisser et plisser comme Ton peut. 
C'est l'ancien Godronner des lingères de cour, encore 
français. 

Gouffe, adj. Gros, lourd, maladroit: «des mains goiiffes.i^ 
De rital. goffOy grossier ; voisin de gaffer, mordre bru- 
talement. 

Gouffre, pour dire Gourmand : « ol est in gouffre, » 



• OO 211 

GouGHER les oieg, les pigeons, les Gorger. 

GouiNE (mouche). Voy. Boiiine, 

GouiNER, Dorloter. Voy. Coidoquer, 

Goi'JiiouNER, Serrer la terre autour d'une bouture, avec un 
piquet qui fait Teffet de goujon. 

GouLAFRE, B. Gourmand. — Se dit, chez nous, au féminin, 
pour balafre. « Il at ine goiilafre à la jhotte, » (joue). 

Goule, B. Se dit très bien des personnes : « la goule enfa- 
rinée. » Et même sans ironie. Goulot surtout se dit des 
enfants. Rabelais a engouler. — Goule de lion, le muf- 
flier ; Goule de loup, la digitale pourprée. 

GouLÉE, B. Bouchée : « allons mangher ine goulée, » — 
« Ma goulée de benasse , » de terre , l'idole du culti- 
vateur. 

GouLicHE, Dimin. de Goule ^ petite bouche. Le mot est joli. 

Goulh^ra; b. Goulipard\ en Anjou : Goulipate\ Gour- 
mand et friand, lèche-plat , au goût de qui tout est bon. 

GouMONS, Oreillons, enflure des côtés du cou, surtout s'il 
s'agit des brebis. L'idée de Gourme ? ou de Gouffe ? 

Gourd, Gourde, B. non-seulement Engourdi par le froid, 
comme en français, mais lourd d'une façon quelconque, 
gouffe au dernier point. De là peut-être 

GouRDON, au lieu de Bourdon, bâton long et lourd. — Nom 
propre. 

GouRDRÈLE, Alumelle, lame de couteau, mais de couteau 
grossier, gourd en quelque sorte, d'où viendrait le mot. 

Gourer (se). Se méprendre. Voy. Gaurrer. 
GouRMANDER, Faire le gourmand. 

GouRMER(se) B. Se rengorger, comme un cheval par l'effet 
de la Gourmette : « faut point tant se gourmer ! » 

GouRVEiLLER, Se Icvcr la nuit pour veiller, ou la passer 
ainsi tout entière. Augment. de veiller. 

GousiER, Gosier. Tel Grandgousier, chez Rabelais. 

GouspiLLER, B. Houspiller avec un couteau. V. gocer et 
cJiacoler. 



212 OU 

GoussA, Petite gousse : « des goussas de pesas (pois), ou de 
fèves. 

Gousse d'ail. Coup donné daus Iç flanc avec le pouce passé 
entre deux doigts. Fort vilaine plaisanterie. 

GoussuT, Goussue, qui a beaucoup de gousses. 

GousTiLLE, Voy. Co.ustille, 

Goût, B. Quelquefois pour mauvais goût : « çheu vin a^t-in 
goût (ou in dégoût), » mais avec des nuances. — « Feir^ 
passer le goût du pain, » B. faire mourir. 

Gouttes (les), B. Pour la goutte, comme les fièvres. 

Gouttière, 0. Pourvoie d'eau à la toiture d'une mîuson. 
Ainsi chez nous, l'afiEaire du couvreur est de boucher lei^ 
gouttières. 

GouYAT, Gouyate, 0. Jeune garçon, jeune fille, ea très 
bonne part : «pauvre gouyate ! » c'est juvenis (j ouvert , 
jouvet) comme Goujat. 

Gracer quelqu'un^ le.Gracier, lui faire grâce. 

(jRAFiGNER, A. B. Çoxome Egrafiguffr, égratignier, grifiGer. 

Graillouner, Faire cuire lentement et mal, sur les char- 
bons ou sur Iç gril-, craticula ei> latin. 

Grainer, b. Monter ou abonder en graine.Voy. Gu'rner, 

Graisseux (marchand), Marchand graissier, qui ne vaut 
guère mieux, épicier. - 

Grâler. b. Act. etneutre. R. graisler^ Griller, qui rappelle 
moins craticula. " - ' " 

Grampe. 0, Crampe. 

Grampon, Grampouner, 0. Crampon, cramponner. De 
Cran, qui estl'héb. QRN, Keras, Cornu, corne, croc, 

crochet. 

Grand (o n'y a pas) , Il n'y a pas beaucoup de. . . . « o n'y a 
pas oyut grand vin çhette année. » De même au fém, 
grand vinée. 

Cette invariabilité de grand « ma robe est trop pranrf» 
et de tous les adjectifs qui n'ont en latin que dçux termir 
naisons est du vieux et bonfrançais. V . Littré. On ipet àj 
tort une apostrophe dans Grand ynère, gran^ rue. 



GRANDET, B. 0. Grandelet, Grandette, grandelette, Gran-: 
duchon, Grandut, autres dim. de Grand, devenus noms 
pr. comme lui. 

Grandment, B. Grandement, dans le sens d'abondamment. 

« Ung Limousin vint à Paris. 

Pas grammant d'argent il n*avoit. Villon. 

Grand merci à moi, 0. Grâce à moi. — Grand merci que^ 
grâce à ce que. 

Grange, Spécialement, Tétable à bœufs. -7- Nom de ^oca-. 
lités. 

Gran-mère, Grammaire ; sérieusement parlant. Vpy. Mo- 
lière Femmes savantes . 

Grappe, Subst. Crampon, d'où grapper^ saisir avec des 
grappes. 

Grappe, Adj. 'B. <f^YX{èive) grappe \ favi)ir les mains grip- 
pées, engourdies par le froid. 

Grapigner, Gri vêler, faire de petits vols, d'où Grapi- 
gnard,. 

Gras, Subst». B. Saillie en dekorsde la ligne rigoureuse, en 
maçonnerie ou charpenterie : < t'asJaissè trop à^grg^^ » 
0pp. flàche. 

Gras (feire ses choux) de quelque diose ; Son bonheur» iro- 
niquenjent* 

Gras d'eau ou Gras d'ève, N. propre. Bouillon-maigre^ 
probablement. Peut-être aussi GraS'^dos. 

Grasiller, Egrasiller, Egarguiller le feu. 

Grasset, Oiseau becflgue gris, qui bat d'une aile en faisant 
sou petit cri ; d'où aussi Pend-Vale^ ^^7* Le nûdi ap^ 
pelle Groi^^e^ l'alouette des prés. Ce que le fr. «ppB^e 
à la grenouille verte ; de l'ang. green, 

Grat, L'endroit où les poules, les pçrdrix. &c ont gratté,. 

.• " " 

Gratigneir, a. b. Gratiller^ 'gratueherj dim. de ^ratt^r^ 
Egratigner. ^ 

Gratons, GrMins. 

Gratte (la), La gale. 



214 GTt 

Grattechat, Nom de lieu : terre légère, trop varéneuse. 

Gratter (n'y a rea à ), B. A gagner ou à perdre. 

Gratterons, B. Fruits de la bardane ou glouteron, dugail- 
let &c. 

Grave (la), Grève, terrain de gravier, de sable et de cail- 
loux, excellent pour la vigne. Du grec gra^ gratte ; 
onomat. 

Gravèle, fém. Le Tartre des tonneaux vinaires. 

Graver, B. R. Gravir, grimper, Dimin. gravocher. 

Gravette, fém. Grimpereau, oiseau. Graveline et grave- 
luche, les plus petits oiseaux de ce genre. 

Gravette (huîtres de), 0. Prises sur le banc (graveleux), 

Gravour, Qui gravit. « Es-tu bon gravour ?» 

Greffier, Sable compacte, glaiseux, qui fait le sous-sol de 
beaucoup de nos terres. Berry : le grépi. 

Greffon, Greffe d'arbre, par diminutif. 

Grégue! 0. Cri de défi: commence et tu verras! Pour 
B régne ! qui se dit dans le Midi, et qui vient du celt. Breg, 
rupture, querelle. D'où Brèche et Briser peut-être ; et 
rompre la paille. 

Grêle, Graile^ B. Crible primitif, en petits listeaux croisés, 
(craticula)j pour passer les grains. — Plus grossier, 
c'est le grelà. Voy . GurL 

Grêlé, Atteint de la grêle, c'est-à-dire de la misère, mal 
vêtu. Voy. Rafale, 

Grépî, Crépir. — Grépissanghe, grépissaghe, crépissure. 

Grezac, Commune du canton de Cozes, arrondissement de 
Saintes, patrie de M. Jules Dufaure, de l'Académie fran- 
çaise. 

Gribouil, Personnage légendaire, « çhi se sacquoit dans 
l'éve de poure de la pUeue. » 

Gribouiller, Mal écrire. — Gribouillis, gribouillage. De 
scr ibère, 

Gricer, Grincer, en parlant du bruit seulement. Pour mon- 
trer les dents, c'est Gringuer. Voy. 



GrTZ 215 

Griffadin, Espèce de raisin noir. 

Griffail, Gros gravier. 

Grigne, Grignon de pain. Dimin. Grignotte, B. de Griller, 
ou onomatopée. 

Grigne, Rancune, qui, gardée, s'endurcit. 

Grigon, Fragon, houx frelon, petit houx. 

Grigue, Touffe d'épines. <^\xiegrigite d'ajhions^» (d'ajoncs). 

Grille (la). Le gril (/ muet) de la cuisine. Craticiila. 

Grillons, Petits gratins. 

Grillot, Atteinte de feu à une étoffe. Plus forte, ce^ibrû- 
lot. Voy. 

Grimelé, Grison, aux cheveux mêlés de gris. « Paure vieux 
gynraelé. 

Grimper, B. Griffer, gripper ; « le chat m'a ^r/m^^'. * 

Gringalet, B. Long, maigre et pauvre garçon. 

Gringoner, 0. Nettoj^erune chambre à fond, abattre par- 
tout la poussière et les toiles d'araignée, avec le balai de 
longueur, fait pi*imitivement d'une gringue ou grigue de 
houx. 

Gringuenoter, Claquer des dents, par froid ou par peur. 
Dimin. de. 

Gringuer, b. : Grincher, Grigner, Grincer des dents ; 
mais nous disons : * Gringuer les dents, » les montrer 
grimaçantes. Onom. 

Griouter, J. Voy. Gratigner 

Grippard, Maraudeur, filou qui grippe tout ce qu'il peut. On 
dit aussi dans le même sens La Grippe et même Agrippa. 

Grippet, Traquenard. Du gr. gripos, filet de pèche. 

Grippille, Nom de chien. 

Grivois, Se prend quasi en bonne part pour garçon, luron : 
« in bon ginvois. » Le féminin est suspect. 

Grocer, où Grosser, Croquer avec bruit; onom. Voy. 
Rocer. 

Grognasser, Grougnasser, B. Dèpréciatif de grogner. 



4^10 Oit 

Orognoux, B. Grognon. 
Grolâ, Petit de la 

« • 

Grole, k. B. P. Corbeau. OnonVat. Proverbe sur la Sollici- 
tude et l'abnégation maternelles : « Grole çhi â grôlà ne 
nianghe jhameis in bon ifnourçà. > 

Grolon,, Gurlon, B. Frelon. Ohomatopées. 
Grolouner, B. Faire un bruit àe grolon. 

Grondard, Homme très grondeur, « Père Grondard. » 

Grondin, Jeu de mots sur le poisson de cê nom pour dire 
gronderie, réprimande : « jh'attrapperai in grondin! » 

Groû, grousse, B : groute ; Gros, grosse : « in groùt 
homme ; ine grousse femme. » Latin crassuSy dii grec 
kratos, force. Les allemands en ont fait grosSf grand ; 
et nous Gros, et Gras. 

Grouée, b. de Tangl. to grow, croître ; couvée de poussins 

et aussi d'enfants. 

t 

Grougner, Grougnon^B, Grogner, Grognon. Onom. Don 
Grognard. 

Grouillant (tout), Bien venant, en parlant d'un enfant et 
.«surtout de plusieurs. Togroio. 

Groule, 0. Pantoufle, mule de chambre. 

Groussailles, Les gros grains, orges, maïs, &c. 

Groussesse, Grossesse. 

Grousseur, b. Grosseur. 

Groussî, Grossir. Participe : Groussit, groussie. 

Groussier, b. Gros et gras ; on dit, en compliment : « vou' 
êtes bin pu's groussière que Tannée passée. > Poitevin, 
idem. Groussier a aussi le sens français, témoin la com- 
paraison habituelle : « Groussier c'me pain d'orghe. » 

Gruaud, gruaude, adj . Se dit des poulets hauts sur jambe 
comme la Grue. 

Grues. Lorsqu'elles tournoient et défont leur angle de mar- 
che aérienne, on a soin de leur répéter en chantant : « De 
rang ! de rang ! madame la grue ! » est-ce désir de voir 
leur bel ordre, ou crainte qu'elles n'interrompent leur vol 
et ne s'abattent sur les semis de blés ? 



GTJ 217 

t 

Grugiier, Egruger : Grur/hcr du sel. 

GuA (le), Ro : Gui, Nom de plusieurs localités pour Gué, 
vaclum. 

GuEiLLE, Guenille, chiffons à faire du papier. — Tape-la- 
gueille^ sobriquet ignoble des inaitres d'école anciens, 
qui fouettaient les enfants. 

^ GuENER, Hogner, gémir d'effort. Voy. Quener. . 

GuENiGHER, Remuer un peu, se mouvoir sur place, comme 
les oiseaux dans le nid. — Guenighet, petit enfant qui 
remue toujours. 

GuENiLLON, Lambeau de guenille. 

Gtenipe, Femme très sale. Dimin. de Guenon, qui pourtant 
est masculin, en patois : « vilain c'me m guenon. > 

Gu'rdale ; Yoy. GardaJe. (Nous écrivons giCr et non <7'r), 
qui pourrait se prononcer JV.^ 

Gu'rg>^e, Grigne. Gnrgnoche, diminutif. 

Gu'rgnon, Grignon. 

Gc'rgnoter, Grignoter. 

Gu'rlà, Crible en bois. — Gurle, id. plus fin. — Gity^ler, 
passer à ces cribles. — Gurloter, tomber comme grêle. 

Gu'rlet, B. Grillon, insecte. Onomat. La meilleure est 
l'anglaise : cricket, 

Gu'rlot, Grelot. 

Gu'rnade, Grenade. Gurnadiey\ et non giiernadi^r, 
comme on nous faisait dire à Paris, dans la pièce des 
Cuisinières. 

Gu'rnasse (ine), Un grain de mauvais temps avec pluie. 

Gu'rne, Graine. — Gitrner, monter en graine. 

Gu'rnier, B. Grenier. — Gu moche, gurnote, dim. de 
graine. — Guryioter, tomber comme graines mûres. — 
Gurnotier, marchand de grains. — Gurnotoiiœ, qui 
laisse choir ses graines. — Guimut, gu^rnue, qui abonde 
en graines. — En plaisanterie : gurne de c/ierve, plomb 
de fusil. 



218 GrXJ 

Gu'rneuii.le, Grenouille. Dim. : Gumeuillon et guniu- 
chon, qui s'appliquent aux enfants ; et Gii'rnevèle 
gurnesèle^ la rainette des buissons, dont le chant fait 
présager la belle saison et le beau temps. 

Gu'rsale, Gu'rsole, Embarras dans le larynx, qui gène et 
fait ronfler la respiration. Les poules y sont particulière- 
ment sujettes. Le remède pour elles est une cuillerée de 
-vinaigre. 

Gu'rsoler, Ourseler, Respirer avec peine. — N'oser res- 
pirer : « i' ne gurseloit pas. » L'origine de ces mots est la 

Gu'rsole, Groseille, que l'on semble alors avoir dans la 
gorge. 

Gu'rsolier, Groseiller ; surtout celui dit à maquereau.* 

GuEUiLLER, Regarder sournoisement et avec envie, impor- 
tuner de ses regards. Verbe augmentatif du mot œil. 

GuGUT, Dimin. d'Auguste. Que d'augustes Augustes ne 
sont au fond que des Gugut ! 

GuiGUi, Guiguite, Dimin. de Marguerite, ou Marguite. 

GuiNCHE, Femme tombée sous le mépris. Angl. wench. 



219 



H 



H L'aspiration de cette lettre, dans les mots que le Patois 
aspire, sera rendue par Jh. Nous ne mettons ici que les 
mots non aspirés, et nous omettons, comme à Tordinaire, 
ceux qui sont français, tels que des z harengs, des 
z harnais, des z hérissons, des z hérons, des z héros, 
des z hibouSj des z huguenots, &c. Nous avons cepen- 
dant quelques adjectifs légèremeut aspirés par H, lorsqu'on 
veut en forcer la signification : hinmense (immense), hu- 
norme (énorme). De même en Berry. 

Habile, Bien portant, fort : « v'ià in c'naille bin habile! » 
Ainsi Voltaire était bien moins habile qu'aucun de nous. 

Habillaghe, Assaisonnement aux mets, graisse ou beurre 
au pot-au-feu : « à bon fricot faut point d'habillaghe. « 

Habillour, Habilleur de chanvre, qui le passe au séran. 

Haim, B. Epinette pour prendre du poisson. « Mettre les 
z haims; lever les z haims. » D'où plusieurs, même g^ns 
instruits, écrivent zains. Erreur. C'est le latin hamus^ 
le grec kêmos, Thébr. CAM, courbé, cambré, l'Hameçon. 

Harpant, Grande scie tendue par un arc de bois ; rappelant 
un peu la forme d'une Harpe ou de l'antique harpe, 

Hazard (d'), B. Expression de doute : «ol est b' d'hazard.i^ 
— PV hazard, B. par hazard^ — et aussi par exemple. 
Voy. Exemple. 



220 



HÉMORRrDES, R. : liêmorrutes, HémoiTlioïdes. 

Herbe cm charpentier y Barbarée. 

— auxécus, B. Lysimaquenuramulaire. 

— Herbes fortes, B. Aromatiques. 

— Herbes aux perles, B. Grémil officinal. 

— Du Pic, B. Ophrys mouche. Légende bien ancienne 

qui attribue à cette planta la force du bec des Pi- 
verts : ils vont voir, disent nos gens, à chaque 
coup de bec, s'ils n'ont point traversé Tarbre. Ils 
vont seulement saisir les insectes à qui leur sape 
lait évacuer la place. Mais quant à V herbe du 
Pic, elle passe pour couper même le fer et c'est 
avec elle que les forçats brisent leurs chaînes. 
Ceux-ci préfèrent un ressort de montre. 

— Herbe à Robert, B. Géranium bec de grue. 

— du siège, Scrophulaire. — St-Jean^ B. Lierre ter- 

restre. 

— au taureau (Lesson), Orobanclie, dite aussi pain de 

lièvre. 

— Herbe (mettre à Y) les bestiaux, B. : aux herbes, Lee 

envoyer paître Therbe nouvelle, — du linge. L'é- 
tendre sur l'herbe pour le faire blanchir. 

Herbillotes, Dim. d'Herbettes. Très-joli. 

HÉRicoTS, Haricots. 

HÉRITÉ, Subst. B : Héritance, Héritage. 

H'rnié et même 'rnié, Hargneux, têtu, quinteux, indocile. 

Herreur ; pour Horreur. Voy. Erreur. 

HÉTROPiQUE, Hydropique. 

Heublle, Hiblle, Voy. Hublle. 

Heude, V. Huêde, 

Heûle, Huile. « Il abuTheûle ! » Eloge ironique d'une ac- 
tivité empruntée et peu adroite, comme d'une mauvaise 
machine que l'on viendrait d'huiler. — Heûle de coude, 
B. force de bras. — Heûle de chœur, B. la salive. — ■ 
Heûlier, B. faiseur d'huile. 

Heure de Soleil, B. ou de souleuil, la hauteur du soleil, ju- 
gée le matin ou le soir, à bêle eime de poing, à l'aide de 



2?l 



la main quelquefois, et sans beaucoup d'erreur. ♦ Il est 
partit à deux heures de souleuil » (le matin). « y at en- 
core deux heures de souleuil » (le soir). — A bonne heu- 
re, de bonne heure. Trop de bonne henre, 0. de trop 
bonne heure. — « 01 est ine bêle henre ! » B. Il y a long- 
. temps. — A cV heure, B. à cette heure. — heure de 
Wloge, B. heure de sa vraie durée et qui paraît longue. 

Heureuseté, Bonheur : « quèle heureuseté ! » 

Heûtrat. Petite huître. 

Heûtre, Huître. Greco^^reon, coquille en OS. 

HiMEUR, B, Humeur. 

HiRONDÈLE, « Tire les épines au bon Dieu, » la couronne 
d*épines au Christ. 

« Hirondèr, 'hèle Hiromlèle, 
En hiver, où t'en vas-tu ? 

En Athône, 

Chez Etienne. ' 
l*ourqiioi m' \ demandes -tu ? » 

Cette légende, de plusieurs provinces, est également 
Saintongeaise. 

Histoire, pour Conte : « creyez-zou : o n'est point ine his- 
toire, » C'est qu hélas ! ils ne connaissent d'Histoire que 
les historiettes, ou pis. 

HoBRÂ, Hobereau, mot qui nous semble parent de gober ; à 
moins qu'il ne descende de l'allemand ober , au-dessus. 

HoMMEAUx, P. Ormeaux. 

Hôpital, Bouilloire de cuisine, meuble indispensable aux hô- 
pitaux. 

HoRLOGHE, ou Wloghe, est masc. : « in bià 'rloghe, » 

HouME, B. 0. Mari. « Noutre honme, ou Yhounie de chez 
nous. » Rarement moun houme, par les raisons de pru- 
dence, indiquées au mot femme. 

HoTJNÉTE, Honneur, Honnête, honneur. Notons que hou^ 
nête signifie principalement poli. 

HouNEUR et 2illaisit, Formule usuelle. A. 



900 

^ ^ ^ 



HoLP ! Cii pour se lever ou soulever en haut quelque chose, 
par ex. un enfant. Houplala, houplalette, saute Per- 
rette, crêpe à la poile. 

HoussiNET, Utinet, outil de tonnelier. Petit outil. - 

Hû ! Cri pour faire avancer les bètes chevalines. Yoy.jhu. 

HuBEiiLUE, UiiVrlu, H irluberlu. 

HuBLi.E, B. Qui se dit aussi lébleetRiéble; ^\kh\e,Ebulus. 
Plante des bonnes terres : La mère prudente recommande 
à son « gà d'attacher soun âne à çhèlés hublles, yé non 
pas à çhèlés foughères ; » de faire la cour aux tilles qui 
ont de quoi. 

HuÊDE, Forte clavette qui traverse le bout d'un essieu de 
charrette pour y maintenir la roue. 

Huguenots. Un proverbe avait cours, reste des dragonades, 
sans doute : « n'épargnons pas le bien des Huguenots, ils 
en auront toujours assez. » Heureux changement ! mon 
Père manquait rarement de le dire, en riant, à ses hôtes. 

HuREUx, B. 0. Heureux. 

HussiER, B. Huissier, sans aspiration : VHussier ; les Nor- 
mands, dit-on, lui font plus d'honneur : le Hussier. 

C'est que Chicaoeau fut nourri par ses parents 
Dans la crainte de Dieu, Monsieur, et des Sergents. 

Racine 



TG 223 



I 



Comme souvent en grec et en latin, remplace d'autres 
voyelles •. a, dans les prétérits simples : il allit, il avan- 
city V montit, i' tombit, pour II alla &c. — Dans ignà 
pour Agneau et quelques autres noms. — Ai, dans nine, 
pour Naine ; biser, pour Baiser (embrasser), &c. — E, 
dans avancît, pour Avancer, et au participe avancit-ie, 
&c. — Ï7, dans lindi , himeur, &c. — Tout cela est 
commun à la Saintonge et au Berry . Dans ce dernier pays 
et dans le Poitou, on affectionne aussi les finales en iau; 
de riau, un martiau, &c., pourvu que la finale suppose 
un e : Eau, Marteau ; (de ève, ellum). 

I, pour Je, au nord de la Charente ; de l'Italien io : 
« i creis be qu'i ne seus pas p*rdue. » 

IçHi, Ici. — 4c D'içhi étant, » B. 0. de ce lieu même. — Içhi 
dedans, içhi dessous, B. pour Ci dedans, Ci dessous, &c. , 
« àHçhi en çà, » dorénavant. 

Idée, B. € ine idée de, » très peu de. — « Avoir idée que.» 
penser, présumer que. — « Avoir Vidée à, » les disposi- 
tions, l'attention, la bonne volonté. — « Avoir de Y idée )^ 
en général, de Tintelligence. 

Idole (soun). Soi-même. Mot profond; mais on l'applique 
souvent mal, par exemple à la simple action de se croiser 
les bras sur la poitrine : «Il embrasse, dit-on, soun idole. » 

IgnA ; B : Igneau, Agneau. — Ignèle, B. agneau femelle. 

Igneler, b : Agneler, mettre bas un agneau. 

Ignore (jh'en), B. Je ne le sais pas. — Je ne veux pas le 
savoir. 



iLrMiNÉ, Krlairé, intellectutllenicnt 

Ilî:miner, Se dit volontiers pour Inhumer. 

Ime, O. Estime, appréciation. Voy. Eime. 

Impoû, Impôt. — Impousitions, Impositions. 

I.NBR-4M.-\BLLE, B. Inébranlable ou plutôt qui ne se remue 
pas, qui ne peut se remuer : « i' reste là, inbranlablle. » 

iNTEMiiE, Toutes sortes de désastres, voire même une inon- 
dation. 

Inclllvation, inclliner. On mouille cl. 

Inc'modé, B. Incommodé, surtout par une hernie. 

Inçhulper, Inculper. 

Inphuser, Accuser. Incusare, 

Incrédule, Indocile. 

iNcrpÉ, r)ccupé. 

Inpjfférent, b. De qualité médiocre, inférieur, -r- Lequel 
mot inférieur se dit quelquefois pour indiffèrent, à son 
tour. 

Infecter, Infester : « terre infectée de chardons. » 

Infirme, Qui ne peut plus se lever du lit pour ses besoins. 

Infréyer, InfréyahUe, Effrayer, Effroyable. Xotez en fr. 
le changement de diphtliongiie : fray, frey, de Tancien 
froy, 

Infronté, Plus fort qu'Effronté. : Infronté n'a jamais eu 
de front. 

Inghénie, Instinct ; lat. ingeninm. « Tn'a fas Yinghénie 
de se défendre. » 

Ingrat, B. Se dit des personnes et des choses pour Avarj. 

Injurer, b Injurier. 

Inlisiblle, UHsible. 

Inlogheablle, Qui n*est pas Logeable, où Ton ne peut se 
loger. 

Inmangheablle, Immangeable, qui ne peut se manger. 

Inmanquablle, Immanquable, qui ne peut ou qu'on ne peut 
manquer. 



Inmense,B. quelquefois a m m en5^, Immense. 

Inmeublle, Immeuble. 

Inmobile, Immobile. 

Inmolé. V. Emolé. 

Inmoyer, V. Emoyer, 

In-nocent, B. Innocent — Insensé, idiot. — Ignorant d'une 
chose, mauvaise ou bonne. Dulat. ignoscere, ne pas con- 
naître, plutôt que de m-nocere, ne pas nuire. 

In-onder, Inonder. 

In-utile, Inutile. (Toujours m séparé du mot.) 

Inquet, Inquéter, Inquiet, Inquiéter. 

In quéqu'in. Un quelqu'un. 

Insauvablle, Que Ton ne peut sauver, 

Inservablle, Qui ne peut servir. 

Insipide, 0. Nous avons entendu un singulier emploi de ce 
terme : Dans une habitation écartée, les loups venaient, la 
nuit, flairer aux. portes ; les habitants, parlant au sérieux, 
trouvaient cela insipide. 

Lnsolenter quelqu'un, B. Lui dire des injures, des insolences. 

Insuniflvnt, Insignifiant. 

Intrigant, B. (en bonne part), actif, entrant, adroit. 

Inviter, pour Eviter. 

IsAT, Isaac. 

Italien, Subst. et plus souvent Etalien, Peuplier d'Italie. 

Itout, b. Aussi. Yoy. Etout et 'tout, 

Itrope, Eutrope, — St-Itrope, patron de la plus ancienne 
Eglise de Saintes. Son nom signifie bien tourné, et celui 
d'Eustèle ou t'is^é?/^, que l'on vénère a\eo lui, veut dire 
bonne apôtre. 

Itropisie, Itropique, Hydropisie, hvdropique. Le nom de 
cette maladie, ainsi prononcé, n'est pas sans rapport, 
dans l'ignorance populaire, avec celui de Saint-Itrope. 
On sait que dans le mojen-àge, chaque mal avait sou 



23. 



226 



saint oa sa sainii^, bco:»>QTiQe. oa antithétique, ou ayant 
en dans la Iég«is]e qiielqGe mal approchant : là faiblesse 
de renCince, Sc-Fort : ceQe de h, vue, St-Clair ; le mal 
aux genoox. Sc-O^ion : la pe^te. Si-Lazare, devenant 
Saini-Ladre. poor la ladrerie : le mal aux dents, Ste- 
ÂpoUine: ( p>urquc»i/ * le mal d'amour, St-Valentin, Ste- 
Yalentine : les convntîvGs. S-:-Yit ou St-Ciui ; les fies, 
St-Fiacre : la ra^e. Sc-HaS?rt. à rais^^n de ses chiens : 
une sorte de choiera. Sc-Aniolne, peui-ètre à raison de 
son porc : àc. . %SlC. 

Ces; le même rnsûnct d'nnalogie qui faisait chercher 
dans les pîan:<?s les sig^Rat^'i>'S, c'e^t-à-dire une sorte 
d^imag»^ ar^arenre iu n-al qu'elles devaient guérir : pulmo- 
naire, h^^atique, ficaire. <cn:«phalaire,&c., &c. L'homœo- 
pathie a recherche des anaîocies rwUes. et il nous semble 
qu*elle a été plus heureuse. 

IVRAGHE. Ivraie. 

IvRKR (s ). B, O. S^ênivrer. 

IVROGNER (s*)« îdeffi. Hahttuelleffient. 

IVRoroNE, Ivrogne» des deux genres. 



aiï 227 



J 



JH Va exprimer, entre aux vocables, toutes les aspirations 
de H. II faut y mettre un peu le souiSBie espagnol. 

jHà, B. Jà, déjà. Ne s'emploie qu'en négation : « ne créyis 
jhà. Ne zou ferai jhà. » Ne... ja-mais^ de ce jour (grec 

dia) plus, pas davantage. Notons que l'imparfait' 

je créyis a, dans cette phrase, plus de grâce que le pré- 
sent ; c'est une sorte d'aoriste grec. 

Jhâ, p. Division d'un marais salant. 

Jhablle, Voy. Jhouablle. 

Jhabot, B. Haut de la chemise flottant sur la poitrine, et ' 
qui sert fort bien de poche : « i' descendit de î'àbre, sou ^ 
lAlein jhabot de cerises. » De même chez les femmes : « a'zou 
sacquit dans son jhabot. » Voyez dans le charmant poème 
provençal de M. Fr. Mistral, Miréio, une jolie scène de 
petits oiseaux recueillis de cette façon et causant plus de ' 
mal qu'ils ne sont gros ! 

Jhabraill, Cris et tapage de plusieurs animaux ou de plu- 
sieurs personnes ensemble. 

Jhabrill, Jappement de petits chiens. Les verbes existent: 

Jhabrailler et Jhabriller, L'un tout augmentatif, l'autre 
à la fois augmentatif par l'initiale et diminutif par la finale. 
Viennent de Brailler, et sont de même des onomatopées. 

Jhacagner, Travailler comme un chien, (rapp. cagner) \ 
faire des efforts pénibles, jusqu'à épuisement. 

Jhacasse, b. Femme bavarde, commère. 

JiiACASSER, B. Caqueter, babiller sur rien. 



228 



Jhache, Jhacher y j hachis, jhachour, Hache hachoir. 

Jhacques, Jacques, nom pr. venant de Jacob, le supplan- 
teur. Ce nom a chez nous, une signification toute différente; 
il indiquerait plutôt le bon Esaù, le dupé. Il garde un sou- 
venir de Jacques Bonhomme : « T'as biâ feire mon Jhac- 
ques (ou mon pauvre Jhacques) tu te leisseras tondre ! » 

Jhacquet, Petit Jacques, petit valet, laquais. — Après les 
doctes et spirituelles dissertations du très-regrettable Gé- 
nin sur Patron Jacquet, oserions-nous proposer une ex- 
phcation plus simple ? « Se lever dès le ^dXvon Jhacquet ; > 
il y a tout bonnement une virgule supprimée ; c'est le maî- 
tre qui dit au domestique : « Faut se lever dès le patron, 
Jhacquet ! » aussitôt que le patron, entends-tu? 

Jhacqueter, Faire le petit serviteur. Naquet en vient peut- 
être. Nous verrons Naqueter. 

Jhacquot, ou Jhacoty Jacob. 

Jhade, Jatte : € iae jhade de lait. » Nous verrons Jhalon. 
Du grec ialle^ lance un trait. 

» 

Jhaî, Haïr. — Jhdissdblle^ haïssable. — jhdissut eifha- 
yut, haï ; fèm.j'hdïssue. « Jhe lejhdït à mort. >► 

Jhale, Halle. Angl. hall. — 0. course d'eau; de ialle ! 

Jhaler, Pousser vivement, presser au travail. Pur grec. Se 
jhaler. Se déplacer : « Jhale-te en lians, in petit. » Eloi- 
toi un peu. 

Jhalon, Vase à traire, à tirer le lait. Voy . Jhade ^ son adou- 
cissement. 

Jhalouseté, B. Acte de jalou-iiie. Du grec Zêlos, bouillon- 
nement. 

Jhalousie, B. Œillet de Chine; autres cary ophy liées. Dans 
Trévoux, une amaranthe, dite Celosia, d'où vient notre 
mot, égaré en chemin. 

Jhambe, p. 0. de Plante, de pois, par ex. la tige, le pied. — 
Quand on veut se moquer d'un couteau vanté pour son fil, 
on dit : « oi, i' coperait la jhambe d'ine bisse (rouge 
gorge) jusqu'à Tous, si la pià était oûtée. » — Jhambe de 
ci, jhambe de là, B. à califourchon. — Jhambe de sou- 
leuil \ àeplleue, B. rayons, raies. 






Jhambe, Masc. pour Jamble, coquillage univalve de nos cô- 
tes, qui se colle au rocher en faisant le vide. Bon à man- 
ger. 

Jhambeloter, Jhambiller, Remuer les jambes étant couché 
ou assis. Se dit surtout des enfants. 

Jhantille, Nom d'homme, dimin. de Jean. 

Jhapper (Feire) la. pire, Effet d'un coup, d'une chute qui fait 
pousser un gémissement involontaire. Voy. Pire. 

Jhar ; R. Jard. Oie mâle. Mot celtique, tiré peut-être du 
cri. (Et serait-ce de là que viendrait to ward, garder ? 
on sait quelles bonnes sentinelles ce sont que les oies.) — 
Ravenelle ou navet sauvage. — De l'un ou de l'autre La 
Jhar on La Jhard, commune au midi et dans le canton de 
Saintes. 

JiiARD. P. Grande division d'un marais salant, angl. yard, 
cour? V. Jhâ, 

Jharailler, S'épuiser en efforts, comme sous l'excitation de 
quelques cris. 

Jhardes, Hardes. Jadis troupeaux^ herd. 

Jharauder, Crier haro. 

Jhardit, Jhardie, Hardi, hardie. De la féconde racine AR, 
premier en rang, en hauteur, qui a donnéle persan ARHD, 
héros et la finale ard, distinctive dans les langues du 
nord : Bayard, Borcliard etc., etc. — Jltardi ! j hardi- 
là ! cri d'encouragement, le macte animo ! des Latins, 
ou Euge ! Evohe des Grecs. 

Jhardrin, B. Jardin. Celt. : hars, gars, haie, obstacle; 
hart ; grec chors, lat. hortus, angl : garden, La pre- 
mière clôture et propriété immobilière après l'habitation. 
— Jhardriner, jardiner. — Jhardrinier, B. Jardinier. 

D'où vient le dicton de menace ou d'encouragement : 
« Tu n'es pas jhors dau Jhardrin d'Etienne! » Tu n'es 
pas au bout de ton entreprise ? Nous iucHnons à croire que 
ce n'est qu'un froid jeu de mots sur Etienne nova, et 
cfeYe^nn^, du veube détenir; le jardin où l'on détient, 
une enceinte de prison. 

Jhargon, Jhargouner, Jargon, &c. Celt. iar, poule, oie. 



*J3() JII 

JiiARNicoTON ! .luroii burlcsque qui date, dit-on, du règne de 
HenrilV, à qui son confesseur, le P. Coton, permettait de 
jurer par sou nom, à lui. — Quant à Jharnigoince, on y 
l'econnait, comme dans Jharnigiiienne ou Jharnidienne, 
le nom de Dieu et le verbe Je renie, 

Jhauôdku, Huer, comme en criant haro! le Normand 
Ilarold, RuUon, Uaoul. — Jharodis, l'action de jha- 
roder. 

JiiARPER et Jltarpi, Traîner, sahr et mettre en lambeaux. 
Voy. CharpL 

Jiiarr'tas, Jarretières des anciennes culottes courtes. 

Jharrter, Mettre des jarretières; qui consistent encore, 
communément, en une demi-aune de galon rouge à chaque 
jambe. Les jarretières à la stique (élastiques) sont du 
luxe, tiennent de la fignolure. — Jharrter s'emploie 
aussi pour donner des coups de fouet. 

Jiiarreuiller, Jouer du jarret. — Jharreidllon, enfant qui 
commence à marcher. — Jharreuillous, coudé en divei's 
sens, comme les plantes dites Genouillées. 

Jiiarron, Jarret d'animal; terme de boucherie. 

Jiiarse, Jharser, Herse, herser. 

Jharvis; Voy. Ghervis. 

Jhasemin, Jasmin. Mot Persan. 

tlJfd^Yifi JiiASPiNER, B. Répéter le même babil, le même cri. Le pinson 
jhaspiiie, et c'est de mauvais présage, selon les vieux 
préjugés. 

JirÂTE, Hâte. Ilasta, la lance dans les reins? o\i de festina! 

Jhati, B. U : Jau et Gau ; de gallus, en effet; dur, brave, 
courageux ; celt. gai. Gaulois. G est le Coq. Diminutif 
Jlianlety jJiolet, petit coq. — Jhau bllanc\ gelée blan- 
che. — « La poule ne chante pas devant le Jhau ; la 
femme doit se taire devant le mari. Anciennement sous le 
l'ègne de la force, la femme était tenue très inférieure à 
l'homme ; et encore aujourd'hui, dans plusieurs ménages 
champêtres, la femme ne s'assied pas à table avec son mari, 
qu'elle appelle nouV maître, La réaction chrétienne ce- 
pendant a fait généralement prévaloir la faiblesse, et, par 



.JTI 231 

suite, la ruse. Quand est-ce que réquité viendra concilier 
ces deux instincts? — « A Nau, d'in jras de jhaii ; à la 
Sainte-Luce, du saut d'ine puce, » &c. B. c'est par ces 
dictons et par d'autres rhnoires, que Ton signale vague- 
ment l'allongement progressif des jours. — « Chanter le 
jhau, » B. la poule qui se permet cette usurpation commet 
un crime de Lèze... superstition (comme le pinson) et est 
punie de mort. Il est possible aussi que réellement elle soit 
mauvaise poule, sans être bon coq. Les virago ne sont 
guères fécondes. — « Œuf de jhau, » petit œuf sans 
jaune, avorton de poule trop grasse, attribué sans faute 
au diable, sous forme de crapaud ou de serpent, et devant 
produire un cocatri, monstre épouvantable. Pauvre 
Nature! tu pardonnes au Moyen-àge, pourvu qu'il abdique 
enfin ! 

Jhaunard, adj.'B. Jaunâtre. — Subst. Terre jaune et grasse, 
argile ocreuse ; v. Brisard, 

Jhaunesî, b. Jaunir. 

Jhaunet, Bruant, oiseau — Yerdier, id. — Monnaie d'or. 

JiîAUNETTE, Champignon chanterelle. Voy. f'siqiie. 

JiiAURNALiER, Jlmumciu ; jhaurnée : Jawr au lieu do 
jour,,, {^ijournau au lieu de journal. — De jhaurnée^ 
pendant le jour. 

Jhausèle, Judelle, oiseau d'eau. En breton iualcn, de son 
cri , ou petite poule, dimin. de iar. 

Jhausse, Hausse. 

Jhausser, Hausser. 

Jhaut, Haut. — Hautin, fier. 

Jhauteur, Hauteur. 

Jhautçhuler, Hausser le derrière à plusieurs reprises, non 
pour ruer, mais, par ex. comme le merle qui becqueté, 
selon le dicton languedocien : 

« Quand lou merle s'en ]»a al prat , 
Lève la couc et baisse Icu cap. > 

JiiAVASSE, Femme Lavarde. — Jharasser, bavarder. 



•^':V2 



.hiAVKLE, Javplle ; mais nous «it^idona par là une poignée 
«!♦» sarm«»nts li»*s du niême, ou un Ëigot «itier composé 
d«* douze Jharêies serrées d'une hart. — L'eau de javelle 
^appelle ainsi du nom de Tinventeur. 

Jh'avls, J'avais. Ainsi de tous les impar&its. 

Jhav'rzat, Javresac, nom de localités. Anciens hàyres. 

Jhazennes, Commune du conton de Gremozac, arrondisse- 
ment de Saintes. — Habitants : Jazennais -aise. 

Jhe, B. pour Nous. Français, et français de cour, jusqu'au 
XYIl** siê<!le. Henri Etienne recommande f allons, je 
venons, &.c. 

Jhean (la Saint-), B. Fête du solstice d'été, encore célébrée 
sous un nom chrétien, le 24 juin, par des feux de joie, 
dans les campagnes. On franchit ce feti nouveau^ sacré, 
revivifiant : on y fait passer des couronnes (de joubarbe 
ïsurtout, barba Jovis) qui préservent du feu physique et 
de l'épilepsie, feu animique et mystérieux. — (Test aussi 
l'époque où les domestiques des deux sexes changent de 
maîtres. Un rameau vert qu'ils tiennent dans l'Assemblée 
champêtre (Gemozac, par exemple), indiquent ceux qui 
^^ont à louer, ([ui veulent s'acciteillir, 

Jhp:an-Jhel'I)I, B. Mari trompé, ou du moins trop humble 
valet de sa ynalaisie. Et voilà pourquoi on ne se marie 
jamais le mercredi : jeudi est trop près. 

Jheaunette, b. 0. Divers Narcisses, surtout le^ jaunes, 

JifEDE, Voy. Jhade, 

Jhemkat:, Jhemelle, Jumeau, jumelle. 

Jfî'.MENT, B. Jument, et même cheval, selon Tétimologie 
V<\\\u(i, jumentuM, ce quiai'le ;7i«rflré?. — Cette phrase, 
dont on se raille, est donc fort logique, dite à un homme 
qui montait un étalon : « si voutre^7ieme?î^ est in chevau 
r-nticr, approchez-vous loin de moi ! » 

JHi'>N'Ai-i'As(in), Voy. Gheai. 

JiiÉNK, II. Jmino. JJiénesse, Jeunesse; qui s'emploie aussi 
pour* désigner une ou plusieurs jeunes filles : « çhèle .;//€'- 
nf'ssr. p — Tropjhène, B. trop court, en parlant* d'uue 
diiN^-nsOn. — Jhènesi, rajeunir. 



Jhkxkr, ou Guener (voy.), Gémir avec effort, presque 
l'aire Iian ! 

JnENNÎ, Hennir. Onomatopées. 

JiîERSE, Jherser ; Jhervis. Yov. par Jliar, 

JiiEURERrs, Jurerais. « Jlie n'en Jheureris point.» Et pour- 
tant on dit bien Jurer. 

JiiEURTER, Heurter. Jheuriis, heurt. Onom. — Jheurier 
se dit aussi, et très justement autant que brièvement, au 
lieu de : Faire des efforts pour vomir. 

Jiieur'gnac, Jorignac, nom de localités. 

JiiÉBER, V. Ghïber, 

Jiiifflle, y. Ghifjlle, 

JiiLXGUER, F. : Janglcy\ Y. Gliinguev. 

JinssER, Hisser ; et crier hi! hi ! Onom. 

JiiiT, Jet, de fossé, par exemple. 

JiiiTE, R; Gitie ; nous préférons le J, venant de jeter, Jac^ 
titare ; jet de végétaton ; bois coupé qui repousse. — Jhi" 
tagnous, qui pousse plus de jets qu'il ne faut. Ce que l'on 
attribue à la taille faite en nouvelle lune ; ces jets, en ou- 
tre, trop vigoureux, trop chargés de sève, s'inclinent vers 
la terre. A-t-on tout-à-fait tort dans la cause assignée? 
Nous croj'ons avoir observé que non. 

JiiiTOX, Jiiitoune, Jeune mulet, jeune mule, qu'on élève. 

Jiiô ! Oh ! ou ho ! pour appeler : « Jho, in tel, Jhô ! » Et 
quelquefois Jhoû ! en prolongeant beaucoup. 

p Jhobrour, Barbouillé, sale-. Entièrement grec, de kopros, 
fumier. Yoy. Dèjhobrer. Jhohrer se dit peu. 

Jhoionut, Jhoignue, Joint, jointe.' 

Jholit, Jholu\ Joli, jolie. — Nom de bœuf blond marqué 
(le blanc. De Tangl. yallow, jaune, blond, qui est devenu 
Joli, comme dans leXord, fmr, blond, signifie ausoi licau, 
vu qu'il est rare. 

JiroxcHÉE, R. Joncliée, fromage doux, fait dans uu jonc. 
Excellent à Saintes et autres lieux. 

24. 



234 



Jhonte, Jhontous, Honte, honteux. Se prend pour Timide. 
B. « Cheul enfant estjhontous. » 

Jhoquet, Hoquet de chemin, cahot. Jhoqueter, cahoter.— 
Faire le petit valet, le Jockey (anglais), qui signifie 
maquignon. 

JnoRMAiN, Geai, oiseau. Est-ce Germain^ oxxjhors la ynain? 

Jhors, Hoi's. 

Jhosêle, Voy. Jhausèle. 

Jhoset, Joseph ; nom d'homme. « Couvent de St-Jhoset, 
deux têtes su in chevet, » le mariage. 

Jhote, B. Joue; de Tltal. gota, proche du grec gnathos ; 
latin gêna, qui produit... la barbe. — Se jhoter, s'em- 
brasser. — Une curiosité à l'honneur de Tancien basque : 
pour fesses, mot qui lui manque, il dit : « du derrière 
joues, » iphiirdi macelac, 

m 

JnoTRA, Oreillons, maladie; gonflement de Tarrière-joue. 

Jhotte, Hotte. Jhottée, pleine hotte, de vendange. Jhot-- 
tour, hotteur. 

Jiioû, Houx. On distingue le grand, qui est le vrai houXy 
(ileœ), et le j^etit, qui est le fragon (ruscus). 

Jhouablle, Jable de tonneau. Jouabller, jabler ; d'où 
Ejhoiiahller, oter le jable. 

Jhou\ Joug. 

Jhotjc, Juchoir. Jhoucquer, se jucher pour la nuit. — 
Béjhoucqiter, se lever. A la déjhoucqiiée, au saut du 
lit. Vojez. 

Jhoufflut, Jhoufpiue, Joufflu, joufflue. 

Jhoûgner, (Guigner?) Menacer du poing. 

Jhoule, Houle, de la mer. 

Jhour, Jour. Aûayit-jhour, B. avant le jour. — Aujhoiir, 
B. au point du jour. — « Un jour et l'autre non. » 0. de 
deux jours l'un. 

JiioussE, Housse. 

JnoussiNK, Houssine. (de houx). 



23% 



Jhoussinet, Voy. Houssinet. 

Jhoute ; Joute, en vieux français. Betterave. Juteuse? 

Jhoûter, B. Joindre, confronter. Du latin juxta, vieux 
{rtincaisjouœte. — S'associer pour garder ou pour labou- 
rer ensemble. Voy. Coubller, Quand c'est pour garder, 
chaque bergère mène à son tour les deux troupeaux. 

Jhouto, Veto ; surnom qui fut donné quelque temps à Louis 
XVI et à Marie -Antoinette, à cause du droit de veto, 
(je rejette, la loi)^ que le roi obtint dans la première 
Constitution. Des chansons sur M™« Veto ou Jhouto 
pénétrèrent jusques dans nos campagnes. 

Jh'oyis, Jh'oyiyionSy J'eus, nous eûmes. 

Jhû (tout), F. B. Tout juste. 

Jhû ! Hue ! mot pour hâter d'aller les bêtes de somme. 

Jhûcher, Hucher, appeler très-haut [quelqu'un. 

jHUDà, Resté symbole des perfides : « Traître c'me Jhudâ, » 

Jhughe, Juge. La Jhugerie. le tribunal. — Nom de lieu. 

Jhûler, Hurler long et aigu, comme dans la coqueluche. 
Onom. 

Jhulle, Dim. de Jugiim (jugillum ?)ce qui joint : cour- 
roie en lanière pour lier le joug aux cornes des bœufs. 

Jhun, b. Le mois de Juin. 

Jhun (à), A jeun. — Jhûne, jeune. /Mner, jeûner, proche 
du latin Jejunium, Dans le midi, June veut dire jeune 
d'âge, et lejhùne saintongeois se prononcerait Jeune. 
Smgulier échange d'ie pour eu et à' eu pour u : « Les vo- 
lurs passent par dessous les meurs. Eune june breune 
criait tout à l'hure des oranges à la douçur.» 

Jhurler, Hurler. 

Jiiusqu'a tant que, b. Jusqu'à ce que. 

Jhust. Subst. Juste, Corsage d'habillement de femme. 

Jhust. 0. Juste, adjectif et adverbe, 

Jhustices (les), B. Nom de tous les endroits où les seigneurs 
d'autrefois avaient dressé leurs poteaux de basse, moyenne 



"S - 






K 






LA. 231 



L 



L Se prononce plus souvent qu'en français à la fin des mots 
et se mouille : dousilly /ïtsill, persill, &c. Remplace R 
dans râle. Tellement, pour rare, &c. B. 

La, article, B. Se place, sans dépréciation, devant les noms 
de femme, en féminisant le nom du mari : « la Françoise, 
la Yillote, la Jourdine (et non la Jour daine) de Jourdain. 

LÀ ! adv. Expression d'étonnement, lorsqu'on voit ou qu'on 
entend quelque chose d'extraordinaire : <Là! est-o donc 
possiblle ! » 

Labrit, au lieu de La Brie, Nom du chien de berger. 

Lâcher, B. Laisser : «la fièvre ne le lâche pas. » — Couler, 
ou plutôt laisser couler, en parlant d'une futaille : « la 
barrique lâche, » 

Ladre, Insensible, physiquement ou moralement : «il est 
donc be' ladre, s'i' n'zou sent pas. » 

LÂGNOUS, Lâgnoiise, Lambin, lâche, mou. On se rappelle 
le couplet de la satyre Ménippée contre ce chef de Ligueurs 
qui , à Lagny , prit la fuite et resta nommé Jeayi de Lagny . 

Lainous, lainoiise; lainut, laimce, Laineux. 

Laitance, B. Lait de chaux. 

Laitier, 0. Homme qui vend du lait ; masc. de laitière. 



'm< 



Laiton, Laiionne, B. Cochon de lait. 

Laitighe, Laitue. 

Laituoiikon, Laiterou. Le diminutif est bien plus correct en 
|)atois 4u\»u français. 

Lamhai.k (rhaiTue), Pour Dombâle. 

LAMnonui.iM H. Nombril. Nous verrons NamhouirilL Let 
U sDut dos consonnes liquides et changeantes, et N, 
cinnmt» dénude, n'est pas inébranlable non plus. Il se peut 
même que re soit l'afètbourill, l'article au lieu de N sup- 
primé. 

Lamk, Outil de tisserand, grillage où passent les fils de la 
c/tatm*. — Laèni(*r, faiseur de lames. 

Lamit, pour Tami ; Nom donné en famille à quelques enfants 
et (prils Huissent par porter toute la vie. 

Lampuaik, Lamproie; de lampetra, lèche-pierre. LaYii-- 
prai(\ au fond, serait le meilleur des deux. 

Lanckment, Elancement que font sentir certains maux. 

Lancit, h. Terme de maçonnerie : pierre taillée posée en 
boutisse au coin d'un mur. « Les landSj dit le Glossaire 
du centre, alternent avec les écoinçons. » 

Landais, H. Habitant des Landes, soit homme, soit bœuf ou 
cheval. 

Langard, Langavde, B. Régnier. Bavard, indiscret. 

Langheron, Lange. 

Langrote, p. Lézard gris. Confusion de l'article avec 
angrotey (Angoumois : angroisé) à'anguis, serpent. 

Langue de bœu\ Sauge des prés. 

— de cerf, B. Scolopendre. 

— de femme, Brize amourette, qui remue toujours. 

— de pic, B. Carex glauque. 

— (avaler sa), B. Rester muet. 

Lanlaire (envoyer feire). Envoyer promener. On ajoute 
quelquefois : « au bout d'in bâton. » 

Lanyî, Languir. 

Lapinière, Clapier ; toit à lapins. — Famille nombreuse. 



239 



Lappace ; Lappa ynajor, en latin. Bardane ou glouteron. 

Largue, (marine), Lâche, en parlant d'un nœud, d'un cor- 
dage, du vent qui vient de côté : « courir grand largue, » 
— Lâché, délivré : « il est largue, » 

Larguer, Lâcher, délivrer. — Abandonner: « ne largue^d^%\ 
tins trej'hou bon ! » « Les fièvres Tavant largué, » 

Larron, Siphon. 

Las (Tout son), B. « Son soû et son las, » B. autant qu'il 
est possible d'en faire ou d'en souffrir. 

'Lastique, Elastique, soit subst. soit adjectif. V. Alastique. 

Latin, Tout langage étranger ou savant. Latinier, autre- 
fois, voulait dire interprète. — Ramage des oiseaux. 

Latte, Houssine. petite gaule ; la houlette moderne. — 
Branche de vigne taillée plus longue que les autres. 

luA.iT^Kï (Çhllou), Cloua latter. 

Latton, Petite latte, dans le sens débranche. 

Laud. Voy. Lod, Le D ne se prononce pas. 

Laurent de V oreille (dire) ; Défi énigmatique qui se fait en 
plaisanterie ; en effet, il est impossible de dire Laurent... 
de l'oreille, avec l'oreille ; c'est avec la bouche qu'on le 
dit. 

Lavagnon, Palourde de mer, coquillage. V. Availlons, 

La vailles. Eaux de vaisselle. 

Lavandre, masc. La lavande, plante qui entre dans les eaux 
ou lavages de senteur. 

Laver, V. neutre et absolu : Laver le linge ; de là le jeu de 
mots rapporté, au mot bardrà, battoir — Lavocher, di- 
minutif. 

Lavour, Lavoir. 

Lazert, Lézard ; le pur latin Lacerta, 

Le, Art. B. S'emploie pour appeler quelqu'un que l'on ne 
connaît pas : « Eh ! Vhoume ! parlez donc ! » La sert au 
même usage : « Eh ! bin, la femme, coument va-t-o ? » 



210 jjf: 

Lî:, Elle, lîansies rapports inuirects : « Jhe pense à /<?'.» 
« Est-o le c\n zou a dit ? » 

L'c.iiER. Au lieu île léger. Et il faut avouer que pied Igher 
va bien lestement. 

L'aiiErv (St), Saint-Léger (Leuger, Luidger, Leudogaire.) 
Coramime du canton de Pons. 

Lempas, B. : Lnrnpas : Empas (Rabelais), Empâtement ; 
m:iladie de la bouche du cheval. L'article confondu avec 
le nom. 

Lende, B. 0. Lente, œuf de pou. \oy. fende, rende. 
rende, 

L'endemain S'écrivait ainsi autrefois, et mieux que Lende- 
main. 

Lentiner, Tarder, faire traîner en longueur. 

Lentitude, Lenteur. 

Lèse (ine), R. : Laise ; un Lé d'étoffe. 

Lessit, b. Enchanfroisant, Lessif, Lessive proprement dite, 
infusion de cendre ou de soude qui a été chauflée. 

Lessivée, E:\usAvonneuse, dans laquelle on a lavé le linge de 
la lessive. Du lat. Llxivia, d'où eîixir. 

Lessiveuse, B. ou Femme de lessive, femme occupée à 
faire la lessive. 

Leû, Pour leitr, B. à eux, à elles : « vous leû dairez. > — 
pour leur adj. possessif. Molière : « ils avont des cheveux 
qui ne tenont point à leit teste. » Le vrai Saintongeais 
serait : « II' avant des piaux çhi ne tenant point à leû 
tète. » Vov. Zeû. 

Leu, en Picard, Loup. Il en reste le dicton : « à la queue, Leu 
leu. » 

Leugne ! Eloigne ! avertissement donné à l'âne qui rase un 
mur do trop près : le commentaire est trop souvent un coup 
de bâton. 

LEUGNEn, Eloigner. 

Leute, Lutte. — Lentei\ lutter, soit actif, soit neutre. 

Leùtis, Facile â renverser à la lutte. Fém. Lcûiise. 



2il 



Leùtour, Lutteur. Lat. Luciaior. 

Levant (àsouleuil), au lever du soleiL 

LÈVE, fém. Epaisseur de bois ou de pierre qu'on Lève, à la 
scie, sur une grosse pièce : « Vous ferez ine lève, » — 
Levée au jeu de cartes. 

Levé, B. R. 0. Subst. Levée, au jeu de cartes. Français 
ancien. 

Levé, Adj . en parlant d'un raifort, d un radis ; creux et 
cellukux par le développement de la végétation. 

Levée, B. 0. Rejet de fossé. 

Lever, B. 0. parfait, jhelevis; Prendre d'avance; ra- 
masser. — Lever le pied, disparaître furtivement, s'en- 
fuir. — Lever \q chapeau, saluer. — Lever xxn champ, 
donner le premier labour. — A souleuil ievé, » un peu 
après le lever du soleil. — « Jouer à çhu levé, » à coup- 
faillant, à qui perd quitte. — « Le temps se lève, » 0. se 
hausse, s'éclaircit. Proverbe : « tant (tandis) que les com- 
pagnons boivent, le temps se lève. »' — Lève-nez, des 
escargots que Ton mange, parce qu'on suce la coquille, en 
levant la tète, pour ne rien perdre. 

Levis (pont). Ancienne façon de clore le devant du panta- 
lon, tout aussi sujette à oubli que la fiiusse-braie de nos 
jours. 

Levràche, Hase, femelle du lièvre. Hase est allemand ; 
levrâche serait français. 

LÈVRE, Est masculin, mon lèvre, Lahrum, neutre. 

Levrette (la)^ B. Le grand loup blanc, la Ganipote. Voy. 

'Lexandre, Alexandre. 'LeœiSy Alexis. 

liEZ (de), B. Joignant, proche : « de lez tel endreit. » Lez, 
abrégé de Léans(en là) est français dans Passy-lez-Paris, 
Plessis-lez-Tours, que Ton écrit mal les Tours, 

Li, F. B. 0: Ly, Lui, à lui, àelle : « Vous li ba'rez. » V. zi, 

Lî, B. Lui, masculin de Le : « 01 est p'r lî ; n'est pas p'r 
le. » — Lui, le maître, le mari : « parlez à lî. » Rappelez 
le jeu de mots : « le pain est alî. » 

LiAN, B. Loin, Vieux fr. En lian, vers là bas. 



25. 



ut 



LiARDECR, B. Celui qui liarJe, qui lésine. 

LiBE, Grande pierre de taille plate et levée ainsi, dans la 
carrière. O : Lause, Cela viendrait-il de Lave ? 

LiBOURNK : « De çlieu coûté que n on se tourne, n'en voit la 
vile de Libouruo. » C'est que Liboume est bâtie sur un 
plan régulier quadrangulaire, comme Rochefort. 

Libre, Généreux, qui donne volontiers, libéral ; opposé de 
chien. 

LicHÉE, B. V. Luchée, 

LiciiEFRiTE, Lèchefrite. Plus souvent casse. 

Lrcou; Lorsqu'un maire de campagne veut faire acte d'auto- 
rité sans son écharpe, il s'expose à rencontrer des gens 
assez grossiers pour lui dire : « Jhe ne c'neus pas Tâne à 
mins qu'il oghe le licou. » 

Li:.. B. Pour Lien ou Liure : « La lie d'un cercle, ou d'in 
çllcrce. » — Petit cordon : « Va m'ajheter de la lie. » 

LiE^, Au sens absolu : Lier les bœufs an joug : < j'halons 
lier. » — Lier les gerbes, les fagots de sarments : « jhe 
lierons lindi. » 

LiÈDRE, Lierre. L'article et le mot latin hedera ; du grec 
Ilezein, se poser à demeure, s'asseoir. 

Lieu (mettre à), Mettre en place, serrer, ranger. 

I :':uR, B : Lueur. Se prononce Heur. 

LirrNE, Cordeau des scieurs de long, qu'il noircissent et 
buttent sur le bois pour indiquer le trait de scie. 

Ligner, B. et Dligner, Faire l'opération ci-dessus. 

LiGXOu, B. Ligneul. — Sorte de chiendent. — Filet de la 
langue, que l'on incise à quelques enfants. De là ce dicton 
centre les grands parleurs : « çhèle çhi li a copé le lignou 
n'a sacredienne point volé soun arghent. » — Autre fari- 
bole : « p'r feire de bons souliers, o faut l'empeigne de 
gosier de chantre : o ne prend pas l'éve; la semèle de 
langue de femme :o ne s'use jhamés; yé 1' lignou de 
rancune de prêtre : o dure trejhou'. 

LiGOussE, Epêo, lame quelconque. — Langue acérée. Lin^ 
giia, lingida est l'origine probable du mot. 



243 



LiLADiER, Lilas, arbuste : Lelac, mot Persan. 

Lime douce, Une mauvaise langue, 

LiMÉRO, B. Numéro. 

LiMOCHER, Dimin. de Limer. Tout verbe peut diminuer ainsi. 

LiMOUGHEAU, - eaude. Habitants de Limoges. 

LiMOUNAS, Liniouneaux, Limons de charrette, les deux 
pièces parallèles à l'aiguille. 

Limousine, B. ou Roulière, Manteau en grosse étoffe. — 
Rentes limousines, brèches et dégradations que Thiver 
fait aux murailles et que les maçons du Limousin ou plutôt 
de la Marche viennent réparer. 

LiNCEU, F. 0. B. Linceul, pris dans le sens de drap de lit. 

LiNçoiR, Solive mise de travers pour en recevoir d'autres. 

LiNDi,B. Lundi. — Grillon des vignes; B: Jeudi^oj. Seyin. 
C'est d'après le bruit qu'il fait avec ses élitres ; les enfanta 
lui demandent : « Seyin, seyin, quand me feras-tu mes 
souliers ?» et l'insecte un peu serré entre les doigts ne 
manque pas dé répondre : lindi, 

LiNGHÉ, Nippé, muni de linge. 

LiPODE, Renoncule jaune des champs. Aurait-on voulu dire 
Ellébore? V07. Lesson, au mot Adonide. 

'LiODORE, Héhodore. 

XioTROPE, Héliotrope, plante. —'Liotrope d'fiivery tussi- 
lage cultivé . 

LiQUEURiSTE, 0. Plus régulier qne Liquoriste. 

LiRLONFA, Fredon de chanson. 

LiRON (rat), B. R. Petit rat, mulot, confonlus ave; le î.o: - 

Lisette, (Lesson), Liseron des cham^js. Nesi ^j^.^ x/..-cvi . 

LisoT, P. Hyssope. « Cafourche du Lisot, » localité. Le 
mot Hyssope est grec et veut dire œil de sanglier. 

Lissé, Pour hsse : « le houx a les feuilles lissées. » 

Listeau, Listel. C'est le français qui demeure ancien. 

LisuT, B. Lu, part, délire : «as-tu lisut ta leçon? » 



S44 



Lit de moulin, La meule de dessous. 

LiTRÉE : « lue litrée de bois ou de champ, » une étendue 
longue et étroite, une Lisière. Du latin Lira, 

LiURE, B. Lien d'un fagot, d'une gerbe, d'un outil rompu. 
— Action de lier. 

LmiABLLE, Propre à être livré. 

Livrée, Ruban du bouquet que l'on offre, qu'on Livre, au 
notaire, au maire, dans les marmges et aux conviés ; au 
bourgeois, à la fin des vendanges, &c. 

Livret, La table de multiplication : <sais-tu bin ton livreih 
C'était confié aux enfants sous f jrme de petit livre. 

LiZARD, R. B. Lézard. 

Lizarde, b. ou anyilley Lézarde, crevasse d'un mur. 

Iaa, Glace. Mais lia est masculin : dau lia. 

Llagheou, Glayeul, plante en forme de Glaive. 

Llande, Glande. Rapp. Egllander. 

Llaude, Claude, nom d'homme. 

Llaumet, b. Dimin. de Guillaume. 

Llène, Glane. — Lléner, Glaner. Lliénour, lliéneuse. 

Lleurgiieous, Glissant; lubricus, 

Lleurgiier, Glisser, malgré soi. « lleurghe à matin, » le 
sol est glissant, par suite de dégel ou de pluie. 

Lli, b. Même sens que Li indirect, à lui, à elle. « Jhe lli 
dirons ou jhe /i dirons, ou dairons. » C'est, en tout, gli 
Italien. 

Lloube, Comme qui dirait Loube ou Louve : morceau de 
bois ou de fer fendu pour retenir quelque chose, la chan- 
delle de résine, par exemple : le hnge étendu, le nez du 
troupier qui a perdu au jeu de la drogue, &c. 

Llu, fém. Glu, à prendre les oiseaux. « prend c'me a llu,i^ 
et non pas : « c'me la llu. » Nous soupçonnons cet a d'être 
l'article élidé portugais ou Y a anglais: a'bed, at home; 
mais c'est le seul exemple à notre connaissance. 



IL.O Uh 

Llû, masc. et long, Glui ou chaume, après la moisson. 
Calamus. 

Lluer, Faucher le llû, — Lluety la faux dont on se sert. 

Llueur (ine), une Lueur. 

Llugrer, Enduire d*un corps gluant, lubricus. 

Llugrous, Qualité de ce corps lui-même ou de ce qui en est 
enduit. 

LocER ; Voy. Locher. 

LocHANT (gras tout), Gras comme une 

Loche, B. Limace grise. 

LocHER, Branler au manche, échapper au mouvement voulu. 
C'est probablement le verbe clocher, qui deviendra Los-- 
ser, 

LoD, Prononcé Lô, féminin Lode ; Lent, paresseux, lam- 
bin. 

LoDER, Tarder, lambiner. Del'angl. slow. 

Lof, Marine : Mouvement du navire qui vient plus près du 
vent ; le contraire d* arriver, — au lof! au lof ^ partez 
vite ! bonsoir ! — Faire peter son /o/, s'en aller subite- 
ment. 

LoGHE, B. Cabane en branchage ; niche de chien ; hutte, 
chaumière. Nom de localité très fréquent au pluriel. 

LoGHis, Maison bourgeoise, intermédiaire entre la simple 
maison et le château. 

Loi, B, Se prononce Loué : « Ma foué, ma loué ! » 

Loin (de) ^7i loin,0. De loin à loin. 

Loisi, 0. Osier. L'article encore soudé au nom. 

LoLO, Nom enfantin pour Charlotte ; et aussi pour petit co- 
chon. C est le nom de certains vassaux de TEmpire chi- 
nois. 

Long (de tout son), 0. Tout de son long. 

LoNGAGNE, adj. 0. et Longagnous, D'une lenteur qui im- 
patiente. 



216 



Longue (ol est de la), o n'est pas d'au gliigot >►, Cela se fait 
attendre trop longtemps. — « A la longhe », à la longue. 

LoNGHÉE, Lisière, surtout de terrain : ♦ ine long fiée de 
pré. 

LoNGHEUR, Longueur. 

LoNoms, Lent, traînard, habitué à faire attendre longtemps. 

LoNGUiTUDE de temps, Longueur de temps. C'est Chan- 
froisé. 

LoQUENCE, R. B. Force de la voix : « çheu prédicateur at ine 
bonne loquence, » C.-à-d. il parle fort ; c'est hélas ! toute 
réloquence pour eux ! 

Loquet, B. Pour le hoquet: l'article arec le nom. Quand on 
a le loquet^ il faut dire sept fois d'une haleine : € J'hai le 
loquet^ Dieu m' la fait ; Dominû, jh' l'aurai p'û. » Et la 
recette est sûre, le remède consistant à retenir sa respi- 
ration. Avec cela, donc par cela ; sophisme vulgaire et 
général. 

LoQUETÀ, Petit loquet de porte, en bois, ordinairement. C^ 
loquet-ci a rapport à l'angl. Lock, appendice, frisure. 

LoQUETER, B. Secouer un loquet de porte, pour ouvrir. 

LoRET, Sobriquet amical, adouci de Soret ou. de lod, (v. ces 
mots) : »V'là, mon grand Loret de drôle. » Il y a le fe^ 
minin Lorette, qui n'a nullement le même sens qu'à Paris. 

LoRiNER, Attendre sans motif,, bayer aux corneilles, fairei 
comme le lièvre qui àre^^eY oreille et s'arrête. 

LoRiou, Loriot ; Italien YoriolOy l'oiseau d'or. Palissy con- 
serve judicieusement l'apostrophe : LOriou. 

LoRiVAUT, (L'or il vaut), nom de localité. Si on l'explique 
Lor y vaut, ce nom peut convenir à toute la terre. 

LossE, Langue, mauvaise langue. Du grec glossê. 

LossER, Glisser de place, se luxer. De ce mot ou de clocher. 
Voy. Lâcher, 

Lot, Lent. Voy. Lod. 
LoTER, 0. Mettre en loterie. 



Lou, B. Pronom objectif Le, à la fin de la phrase : < ton 
frère s'en vat ; appele-/ow. » Le fèm. est la, le neutre 
zou, 

LouBAT, Louveteau. — Nom de chien, ou Loubet. 

LouBE, B. Louve. — Louberie, conduite digne des Loups, 
(bien plustôt de certains hommes), tromperie et rapine ré- 
ciproques ; on est alors dans un loubier, 

LouBiNE, Gros et bon poisson, du genre Mulet. Le Lupus 
des anciens, sans doute. 

Loue, Dans quelques cantons, pour lout, Loup. Lucety son 
œil luit ? 

Loue (la), B. L assemblée où se louent, ou s'accueillent les 
domestiques et les ouvriers. « Prendre à la loue. » 

Louis-d'or, Ainsi se disent encore, par routine, les pièces 
d'or à toute autre effigie que celle de Louis ; et nos gens 
comptent volontiers « 25 Louis-d'or et deux pistoles, » 
au lieu de 620 francs. 

LouLOUT, Nom de chien, surtout de cette espèce de caniches 
adoptée par les conducteurs de diligences. 

LouMiGNON, Lumignon ; principalement la mèche de la chan- 
delle de résine, et le gros fil de rapail pour la faire. 
« Que filez-vous là? — Dau loumig^ion, » 

LouT, Loup. « Aie a vu le louty a' n'a pas poure. p C'est-à- 
dire elle a vu le loup avant d'en être vue ; car on sait, 
depuis le bon Virgile, que, dans le cas contraire, on perd 
la voix. — « Connu c'me le lout-bllanc, » 0. comme 
Barrabas à la Passion. 

LouviER, Lucarne sur les toits. 

Lucane, Lucarne. Pourquoi un r dans ce mot du doux 
verbe Lu ce? 

LucHAiLLER, Diminutif de Lucher. 

LucHAT, Commune du canton de Saujon, arrondissement de 
Saintes. Du celt. Lu, eau, ou de Luce, luis ; ce qui peut 
être le même radical : l'eau brille et la lumière coule ; 
Z, Lu, Lou, — Habitants : Luchadais. 

LucHÉE, Ce qu'on enlève comme avec la langue, une petite 



$4ft 



chose priM* à la d^^rubtk". Par exemple : une titrée d*hdrb§ 
£aucliée dans le pré du voisin. — Une petite trahison. 

LucHER, Lécher, grec Leich4>. — Tromper, frauder: « r m'a 
hiché: \ n' me luchera p'us. » 

LucHE-PLLAT (in). Un friand, un parasite, un pique-assiette. 
— Lucïic — Chien de manchon. 

Luettes, ou Ahiettes, R. Cartes espagnoles. — Luchita, 
petite lutte ? 

LcMAT, B. Limace rougeâtre. Limas. Il y a là-dessus une 
rimoire de nourrice, dont Tarticle Lumat seul manque 
de vérité; «les g rneuill' n'ant point de coue ; les crapauds 
sont tout courtauts ; les cagouiU' montrant les cornes ; 
les lumat disant gouyat. » 

LuMÉRO, Numéro. 

Luxa, Variante de Lune t « n'y at ni lune ni lunâ. » La 
plupart des noms se prêtent à ce jeu de genre, comme aux 
diminutifs, augmentatifs, dépréciatifs etc. 

LuNAU, B. Qui a une lune au front. Nom de chien, de bœuf 
et même d'homme. 

Lune (Vin de), J. Fait de raisins volés, au clair de lune. — 
Jean de la lune, surnr)m des maraudeurs de nuit. — 
Lunais n, 0. « J'haurons de la pUeue toute çhèle lune. » 

LuQUET, Petite niche pratiquée dans l'embrasure d'une fe-- 
nêtre : Nid, pour nous, de bons et enfantins souvenirs ! 

Lusî, Luire. 

LusiPER, Prononciation de Nénuphar, plante aquatique. V. 
Piéde bœu, 

LusTUCRUT, Personnage fantastique, mis plaiçammeet au 
lieu et place de ceux que Ton ne veut pas nommer : «c Çhi 
a fait çheu ? — ol est Lustucrut. » De Teusses-tu crû. » 

LuzETTE, B. Gesse sans feuilles, (Lesson). 



m:a U9 



M 



Mâche, {A bref) Arrète-bœùf ou Bugrano, plante. La racine 
se laisse Mâcher im2)unément ; MGE , coup ; Machê, 
combat. 

Mâcher, (A bref), B. Meurtrir : « avoir lesyeuxmac/ié'5, » 
battus, cernés : « Fruits mâchés » meurtris. 

Machecou (in). Baille traversée par un fort bâton et que 
Ton porte à deux sur les épaules. V. Ovale. 

Machin, Terme banal pour désigner tout objet dont le nom 
no vient pas, ou ne doit pas venir, ou dont la construction 
n'est pas bien comprise. Id. en Berry. Une singularité, c'est 
que pour désigner un homme dont le nom échappe ils ne 
diront pas machin^ mdi\^w.achme, synonj-me de chouse: 
« CJiouse, là bas, machine, de chez chouse, le maW 
d'école, 7n'a feit voir in machin çhi feit c'neutre 
quand n'oji a freit on chaud 1 quand non afreit, o 
descend en bas ; quand non a chaud, o monte en 
jhaut ; ol est bin cniode, » 

M.^CHOLTw, (A bref,) Maquette grossière à un seul couteau, 
pour commencer à tiller le chanvre. 

Maciîure, [A bref), B. R. Contusion qui laisse trace ; bleu, 
(subst). à kisuited'un coup. « Poire et fiUemûre, sujhette 
à vtachure. » Prov. Tous ces 7nach brefs viennent du 
grec machoii, combats ; tandis que Mâcher vient de mae, 
mastica, nourris. 



2fiO 



Maçoune, Maçonnerie. « Maçonne d'hiver Maçoune d'en- 
fer. » Prov. très-solide, si la gelée ne Ta prise. 

Madpilon, B. Madeloune, dira, de Madeleine. O : Magali; 
Lira : Meyzelie, Meyzelou, 

Madré, masc. Sêbille en bois. Du breton Meidr, grec Me^ 
tron, mesure. 

Ma fi ! ma fine ! ma fri ! ma fi^ue ! dimin. de Ma 
foi! 

Mafoidienne, Déguisement de ma foi Dieu, ou de Dieu ! 

Magiierie, Magie, Comme Jhalonseirie^ &c. 

Maoner, B : Magnier, Manier. 

Maoni-magnos, (tout mouillé) , Deux mots latins : les grands, 
les puissants, les riches ; < ol. est in grous Magni-ma- 
gnos. » 

Mao2<ocii£R, Magnoter, B. Manier petit et souvent. 

MAGfoT, R : MacauUy de l'hébr. : MGD, abondance ; Tré- 
sor, caché ; part que Ion se fait en cachette : « Il a trouvé 
le magot. Il a fait son magot, » 

Maôuelot, En parlant surtout du pain : compacte et inéga- 
lement cuit, fait en Mio-Mac. Du grec etlat. magma, ré- 
sidu. 

Mai, b. Aubépine en fleur. « Via du Mai. » — Les petits 
chats venus en Mai, et ils sont nombreux, passent pour 
ne rien valoir. Cette opinion s'étend un peu aux enfants, 
qu'elle ose menacer de folie. Conception d'août. 

Maigre, Subst. B. Creux, flache à une pierre ou à une pièce 
de bois : Voy. Gras. — Sorte d'ombre, poisson ; R, P. 
Ro : maigrà. On dit d'un cheval ou d'un mulet étique et 
même d'un chrétien : « Y vint delà Rochèle : il est char- 
^Qàe maigre, » — Maigrelet, 9naigrelin,B, mai- 
gret, maiyristin , maigrot, diminutif de Tadj. Mai- 
gre. 

Maigresî, Maigrir. 

Mail, Énorme Maillet en bois, à long manche souple, pour 
fendre des bûches. — « Tenî le mail p'r la coue, » être 



maître de son affaire, sûr de son fait. — Ancien prome- 
noir planté d'arbres ; de là, Maillé, nom de lieu. 

Maillé, Cheval de limon ; attelé aux mailles du collier. 

Mailler, Accrocher à des mailles, spécialement à celles de 
la corde à puits : « a' n'avoit pas maillé ; le sillà a chet 
dans le poi. » 

Mailloche, Grosse tète dure, caboche. 

Maillocher, Cogner comme avec une mailloche. 
Maillochon, Petite mailloche, petit maillet. 

Maillon, Chaînon des 'inailles à puits, lesquelles se disent 
toujours au pluriel. 

Main (être à sa), B. Du côté qu'il faut pour mettre en avant 
la main habituée, soit droite, soit gauche. — Avoir bonne 
main, 0. la main heureuse. — La bonne main, la droite, 
— la mauvaise m,ain, la maie main, A. la gauche (sinis- 
ira). — Porter son cœur sur la main, 0. être franc, sans 
détour. — Main de gore, ou de gaurre, R. B. Charme 
secret, sortilège qui fait réussir, surtout à gagner de l'ar- 
gent. Serait-ce un souvenir détourné des ver^ws attribuées 
jadis à la Mandragore ? — Main-morte, jeu de nourrice : 
la maman prend la main de l'enfant et l'engage à la laisser 
balante ; l'agitant doucement , elle dit plusieurs fois : 
Main-morte, main-morte, et puis tout à coup : Dieu 
remporte, et en donne un petit soufflet-bijou à elle ou au 
poupon, et de rire tous deux. C'est mieux que l'affreuse 
m^ain-morte de la féodaUté. 

Maine, Manoir et terres qui en dépendent, devenu nom de 
localité : Le Maine-Bouquet, le Maine-Sujard, &c. 
Ro : me'5;«Més-Arnaud. » 

Mairerie, Mairie. 

Mais, B. Plus, davantage, comme le latin magis (de Thébr. 
MGD), comme dans Je n'en peux mais. Se prononce mes : 
« y en at mais d'in. N'y en at pas mais. » 

Maison, SeprononreMi?5<9n,et dans le midi, meson. Dicton 
contre les avares : « ol est la maison d'au bon Dieu : n'on 
n'y boit ni n'on n'y manghe. » 



]!d:jV 



Maisounée, La famille et les gens, habitant la même mai- 
son. 

Mait, B. R : Mai et met ; Rousseau : May ; du latin mac- 
tra ; Huche à pétrir le pain et à le loger, une fois cuit. 
Dicton contre une routine excessive : « il est c'me le ser- 
ghent Yillot çhi nepouvoit écrire que su sa mait, > 

Maître, Maîtresse, B. Titre d'honneur déféré par les jour- 
naliers aux bons paysaîis j c.-a-d. aux propriétaires qui 
travaillent encoi^e de leur bras, qui ne font pas les bour- 
geois : « Maître in tel ; la ynaitresse ine tèle, » sans 
féminiser ici le nom du mari : * ^naître Simon ; la mai- 
tresse Simon. » Leurs domestiques et leurs bordiers di- 
sent bien en parlant d'eux noiiV bourgheois, nouV bour- 
gheoise ; mais ces mots n'ont pas alors la petite nuance 
d'envie et d'hostilité dont ils ne sont point exempts lors- 
qu'il s'agit de vrais bourgeois, qui semblent oisifs, des 
iiiessieurs. — Maître-brin, la tige principale. — Maî- 
tre-valet, celui que le vrai maître a chargéde commander 
les autres. 

Mal, Svnonvme de Mau. — Mal-cadut, haut-mal, B: 
grous mal, Tépilepsie ; : mal^ simplement. — Adv. 
^ ol érat 'inal ! » 

Malader, Faire une maladie qui retient au lit : « a-t-i' 
malade longtemps ? » 

Maladeux, b. Maladoûs^ Maladif. It. ammalato. Se dit 
souvent de l'atmosphère : « in temps maladous, » qui 
semble ou qui rend malade. 

Maladroisse, en chanfroisant , pour Maladresse ; car ils 
disent Adresse et Maladreit. 

Malaisie (la), La femme en style de mari ; de bon mari; car 
des maris méchants ne trouveraient point les femmes 
'malaisies, 

Malaisiné, Qui ne peut pas agir à son aise. — Qui est in- 
commodé, surtout d*une hernie. 

Malaisit, Malaisie ,M^d\ aisé, mal aisée, difficile. 

Malagauche, b. Variante de maladroit. 

Malaouix, Inversion pour magasin. 



M:^V 253 

IiLAX, Grosseur provenant de maladie, et ordinairement 
scrophuleuse. 

Ialandre, B. masc. Tout mal apparent, non seulement aux 
chevaux et aux bois de charpente, comme en français, 
mais aux hommes. 

lÀLE, 3. Homme fort et vigoureux : « in bià mâle. » — Ad- 
ject. appliqué, souvent à faux, aux plantes dioïques ; aux 
arbres et surtout aux ceps de vigne qui sont stériles. 

Iale bête (la), La ganipote, le loupgarou, le Je ne sais 
quoi des pauvres ignorants et peureux. 

Ialendurant, B. Peu patient, exigeant, hargneux. 

Ialgagne, fém. Tâche mal faite, galvaudée. — Entreprise 
oùl'im gagne peu. 

Ia'gré, Malgré. — Ma gré que, 0. Quoique. 

L^lheur (Feire in), B. Tuer quelque bète, fût-ce un poulet. 
Casser quelque chose. Expression souvent plaisante ; dont 
on abuse à tous coups dans quel malheur ! mais, comme 
elle emporte une idée de crime, on dit bien, et très bien : 
« Le bon Dieu ne feit point de malheur. » 

Ialhdreux, b. 0. Malheureux. — « Ah ! malhureuxl » 
Exclamation d'étonnement, même pour le bien, tant c'est 
le malheur qui est le plus familier ! 

Ialicieux, Se dit du temps qui menace d'orage ou de pluie. 

ÏALIN, Maline, B. Difficile à faire ou à comprendre. — Fini, 
bien trouvé. « Via çhi n'est pas bein malin ! » 

Ialine, Terme de marine, grande marée, celles de la pleine 
etde la nouvelle lune, — Nota. Les marins se disent, en 
se complimentant, les malins, 

Ialiner, Se dit des abeilles excitées, des mouches importu- 
nes, de tout ce qui est en Malice et en nombre. Voy. 
Emalî. 

ALiNÔ, Drap mérinos : « ine robe de malinô, » Voilà le 
mouton espagnol singulièrement transformé. 

A.LIRA dondaine, malira dondé, Refrain de rondes ; 
sans doute : ma lira ou ma rira , et non mal ira. 



254 3£A. 

Maltoûte, Maltùte ; impôt mal assis, mal levé, maie tolto, 
AUTREFOIS ; aujourd'hui, toute malversation, fraude, vo- 
lerie : « Y feit la malioûte. » 

MALVAT(in), Un mauvais sujet, un homme en train de se 
faire poursuivre ou de se ruiner. 

Malvau, Malvaut, male-vallée, ou chose ne valant rien. 
Nom de localité : « Fief de Malvau. » On dit ausâ : 
« charrue de Mal vaut, » triste ménage ou association. 

M' AME, B. Madame : « M^ame ine tèle. » 

M' AMIE, B. Ma amie, mon amie ; et non pas ma mie, qui ne 
signifie rien. 

Mancheron, Dimin. de Manche de vêtement : « êtreen matir 
cAeron^ ( de chemise ) » — Dimin. de manche d'outil, 
dans mancherons de charrue. 

Manchettes (douner in paire de), B. Prendre entre deux 
doigts les os du poignet et opérer un mouvement de rota- 
tion douloureux à celui qui est pris ainsi. 

Mancrot, b. Manchot ; lat. Mancus (manu corruptus, 
ou captus) d'où viendra Manquer, Mancrot est fort 
bon, puisqu'on dit bancroche. 

Mander, 0. Terme de boulangerie : avertir que le four ba- 
nal est chaud. Cela se fait à l'aide d'un de ces gros coquil- 
lages dans lesquels on corne. 

Mandrer, 0.|Serait peut-être mieux écrit m,endrer : dimi- 
nuer, devenir Momdre. 

Mandrille, 0. Mandille. — Loque, lambeau. 

Mangheaison, Démangeaison. — Empiétement des plantes 
sauvages sur la culture : « o veint des ortrughes (orties) 
qu ol est ine mangheaison I » 

Mangheoire, 0. S'applique même à Taugette d'un oiseau. 

Mangher, 0. — « être J/an^Ae' dès puces. » — « Qu'as-tu 
manghé aneut. ? » Qudle mouche t'a piqué ? — Dimin. 
Mangheotter. Dérivés : m^ngheour, mangherie, &c. 

Maniclle, R. b, 0. Manique. 



3d[^ 555 

Manier, B. Se dit concurremment avec Magner : par exem- 
ple, pour hàte-toi donc, ils diront : « Manie-i^ donc ; » 
mais à l'infinitif : se ynagner. 

Manière (en) de, B. Par forme de, en ressemblance à. — 
« De la manière que, » de quelle manière. 

Manipique et point cher, plaisanterie : mxgnifique, etc. 

Manigat, Manigate, Vif, actif, qui bien se manie. 

Manne, Malle. 

Manneçhin, Mannequin. 

'Manquablle, b. Syncope d'immanquable, mais signifiant 
seulement probable, possible : « 'mayiquablle qu'o mouil- 
lerat demain. » 

Manque, B. 0. Faute, défectuosité : « v'ià in manque, ou 
ine manque ; — trouver de manque, » de moins. 

Manquer, B. Tomber dans le besoin. « Je te promets que tu 
ne manqueras jhamais. » 

Mantâ, Manteau. 

Manuche, Petite main. 

Mâr, b. Le mois de Mars, qui même se prononce Ma : «ma 
mangheroit Fouaille et Fignà ; encore in jour, la B'rghère 
itout. » « A la Notre-Dame de Ma (le25), chaleuilà 
bas ! » — Màt de navire : « le grand mâr. > Oest L de 
malus changé en R, comme â Naples et à Venise : Ciar- 
diniy Garibardij pour Cialdini, Garibaldi. 

Maraçner, Maraner, Fatiguer et s'ennuyer tout à la fois ; 
mener une vie de Maragne, de Maure soumis aux Espa- 
gnols. 

Marais Nous mettons ce mot afin de pouvoir citer les sept 
béatitudes Saintongeaises : «Regaine, pré; pique, bouye; 
pousse, forêt ; sale, marais ; fouette, cocher ; vire, mou- 
lin : voici mon navire qui vient. » La vigne, béatitude su- 
prême, était encore peu connue, 

MarbUou, Malborough, dans la fameuse chanson : « Mar- 
brou s'en va-t-en guerre, » que le t nous autoriserait à 
réclamer. 



Marchand, 0. Acquéreur : « jhe vendris, si jhe trouvis 
marchand. » 



sn' 



M \rï''TrF.-;i-TETiRE, I*e nom de tous cpux que l'on ne pe^toi 
pj' Vf".!: n )mm.'T; le Personne d'Ulysse chez Poljrphéme. 

V.xnciiî'jixu U. F. Autre nom de guerre. — Un fusil. 

y.Wicui'.TTK, Dotente de piéye. — ilot libre. 

Mahmtkr, Pour marc ou niarde de fer : Mâchefer. 

Mardis; RAS (in). Un masque, personne masquée; chûJ«e 
♦•tfi-îiyanrcî f*t r.'*[>uj?nante aux campagnards : < Tilain, 
di.s«»nt-il.s, r'ine in tttardigras.^ 

MARKriîAr.ssKr:, Vieux mot pour gendarmerie. On joue 
vilaiiif^mônt lâ-tie:^î>us : marde échauffée. 

Mauknacd, 1)3 Marennes. — Nom de bœuf, comma 
itiarayis, itc. 

Maroaii.. Confusion, désordre, chnos. De marc, qui Tient 
de Mlill, froissement. En 0. margal est le rargras, 
plante. 

Maroot, h. la Pifî. — Autrefois diminutif, aujourd'hui dé- 
préciatif de Marguerite. Sous-diminutif: Margoton. 

Marooîlette, K. Mâchoire, en mauvaise part : « jhe te 
casserai la margoulette, — Par abus, le scrotum. 

Marork, et souvent ma gré. Malgré : « margré zeux. > 
— Margré que^ 0. quoique. 

Marouitb, Marguerite. 

Mariaghe, B. Dot. « Un bon mariage^ dit très bien le 
(Jlossaire du centre, n'implique pas toujours un bon 
mari. » 

Marichau, Maréchal. — Petit oiseau à tète fumée. Vojez 
Vitrac, 

Marignac, Commune marécageusa du canton de Pons. 

Maringotk, Charrette à un cheval, avec ime petite capote 
sur le devant. A la façon de Marengo ? 

Marion, D'où marionnette, dimin. de Marie. Jeu de mots 
à ce sujet: « marion! marions-la. » 

Mahiour, Epouseur : « in biâ may^ioury ma foi ! » 

Mariton, Dimin. plus caressant de Marie ; c'est presque 
Mnriquita espagnol. 



>X.^ 5 



4 fil 



ilARLE, ]\Ierlo, qui se dit aussi. — Gars de peu de valeur : 
« Alî ! lejlioli merle! » Dimin. marlaud, B. <^ cheirede 
mci'le Cil bisse et de bisse en r'n, » déchoir, aboutir à la 
ruine. 

SIarmande, 0. Xom de ville, pris en dérision pour merveille : 
« diroit-on pas qu'il a ieit Marmande ! » En Berrr, c'est 
Milan, (souvenir de Bituitus peut-être) qui symbolise La 
richesse idéale; remplacé cependant par le Pérou, <ju'on 
associe, chez nous et ailleurs, avec la Saintonge. 

Marmote, 0. Hanneton. S : Broutard (mot oublié). 

Marmoux, Méduse, polype de mer. Du grec niornio, épou* 
vantail. Il y a pourtant de fort jolies médu.ses. 

Marotte, B. pour Mario te, tète à Marie; gros bout d'un 
bâton; voy. Ricoche, — Tète en carton à l'usage des 
monteuses de bonnets de femme ; nous pourrions dire 
modistes : toutes le sont. — Camomille des champs. 

Marouil, Trèfle des prés. 

Marqué (papier). Papier timbré. — « n'en sera tiiarqnè, ^ 
L'enfant qu'une femme porte dans son sein aura quelque 
marque de son Envie, (voy. ce mot) si cette envie n'est 
pas satisfaite. 

Marre, R. B. Ilovau ; fourchu, au Midi. Ital. marra ;celt. 
marr. 

Marrochon, II. B. Petite marre, tranchante d'un côté, 
fourchue de l'autre. 

Marrouner, B. Groguf^r en angoissant. 

Marsèciie; Limousin, Les grains semés au mois de mars. 

Martourit, Martouriey Meurtri, meurtrie. 

Martrêches, Gros nuages de Mars. 

Marzèle, Margelle. 

Mas , R. b, (). Ro : Mes. Maison et terres qui en dépendent. 
— Nrm de localité : Mas d'Azil, &c. — Nam d'homme i 
Dainnos, Delmas, Dumas, — P. Sorte d'fduse aux 
marais salants. 

MaSx\guin, pour magasin. Voy. Malaguin, 






r:# 



îCat.. .-'1 u»vî.. Pia' iiL i:i>ui, c.:riiiiJ{'dD til m-ec vrcrp fean. 

Mail, j icttu:.. £l lanair des p:aiiîes. :fitrT:. xamaaiàT oe 
iauçutîUT . pa!- hieîfsurf ol laint- ù iîau. M arda un. 

M.ATi:i: uv . S^- redresser. rdninK' ^m mki : «'«nponier. — 

— MuU'f' anil" : vor^s^^ debout une Icrnsne jiièoe coo- 

Matin ;ai- Cf- iua*„iii. \l : f/ fr ntuiin. — dau rtiaiin ; du 
itvui^ri. L. 1^ ÎKHi niauii. 

Ma'J'JX. L*r tK>ri: 0^ ia uif.r oc '»*- ia (TlriiDJ^, "haTiii à chaque 
iiiar^î*- pcT ie- l.;as. lu:^--. ?/. a.v,v^ : pur rrec. Matfon^ 3ot 
ckîUicL^ > lu Mai''* — «TniTïifîan dai:-^ i:; pâte on niîleors. 

— Kv : Jar-iin ra:iî*iLÎ'-lj*»r. V. Motte, 

M AT', J^.MaJ. sul»^*. ♦ ^ fe":?-'^ Ir.u //?'1'm. — BoTnier în mmi* 
eiisorcei^r- — J/f/?f ^07m:i^a(»e }»iu-i^T3Ts noms, -à<*lo(a- 
Jiur îï.un/>ut^ t^ qa^lqu^j- autrt^ Iuot^, comme €n français 

//«^: \iejx. frdn<;. tiitm : Mauclerc. 

M^T'i^i/'M/t- Alou^te de mer de no- côi€s. iacBe à prirer. 

MAf;FA>^A-\T, b. Malfai'^aDt- 

MAri;%>;x<, Maij^juer, 'às^nv fahéi r/o/e^?/^ de quelq. chose. 

5Urf'KA, M^khaiit : Mal fera^. 

Ma^viUx"; TKH, HirKXit»^: faisam jeter mau... vais air. Yor. 

Ma< MAT; Terme oiiCciiiiin pour mal. V. Buhu. 

Maihion, Mouron, plante. — Jeu demot^ sur un plant qui 

v;i \Mki\i\\v : 4 ol e>^t dau inaurion. * 

MArvA<î>(lej, H. I/e diable Les anciens prote*^tants tradui- 
N'ii<'n< ainsi le (|<*niier mot de 1 ora'sen dominicale : « Dé- 
livre n<Miîs du wattvais, » et non du mal. 

MArvAi«/7//e>/, H. Chi(;ri enragé. Euphémisme par pra- 
deiMw*, - Homme dangereux. 

Mai vaihkti':, V. H. VJ'^^w'vw. Malice. 

MA/.vitiNii:, U, (ii'aiule casseroh» en terre, appointée sans 



doute d'Italie par le cardinal Mazarin... pouf être chan- 
gée en or, pour lui et les siens. 

Mazeroles, Commune du canton de Pons, qui renferme un 
autre bourg nommé Machène ; ce nom sent le combat et 
Mazeroles, la masure. — « A'vat à Machène ; ^ dit-on 
d'une femme battue. V. mâcher — Habitants : Mazero- 
lais, Machénais, 

MÈCHE. B. Moyen. « N'y a pas mèche, » Souvenir des ar- 
quebuses et canons à mèche, qui savaient mal tuer. On y a 
mis ordre, surtout de nos jours. V. Pllan. 

Méc'neûtre, Méconnaître^ — ne pas connaître du tout. 

MÉ'cREDi, B. 0. Ancien bon français, Mercredi. 

MÉcREiRE, B. Ancien français, Mécroire; ne pas croire du- 
tout. Participe : mécreyiit — ue, 

Medale, Medrale, Médaille ; tout débris de métal est de la 
medale, quand ce n'est ni argent ni or. 

Medis, Commune du canton de Saujon, arrondissement de 
Saintes. De mete, breton Medi, moissonne, moisson. — 
Habitants : Medillon-oune ? 

Medot. Médoc ; milieu des eaux, presqu'île. 

Medoçhin, M'doçhine, Médoquin, médoquine. — ine me- 
doçhine, orage du sud-ouest, redouté en Saintonge. 

MÉGARD exprès (p'r), à dessein , sans l'avouer. 

Meilleu, b. Milieu. 

Meimprendre (se), Se méprendre. Meimprise, méprise. 

Meimpris, b. Mépris. Meimpriser^ mépriser, 

Mein, Mien, fém. mene^ les deux e muets ou à peu près. 

Meindrai, MeindronSy futur du verbe Mener. 

Meinme, b. Même. — à meinme B. est plus absolu que le 
français A même : « Prendre à meinme ; boire à metw- 

* — ■ 

me (le vase). — Meinmem^ent, B. Mèmement. R. 
Meinmoire, b. Mémoire. Intelligence. 
Meis, Davantage, ou disjonction, V. Mais. 
Melagnous, Qui se sèche, se flétrit. Voy. mêler. 



560 3ric 

Melanghes, Fruits séchés au four. 

M'lasse, Mélasse. ♦ Doux c me la m' lasse. > 

MÊLE, R. B. Vieux fx^anç. mesle, du lat. rtiespiliirn ; Neffle, 
(où Ton a changé m en n). « Depeu la cerise jusqu'à la 
mêle , le faignant est trejhou benése. » Proverbe. — 
< L'année des grousses mêles » signifie une année rare et 
heureuse, ou impossible. — Mêlier, B. nefflier. 

Mêler, P. Sécher, se dessécher, au soleil ou au four ; s'adou- 
cir comme miel, ou devenir jaune. 

Melice, Milice. « Tirer à la 771" lice, » au sort pour le recru- 
tement. 

Mélisse, Plante. On dit aussi : « doux c'mela mélisse. » 

Melon, Bourdon ; qui cherche le miel ; ou bien c'est une 
onomatopée. — Poire melon, poire doyenné. — Nom 
d'homme. Quohbet grossier sur Melon et Meluche qui 
faisaient un four : % Melon fasoit la goule et Me-luche le 
chu. » 

Melouner, Bourdonner. 

Melour, Petite claie ronde ou corbeille pour faire mêler 
les fruits. 

M'man et même 'man. Maman. 

Même, m'mêy B. Grand mère. 

M'n, Féminin nT^ene, B. Mon, mien, mienne. Voy. Mein. 
— « M'n houme est malade. » « V'ià ta queneuiUe ; donne 
me la mené. » 

MÉN AGREMENT, B. Bonne économie. 

Ménagher, Adject. B. En ironie, maraudeur, subtil àe'em- 
parer des choses peu surveillées. 

Mendien, (prononcez iin), mendiennSy 0. Mendiant, 

mendiante. 

Mendiouner, b. Variante Ae méridieiiner ; faire un petit 
repas entre celui de midi et celui du soir. 

Mener dau brut, ou du bruit, 0. B. Amyot, Marot, Palisrf ; 
quelques modernes ; Faire du bruit, — Me7ier une danse, 
une chanson, la conduire. — Une bujhee ou lessive, la 

couler. 



MK 261 

Menet, menette, 0. Bigote bigote. Étymologie incertaine : 
menin des prêtres ? Messinc4 ? Amateur de messe ? ? 

Menettes, Petites mains. « 

Meni', B: meniney Marraine. Matrina. 

Meniche, menoche, meniecA^, dimin. caressants de Main. 

Menotte, Petite main, français pour une main d'enfant. Va 
très bien avec jo^nw^. C'est chose horrible que les rigueurs 
criminelles aient usurpé ce mot pour un instrument de 
supplice ; rien ne fait mieux voir combien les vieux légis- 
tes étaient barbares. 

Menou, minou. Termes enfantins pour appeler le chat. 

Menouère, B. (nous ne l'avons pas entendu en Saintonge), 
Poignée du milieu au faumanche du dail, ou de la faux 
et avec laquelle la main droite Mène en effet l'instrument. 

Mensonghe, b. Petite tache qui vient aux ongles et qui 
iadique, prétend-on, que l'on a autant de fois menti. — 
Noyau quelconque d'un peloton de fil ou de laine ; expres- 
sion fine^ qui ne serait que trop applicable aux pelotons 
des sectes et de la diplomatie. 

MbxtAte, O : mentâtre, mentastre, grosse Menthe des 
haies. 

Menterie, Toujours pour Mensonge, qui ne se dit guères. 

Mentocnette, Mentonnière. 

Mendsailles, Menuailles. 

Menusette», Idem, en plus petite proportion. 

Menusier, b. et menuserie, P. Menuisier, menuiserie. 

Menuson, Plus petit encore que menus ette, 

Menusserie, b. Minutie. Menuiserie au moral. 

Mer (vent de) , B. Vent d'ouest ; Zéphyre, chez nous peu ami 
de Flore. 

MÉiiAi, mérasy àc.» B. Syncopes de Mènerai^ Mèneras. 

MÉRANCOLiE, F. R. Mélancolie. 

MÉRATRE, Marâtre. Le français n'a pas Pérâtre, 

M*RCBR0N, Petit mercier. 



2Gt 



M'rcier, Mercier. — Nom proprç. 

Merde de coçhu ou de coucou, B. Gomme qui vient aux 
arbres^ 

MÈRE du vinaigre, la Lie qui en conserve la force. — «De 
toutes les mères, » 13. de toutes les espèces ou qualités. 

Meriennée, B. qui se dit aussi mariennée; Partie du jour 
jusqu'à riieure méridienne, jusqu'à midi. 

Merienner, pour Méridienner ; se dit des brebis qui à midi 
se serrent toutes ensemble, la tète de Tune sous le ventre 
de l'autre, pour sommeiller, un peu à couvert du soleil. 
4: merienne dejlià, tant qu'o feit de chaud ! » 

MÉRiNE, B. Plus joli et plus régulier que Marraine, comme 
diminutif de Mère. Il y a une jolie poésie santone sur ce 
mot. 

MÉRITE, Subst. Bouquet blanc artificiel attaché au bonnet de 
lajeune fille qui se marie; signe de pureté immaculée, et 
très-ordinairement digne de son nom. 

M'rlesse, 0. Merlate, Femelle du merle. 

M'rlaud, b. Marlaiid, mrlet, mrlut^ Jeune merle. — 
M'rlet est aussi le nom des bœufs qui ont beaucoup de 
noir ; fém. m'rlette, — Nom d'hommes. 

Merlu, P. Merluche, poisson. 

M'rluche, b. Jeune m'rlesse. 

M'rvée, Renversement de vermée^ pêche aux anguilles, 
appâtées avec des Vers au bout d'un simple bâton. 

Merveille, Pâtisserie de ménage : pâte découpée à petits 
grillages, que l'on tortille et que l'on plonge dans la graisse 
bouillante^l^avec un effet merveilleux. 

MES, Ro. P. Maine, V. Maine, 

Meschers, Commune du canton de Cozes, arrondissement 
de Saintes. Ducelt. Mes, Gland de chêne, forêt de chênes 
verts. — Habitants : Michelais — aise. 

Métal, Metau, Métal. 

MÉTAYER se prononce méta-yer. 



Mktive, Moisson ; ^le temps des métives.f> Le grain que l'on 
donne au métivier, k l'ouvrier qui fait les moisscms. Me- 
tivier s'emploie aussi par erreur pour colon pr.rtiaire, pour 
métayer, qui ne vient pas de 7netere, moissonner, mais de 
medhini moitié. Néanmoins ils disent bien métairie. 

Met, Voy. Mait. 

MÉTRAissE, Prononciation renversée de maîtresse, dit très- 
bien le Glossaire du centre. 

Mettode, Mise, costume. 

Mettre, Parf. jhe meitis, comme Timparf. 3*^ pers imùt- 
titowirnetta. Participe, onettut, m^lhte, B. Se dit d'une 
eau qui déborde : « La mer a mis ou mettut dans la prée , 
çhette fois. » 

MÉTURE, Méteil, ordinairement moitié baillarge (orge à épi 
plat) et moitié froment. Cela fait encore, dans les pauvres 
campagnes, ce qu'on y appelle du bon pain ! 

Meublle (le) B-. Tout le mobilier d'une maison : ^ a-t-il d'au 
meublle'i » 

Meûgne, Moue : Feire la meûgne. > V. moûgne, 

Meufl, Mûr, à maturité: « In rasin bein meuîL » C'est le 
r adouci en /, ce qui a lieu souvent. Autre exemple : Mou- 
lue pour morue. 

Meuil et Meul, Mulet, poisson. 

Meul (in) de cercles, une Meule de cercles, si cela pouvait 
se dire ; plusieurs cercles de barriques ou de tierçon roués 
ensemble. Si c'étaient des cercles de cuve, ce serait un 
rouet. 

Meurgheail, Tas confus, comme des décombres d'un Mur. 
— Tourbe de gens, de peu de valeur, canaille. C'est le mot 
berrichon raurgée, tas de pierres dans les vignes. 

Meurjhf (que jhe), Que je meure. — Meurrai Qhe), B. je 

mourrai. 

# "' 

Meursac, Commune du canton deGemozac. Du ceît. /neur, 

abondant, fertile, par humidité. Ainsi Mers sur la Loire, 

&c. 



Meix, Mieux. *0 ne rat ni mewu,* m p/V.> Itinéraire de ce 
mot. «lu'jrrec au p«itois : Meio. meliiis, iiieglio, mieux, 
mfux. i)ïï\oitXo\\'}onTs l^et i, consonne et voyelle li- 
qiilL^s, facileîiK^nt paraître et disparaître. 

Mf:^it, M'est avis, évidemment? Serait-ce le mot breton 
KmczL dit-eî!e ? la bourgeoise a parlé ; tout est dit : c'est 
la vérité même. 

MiÀLER, B. Miauler. Le vrai serait miaouler, 

MiÂLERiE. miâliSy Action, faconde miàler. 

JIiAr, Miel. Comme Xiveau, franc. fere/,angl. de libellum. 

MicHAU, Michel, nom propre qui signifie comme Dieu, 

MiciîOT, Petite micho, notamment celle que la mère a soin 
de faire pour son fils allant à l'école. inèmoria ! 

MiERTE, ou myeriCy Mj'rte, plante ; une des poésies di 
Hameau. 

MîGHE. Mie. MighettOy miette. 

MiGHEox, Nom propre. B. 

MiGHEOT, B. Pnin émietté dans de la boisson, ou piquette; 
collation ordinaire, Vété. 

MioHEOTTERiES, B. Petites caresses. Miettes de tendresse. 
Joli mot. 

Mrr.NER, B. terme Migaanl pour manger. — In rnigne-tout, 
un dissipateur, qui se ruine. 

MiaxoTER, Mitonner quelque chose ou quelqu'un. Rabelais 
a niignotise. — « Uiab' te mignote! » juron de fille. 

MiGxouNE et mgnoune, B. féminin da Mignon. 

M'gnounette, Appellation d'amour dans les chansons pas- 
torales : « ma ghentille m'gnounette. » 

Migrer, Importuner, tourmenter jusqu'à donner la Migrai- 
ne : « çheul enfant me migre p'rtant aneut ! » 

Micron, Commune du canton de Burie, coinei*te dVau l'hi- 
ver. Celt. mie. mig beaucoup et on, eau. — HabiUuits : 
Migronnais — aise. 

MiJHOUR, R. B. Midi, comme mezzo giorno, en Italien* 

Miuhambes, Millepieds, insecte. 



MîLL. U. Milloi. — Mill'haJai, mill à hahiis, ^ov^lio du 

MiLLA, R. 0. Pâte claire de rnaïs cuite au four. 

MiLLEUR, B. et Meillour, Meilleur. 

MiLLOCRE, fôm. Panic vert, sorte de millet sauvage. 

Milt.p'rtls, Mille pertuis, plante dont les feuilles semblent 
percées de petits trovis. 

MiMr, Nom enfontin du chat. Elevé jeune avec l'enfant, le 
chat est d'une douceur et d'une patience exemplaires. 

Min, a. B. Yov. Mein. 

MîXABLLE, Misérable, ruiné. Id. Berrv et Limousin. Ce mot 
vieut-il de miner, pour dire, ruiner par la base, ou de mi- 
neur, moindre, petit ? Nous n'osons indiquer le choix. 
C'est, dans le patois, une expreSvSion énergique et malheu- 
reus(?ment encore trop usitée, Quand on a dit de quelque 
pauvre diable : il est minablle, quoi ! on n'a plus rien à 
ajouter. Voici, selon nous, la gradiition : malhureux. 
chétil, grêlé, ?nhiablle. 

MîNAGHE, m. Huile aux grains, où étaient les Mines pour le 
mesurage, non gratuit. Nous verrons niinot. 

MiNÇHUDOus, Méfiant ; mal cuidant ; vieux mot. 

Mine, pour Chatte. Minette' en français. 

MiNÊLE, Vannerie en tresse de paille et d'écorces de ronces, 
que les campagnards fr.nt à la veillée et où les ménagères 
serrent leur graines] et leurs melanghes ou fruits secs. 
D'une ancienne mesure grecque, la Mine, qui était en mê- 
me temps une p(*tite monnaie, valant cent draclmies ou 
environ cinquante fi'ancs. Minable, sur lequel nous 
avons hésité,, pourrait bien avoir signifié (relui qui est ré- 
duit à une Mine. 

Miner, B. V. n. S'éboulcT, s'en aller en poussière. — V. a. 
Tourmenter, importuner ; moins fort que migrer, 

MîNEUR, Ne se dit communément que des pupilles ; ne sie 
rapporte pas à l'âge, mais à la privation de parents. 



W6 >II 

MiNKUT, Minuit. Mais rnlniut dans les chansons, témoin 
celle (le nos Roméo et Juliette, que cite également leGIcs- 
eêire du centre. 

MiNFiER, (se), Se méfier, se moins fier? 

MiNGARDE, Mégarde. 

MiNocHE, Petite chatte. — Terme d'amitié. — Minon, B. 
idem. 

MiNOT, B. ( ). Fleur de farine ; à serrer dans la Mine. 

Minotier. Marchand de farines, de grains. 

MiociiE, Petit bambin. Du grec Myon, mouche ? 

MiON, (vanardsiffleur. Un des prétendus démons qui faisaient 
autrefois la Chasse galerite. Voy, 

Miour.E, B : Miole, Moelle. Mioitle de seuil, moelle de 
sureau. 

MiouLER, V(\y. miàler. 

MiQUE. Pelote de pâte de maïs cuite dans Teau. Comme cela 
se pétrissait dans la main, on appelait la main, en plaisan- 
terie, le moule des miques. Lorsqu'il y avait encore des 
niais, on les envoyait, le jour du poisson d'avril, chercher 
le moule des miques ; ils recevaient un soufflet. Il n'y 
manquait que le fil du fou de Lafontaine pour les rendre 
sages. 

Miraclle! S'écrie-t-on lorsqu'on a mangé toute une grappe, 
« Miy^aclle ! d'in rasin j'ai feit ine nipe. » (raffle). Que 
n'est-on bien convaincu qu'il n'y a point de miracle plus 
miraculeux ! 

MiRELAiD, B. Ironie, pour Miroir. 

MiRLicoTON, \ Mirecouton, de l'espagnol ^nelocoion: 
Pèche ou brugnon à chair rouge, a/m6r jaune. 

Mirobolant, Etonnant, merveilleux ; avec ironie. 

MiROCiiON, Petit miroir. 

MiRof, B. Prononcé miroité, comme à Paris, Miroir. L'an- 
cien français écrit miroiter, qui se disait rniroiié. 

M1ROLA.NGIIE, Action de 



>XO 267 

MiROLER, Varier de couleurs ou de ciselures, de façon à rap- 
peler uu mlroitage. : Mii^gailler, 

MiROLURE, Résultat du niirolanghe; ces deux mots devien- 
nent synonymes. 

MiRON-MiRAiNE, Loc. adverbiale : d'une façon mirifique, ri- 
diculement merveilleuse. 

MisAiLLE, fém. R. Pari suivi d'une Mise. 

Misère (in) de temps, Une minute de patience, le temps de 
dire : Miserere met, Deus ! 

Misères (Faire des) à quelqu'un, B. Le tourmenter un peu. 

MissiPiPi, pour Mississipi ; Méchascébé, le grand fleuve. 
Missipipi peut se rapprocher de synapisse ; Voy . 

Mistenflute , Appellation de quelquHm que Ton gogue- 
narde^ que Ton mystifie. 

Mistrouille, Pâtée, bouillie salement gâchée. — Excré 
ments liquides. Dépréciatif de ^uz^c^r^, mêler. 

MiSTÛ, Ane, baudet. De mmî^^^r, serviteur, ministre, qui 
se dit tout droit pour àne en Berry, et aussi dans nos ar- 
mées, par la raison que les ânes et mulets sont, « char- 
gés des afiaires de l'Etat. » 

MiTAN, A. R. B. Milieu. Quasi Milan, Médian, Médiohn. 

Mite, Chatte. La Fontaine dit Chattemite. Latin, mitis, 
doux. 

Mitouffllé, r. Emraitoufflé ; flatté, séduit. 

Mobile, pour Immobile. Le caporal dressant ses recrues : 
« Les yeux à quinze pas devant vous et. . ,. 'mobile, » 

Moco, (Marine), sobriquet des Marseillais, qui disent proba- 
blement plus souvent qu'il ne faut coumo co, de même 
que nous abusons de Comme ça. 

Mode, B. Manière, sorte; tout le sens latin. « A la 7nodeq\ie 
n'on-dit, » comme Ton dit : « à la mode de chez nous, » 
^ Mode çhi mode, disent encore quelques vieux, p'rsu 
que mon çhu entre dans mes çhulottes ! » 

Moi, b. Sepron. Moue, 

Moindrer, Diminuer. Bon dérivé de Moins. 



2Ô8 m:o 

Moine, f. pour Moelle : « delà moine de seuil. ♦ (sureau). 

— Insecte, grosse libellule, agrion. — Tourillon en bois 
pour l'aire jouer la^ verge du fléau à l)attre le blé. 

]\Ioinkat; est quelque fois terme de mépris : « Le biâ hioi- 
ncau! » 

MoiNicHE, Femelle du moineau, Passicre. Voj. 

Moins, B. Nous disons Pûf5 />iom5 pour néanmoins, au com- 
mencement des phrases : « aie est in petit volaglie ; mais 
'pas moins, ol est in bon sujhet de fille. )» — Nous ne di- 
rons guère Au moins, mais à tout le moins. 

Moi.K, Subst. Moule. « Mesjhardes étiant toutes mouillées, 
ol a seclié su' le mole ; » sur mon corps. — « Lire dans 
le mole ou dans Yémolé, les lettres molées. » 

Mole (Feire de biât creût en terre) de grands embarras pour 
peu d'effet ; enfoncer les portes ouvertes. 

MoLiN, Sous-sol pénétrable aux outilb, avant de trouver la 
banche ou bien le roc. 

Monde, B. Quantité de gens : « oy avoit bin prou de monde.i^ 

— 01 est de bon monde, — « 01 est dau petit monde, » 
des enfants ou de pauvres diables. — « Nout' monde, ou, 
au plur. mondes, » nos gens, toute la maison. 

MoNJHEON, Haricot à fleur rouge et quelques autres, plus 
ronds ou plus gros que les 

MoNJHETTEs, Harlcots Ordinaires. Yoy. Maujhettes. 

MoNMUSSON, ipouv^^lvinnmssonfmonjhette ^oxxYmaiijhetiej, 
Passe dangereuse entre l'île d'Oleron et le continent. Les 
marins et marines plaisantent sur monmusson^ ton- 
musson, &c. 

MoNs (j'^^)» t^ mons, D. pour Je monte, &c. Jhe montis,]t 
montais. Jhe monti, jhe montii/ons, je montai, nous 
montâmes. 

MoNsiEU, B. nout* Monsieii, nouri)«m(?, Expressions des 
métayers et des domestiques pour désigner leurs maîtres. 

— Le Porc, vu qu'il ne fait rien. Voy. Noble. 

MoNSTREUx, Monstrueux. 

MoNTANCK, B. Quantité apparente. — Prix total. 



3^IO 269 

MoNTE-à-PEiNE, Sorte de laitue, 

MoNTE-APRÈs, Sobriquet (l'un épouseur trompé. 

MoNTiLS, (monticulo). Commune du canton de Pons sm' un 
coteau élevé. — Habitants ? 

Montpellier de Médilîan (du centre). Commune du canton 
de Gemozac. Ici, même incertitude que sur Montpellier de 
Languedoc : est-ce 7710ns pueliarum, mont des tilles, ou 
tnons pessulamts, mont de la clôture, de la barrière, 
frontière, &c. ? — Habitants : Montpelliérains, ou Mont- 
pelliérais ? 

Montrance, Montre, échantillon : « Pas s'ment la mon- 
trance. » 

Montre-solaire, 0. Cadran solaire. 

MoNTUT, Monté ; fém. montite. 

Moque, Gobelet en grosse faïence qui sert de tasse aux pay- 
sans ; c'est là dedans qu'ils font la roittie, et la trempine 
et le mijhot. Cela se casse moins qu'un verre, et peut se 
rincer moins souvent. D'aucuns y trouvent un autre 
avantage : un œi^ indiscret ne pénètre pas au travers pour 
jauger leurs libations. Toujours un peu de méfiance dans 
des gens si longtemps trompés. Ils verront le gabelou 
jusqu'autour de leur table, tant qu'il n'aura pas disparu 
de la terre. 

» 

Moque, B. Enveloppe de fruit où il ne se trouve rien. 
— (marine) Bouche de canon en bois. — Fenêtre feinte. 

MoQUERET, Moqueur. 

Morale, Réprimande. Yoy. Amoimle. 

MoRATON, Sorte de canard, ou de sarcelle plutôt. 

MoRCHE, fém. Sorte de chien-dent. 

MoRCiLLER, B. Mettre à petits morceaux. 

MoRciLLERiE, B. MorcUloYi, Action, effet àemorciller, 

MoRDACE, Mandibule, mâchoire, d'animal ou d'outil. 

MoRDAiLLER, Mordiller. 

MoRÈLE, Fauvette brune. — Moineau des bois. — Plante. 



5T0 ISIO 

MoRET. Voy. Moraton. 

MoRFLLAT, Effluve (le mucus uasal. 

MoRGAiN, Anguille de mer. Mot breton : enfant de mer. 
Ce fut le premier nom de Pelage. 

MoRGAiNE ou Morguenne (donner), Gagner la partie de 
cartes Luettes en faisant le plus de levées de suite, le 
dernier. 

MoRPAiN, Nom banal de Thonime, comme Marche-à-terre, 
Le féminin est très libre. 

Mort (à), B. à Fond, à l'excès, même en bonne part: < o yat 
des rasins à mort, quoi ! çhette année. » 

Mortagne sur Gironde, Commune du canton de Cozes, ar^ 
rondissement de Saintes. Du breton mor, mer ; tachen , 
échantillon. Habitants : Mortagnais-aise. 

MoRTiNER, Brûler sourdement et en s'éteignant peu à peu. 
C'est bien là le tison de la \ie ! 

MoRTOiSE, Mortaise. 

Mortuaire, Subs.B. pour Extrait mortuaire; acte de décès. 

MoRUT, Moruche, N. propres ; dira.de^oreau, Moreaude. 

Morver, R. Laisser couler le mucus nasal. 

MoRVOus , Morvouse, B. Morveux, morveuse. 

Motif, pour Locomotive, mot nouveau. Description d'un 
chemin de fer par un des nôtres à sa Bourgheoise : «.Fi- 
« gure-t'ine échale, couchée à pUat et sans râlons ; n'en 
met dessus in motif : o fume, o ronflle, o brome, o sublle, 
o pete et o f. le camp. » 

Motte, F. A. P. Ro: Matte, Chenevière ou jardin près 
d'un cours d'eau ; terrain relevé. — Toutes les autres 
significations. 

Mottut (terrain), Couvert de glèbes, de mottes de terre. 

Mouche, B. Se prononce très long. Mouche à miau, abeille 
ou abeuille. — La mouche, B. dans une foire au bétail, 
panique dangereuse, que les paysans attribuent à de la 
poudre de foie de loup soufflée par des filous, mais que la 
chaleur peut bien faire prendre naturellement aux bes- 
. tiaux ; ils deviennent indomptables, s'effarouchent les uns 



>10 tt7\ 

lesautres etcausent de graves accidents. — i/^5 mouches, 
un vésicatoire de mouches cantharides, dites catholiques 
en Berry. tantarines, chez nous. — Mouche de ch'n, 
ou bouine, ou goitine : Voy. ces mois. 

Moucher, B. Se dit du temps orageux , qui excite, qui 
émalît les mouches : « ô nnoûchcit fort à seir, » hier 
soir. — Se dit aussi des bestiaux qui se tourmentent aux 
piqûres de mouches : « les bœufs moûchiant à ne pouvoir 
les tenit. » 

Moucher, Bref, 0. se moucher : « mouchehem, mon gars! 
V li 7nouche pas. » 

Moucher quelqu'un, 3. Le réprimer court et net, soit en 
paroles, soit en action, comme par un coup sur le nez. 

Mouchiron, Moucheron de chandelle. 

MoûcHis, Moûchise, Sensible aux mouches- — Point moii- 
chis, patient, flegmatique, lambin. — Point moûchise, 
se laissant faire. 

Moucnof, B. prononcé mouchoné, Mouchoir. Nous disons 
plus souvent mouchenez. Pour le fichu que les femmes 
se mettent sur les épaules, c'est mouchoV de cou, ou 
colet. Les Anglais disent bien Handkerchief, Couvre 
chef de main, pour Mouchoir. 

Mouclle, p. Moule, coquillage. Joli bal, là dessus. Yoyezt 
Jhary^etières, 

MouDONS (jhe), Nous moulons, du verbe moudre. Le part, est 

MouDUT, moudue, B. 

Moudure, b. Mouture. 

Moudurer, Prendre la mouture. Voy. Emoudurer, 

Mougne, b. L'animal motigue, manque d'une corne ou 
n'en a que le mougnon, moignon ; minusculum ; ou de 
mancus, 

MoÛGNE, 0. Moue. « Feire la moûgne >, tordre le nez. 
Yoy, Meûgne. 

MouGNON, Moignon. Voy. Mougne, 

Mouiller, v. n. Pleuvoir. mouille, û pleut. « Mouillé 
c'me in rat, » d'eau sous entendu. « Jherai, quand a 
mouilleroit des z halebardes la pointe en bas ! » — Il y 



a lodimin. wo^ùVasscr, et plusieurs noms «leliencomposé^ 
du verl)e: Mouillepied, Mouille sole, <fec. 

MouiLLKHH, 1>. Localité humide. 

MoîMiiASSE, f;:rn. MouUird, enfant qui commence à mou- 
jhassrr, ù s(^ Mouvoir, à faire son petit tapage. Dimin. 
)nouJhas,son. 

MîU'MiANciiîK, Pierre uïpuliôre pour les moulins. — Façon 
de moudre : « bon ou mauvais raoulanghe. » 

MorLiNAoïiK, Façon ou prix du 

Moî:lînkîi, Passer le drap au moulin à foulon. 

MouLiNiKii, Foulon. 

Moi'LrE, R. et Moliie, P. Morue. Celt. mor, mer. 

MoT'MKNT, Moment. Movimentiim, raoumentum. Le fran- 
çais a bien ?/?.ouvement. 

MouMou, Nom enfantin du bœuf. ONOM. Comme le grec, 
bous, 

MouN, B. Mon. « Monn amit ; moun amie, moun habitu- 
de. » Devant les voyelles seulement; car on dit: mon 
père, mcm lils. Voy. Toun, soun, qui ont même emploi. 

]MouNAU^, Monnaie. 

MouNARD, Boudeur, Sournois, qui fait la nwûgne, 

MoÙNiER, Meunier. Voici l'interprétation du tic-tac ou toc- 
toc des moulins, selon les saintongeois : prends xf ap- 
porte, prends-y apporte ? C'est tout comme la cloche 
de la paroisse, qui va toujours disant : donne, donne ! 

MoÛNiÈRE, Sèsie, sorte de papillon qui, en effet, offre des 
teintes farineuses. 11 suce les fleurs sans se poser, repré- 
siintant à nos yeux Foiseau-mouche. 

MouNiTiON, Munition, surtout de chasse, V. Amonnition. 

MouRAiNES, 0. Hêmorrhoïdes. Espagn. Ahnorenas, — Au- 
tre sens ci-dessous. Voy. moure. 

MouRCÀ, Morceau. 

MouRciLLER, Mourcillon, Voy. Morciller, morcillerie» 



273 



MouRE, une Mûi*e ; mouriei^ ; mûrier. De là un jeu de mots 
avec le mot mourir : un arbre quelconque qui se meurt est 
un T^owrter. Mbwr^^, couleur noire que font les scieurs 
de long en détrempant de la paille brûlée, 

De la souche latine ou plutôt grecque moron, mûre, 
vient moreaUs couleur de cjheval noir et nom propre ; 
féminin, morèle, qui est aussi le nom saintongeais d'un 
petit passereau noirâtre, d'une poule d'eau, et du sola- 
niim furiosurn, qui a les baies noires. Enfin ^noret, mo- 
raton désigne une espèce de canard. Ajouterons-nous 
qu'on appelle moitraines la roupie du nez et les saletés 
qui peuvent s'attacher à la barbe, et aux loques inférieu- 
res des pauvres vêtements effrangés ? 

MouRÈLE, Vov. Morale. 

MouRÎ, Se dit du feu et de la lumière. « Ma chandèle est 
morte. » V. tuer. 

MouRïCAUD, 0. Moricaud. 

MouRiLLE, Morille, Champignon. Syn. de m,ouraine, dans 
le sens de pendeloque sale. 

Mourut (il a), B. Il est mort. 

Mousse, adj. B : Moicssaud, Eraoussé, obtus. « In coûta 
• mousse. » — * a' n'a point l'esprit mousse. » C'est l'op- 
posé direct de l'adj, prime. Mouch, en breton, veut dire 
couvrir ; d'où Mouchard, qui n'est pas mousse, mais 
caché. 

Moussiron, I^Jousseron , champignon (venant dans la 
mousse?) 

MousTOUS, moustouse, 0. Poissé, comme enduit de Moût. 

MousTRiLLE, Voy. Mistrouille. 

MouTER, Abonder en Moût. Se dit de la bonne rendange : 
« raoute-t-o ? — moule assez b'n. » — De là, l'adj. : 

MouTEUx, Qui donne beaucoup de Moût. - 

Mouton, Ver de la cerise. Voy. fi^rlin. — Moutounat, 
diminutif. 

MouvÉE, La quantité de choses que Ton remue, ou rrani- 
maux qui se meuvent à la fois : * ine mourèe d'osas, 
d'anyilles, de f 'rmis. » 



S74 :^LJJ 

MouvER fse)r Se mouvoir. Voy. Eènoutcr, 

Moyen (fticher)j 0. Chercher moyen, faire en sorte. — 
Par moyen que, 13. moyeiinant que. 

MoYENNER, B. < N'y a pas moyen de, raoyenner, » de réus- 
sir, de tix)uver un moyen. Voy. Mèche et Pllan. 

Muant, T. de marais-salant, un des réservoirs où l'eau se 
prépare pour faire le sel. 

Mué, R. B. Ne peut mieux se définir que ne Ta fait le Glos- 
saire du centre : « sorte de cloche à claire-voie sous 
laquelle on retient en plein air une poule qui a des petits 
poulets. » (Voy. Ghiole et Bélître.) Si M. Jaubert avait 
pu connaître la cage à crinoline des dames actuelles, il 
aurait pu abréger encore sa détlnition et dire : crinoline^ 
pour poule à poussins. 

MuÈLE, Meule. 

Muer, Changer, lat. miitare; proprement, changer la 

Muette, Pièce de fer, en forme de petite hache obtuse, 
plantée par le manche dans Tage ou perche de la charrue 
sur roues Selon que Ton tourne ou que Ton change de 
trou, que Ton "inné en un mot cet apj)ui de la chaîne de 
tirage, on fait plonger le soc plus ou moins. — Le nom 
de muette est donné, par analogie de figure, à tout retour 
de terrain par angle droit sur une autre pièce : * mon pré 
feit muette su le son » (le sien). 

Mul, Mulet, poisson ; lat. mullus. 

Mule de foin, Meule. — Mule, femme stérile. 

MuLON, Petite meule de foin. 

MuNG (le), commune et canton de Saint-Porchaire, arron- 
dissement de Saintes ; très marécageuse : MQ, humide. 

Mûresî, Mûrir. 

Musarder, faire le Musanl^ le flâneur, perdre son temps. 

Muscadin,. B. Merveilleux, mirliflore, lion de toilette, beau, 
fignoleur, enfin. Ces termes, pour désigner les jeune» 
gens à la mode, sont de diverses époques et changent 
comme la mode elle-mèmç. Muscadin (ou musqué) nom 
est resté du temps de la première République. Nous e 
reste-t-il autre chose? oui, les Petits-crevés. 







Museau, pour Muselière. 

MosEUx, qui a rhabitude de Muser, de bayer aux corneil- 
les, ou aux Muses, ce qui est à peu prés la même chose. 

MusiQUER, B. Faire de la Musique. 

Musse, Petit passage étroit et caché comme celui du rat, en 
latin mus, 

MussER, R. F. B. Montaigne ; Glisser quelque chose dans 
une musse ou cachette. Se musse)% s'insinuer, seghsser 
en secret. 

Musset, Très petit moucheron, bibion, qui se mw^^e partout 
jusques dans les >■ eux Ou dit parfois « entêté c'me in 
miisset, » et c'est aussi juste que de dire comme un mu- 
let. 

Mdte, R. 0. Meute. V, Emute. 

Myrobalan, r. Mvi'obolan. S'annonce comme le mets le 
plus rare et le plus friand du monde : ^ t'auras des Myro- 
balans. > 

Mytouche (Ste), pour S te N'y touche.' « Feire sa sainte 
Mytouche » sa mijaurée, sa prude, sa renchérie, son in- 
nocente. Le patois traduit, sans y penser, le vrai sens du 
français. — Se dit aussi des hommes hypocrites, fourbes, 
dissimulés. 



276 



N 




n Est euphonique même au commencement d*une phrase : 
< n*en veux-tu, n'en v'ià, * pour dire beaucoup. Devant 
le son i, n devient gn: « gn'y en a-t-o ? gn* y at encore. 
Gn'y.enap*us. » 

On dit conséquemment: «à rC in cot, à n*in moument;» 
mais le sens mélodique empêche de dire : « à n' ine fois ;» 
il y aurait deux n. On àirait plutôt : « ià-d-ine fois. » 

Cependant, ils disent nÂnne , nAnnette, et autres 
noms propres avec n pour initiale ajoutée. 

N s'ajoute aussi aux impératifs suivis de en : «dis-donc, 
comment appelles-tu ces poires? — ar' en ! ol est des poi- 
res tàte-nen ; si a' sont bonnes, mange-n'en. » 

iV remplace l dans quelques mots : tient il les; m, dans 
gerner; r, dans nallentî, &c. 

Sa prononciation très nasale rappelle Tancien g final 
dans loing, besoing, d*où, encore aujourd'hui , éloigner, 
besogner. N et gn sont d'ailleurs tellement frères ! 

Ces observations sont communes au patois berrichon 
et sans doute à beaucoup d'autres. 

Nabucher et nabusser, S'amuser à des riens ou Iplutôt s*y 
occuper, comme l'enfant, le petit Nabot. 

Nainçolée, Herbe aux cinq coûtes, plantain Lancéolé. 
JVpour /. 



'^A. 277 

^MS^\jT,—ueetNatssuty B. Né. Lltal. nasciuto, 

Nallentî, Rallentir. 

Nambourill, Nombril. Nambourit, ià,Yoy.LambourilL 

N ANCRAS, commune du canton de Saujon. Du breton Lûn- 
craw, peut-être, terre creusée : il y a une grande et 
profonde source. Habitants ? 

Nansoupe, Nansouplle, Nansouqxie (nom chinois), Mous- 
seline un peu grosse. 

Napit, Napie, Mouillé jusqu'à la peau, trempé d'eau, comme 
une Nappe qu'on lave, ou comme une Napêe. 

Naquet, R. petit Laquais, petit valet. Le français dit comme 
nous Naqueter, et nous avons de plus naqtietoii, 

Nasitord, R. (Le nez s'y tord), Cresson alenois, âpre au 
goût. 

Nation, Dit comme invective, sous entend : dau Diablle, 

Natre, r. (a très bref), Se dit pour qualifier uu enfant vif 
et indocile, discole, turbulent. L'Italien nabisso, qui 
rappelle notre nabusser, a le même sens que natre, mais 
ne semble pas avoir la même étymologie. Natre serait-il 
le breton netra, rien, vaurien?? 

Nature (la), le sexe des femelles. 

Naturel, Subst. Caractère : — Sensibilité. « N'avoir pas 
de naturel. » 

Nau, B. r. Contraction du méridional Nadau, rappelle 
mieux que Noël, le natalis, lat. le jour natal (de Christ). 

' — Bûche ou souche de NaUy B. Gros tison que Ton metr- 
tait au feu le jour de Noël, avec force amusements. On 
conservait ensuite les charbons, comme préservatif contre 
le tonnerre. Convenons que Franklin a fait mieux. 

Naudet, Naulet &c. noms pr. tirés de Nau. 

€ Si vous venez chez moi seigmeuriser, 
J*irai, monsieur^ chez vous Naudétiser. » 

Farce ancienne à 4 personnages. 

Naufragée, pour Désastre quelconque, fût-rce un incendie ; 
de même que nous avons vu me^wrftepouvoir se dire pour 
naufrage. . . 



278 IVK 

Nacle, Nauve ; O : Nasse, mots qui viennent He Nager 
et qui pourtant signifient un endroit où Ton ne nage pas, 
où l*on ne marche pas non plus, une Enlise de Norman- 
die, un de ces lieux trompeurs où le sol demi-liquide en- 
l'once sous les pieds. Voy. Courbe et Gar'gousse. 

Naurrigeat, Naurrigeon, Nourrisson. 
NouRRiN, Pourceau qu'on élève. 

Naveao, R. 0. B. Navià, Navet. Dim. Dulat. Napus, qui 
vient du grec Napg , moutarde et peut-être de Thébr. 
NB, abondant. 

Nazille, fém. Naseau. Le français a Nasiller. 

Nazot, Petit nez ; tenue de nourrice. 

Ne, B. S'omet fréquemment devant Pas, comme dans La 
Fontaine. « Vindras-tu pas ? n'on zou a pas dit. ♦ 

Nectorson ou Négretorsorty Carrefour à cinq chemins 
dans les landes d*Epargneâ, célèbre autrefois comme ren-* 
dez-vous de sabbat ; un des Valpurgis (voy. dans Faust) 
de la contrée. 

NÉGRAUD, Homme ou bœuf très brun, tirant sur le noir. 

NioRE, B. adj. Noir: 4(ofeit nègre. » Du latin niger^ 
nigri, qui vient lui-même du grec ne argos, non blanc. 
Rabelais dit nigre. Point d*ide9 négative; le néant n'est 
pas. 

NÉGRESÎ, B. Noircir. 

NÉGRETÉ, Noirceur, couleur noire ; ténèbres. 

Neiges (dans les), B. Dans le temps des neiges. On appelle 
neige fondue, la pluie fine en hiver ; c'est mieux dit que 
neige pourrie, B. qui se dit de même. 

N'en, pour En. Voy. N. 
Nénet, Teton, terme enfantin. 

Nenny, F. Marot. B. se prononce nan^ny et s'emploie 
bien plus fréquemment qu'en français. — Nenny dà, 
très forte négation, t Ne dire ni oui ni non ni nenny, » 
B. user de réticences, de réserves, de restrictions, de 
diplomatie. C'est un art qui court nos chemins, tout au- 
tant que ceux de Normandie. 



Nentille, B. Palissy. Mesnage. Lentille, légume. 
Netéyer, B. Vieux fr. Nettoyer, qui alors était poétique. 
Netier, b : Nett Nettoyer, — d'où, netieur, netieuse. 

Nette est des deux genres. C'est chez nous que naquit le 
mauvais calembourg de table : < si le bon Dieu a feit le 
ciel, jh'avons feit les Pllanettes » (les plats nettes). 

Neu, b. Nouveau. ♦ Tout fllambant 7teu, > < Que m'apporte- 
ras-tu de la foire, p'pa ? — in re (rien) tout neu dans ine 
poche creusée. » 

Neûre, Nuire. Particip. neusani, neiisitt, neusue, 

Ni:usANCE, Nuisance. 

Neuse, id. « boughe-te donc : tu me feis neuse, » 

Neut, Nuit. V. Aneitt. « Se mettre à la neut,^ s'attarder. 
« De neut » denuit, pendant la nuit. 

Netjtamment, Nuitamment. 

NÈVES, Ro. Niaiseries, Commérages. 

NÉ VER, Dire des Nêves, 

Neveur et 7ievoitr, Neveu. H ajouta. 

NÉYER, B. R. Vieux français, comme Netéyer : ^Noyer, 
verbe. 

Nez de C/in (Freid c'me in), B. Froid comme un nez de 
chien. 

l^iAV eiNieu, B. : Nichette, Nizairon, l^ichet, œuf 
naturel ou factice laissé dans le nid des poules afin de les 
inviter à y pondre — • Argent mignon et de réserve : 
* oh ! le vieux Trompe-la-mort, il a be gardé le Nuu. (Se 
prononce f/;u*aw). 

Nfc, Nid. 

NicAiSE, Nicodême, Nicolas ; D'où vient que tous ces 
noms, qui sont en grec des chants de victoire, sont deve- 
nus des sobriquets d'hommes stupides ? C est le cri de 
l'esclave derrière le char du vainqueur. 

Nicot a en outre le sens d'indigent : « feit nègre chez 
Nicot : gn*y a pas de pain. » Lorsque la fcurnée est con 



sommée et qu'il ne reste plus de pain après souper, ce 
qu'on évite, du reste, on dit : « Nicot couchera-t-i' içhi, 
chette neut ? » 

NiÈLE, La nielle des blés, lychnis gitagho .'graines noires. 
Se prononce gnièle, 

NiEUL, (ni œil), Prononcez gnieul ; : naduel (n'a d'œil), 
orset ou amphisbène, reptile cru aveugle, faussement. 
Voy. Sourd, Sereine, 

NiF.UL lés Saintes (près Saintes), Commune. Peut-être de 
nidolus, petit nid. — Habitants : ? 

NiGACDiN, Petit nigaud. 
NiGHEASSER, (uihU agcre). S'amuser à rien. 
NiGHEASsoN, Enfant qui nigheasse, 
NiGHÉE, B. Nichée et nitée, qui ne sont point tout à fait sy- 
nonymes : nichée est l'action dénicher, et nitée le résultat. 
NiGHER, B. Nicher. Rabelais a déniger. Voy. 

NiGHER, Se Noyer; du grec Pnighein. Pour Noyer actif, 
on dit feire ni g fier. 11 n'est plus besoin de dire que le 
parfait est i' ni g hit, 

NiGHEOiRE, Mauvaise barque ou mal gouvernée. 

NiGHis, Provin. De nigher , Faire un nid, ou de faire m- 
. gker, plonger la branche dans la terre. S'applique sur- 
tout à la Vigne, comme le mot provin, vigne prolongée. 

NiLLE, Forme de Ta Textrèmitéd'un rayoti de dévidoire ou 
d'une béquille. C'est le français Anille, entendu avec l'ar- 
ticle la nille. Du latin anilis, qui convient aux vieil- 
lards. 

NiNE, B. Fém de Nain. Ainsi de tous les masculins en ain: 
Alain, Aline ; quay^antain, quarantine. Le franc, va 
plus loin en faisant de Daim, Dine. 

NiNGLLiGHENCE, B. Négligence. 

NiocHE, B. Niais, (sortant du Nid.) 

Nippe, Chiffons au bout d'une perche pour balayer le four 
avant d'y mettre le pain. C'est contre le feu ce que le /aw- 
bert des marin» est contre l'eau. Quand deux ignorants 



IVO 281 

OU deux vauriens se font la leçon l'un à Tautre, «la nippe 
n'en remontre au fargon, » 

Nipper le four, y passer la nippe. Il ne ressemble guère 
ensuite à une femme bien Nippée. 

NiQUEDOUiLLE, B. dim. plaisant de Nicodème et autres. 

NiT, Nid, (finale sentie). 

'NiVRER (se), S'enivrer. 

Nix ! B. Non. C'est l'allemand de nos troupiers. 

Nyope, Myope. 

No, Non ; exactement le no anglais. 

NoBLLAîLLON, Terme de mépris contre un petit gentilhomme, 
ou gentillàtre. 

NoBLLE (le). Le porc, vivant sans rien faire et habillé de 
s ies. Voy. Monsieu, 

NoBLLE YEii! Noble gusux! sorte de juron. — Injure aux 
nobles pauvres, aux pauvres qui font les grands. 

NoBLLESSE (ine). Un sobriquet, tel que Jean de la lune. 
Voy. Lune. 

Noc, Nœud. Voy. Nod et Not. 

Noce, B. La fête du mariage et les conviés : <c jhe ne ferons 
point de noce, 01 étoit ine bêle noce. » — « Feire des 
7ioees, » B. en terme de nourrice, des bouchées de pain 
et de fricot pour Tenfant. 

NocER, B. 0. Paire bombance. 

NoD, Nœud ; le plus rapproché du lat. nodus, le radical 
conservé, comme c'est l'ordinaire. 

Noix, B. Pelote de graisse sous l'aile d'une volaille. — Gîfo 
à la 7ioiïr, terme de boucherie ; partie analogue , vei's 
l'épaule du veau. 

Nom de nom ! Euphémisme du juron Nom de Dieu ! 

Noms principaux des bœufs : Auhineau , Bllanchard^ 
Bouquet, Bric/iet {bigarré, Breton), Bonvalet, Bru-- 
naucl, C a si aln. Châtain^ Corhet, Dreiiier, Fromen-^ 
tin, Gaillard, Jholit\ h\om\(^^\v. Marais \ M ara ns, 
Marjholct, Marcnnaud, Maréchaud, Mrlet, Nou-- 

3H. 



5^ T<CP 

sillet, Pigheon. Remarin, Rondelet, Yélet , blond 
bai (angl. i/ellotc), &c. 

N'oN, L'on. « y on zou dit, 7t'on zoxx creit. » 

Non (^gw^^ />a5, B. Sert au second teimie des comparaisons : 
Palissy l'emploie ; et nous disons tous les jours : < a' vaut 
meis dans son petit doigt que non passa, sœur dans tout 
son corps. » S il n'y avait que non, ce serait italien. 

NoNOSTANT, Nonobstant. Voy. Nostant. 

NoQUE, B. Noix du cou, qui est plus saillante par derrière 
chez les femmes et devient la nuque ; du lat. nucleus, 
noyau. En avant, c'est, chez les hommes, le développe- 
ment de la glott-e, qui fait la voix grave. Noque u est 
usité qu'avec le mot cou : « la noque d'au cou. Arrou- 
sons-nous la noque dau cou, » buvons bien. 

NoQUET, Dernier né d'une couvée, d'une famille ; novisshvè 
creius, ou novicellus. Le français n'a que le vilain terme 
Culot ; et le provençal, un plus laid encore, cagoniov, 
qui choque dans le charmant poème de Mireio, par 

. Mistral. 

Nord Aïs, marine, Nord-Est. En Provence, le Mistral (le 
maître vent), est le Nord-Ouest, que nous disons, avec 
nos marins, norouâ, 

NoRE, Bru; du lat. nurus, de l'hébr. NORE, enfant. 

'NoRiNE, pour Honorine, nom de femme. 

NoROUÂ, Nord-Ouest. 

Nostant, Nonobstant. Voy. Nonostant. 

NoT, B. Nœul. — Not courant, O. Nœud coulant. 

NouAiLLors, Nouait ieuœ, B. Ronsard. Très noueux, en 
parlant du bois. 

Nouasse, B. Gros nœud, surtout à im arbre. 

Nouassous, Nouasseiix, B. qui a des nouasses. 

Noue et Noud, B. R. Yoy . noc et nod ; Nœud. 

Noife, 1]. Embranchement des canaux d'un toit. — Botte de 
jonc pou;- s'aider à nager. Gr. naein. 

NouiÉE, Nagé<*. 



3VU 283 

NocETTE, Cordon de soulif^r^ ordinairomont fr\ cuir. 

NouGHEAï, Marc d'huile de noix. 

NouGHER, B. Noyer, arbre. Le lat. niix se prononçait 

NouMÉE, Loupe, tumeur indolente. De noue, peut-être. 

NouNE, Nonne. (Novicina ?) 

NouRRAiN, B. Jeune porc, Nourri pour la vente. 

Nourri, B. Nourrir, mais qui s'emploie d'une manière ab- 
solue: « Nourrit^elte ? (son enfant) ». — « 01 est in pro- 
priétaire çhi nourrit (des bestiaux). » 

Nourrice (en), B. Se dit des jeunes plants d'herbes ou d'ar" 
bres plantés provisoirement pour être changés de lieu. On 
dit aussi à la nourrice. 

Nous (Chez ou cheù), B. Notre maison, notre demeure, fût- 
on célibataire ; et surtout la chambre où Ton se tient ha- 
bituellement : Plus intima encore que le home (domi) 
anglais. 

Nout', NouVe^ B. Nouire, notre. 

NouviA, Nouveau. Nouviàté^ Nouveauté, 

NouziLLAT, Dans le Poitou, espèce de Marroos. 

NouziLLE, A. B. Noisette. Nouziller^ A. Noisetier. >Vo«- 
zillère, B. idem, et lieu planté de Noisetiers. 

NuAiLLOus, Nuageux. 

NuNU, Sommet de la tète d'une sardine parce que, si on en- 
lève les yeux, il reste une membrane qui vibre au souffle 
comme un mirliton : Nunu nunu ! 

Ndt, Nue, Nu, nue ; autrefois Nud. Lat. Nvdus. 



■ ■■■ I m .i..»<W.M».— ^-^WT* 



2S4 



O 



U Latin détient ou : coumander, coumencer &c. quand 
il nes'élide pas. 

Se met pour e dans orreur (evrenr), B. pour au dans 
'of're (sauf), B. qui s'écrirait mieux *aufre. 

0, Notre pronom neutre, to grec, hoc latin, it anglais; biep 
mal traduit en français ps^r il ; o mouille, il pleut. 

Obéyî, Obéir, 

Obllier, b, Oublier, 

Ôblligher, Obliger Le part, est souvent d'obllighé : « Jhe 
serai d'obllighé de zou dire. 

Occupant, B. Minutieux. 

Occuper, B, Inquiéter, tracasser, préoccuper, 

Odeur, Odeur, mais \o est très long ; il sonne audeur, 

CEu, B. (Euf, « Douner in csu p'r avoir in boeu. Çhi vole iu 
œu voleroit in bœu. » Proverbes. — Œn de Jhau, œu de 
Sarpent. V. Cocatri, 

ŒuiLS, Toujours pour yeux, < A la fourét de 4 œuils, » 

CEuillade ; Dans le conte de Jhean le sot, on recommande 
à cet amoureux de jeter des œillades à sa maîtresse \ 
pour s'en munir, il arrache \e^ œuils à ses mouton?. 

Œuillet (Huile d'), B. Huile d'œillette, 
(EuiLLETÉ (Pain), Biônlevé, 



Ï.)fre, B. pour Sauf. Voy. Saufre. 
Offrit — ie. Offert, offerte. 

GNAT, Il y a. 

Ognoune, Oignon gerqié que Ton replante. Yoy. Eignon, 

Oi. Diphthongue qui, selon M. Littré, caractérise le dialecte 
français de la Langue d'o^7, et qui, en effet, sert encore 
chez nou« pour dire Oui. 

Oie est masculin : « Bète c'me in oie, » — Mangher Voie, 
terminer une tàjche. Aacien régal sans doute accordé aux 
ouvriers. 

OiNXE, B, O'.Onse ; Rabelais dit oince; Jointure des doigts. 
Pu latin uncus. Angl. ink, le pouce. Dicton sur la mer, 
applicable aux science3 et surtout au progrès religieux : 
« m'man, m'mau ! la mer est-éle donc 'fonde (profonde) ! 
Jh'ai "sacqué mon doigt jhusqu'à Y oince ^ yé jhe n'ai pas 
trouvé le fond. » 

OiR Se prononce ouer, comme en Berry, dans l'île de 
France, en Canada, dans tout le vieux, français. Or a 
même quelquefois ce son. Voyez Ençoire, 

Oiseaux (fait aux). En perfection ; comme les Oiseaux font 
leur nid, ou comme une belle Exemple d'écriture, toute 
mirolée:, enjolivée A^ oiseaux, 

Oisi, A. B. Osier; Voy. Dousi, 

Ojhe (quejh', quet', quil), subjonctif d'Avoir. 

Ol, Le pronom neutre devant une voyelle : « ol est dit, o 
n'est pas feit. » 

Ou, olif, R. (heule d'), Huile d'olive ; ce qui revient à dire 
olive d'olive ou huile d'huile, puisque huile, oleum, est 
l'olive même. 

Olone, Ro. Arbouse. Olonier, arbousier. Etym.? L'arbouse 
et la grenade ornent la foire (11) de Vaux sur mer. U olone 
abonde-t-eUe à Oléron? ou aux Sables à'Olonne ? 

Olonghe, Oronge. 

Ombragheous, Ombrageux ; jaloux, 

0>I^^ETTE, Ombrellp, 



2«6 



O MIN QUE, Serait mieux écrit au min que, à «moins que. 

Onclle, Oncle; soit matereel, avunculus, soit paternd, 
patruuSy comme en français ; soit enfin le toari de la 
mère remariée. 

Ondaine, Trait de temps, durée de Tattente, eau à laisser 
passer sous le pont, comme Ton dit : « d*içhi là, y at ine 
bêle ondaine. » Expression très bien figurée ; si ce n'est 
pns la corruption du mot antienne, lequel s'emploie dans 
le même sens. 

Ondéyer, Verser de Teau sur. le front d'un nouveau né, en 
attendant le baptême. Français : Ondoyer. 

Onglle, B. fém. chez nous et dans le midi ; Ongle. 

Ongllée, B. Onglée, franc, et aussi maladie des yeux cliei 
les bestiaux : taie qui envahit l'œil par le coin, comme un 
Ongle. 

Opinion, Prononcez opignion, Répugnajice. Voy. Pignot» 

Oppouser, Opposer. 

Oppression, Impression. 

Opulent, Arrogant, fier, dédaigneux. 

Oraghe, Féminin, R. B. Orage. 

Ord'e, Féminin, A. B. Ordre, espèce, qualité : « jhe vous 
en bar ai de la bonne or' de. » 

Ordrer (faire), Une chienne ; avoir de son espèce. 

Oreille de prêtre ; dans Rabelais, oreille de Judas ; sorte 
d'agaric des champs, Agaric-oreille de Lesson, Argoine, 
versLaRochellc,a(7ancM5 Eryngii {dewenn argoinef)» 
Très bon à manger. Voy. Carniole. 

Orghe, Féminin, Orge. 

Orifllambe, F. Oriflamme. Ancien drapeau rouge de l'abr 
baye de Saint-Denis, de Paris, dePrance. 

Orifllan, R. Éléphant; animal merveilleux. — Ivoire ;. cor 
de Roland, olifant, fait d'ivoire. 

Orillée, oreillée, La bande de terre que détourne TOreille 
de la charrue. La Talonnée (voy. ce mot), reste du côté 
opposé. 



ÔTJ 287 

OrîLLER, Oreiller. 

Oeillette, Petite oreille. 

Orillons, Oreillons, maladie des joues. Voy. Jhotrâ. 

Oriou, Meilleur mot que Loriou et Loriot : le Loriot, oiseau 
d'Or, aurea avis. 

OriplI, Oripeau. 

Orlière, Anse adaptée jlu bord, à TOrle, d*une baille, d'une 
basse i d'un tire-vin , «Stc. Voy. B'rliére, 

Orreur, B. Erreur : « i ' sont en orreur l'in avec Tautre. » 
(Horreur se prononce Aureur), 

Ortaill, OrteU. Du lat. articulus, 

Ortrughe et ortughe, B. Ortie. — Ortiigheous, couvert 
d'orties. — Ortiigher, s'ortughery piquer, se piquer aux 
orties. 

OsA, Oiseau. — Osa de maçon, grande pelle à deux manches 
pour porter le mortier sur les épaules. — Bet dosa, sorte 
de raisin blanc à grain allongé, aigre au goût. 

Os ANC II E, Losange. 

Oselet, Oiselet, avicellus, — Nom propre. 

Ostiner (s'), b. S'obstiner. C'était le bon genre, du temps 
de Tliéod. de Bèze, que de supprimer le b. 

Otage (en), En occupation chez autrui. Hôte, hostis. 

Ou, B. Remplace fréquemment o : bonne, chouse.pourae, 
coûte y fousse, estoiimaty &c. — Remplace eu dans 
demourance, poûre, qu' houre ; et A^n^ presque toutes 
les finales en eux : envions, potirons, paressons, &c. 

Ou pour zou, après négation : « je n'ow seis pas. » 

Où, B. Os. « Jhean de grous oûs, » homme fort. 

Ou ! Cri d'appel, qui est plutôt hoii ! car il devient souvent 
jhou ! et se répète : in tel ! jhoû! jlioû ! 

OuiUER, Aubier, espèce de saule. 

Oubllie (ine). Un pain à cacheter. 

Ovv\.\KVi et A'onbjyer, {Yoy. Oi7/^A^r^, Oublier, eu fai- 
sant entendre Ty , y(*i\ 



28» CPXJ 

Où ce que, B. Où. « Jirèrons oii ce que tu voudras* > — • 
« Oit ce que tu vas? » Souvent : « ou que tu vas? » où 
vas-tu ? 

Ouci ! Cri pour renvoj^er un chien. Voy. Taici! ta ci! 

Oueillîî:, Brebis, ovile. Yraie prononciation du mot, alors 
roème qu'on récrit ouaille. 

OuEY, Oui. C'est ai, en appuyant, quasi oiL 

OuicHE, Oui, en se moquant : « ai ouiche! attends-zou ! » 

OuiLLETTE, Petit entonnoir. 

OuiN-ouiN, Imitation du chant des coqs de caille. — Refrain 
de chansons sur les capucins, à raison de la voix nazillarde 
qu'on leur attribue. 

OuMADE, Lieu planté d'ormes, ulmi, qui était oulrni. 

OuMEAU, Ormeau. Oumià, ounniâ, idem. 

OuMERASSE, Petit orme que Ton dédaigne. 

OuMEROLE, Petit orme que Ton veut soigner. Voilà bien tout 
à fait les modificatifs italiens. 

Ouô ! Cri pour faire arrêter bœufs ou chevaux. — S'applique 
aux gens par moquerie. Voy. û ! 

OuRE, Où. <« Owre vas-tu? » Voy. Vbwr^? plus employé* 

Ourle et curie ; : Orle ; Ourlet, qui n'est qu'un diminutif 
dulat ora, bord. 

Ourmille, ounnilloUf B. Petit oline. 

OtJRS, Ours. La diflérence est que le patois fait sentir le s 
iinal, se souvenant du latin iirsus (oursosj, 

OusER, B. Oser. 

OusiER. B. Osier. 

OÛTER, B. R. Oter. Voy. Douter, Du grec ôthein, comme 
le suivant. 

OuTROUMER, Oter, enlever. Othein et le latin iurbar 
(tourbar). 

OuvRAGHE, B. Féminin. «V'ià ine bêle oiivraghe! » M. de 
\'aiige!as permettait cette façon de dire aux femmes. 



OZ 289 

Ouvrit, ouvrie, B. Ouvert, ouverte. 

OuzANE, Hosanna; le dimanche ôi'ouzane^ \& dimanche des 
Rameaux. — Poume d'ouzane, petite pâtisserie rappe- 
lant encore (je l'ai vu en Limousin) la forme sacrée du 
Phallus, et que Ton donne aux enfants pour être suspendue 
aux Rameaux ou Rampans de la fête. Vestiges des an- 
ciennes solennités du Printemps, de la reproduction des 
êtres en Egypte et en Phénicie. Voy . Pine. 

Ovale (ine), Une baille qu2 a cette forme ou plutôt celle d'une 
ellipse et qui se porte à deux sur les épaules. Voy. Com- 
porte et Machecoii, 

Oy, B. Oui; comme ouey, 

Oyut, Oyue, Eu, eue. Participe d'Avoir, ital. avufo. 

OziLLAT, Ozillac, nom de localités, à cause, probablement, 
de rOsier qu elles produisent. D'où LosignaCy village 
près de Gemozac. 



ol. 



290 



P 



Paban, Localité près de Saintes; semble indiquer une origine 
bretonne : Pa ban och ? d'où ètes-vous ? 

Pabou ; B. Pabeau et Papou; Pavot des champs, coque- 
licot. Depappos, duvet; lesétamines. 

Pacaud, Paschal, nom d'homme, que nous recueillons à 
cause de notre proverbe économique : « Durera-t-o, 
Pacaud? N'avoir qu'ine poule et mangher tous les jhours 
deux œufs ? » 

Padre (le), Le curé, à l'espagnole, à l'italienne ; mais un peu 
en plaisanterie. 

Pagail (en), Marine, en désordre, en détresse, à l'abandon. 
De la pagaie, rame primitive des sauvages; ou de l'hé- 
breu. Voy. PigouiL 

Pagner, 0. Panier. 

Paillassons, Enveloppes de l'épi du maïs. Voy. Coçhillons. 

Paillassouse (semaine), La semaine après la Toussaint, 
parce que, dit-on, le blé qu'on sème alors produit plus de 
paille que de grain. 

Paillaughes, Les paillassons avec la tige. Augmentatifs, 
l'un masc. l'autre fém. de Paille, 

Paillé, A. B. R. Tas de paille fait avec soin pour passer 
l'hiver dehors. Et non pas Grange, comme dit Mérimée, 
sur Fœneste. 



291 



Pailler, Rempailler. Paillour, rempailleur. 

Paillous, Pailleux, en parlant du fer. Voy. Peillous. 

Pailloune, Grande corbeille en paille. B : Paillasse. 

Pain enchanté, 0. Pain à cacheter. C'était primitivement 
des hosties mal venues et qui n'avaient pas été dignes 
d'être Enchantées ou consacrées par le prêtre. On dit, 
moins bien. Pain à chanter. — « Trecher son pam, » 
B. mendier. — « Avoir dau pain de çheut ou de cuit, » 
B. être condamné à mort, soit parla nature, soit, surtout, 
par les juges. 

Painchaut, Panicaut, (Formant panicule), chardon rolant 
(roulant, une fois coupé), ou à cent têtes. Il y a un conte 
à la Mandragore sur la racine quelquefois bizarre. 

Paire (in), 0. Une paire. C'est le neutre latin par. « In sot 
et 11 fasant lepait^e, » Se prononce jpeV^, premier e long. 

Paisan, R. B. Régnier: Paisant ; Paysan; se prononce 
pésan, — Bon paisan, cultivateur aisé ; artisan, qui 
exerce un métier ou un état, comme ils disent, un tra- 
vail manuel ; — Bourgheois qui a des gens sous ses or- 
dres et travaille peu par lui-même. 

Pajssance, (pessance), Action de paître, nature du pacage. 

Paissut, ue. Participe de Paître, verbe qui est mal doté de 
pu, en français. 

Palacre, masc. Se prend pour Balafre, ou plutôt pour une 
grande plaie vive : « Il avoit la jhambe tout en palacre » 
— Commérage, cancan, rapports malveillants sur une 
affaire. » 

Pale, R. B. Pelle, dans tous les sens. — « Avoir ou donner 
la pale au chu ; B : la paille ; « être renvoyé ou ren- 
voyer quelqu'un penaud. Pale est ici plus fort que pail- 
le : il jette l'individu comme de la boue, ou comme si 
c'était un mort sous la pelle du fossoyeur. 

Palée, b. R: Palerée ; Pelletée. 

PALÉNE,Les diverses espèces de bromes, graminées. Les tiges 
donnent une sorte de Paille. 

PAiiENTRAGHE, Linteau ; plat, en effet, comme wnepale. 



202 



Paleter, et Paler, B. Se servir de la pelle. — La vigne : y 
mettre des échales, des pals ou pauœ. — Verbe neutre : 
être aisé à remuer avec la pelle : « o ne pale pas b'n. » 

Paleron de VEjmle, Omoplate. 

Palet, Etablissement de pèche fort primitif au pied de nos 
falaises : ce sont quelques Pals ou pieux fichés dans le roc 
à basse mer. et reliés entre eux par des perches, sur les- 
quelles, à la marée, le hardi pécheur vient appuyer sa 
truble. On pèche surtout ainsi les salicoques ou la 
santé. 

Palette ; Ceci est une chasse de nuit, la picorée, où Ton se 
sert de palettes en bois pour abattre les pauvres oiseaux 
endormis. — De pois, la gousse commençant à se former. 

PAlesî, B. Pâlir. Se lit dans Palissy. 

Palisse, En Berry palissade ; haie vive en Saintonge. A. 
P. — En Angoumois, an lieu de paillissCy corbeille en 
paille. « Mettre le çhu dans la palisse^ » manquer de 
courage. L'àne passe pour y mettre la tète, quand il est 
attaqué par le loup, ce qui serait bien sa meilleure posture 
de défense. 

Paloche, fém. Palochon, masc. diminutif de Pale, Palo- 
che fait le verbe Palocher. 

Pâlot, masc. petite Pe'le encore ; fait paloter, B. et ^a- 
lotis y action depaloter. 

Pâlot, Pâlotte, Un peu pâle. 

Palpune, Palombe. 

PÂLOUR, Pâleur. 

Palu, Paint, F. R. B. Marais ; pur latin Palus, Nom de 
beaucoup de localités. Dans le Bordelais, les vins de pa- 
lus s'opposent aux vins de graves. Tout un quartier de 
Bordeaux, se nomme Paludate. Et il est curieux d'ob- 
server que le manteau d'honneur des Romains, Paluda-- 
r)ientum y doit, d'après ce nom, avoir été primitivement 
une casaque tissue de roseaux. 

Pampelune, 0. Expression vague d'un endroit très éloigné, 
comme si c'était dans la Lune. 



I»A 203 

Pampin, Nom d'une fontaine près de Mortagne-sur-Gironde, 
c'est le latin Pampineus, pampre, que nous disons : 
Pampru, 

Pan, R. 0. Empan. On dit encore un pan de nez. — Nous 
av ;ns près de Cozes un bois de Pan; est-ce un vieux sou- 
venir du vieux Dieu? 

Panetrole, fém. Carabe noir, que le pain attire. 

Panouille, fém. Panicule, masc. du millet; épi du maïs. 

Panser rf^,B. Prétendre guérir de quelque mal, par don 
miraculeux ou par secret. On dit aussi panser pr. Les 
religions de miracle, entretiennent, bon gré malgré, les 
superstitions. 

Pansion, Passion, dans tous les sens. « Le dimanche de la 
pahsion, » Que de gens adorent ce dimanche-là ! 

Pan-sous-terre, Pour pain-sous-terre, le Topinambour. 

Pantes, B : Panty abrégé de pantière; filet à prenilreles 
petits oiseaux de passage. Primitivement la pantière était 
pour toutes les grosses bêtes : Pàn thêr^ 

Pantière, Espace que chaque douanier parcourt d'allée et 
de venue, en guettant son gibier. 

Pantodmine, Pantomime : l'idée de Mine, chose connue, 
au lieu de Mime, qui ne lest pas. 

Pantoufflle (en), « Mal en point, sanglant et gâté, » comme 
dit La Fontaine, tel est in œuil en pantoufflle. 

Paon, Se pronoûce en deux syllabes, Pa-on, 

Pâques (œufs de). Œufs teints en différentes couleurs, que 
l'on donne ou que l'on vend aux enfants, à Pâques, et 
avec lesquels ils jouent à qui de son œuf cassera l'œuf 
d'autrui, absolument comme les rois avec nos tètes. Dans 
le moyen-âge, les œufs étant défendus pendant le carême, 
on fêtait joyeusement leur retour. 

Paradoze, (douze) ; jeu de mots sur Paradis, (dix) : — « Tu 
n'éras pas en Paradis. — Yé b'n, jh'érai en Paradoze, » 

Paraghe, B, Partage à faire, propriété commune. 
Pa"rai? Pas vrai ? « Pa'rai qu' i' zôu creit ?» 



294 



Par aillours. Par ainsi. Pat* après, D- et vieux franc. 
jusque^ ilaas M»iîîêre. D-^ptiis, on a supprimé par, qui 
prêtait au vairue et qui en était gracieux. — Par pllaces, 
H. de lieu en lieu. 

Parapel. Bien plus honnête que le grossier Parapet. 

Paraphe est féminin : ine ]>araphe. 

Parap'uie, Parapluie et plus souvent parasol. 

Paravant, F. pour Auparavant. 

Parbleur, en Chan fraisant^ au lieu de Parbleu. 

Par cas, Parhazard : lat. Casu. 

Parc, Se prononce Par et signifie un simple toit, à brebis, à 
poules, à porcs, à chiens. 

Pa'ceque. Parceque: et c'est, sansy rien ajouter, la réponse 
évasive à tous les P'rquoi ? (Pourquoi). 

Parche, B. Perche, snrtouxla parche de Vrsouretd'arâ, 
l'âge de la charrue ou de l'araire : et la parche de char- 
rette qui se pose en long sur une charretée de foin ou de 
paille et qui, prise d'un bout dans réchai cite et de l'autre 
dans le câble enroulé sur le tour ou guintleau, permet de 
parcher, de serrer la charge. Lepœuddu câble, en pareil 
cas, est le no/ de parche ; en marine, deux demi-clés. 

Parcon, B. Dimin. de Parc. Se fait ordinairement en bois. 

Parcot, Parcou, Noms propres, venant de ParCy ou du 
lat. pareils, économe plus qu'il ne convient. 

Parde, B. Yoy. Perde. Pardu, Voy. P^rdut. 

Pardi ! Pardié ! Pardine, Euphémismes du juron Pardieu! 

Pardounablle, 0. Excusable, en parlant des personnes. 

Pardocner quelqu'un ou quéquin, 0. Pardonner à. 

Pare, Exposition, disposition. < En hèle pare; » offrant ou 
ayant bonne prise. 

Paré, Parée,Prèt, prête. Terme pris des marins. 

Parer, 0. Préparer ; présenter: « Par^ la dôme! > Tends 
ton tablier ! « Pa7'e la main » &c. 

Parement, F. Parure : « à' mettit ses p'us bias pare- 
ment s. » 



I»A 295 

PaRfin (à la) , F. B. Tout à la fin. Expression regrettable, 
non pas dans le vers de Ronsard : 

La rose à la par fin devient un gratecu ; 

mais dans nombre d'autres circonstances. 

Pargoine, Parguié, parguienne. Équivalents de Pardieu. 

Paria, Nom pr. qui a dû signifier pareil. V. Parion. 

Pariêle, Patience ; plante, ruraeœ ; anciennement Pa- 
relle. 

Pari'^îue. Gageons que « Pari que si! — Pan' que 
non. » 

Parier-mettre que, même sens : « Parier-mettre qu'i' 
ne vindra pas ? » sous-entendu « veux-tu ? » 

Par iLà, Par là, en plaisantant et jouant sur Par ici. 

Parion, Parioiine, Pareil, pareille ; égal, égale : « çheu 
drôle n'a, point son paWon ! » « ol est be tout pmHon, 
être mordutdau ch'n ou de la vesse ; » être trompé par 
ici ou parîVà. 

Pariour, Parieur. 

Vkm.k'ST p'r respect, B. 0. Formule employée toutes les 
fois qu'on est obligé de mentionner un animal réputé 
ignoble ou une chose sale. Quelquefois, la malice s en 
mêle : « faignant c'me in moine, parlant pr respect. » 
— Parlez-moi deçà! Parlez-moi d' in tel ! 0. for- 
mules d'éloge. « Parlons-n'eiî dans' la rue des muets ; » 
ironie. 

PARLEMEKt, R. B. Vieux français, Entretien, COU vcrsation. 

IParler doucement, 0. Parier bas. — Parler angllais, 
en fait de vaisselle, sonner la fêlure. 

Parlure, F. B Langage, prononciation, façon de parler. 

Parli (jli^)-- i* payant, jheparliyons, &c., B. prétérit de 
Parlef. 

Parmi, B. S'emploie comme adverbe : « y en a de bons 
parmi, » 

Paroissien (le), Le porc à l'engrais. Est-ce sans maligne 
allusion ? 



200 



Paroles écartées, B. Propos sans raison, indiquant le 
délire. 

Parolier, Prodigue de paroles. 

Parolis, Long propos de parolier. 

Parpaillon, R. 0. Papillon. — Moulins des P«rpat7/on5, 
localité à l'Est de Gemozac, à la source même de la 
. Gémoze. 

Parpaillots, R. B. Papillons; et aussi les Huguenots, lors- 
qu'ils se brûlaient, comme papillons, à la flamme ortho- 
doxe, tant regrettée ! . 

Parpaing, Toute sorte de cloison de chambre, même en 
bois. 

Parsounier, F. B. Qui prend part à une possession ou à un 
travail. 

Part (de), B. En société. « Seyons de part. » — Hors de 
part! s écrie volontiers celui qui fait une trouvaille, avant 
que ses compagnons disent : c?^ jpar^ .' Ceux-<5i criaient 
autrefois : «Mercure est commun. » — Part et portion ; 
ces deux mots se suivent dans Tusage ordinaire comme 
dans les actes notariés, autrefois modèles de Battologie. 

Parterre, Chute, en style plaisant. Scarron dit de la 
Sib vile qu'elle 

Fit un parterre et mit au jour 
Un remède contre l'amour. 

Les mauvais plaisants s'empressent d'aller balayer ou 
arroser la place où une personne est tombée. 

Parti, R. F. 0. B. Ss fendre, se partager: «le pain a 
partit, Çhèle terre est si sèche qu'aie est tonte j>artie. » 

Parties (les). Sous-entendu sexuelles. 

Partillet, Partition, Coups de cartes supplémentaires 
pour décider le gain d'une partie. 

Pas, Passage laissé à une clôture : « va donc passer SLXxpas!* 
— * Le pas de la porte, » le seuil. — « Passer le pas^ » 
mourir. 

Pas d'âne. Tussilage ; c'est la forme de la feuille. 
Pas de bœUy Nénuphar. 



• * 

Pas de jhati : Les jours croissent « à Nau, d'in pas de 
jhaii ; à la Sainte-Luce, d'in saut de puce ; à la Sainte- 
Etienne, dîne ayillée de laine, &c. » 

Pas, Sans autre négation, B. « zou sais pas. J'hai pas 
soi'. — Mais, dans les comparaisons, î26n s ajoute inuti- 
lement : « Jhe la préfère mieux que non pas sa sœur. » 
— Pas se dit de trop devant guères, R. 0. « Gny en at 
pasyeres, » c.-à-d. pas beaucoup. — Pas moins, B. né- 
anmoins, malgré tout : « Pas moins, il a réussit. » — 
Comynepas in, B. autant que qui que ce soit. Convenons 
que le patois est ici plus court et plus doux. 

Passagher, — GHÈRE, 0. Passaut, passante, en parlant 
d'un chemin ou d'une me. 

Passe (être en) de, En position, en mesure. — «Etre en 
boune ou en mauvaise />«^5<9, » en bonne ou en mauvaise 
situation, réputation, état de santé. 

Passe-carreau, Barre de bois sur laquelle les tailleurs éten- 
dent les coutures que leur carreau doit applatir. 

Passe, cornard ! Mot du jeu des métiers, espèce de cheval- 
fondu, où trois ou quatre enfants courbés à la suite l'un 
de l'autre reçoivent sur leur dos les partenaires adverses, 
qui doivent nommer au hazard les outils d'un métier con- 
venu ; or trois de ces outils ont été réservés seci^tement, et, 
si on les nomme, on porte à son tour. Mais le premier 
saut est gratuit et accueilli parle singulier congé : passe, 
cornard ! le deuxième a pour réponse : Passe, lour- 
daud ! ce n'est qu'au troisième que l'on déclare le métier. 
Le cri de grâce est : Gheorghes! serait-ce d'origine an- 
glaise ? 

Passée, Passage, des bètes de chasse, des oiseaux voya- 
geurs ; des ouvriers suivant les sillons, les andains, les 
rangs. 

Passe-p'rtout, b. Grande scie à deux poignées avec la- 
quelle deux hommes tronçonnent les grosses pièces. 

'Passe-pied, B. Petit passage ménagé entre deux planches 
de jardin potager. 

Pass-porc, En plaisanterie, pour passe-p'^rt. On ne prononce 
pas plus le c que le t. C'est ainsi qu'un marin dit à un 
autre : « tu vas te faire raser su' Xepor ? » 



32, 



20S i*^v 

Passk-raghe, Nom, malheureusement usurpé, de bien (les 
plantes, un Lepidium, une Iris, &c., &c. — Le Perclilo- 
rure de fer, préconisé aujourd'hui, réussira-t-il mieux? 

Passer un livre, 0. Le lire d'un bout à lautre. Nos vieux 
protestants comptaient le nombre de fois qu'ils avaient 
passé la Bible dans leur vie. Quant à moi, j'avoue que 
j'ai passé sept fois le contrat sociaL 

Passerat, 0. Jeune moineau. 

Passière (ine), Un passereau, un moineau. 

Passoi' (in), 0. Une passoire. 

Pastisser, O. Manier indiscrètement et longuement, comme 
Pâte qu'on pétrit. 

PÀT (être d'in bon), R : Past ; Avoir bon appétit; trop d'ap- 
pétit. — Etre facile à nourrir. 

Pat a pat. Terme de jeu : Par pari, en latin ; Point à 
point, manche à manche, égaux de chance ; voy. Pater. 

Patafioler, Terme plaisantpour détruire, confondre : «que 
le Bon Dieu te pata fiole ! » 

Patapouf, Individu gros, gras, lourd, massif. ON. 

Pataque, Pomme de terre ; au lieu de. 

Patate, Parmentière ; car la Patate ou batate, en Améri- 
que, est autre chose, 

Patatrà, Bruit, effet d'une chute. Onomatopée. 

Pàtenoût'e, Prières de routine, chapelet, Pater noster ré- 
pété. — Chiendent à chapelets. 

Pater, Rivaliser, s'efforcer de devenir pat ou égal ; latin 
]oar. « Veux-tu pater ? >> se disent les élèves en écriture. 
Mais ailleurs aussi la patte s'en mêle. 

PATiu^ors, Palillenx , Vétilleux, délicat à manier, à 
patiner. 

Patin, Grand pied, de femme principalement. 

Patin-bodiche. Vov. Bodiche, 

Patingote, Grande redingote. 



299 



Pati-i»ata, Pénitence aux Jeux-innocents : le patient, quel- 
quefois patient de bon cœur, se tient à genoux, la tète sur 
d autres genoux et la main derrière le dos ; on frappe sur 
cette main : ♦ pati-pata, qui embrassera ça? » un objet 
qu'il ne peut voir ; il désigne telle personne, à bonne ou à 
mauvaise rencontre, et reste là jusqu'à ce qu'il réponde: 
moi! 

Patirà (in). Souffre-douleurs, une victime résignée, du lat. 
Patij souffrir. LeB. dit patirat. 

PÀTissE, Herbe fourragère ; sorte de Pàturin ou d'ivraie. 

PÂTOUR, B. Petit pâtre, Pastor. — Nom propre. — N. de 
lieu. 

Patraque. Voy. Pataque, 

Patriote, S'emploie encore dans son vrai sens pour libéral, 
brave citoyen. 

Patron Jacquet, B. Voy. Jacquet, 

Patte ou Pâte, R. Tous les sens français ; plus, Agraffe. 

Patte, R. B. Patu, en parlant des oiseaux. — qui a de la 
terre prise à ses pieds, en parlant des autres animaux ou 
des personnes. 

Patter, b. Verbe neutre appliqué à la terre. Prendre et te- 
nir aux pieds : « o patte, à matin, c'me tout. » — Agraf- 
fer. 

Pattiche, Patfuche, dim. de Patte. 

Pau, r. b : F : P: Pal ; Pal, pieu ; employé surtout comme 
Pau de charrette» 

Paufer, le Pal en fer qui fait l'axe aux meules de moulin. 

Pauficher, Manier grossièrement. 

Paufourche, p. b. fém. Pieu-fourchu, notamment pour 
soutenir les cordes à étendre la lessive. 

Pauler une charrette, La garnir àepaux, 
Paulet, (se pron. Polet) Pau courtet gros pour le guindeau. 
Paulure, fém. le troua recevoir le Pau. Pron. x>olure. 
Paume, 0. Balle à jouer. 



3W 



Paumelles, TnTerst^ «n b(4s qui joîgneat les limons et 
raîguille d'im chairôl. — l a peu autres eu Berr^'. 

Packer. R^*iDdir cr>mn)e une paume. 

Pacmuer, Ji. V««v. Peaviii^ter. 

Pac?!, Piedaer qae'^ueîe-Tain mou. 

Pac're, B. Pauvre. Se met toujours devant le nom des 
défunts, qui n? s »nî prr^baWemeat pas si pauvi'es que 
nous : « mon jê i«'/"e [lere. («ievant Dieu seit soun âme ! )» 
U. — Elst aus:â tenu? d affection, O : < paure amit ! » 

Pacrrit, Paurrie. Pourri, pourrie. 

PArTRiGXER , Manier salement. Dêpréciatif de Palper 
(pauper) ou d« paufleher. 

Pauvre (ine), O. Tue pauvresse. 

Pa\'Êe ( goule ^^ li<»u ^he endurcie à manger les choses bouil- 
lantes; — à bavarder sans se lasser jamais. 

Pavocher, Dimin. de |»aver. Mais rappelons que tous les 
verbes peuvent avoir de semblables dîminuti^. 

Pay ; Vov. Pey. 

Paye (p'r sa), O. R»ur sa peine, pour sa récompense. L'y 
fait consonne, comme dans 

Payis, Pays. 

Peau de sei^pent, O. C'est la surpeau. Vo3^ Sarpent. — 
D'orange, O. écorce. — De paume. O. pelure. — 
Peac, en terma d'injuiv, 0. femme de mauvaise vie; de 
l'Esp. pelleja, qui est le lat. pellex, le f^rec pallakis, 
sans vrai rapport avec peau. 

Peaumcer, B. Changer de poil ou [de surpeau. Quant aux 
oiseaux, c'est seulement muer. 

PéçA (le), La poitrine, pectus. 

Péché et Pécher, La première syllabe muette, quasi /)VAe; 
Péché et pécher. « seroit péché que de zou feire, » il y 
aurait conscience. Se prend aussi pour dommage, comme 
en Italien : « quel péché d'abattre çheul àbre ! » 

i'EcQUER, (première syllabe muette), Manquer, faillir: 
* à* V'àtpecqué bêle! » 



i»jÉ: ■' 301 

Pecquette (feire), : Péque; pecquer, Manquer, ne pas 
leussir : * zeu maria jhe a Mt pecquette. ^ Peeoare. 

PÉcuNE, R. Argent comptant ; pecu7tia, qui vient de ^j^cm^, 
troupeau, le premier trésor. Tous les élèves savent ce 
vers à mot coupé ou à synderèse : 

Déficiente pecu-deficit omne-niâ. 
Qui manqua d'ar-manque d'air-gent. 

Peignard, Chardon à bonnetier ou à foulon, Dipsacus, 

Peigne, Seran. 

Peignée (ine), 0. B. une volée de coups. Vo3^ Pignée. 

Peigneur de cherve ou de Chanvre, 0. Filassier. 

Peignon, Fruit accrochant de la Bardane, du Panais &c. 

Peille, fém. 0. B. Chiffon à faire du papier. — Paillette qui 
se lève à une pièce de métal. 

Peillot, Surtout des petits enfants. 

Peilloûs, Pailleux, en parlant des métaux. 

Peine de Vilain, ne se compte pas. Vieux proverbe féodal 
qui se dit en plaisanterie, sans éveiller les vrais souvenirs. 
— « o ne vaut pas la peine, » 0. ce n'est pas la peine. 

Peinturlurer, Se dit quelquefois sérieusement pour Pein- 
turer. 

Pelàgnous, Dont la peau se lève par places, par écailles. 
Pelasse, B. Ecorce, grosse peau ; d'arbre, d'oignon, &c. 
Pelassous, Un peu moins que Pelàgnous. 
Pelât (Maine), et non Plat y je crois : nom de localité. 
Pelauder, R. Battre, maltraiter, donner une Peignée. 

PÉLE, R. P. Poêle ; de Tltal. Padella, lat. patena, quod 
patet, ce qui est ouvert. 

Pelée (ine) , Volée plus forte que la Peig née . 

Pelée (tète), 0. Tète chauve. 

Pelés (trois) et in tondut, Pour dire peu de monde. 

Pèlerin, Pelé^Hnaghe, pour Pèlerin, Pèlerinage, 



nB2 



Peligre, Ti(|ue des boi.s ; semblable à une écaille de la peau. 

Pki.issk, Surtout d'enfant ; sorte de lange en laine et qui 
était primitivement une peau. 

Pklisson. N.mi (h loculité et di personne. Il y a un bal sur 
Pelisse )n et ses bas. 

Pelon, p. (chose pelée). Le rachis de l'épi de maïs. 

Pelolne, li : Pelon ; P. La peau extérieure, la bogue de la 
<h'itaigno. De là, d îs roses à petoune de mur^ronSj dont 
le calice est tout hérissé. 

Pelouaille, qui se pron. Peloueille, nom d?. localités. Nom 
suspect, indiquant un lieu hanté par le loup garou, qui y 
2)éle les ouailles et laisse la peau. 

Pelourde, Palourde ; coquillage plat. 

Pelut, F. li. Velu, (qui est lem^me mot), couvert de poils. 

Penader, p. R. Vagabonder, courir, faire jouer les pieds. 

Penadier, Penadière, qui Peixade . 

Penaille, Pauvre misérable loque, vêtement tout à fait eu 
lambeaux. — Gens qui en portent de te!s : « ol est de la 
penaille. > Dugrec P(?n/a, pauvreté, ou des iiènes de 
tisserand. 

Penaillon, Dim. de Penaille, Vov. Penille et Penillon, 

Penance, Habit un peu moins délabré que la Penaille, 

Pendail. Arc dentelé à chaque bout et dont un malheu- 
reux porc fait la corde, suspendu par les talons, comme 
Hector. 

Pendille, Vov. Dormille, 

Pendiller, B. Est souvent actif, 

Pendilloche, B. Pendeloque, mais souvent burlesque. 

PÊNES, Terme de tisserand ; les bouts de la chaîne. Pur 
grec : Pêne, toile, d'où Pénélope. 

Penille, Penillon, B. adoucissement de Penaille, P^ 
naillon. 

Penot, B. Petit pied ; plus joli que Peton, Voy. Pennt. 

Penouille, Voy. Panouille. 



Pensement, R.B. La Fontaine. Vieux mot très regrettable; 
action de penser. 

Pentaine (en), Marine : En désordre, à l'abandon, même en 
débris, presque enpagail ou en pagaye. 

Pentecoûte, R. B. Pentecôte ; le 50® jour (en grec^ après 
Pâques. « Entre Pâques et Pentecoûte, tant feire son 
dessert d'ine croûte. » — Plante : Torchis à fleurs lâches. — 
Roses qui fleurisseat à la Pentecôte. 

Pentes, Voy. Pantes. — Pente pourrait cependant venir 
de ^^n^^ en tapisserie. A. 

Penuche, fém. Penuchon, maso, diminutifs de 

Penut, Petit pied. Voy. Penot, Il y a un bal : « La Guil- 
lemette Voudroit mettre Ses petits penut avec les miens.» 

P'PA, pour Papa. 

P*PÉ, Pépé, B. Grand père. 

P'pie, Pépie. 

FpiN, Pépin. P'piniêre, pépinière. 

P'PUT, Huppe, oiseau. Voy. Pitput. 

Fr, Pour; Par ; qui se confondaient dansToncion frFnçais; 
voyez les titres des livres: « à La Pvochelîe, /}02rr Jacques 
Dupiiy. » Un libraire aurait peut-être mieux sujet de dire 
que les livres s'impriment ^owr lui. — P'r V amour de : 
O. En considération de : * fasez zou donc, p^rV amour 
de moi! » 

PÉRAT, : Peyrai, Jetée en Pierres qui s'avance dans 
Teau. — Nom propre. — Dim, Perron; Peyron, Pey- 
ronnet. 

PérAtre; R et : Parastre. Mot qui manque en français, 
corrélatif de Marâtre, dans un bon sens : second mari 
d'une veuve qui a des enfants. 

P'rbende, Provende, provision de vivres. 

P'rbin. Provin. Voy. Nighis, 

P'rbiner, Proviguer, faire des provins. 

VKCE'Oreille, Perce-oreille, insecte, bien mieux nommé 
forficule; remarquable pour son instinct maternel. 



:«4 



FRr»-PAiJ8HE, (Perce-haie), ctxrhon maigre; — 
sorder. 

pRCE-PiERRE, Pariétaire, pLaate. 

P'itCER, Percer. Pas:*é: T prciyant, ils percèrent. 

KRrE8Sio:f , Pnxression. 

pBRrHArriE, B. Perche, polnson. 

P«?rche; Voy. Parche, 

I*'RriprcE, Précipice. 

Perde^B. Perte. 

Perde, Perdre, « Feire'k perde, ♦ feire perdre ; le r tm^ 
« ^u i' perdesit, » F. qu'il perdît. Part- Pt^ut^ prdwe, 

pRDRrGHEAT, Perdreau. 

pRDRnr, Perdrix. Dtpemix, lat. vite. Jeo demots sorpff- 
drix et perdu : « ci «toit caille, ol est prdrii. > 

Perette (saute) ! Crêpe mince que Ton retounM ^ms h 
poele en la fai^^^t sauter. 

D'une note de Mérimée sur le Baron de Feene^iej Ht. 
IV, cliap. XVII, je conciii.s que ce terme est on qnulibet 
huguenoc contre l église romaine, celle de St Pietrty — 
Voj. I^rot, 

PÉttî, B. Dépérir, maigrir. « Aie étoit c'meles p'rdrit roiP 
ghes : a!e avoit de la chair »a' la pécrine ; mais A est Tfai 
qu'aléa hin périi, » Part. Périssut. 

PÉRIGNAC, Commune du canton de Pons. 

PÉRIN, Parrain ; comme Mérine, mieux que marnûoe. 

PÉRissAT, Nom de localité. De pierre, [dntôt que de périr? 

P'rlat, Prélait, (marine) grosse tmîe goudroniiée. 
Permettut, ce, b. Permis, permise. 

pR,XA. Pmp, P'mèle, P'rnier, Pruneau, Prune. Pnni^ 
Prunier, C'est un grain de beauté, en SaintcHige, d'avoir 
des ♦ œils nègres c'me ùeap'tmàs. » 

P'rms (jhe), B. Je prenais. Jhe p'nii, je pris, P^mc»ff 



I?*M 305 

P'rot, P'rote, Dindon, Dinde; qui furent apportés de l'Inde 
occidentale par les Pères Jésuites : De là, Perot petit 
père. 

PÉROU, Pays symbole de la richesse : «o n'est pas le Pérou, 
— n'est pas s' ment la Saintonghe. » Proverbe. 

P'r pas. Pour ne pas. 

Frpin, Pépin. 

P'rpignànte (sardine), Sardine pressée, à Perpignîîn, par 
supposition. 

P'rposition et P*rpousition, Proposition. 
P'rpotion, Proportion. 
P'rpoxjs (à), A propos. 

P'rquoi ? Pourquoi ? P'rqiioi çheu ? Pourquoi cela ? « La 
raison p'rquoi ? » Pourquoi ? 

Frroquet, Perroquet ; mais le t sonne en patois. 

PERRUCHE, Perruche. 

P'rruque, Perruque. Du grec Purrhos,h\oni^ couleur de 
feu ; ainsi que les noms d'oiseaux précédents. 

Frset, Pèche adhérente au noyau. P^r^sétier, l'arbre qui 
la porte. Le tout, et le mot pêche lui-même, vient de Per- 
sica, arbre de la Perse, où ce beau fruit était, dit-on, un 
poison. Sa métamorphose en ahment délicieux, jointe à 
d'autres emblèmes du même genre, indique certainement 
que les choses, les animaux et mêmes les hommes veni- 
meux finiront j^r être adoucis et transformés par Thu- 
manité. 

P'rsill, Persil. Sa production spontanée fait attribuer des 
vertus prolifiques au maître du terrain. 

P'rsill ADE, Sorte de raisin muscat à feuilles très découpées 
comme celles du persil. 

P'rsillé (fromage), Marbré de moisissures par plaques déchi- 
quetées. • 

Frsoider, Persuader. 

33. 



30(5 r»M 

P'rsoune, Personne. ^ X-t-o p'vsounef » crie-t-on, en 
frappant à une porte. L'étymologie du mot personne est 
remarquable : c'était le masque des acteurs, per quod 
BONUS vocis aitgebatur, par lequel le son de voix était 
grossi, pour mieux représenter les ^^^r^oym^p^^. Que de 
personnes, bon Dieu ! dans le sens primitif de l'expres- 
sion ! 

P'rtant, Pourtant. Il y a une jolie ronde dont le refrain e^t: 
« 01 est partant temps, j) V/«?i^ temps, boune mère, ol est 
partant temps de m'y marier. » 

P'rtantaine, P'rtintaine, P'rtontainey Prétantaine, va- 
gabondage. Per tanla loca ? 

P'rtout, Partout. 

P'rtû, Pertuis. Rapp. millp^rtu, millepertuis. 

P'R-z-ELLES,Pour ellcs, au plur. Au sing. ce serait : P^rlé. 

P'rzelles, Prezelle, nom de lieu : Pratello, petit pré. 

Pesa, Pois, htm pisa, au plur. En chanfroisant, Pesau. 
^ Buffer ses pesas, » souffler fort en dormant. 

Pesette, Balance romaine. 
Pesillon, La vesce à graine grise. 
Peson, Le poids de la romaine. 

Pesouil, Pou, pediculus. 

Peste, adj. Injure amicale aux enfants : 4(ali ! petit ^^5^^.'» 

Pet à vingt onglles, Enfant né hors mariage. 

Pétards, B. Silène enflé, plante, sorte d'œillet sauvage. Dit 
aussi Pdnet. Voy. 

Petasser, a. 0. Ravauder. EnBerri, tracasser. 

Petasson, Pièce grossière, mise ou à mettre à un vêtement. 

— Diminutif du mot qui suit. 

Petat, Morceau de fruit séché. — Oreille, qui y ressemble. 

— On a trouvé de ces quartiers de fruits séchés dans les 
dépôts lacustres, vestiges d'une espèce humaine qui re- 
monte à des milliers de siècles. 

PKTAUDii<:RE, Pétaudière ; habitation des 



307 



Petaux, F: Pétaux; Piétons, paysans, hommes du peuple. 
Les nobles allaient à cheval ; tant il est rare d'être quel- 
que chose par soi-même ! 

Peter, B. 0. Craquer, faire un bruit soudain quelconque. 
— Se fâcher, gronder, bougonner. — « Pete7^ p'u' jhaut 
que le chu, » vouloir paraître plus qu'on n'est. Expression 
burlesque, mais bien juste. — « Feive peter son fouet, » 
0. faire claquer, dit Racine, 

Pete-bas, B. Personne de petite taille. 

Peté (vin), Vin tourné. « Mangher dau pain chauvenit et 
boire dau boire peté, > expression d'un régime intoréra- 
ble. 

P'tét'e, Peut-être. « P'téfe oi, p'téfe non. » 

Pétiller, Se fendiller, en parlant de la vaisselle. 

Petiot, B. Diminutif caressant de Petit. 

Petit et plus souvent P'^/^ F. R. B. Peu ; surtout avec in 
(un), inptit, un peu,'qui est moins gracieux. La Fontaine 
et Molière ne manquent pas de garder un petit, — « Si 
petit que, > si peu que. — < Petit ou prou, » peu ou 
beaucoup. 

Petit bllé. Sous entendu d'Espagne, maïs que l'on coupe 
en vert pour les bœufs. 

Petoire (canne), Petit canon à air, en canne ou en sureau, 
pour les enfants. 

Petonçlle, masc. Pétoncle; îém,pectunculus,i^etiti^eigne 
(de Vénus). 

Petous, Péteux, B. Honteux, malhonnête. « Renvoyé 
c me in péteux. » Peut venir de Petau, piéton, va-nu- 
pieds, aussi bien que de Pet. 

Petouffious, Faiseur d'embarras, surtout en paroles van- 
tardes et fausses. — Indiscret, colporteur de faux rap- 
ports. 

PétrA, Gros rustre. Du breton Pé tra? Qu'est-ce que c'est? 
Question banale des gens qui ne comprennent pas ; et non 
J du mot empêtrer, comme dit le Glossaire du centre. 

PÉTRAiL, Poitrail. 



308 



Petrasse, E. Colère bruyante. — Femine qui s'emporte 
uiu.si. 

Petrêle (cane). Cane petière, petite outarde. De son cri. 

PÉTRE.NÂ, Poitrail, poitrine. Voy. Péçà. 

PÉTRENE, Poitrine. 

PÉTRENAIL, Poitrail. 

PÉTRIN, Embarras : ^ me v'ià dans le pétrin. » 

PÉTRINE, R. Poitrine. 

Pétrole. Vov. Petrèle, 

Petijciier, P^turher, Babiller vite et un peubas. — Se 
fâcher tout seul. Du grec plue, crache, crachote; ou dim. 
de Peter. 

Peu (in petit), B. Un peu. — Peu-z-à peu, O. peu à peu. 

Peu (et), Et puis. 

Peu, Sommet, hauteur. Nom de beaucoup de lieux, comme 
Puy, (Ital. Poggio): Peu Renou, Peu Chevalier, &c. 

Peuplle, Peuple. Et, B : Peuplier d'Italie. 

Peur (la), La grande panique, spontanée ou soufflée, de 1789, 
qui mit toute la France en armes, Tiramortel tocsin contre 
le moyen-âge. « L'année de la peie/'. » — <Qd'avez-vous 
peur ? » ( ). De quoi avez-vous peur ? Voy. Poure. 

I^EUROifER, Purger. 

pKtJRRAi (jhe). Je pourrai ; tu peur ras &c. id en B. 

Pey, (ytrès-mouillé), Pays, eacheupegy » En ce pays-ci. 

PiiLiPOT, B. dim. de Philippe. 

PiÀ, Peau. 

PiACE, Voy. Pllace ; et de même plusieurs mots où Ton a 
le choix entre l'ital. pi et Tespagnol pli : pieume ou 
plleume, Plume &c. 

PiÂLARD, Piaulard. 

PiÂLKR, B. Piouler, Piauler, qui vaudrait les mots patois, 
s'il se prononçait a l'italienne piaouler. 

PiARRAiL, Tas de Pierres ; terrain mêlé de pierres. 



309 



PïARRAiLLER, Lapider. 

PiARRAiLLis, Action de lapider. — Tas de pierres. 

PiARRAiLLOus, Pierreux. Piarroux, id. 

PiARRE, Pierre, soit roche, soit nom propre. 

PiARRiÈRE. Carrière. 

PiARRDCHE, 0. Perruche, Chaple, sciure de pierres. 

PiAS, plur. dePiau, cheveux. 

PiATRÈLE, Platine, toute partie plate d'une chose. 

PiAU. Cheveu ; du lat. Pilus ; pluriel Pians et Pias. 

PiAU de la tête, pourPoy, (poggio) sommet de la tête. 

PiBALE, Frai d'anguille. 

PiBLLE, P. Peuplier tremble. Du Languedocien Piboul, 
peuplier. 

PiBOLE, Coccinelle, bète à bon Dieu. Les enfints lui chan- 
tent : « Vole, Pibole, vole ! »V. Hugo Ta chantée sérieu- 
sement. 

Pic-A-RoME, R. B. : Piquarome ; nous disons aussi Pi- 
quet à Rome : Jeu d'enfants : l'un fiche son piquet en le 
lançant contre la terre ; il pare ; l'autre de même sur le 
premier ; et s'il l'abat, en restant fiché, il l'envoie à Ro- 
me, au loin, comme qui dirait au diable. 

Pic de ^oie/^w?7,Viféclat de soleil avecgrande chaleur. Voy. 
Epia, — Langue de Pic, B. et de Pie : carex glauque. 

Pic AILLONS, B. des écus. 

PiCAU, OU Picot, F. B. Epine, ^aiguillon piquant. — Mar- 
ques d'une couleur pointillées sur une autre. Le premier 
sens, de Punctum et le second, de Pictum, ainsi que 
Pictavi, les Poitevins, autrefois tatoués. 

PicHE, fém. gvaxii Pické .ProY , : bètec'meine PtcAe. » On 
y met confire des cornichons. 

PicHÉ ; B. et : Pichet, qui est du vieux français : Pot à 
mettre sur la table, pour contenir la piquette ou l'eau du 
repas. Du grec Pie, bois, ainsi que Fit. Bicchiere, verre, 
et l'angl. Pitcher, Piché. 



310 



PicHKNAUDE, Pichcnette, Coup de doigt faisant ressort sur 
le nez. 

Picote, R. 0. B. Vieux français : Petite yérole. 

Picoté, G. B. Marqué de petite vérole. 

PicoTOUs, dim. de Picoté, 

PiDER, Demander avec insistance et cajoleries; lat. Petere^ 
Esp. Pidar, 

PiDOLS, Cajoleur intéressé et importun. Nom de famille de 
M""® de La Fontaine, laquelle était originaire du Poitou. 

Pièce, Carré d'indienne, ordinairement rouge, que les fem- 
mes portaient à la poitrine pardessus tous les vêtements. 
— B. Poutre soutenant les solives ; tirant d'une char- 
pente. — O. Terme d'ironie : « Ah ! la houne pièce ! » Le 
mauvais sujet ! surtout s'il s'agit du féminin. 

PiÉciLLON, Petite pièce de monnaie. 

Pied (aller de son), Aller à Pied : — « Tenir pied à quel- 
qu'un, » 0. Marcher aussi bien que lui. — « Tenir le bon 
Dieu par les pieds, » être au comble de la joie. — « Avoir 
les quatre pieds blancs, » pouvoir passer partout. — Feire 
des pieds et des mains, > tout son possible. — En Lan- 
guedoc, € Faire les pieds et les mains » est tout autre 
chose : c'est embellir un récit des détails les plus délicats, 
comme sont, en peinture, les mains et les pieds. — « Tirer 
un pied de cochon à quelqu'un, » une carrotte ; le trom- 
per. — 

Pied de bœu\ Nénuphar, plante. Forme de la feuille. 

Pied de chat, Gnaphale dioïque ; plante cotonneuse ; des 
composées. 

Pied-sec, Nom de lieu ; B. et près Gemozac. 

Pierrière, a. b. p. Carrière. 

PiFFE (ine) ou ine Pifflle, Une ghifflle, un soufflet. 

PiGACÉ, Piqué, pointillé de différentes couleurs. 

PiGHE, Même sens, mais par plaques, comme le Pigheon et 
la Pie, Pica, d'où viennent ces mots. Racine picta. 

Pigheon, Pigheoune, B. Noms de bœufs et de vaches. 



M 311 

PiGHEON, B. Caillou trouvé danslacliaux. 

PigheounA, Pigeonneau. Pigheouniey\ 0. Pigeonnier. 

PiGHER, Piquer à petits coups ; spécialement, une meule à 
aiguiser ou de moulin. 

PiGNE, Voy. Pine. 

PiGNER, 0. pour Pinier, arbre Pin. 

Pignon, B. Graine du Pin-pignon, du pin franc, du pin-pa- 
rasol. 

PiGNOT, Délicat en fait de mets, qui est sur sa bouche. On 
dit au contraire d'un gars hardi et délibéré : « V n'est point 
pignot ! « Est-ce du lat. Piger, paresseux, ou du vieux 
fr. Pagnote, lâche. 

PiGOCER et 

PiGOCHER, Diminutifs de Pigher, Piqusr menu, becqueter. 

— Trotter msnu. Les enfants, dans leurs jeux, tirent au 
sort en cadenç:\nfc, sur chacun des joueurs qui forment le 
rond, le rhythme de quelques paroles insignifiantes, mais 
bien accentuées. Voici un de ces rhythmes ; « ine poule 

— su* in mur — çhi pigoche — dau pain dur — pigochi 

— pigocha — chie dau chu — et t'en va. » Celui sur 
qui tombe le mot va sort du rond. 

PiGOUiL, excès d'arrosement, éclaboussures. C'est pur hé- 
breu PGGUL, souillure). L'hébreu a tracé dans le celti- 
que, dans l'anglais {Pig, cochon) et dans nos patois. V. 
Pagail 

PiGOuiLLER. Faire du Pigouil, du Pigouillaghe , du 

PiGOuiLLis. — Patauger dans le PigouiL 

PiLATRE, Pilate, nom d'homme. Nous avons eu Pilatre du 
Rosier. Pilatre ou Pilate est resté en exécration chez les 
chrétiens : pourquoi ? N'accomplissait-il pas, selon eux. 
Tordre de Dieu ? où était leur salut, sans lui ? 

Pile, B. Volée de coups. — Pile, dans le sens français, 
s'applique surtout aux fagots et au foin. — « Prendre à 
la Pile, » au tas même, en agir en maître, ne point se 
gêner. — « En pile,» en abondance : « o y avoit dau 
monde en pile à çhèlc foire. » — Pile de mill, pierre 
creusée à égruger du millet ; reste bien ancien des moulins 
à bras. 



•M .-> 
• < 1 •» 



Piler. vciIkî iKîutre, Kbouler. Le sable ^î7^ sous les pieds. 
I^[L(>rHON, Dim. de 

Pj.()T, p. Dim. de Pile. S'applique surtout aux tas de sel sur 

les marais. 

PiLOUNER. B. Fréquentatif de Piler. — Pîétiner. Marchera 
trop petit^ pas, mais plus lourds que le Pigocher. 

PÎMER, B. Gémir bruyamment, comme les petits chiens. 

PÎMis, Cette action même. 

PÎMOCHER, Diminutif. 

PiMPER, 0. Parer avec recherche, attifer. S'emploie surtoul 
à la voix réfléchie : se pimper. Du mot Pompe? 

PiMPrNE, O. Piquette. — Nom de petites rivières. 

PiMPOUNER, Dimin. dePimper : <cmel8L\lkpi7npouné€!^ 

PiNADA, 0. Semis de pins. 

Pinasse, 0. Barque en bois de pin. 

PiNAU, R. Sorte de raisin noir. — Vin muet mêlé d'eau-de — 
vie. Pur grec : pind, je bois. 

PiNAUD, B. Nom propre. Vient-il de là, ou d'une souche plu 
suspecte, comme Pinard? 

Pinces se dit au lieu de Pincettes de foyer, et, réciproque 
ment, Pmee/^^ se prend pour pince à barbe ou autre petit 
jânce. Il faut convenir que c'est plus logique. Ce qui 
l'est pas, c'est d'ajouter quelquefois é initial : les épincei 
les épincettes, 

PiNCEM AILLE, Femme mince, déhcate, à fine taille, et 
Homme avare, comme en français. 

PiNE, Fruit du pin. — Sorte de brioche spéciale au dimancl^rrhe 
(les Rameaux, et que nous avons encore vue rappeler tr — "~irès 
démonstrativement certains cultes antiques. N'est-ce poi" -^int 
là en effet la véritable et éternelle fête du printemp^^js, 
Lingam, y oui ; Aenendum Genitrix, &c. le renouveL'^^Je- 
ment des forces vives de la Nature ? 

PiNETTE, Petit fausset de barrique, &c. 

PiNGRELiN, Petit homme maigre, ma's vif et dégagé. Je 

n'ose scinder le mot et presser l'étymologie. 



313 



PiNiER, 0. P. Arbre pin. — Agaric qui vient sous les pins. 
On le mange en plusieurs pays. 

PiOT, 0. Dindon. De son cri. 

PioucHER, PicruLER, R : Piolcr, Piauler. 

Pioupiou, Individu chétif et plaintif, comme un poulet 
malade. 

PiPAiLLE, fém. Merrain pour tierçons. 

Pipe, R. Grande futaille. — Le tonneau en bois ou en cuivre 
où passe, dans leau, le serpentin d'un alembic. 

Piper, 0. B. Fumer du tabac. — Attendre, guetter. « Que 
pipes-tu là? » — Tourmenter de demandes, de supplica- 
tions : « t*es partant pipant! > vient de Biber^ ou réci- 
proquement. Voyez. 

Pipi, Terme de nourrice pour urine. 

PiQUAD, Pointe, épine, aiguillon. Om piquant om picot , 

Pique ! Impératif d'excitation soit à travailler, soit à man- 
ger : « alons, jhardit! pique de rang! pique dur! » 
Nos pays accusent les Auvergnats de se dire entre eux, 
quand on les a fait asseoir à table : « piqua, niorda, a 
coûto ré. » 

Pique-bœu (in), Petit valet de bouvier pour toucher, pour 
piquer les bœufs. — Nom d'une sorte de bergeronnette 
qui prend les mouches ou leurs œufs jusque sur le dos de 
ces bonnes grosses bètes. 

Pique-p'rne, Pique-prune, sobriquet des tailleurs, exposés 
jadis à piquer, dans les vieilles chausses, certains fruits 
i>ecs de la malpropreté. 

PiQUE-PouiL, Injure plus grave à la même adresse. Les pau- 
vres tailleurs sont assez mal traités, et jusque dans nos 
campagnes a pénétré le qu^Ubet : t sont ailleurs les 
voleurs; ainsi que les plaisanteries sur Vœil et la rwe 
des tailleurs : le coffret et le coffre à receler leurs grive- 
lées. 

PiQUE-ROT (in), Un pic très fort, à bêcher un terrain pier- 
reux. 



34. 



2U PI 

Piquer (se feire) aux bêtes. S'appliquer des sangsues ; B. et 
bientôt, à ce qu'on nou^ annonce, des abeilles, des guêpes, 
des frelons. 

Piquet à roume. Jeu. Vot. Pic à roume. 

Pique-talon, Ver des excréments, lesquels se disent quel- 
quefois {horresco referens) :« in viiAie pique-talonSy oii 
piquemenut. voure les petits cou'ant la mère. » 

Piqueter, B. Marquer de petits points ou piquaiix, — 
Indiquer une ligne au moyen de piquets; mais en ce cas 
on prononce piquetier. 

Pire, fèni. Foie. Du çrec hepar. « Feirejhapper la pire, * 
donner un coup dont la poitrine frappée retentit. — « La 
Pirentorse, > entorse du foie. Ce doit être une fort sérieuse 
maladie ! 

Pire, des deux genres. Cri pour appeler les oies. Piron, B. 
etpirouney oisons. Pire s'applique surtout à l'oie mère. 

PiROXD, Rond postérieur d'une coiffe de femme. 
Pirvole, Vov- Pibole, . 

Pis, Sorte d'adjectif, au lieu de pire. « Le malade est pis 
que hier ; biu p'us^)/^. » « Chêle maladie, mon frère n'en 
a mourut; mais jh'ai été le p'us^/^des deux. — Aussipis, 
se dit par conséquent : moins j)is aussi. 

PissAGNOus, dimin. de Pissons ; terrain pissagnous^ où 
l'eau se tient. 

PiSANY, Commune du canton de Saujon, arrondissement de 
Saintes. 

Pissat d'ajhace. Piquette sans force ni couleur. 

Pisse de cKn, Champignon, l'agaric à encre. — de loup, B. 
Champignon, lavesse de loup. 

Pisseleu, idem, ou Pi&se-vîte ; nom célèbre dans l'histoire 
des galanteries royales sous François P''. 

Pisser, 0. Très-usité pour jaillir : par ex. pleurer se dit iro- 
niquement ^îmer des œils, et quelquefois pis. * Feire/>î5- 
ser dau vinaigre » à un chat, le toiu'menter cruellement, 
— « in pisse-freidj » B. Homme sans courage ni vertu. 



315 



PissON, Jeune pousse de chou, qui se mange en salade au 
hameau, en guise de chou-fleur ou de brocoli. 

PissoT, Nom de localité. 

PissoTE (font), Nom de plusieurs petites fontaines. 

Pissotière, Tout conduit qui pisse, soit naturel, soit arti- 
ficiel. 

4 

Pissous, B. Qualité du terrain qui aurait besoin d'être drainé. 
— couleur d'étofle qui semble salie. 

PissousE, B. Femme, petite fille : terme de demi-mépris. 

Pister , Chercher curieusement , comme en suivant une 
piste. 

PiSTOLE, B. Cette monnaie de compte de dix francs est encore 
usitée dans nos foires de campagne, et ce serait digne 
d'être imité, si on ne lui donnait pas pour appoint Técu 
(de 3 francs) : « jhe gagne vingt pistoles et in échu. » Id. 
en B. 

Pistolet (drôle de), loc. burlesque pour dire un original. 

PiTÉYABLE, Pitoyable ; mais souvent actif pour compatis- 
sant, R. Le français actuel n!a d'actif qu'impitoyable; bi- 
zarrerie. 

PiTOis (chat). Au lieu de chat putois ; la fouine, qui pue. 

PiucHER, Voy. Pioucher. 

PiVE, B. eiPivane, fém, le Bouvreuil. Voir la Petite Fa-- 
dette de G. Sand et le Glossaire du centre. Probable- 
ment de 

Pivier, Pluvier, autre oiseau. Pivier^doré, variété. 

Pi VOLE, Yoy. Pibole. 

Plan (y a pas) nous paraît, depuis quelque temps, rempla- 
cer « y a pas mèche. » Voy. Mèche. 

Platène, Ro ; Platin, P. Roche, ou terrain plat. 

Pllacard, ou Placard. 0. et souvent piacard. Armoire 
pratiquée dans l'épaisseur d'un mur, ou seulement y ados- 
sée de manière à ce que le mur serve de fond. 



3i6 



PLLAOEet place ^ L'aire d'une chambre, qo^elle soit en terre, 
en argile, en briques, ou en planches. « Dans sa colèret 
il atout jheté fr pi lace ou dans la pllace. » 

Pllacin, Dim. Petite place vacante, n'importe où. 

Pllaindre, Plaindre, pour regretta*, F. B. « I' ne pllaint 
point sa peine. » Partie, pllainutj pllaignutj ue. B. 

Pllainer (se), B. Se plaindre. 

Pllaimer, arlj. Plan, uni : « HmxapUainier. » 

Pllalvf (in), F. R. B. Une plainte, un gémissement. 

Plulixt (in) de b'rtet, Celui qui se plaint d'un rien, d'uo 
ietu. 

Pllainttt, plaifitie, B. Plaintif, plaintive. 

Pllaire, Plaire. Partie, pllaisut, tie. B. 

Pllaisaxt. F. R. B. ancien français ; Agréable, charmant. 
L'angl. pleasant. « Adieu, plaisant pays de France!» 
Romance de Marie Stuart ; et ainsi dans beaucoup de nos 
chansons. 

Pllaisit et piaisit, B. Plaisir. 

Pllait-i' ? Plait-il ? sous ent. de répéter. Plus familier on 
dit comment ? ou simplement, hein ? Et un tic presque 
général, même chez les bourgeois, c'est d'obliger ainsi à 
parler deux fois, quoiqu'on ait très bien entendu dès la 
première. Pour empêcher les enfants de prendre cette 
mauvaise habitude, il suffirait de ne pas se répéter ; et Ton 
voit aussitôt qu'ils répondent eux-mêmes à la demande 
faite. 

Pllanche, B. Petit pont étroit, en pierre ou en boîs. 

Pllancher, subst. B. Se prend pour le grenier lui-même. 
€ 01 est là jhaut, dans le pllancher, » < Déchargher le 
'pllancher, » s'en aller, sans emporter de regrets. 

Pllancher, verbe, 0. Planchéier. « n avant Mi pllancher 
zeu chambre. » 

Pllanciiotra , Plancher-volant pour un galetas ou un 
fenil . 

Pllanghe, Plan uni. Pllanghement, uniment. 



317 



Pllantat, Plantât y Plant de légumes. — Plançon d'arbre» 

Pllante (arrive çhi), 0. Advienne que pourra; çhi pliante 
pour ce qui est planté. 

Pllante (inè), R. B. Une pièce de. vigne, jusqu'à Tàge de 
cinq ans; puis, jusqu'àvingt ans, jhène vigne ; vieille vi- 
gne, ensuite. 

Pllantî, 0: Plantier, Pièce de vigne d'un tenant, quel que 
soit Tàge. 

Pllantain, Pianiin, Plantin. 

Pllaqre, Pllaqué : € ol est son père tout pllaqué, » très- 
ressemblant, comme moulé en plâtre. Voy. Pllàtré» 

Pllassat, Piassat, Plassac, nom de beaucoup de lieux. 

Pllassay, Plassay, commune du canton de St-Porchaire. 

Pllat, Piat, Plat. — Maigre, exténué, B. Pour faire en- 
tendre qu'une femme est privée de certains avantages de 
forme, ils disent qu' «ol est quatre assiettes et c\ïi(\pllat.y^ 
— « S'assire à chxk pllat » sur le sol. 

Pllatine, Platine, de fusil ou autre. — Langue affilée. 

Pllatrèles, Petits pois à l'état tendre, et qu'alors les pau- 
vres gens se gardent bien de ceuillir : «oseroit gavagné. » 
De même des haricots. Les chemins de fer changeront 
cela ; les pllatrèles auront de la valeur : « o n'sera pas 
d'maghe » de les vendre. 

PllAtré (tout), Voy. Pllâqré, 

Pllatron, Piéton, facteur rural. 

Pllaugher, piaugher. Frapper dru et menu. Du lat. plan- 
dere. Le Geai plagiaire, par exemple, fut ^pllaughé p'r 
les pa-ons. » 

Plleghe (ine), Instrument de fretier, faiseur de cercles. 
Sorte de massue courbe et encochée obhquement au gros 
bout; on pince dans la coche la branche fendue en deux, 
et en pesant sur le petit bout de l'outil, on donne par 
degrés au cercle la première flexion. 



318 P'U 

Pllégheon d'un arpent ou d'un passe-pa f 'tout, c'est-à- 
dire d'une grande scie, L'arc qu'elle soutend et qui la tend. 
— D'une cousiiUe, la côte, le bois ou le fer courbé qui en 
fait le cadre. — Autres choses ployées. 

PllÉoher, B. Ployer. Plicare, — « Pllégher boutique, » 
U. détaler, partir. 

Pllein, piein^ Plein. « in p/ton panier, inejt>//^nemain,» 
U. plein un panier, plein la main. — B. Ivre. — Ptleine, 
B. se dit de la femme comme de la femelle des animaux. 
Kouh'ard. 

Plleue, b. Pluie. Le verbe Pleuvoir fait au subjonctif qu'o 
2)lleughe ; a\\ fïirî'dit plteuvity bien plus logique et plus 
clair que II plut, il a plu. 

Pllkumaghe, Plumage. Et aussi Pieumaghe* 

Plleumail, pieiimaiL Plumail ou plumeau; consiste en un 
simple bout d'aile d'oiseau de basse-cour ou d'oiseau de 
proie. Comparaison négative : « jhontous c'me in ch'n 
çhi emporte in plleumail. » 

Plleumasse, pieumasse, Aiguille ou Sige (acust agmen?) 
d'un avant-train de charrue ; pièce plate, en effet, comme 
une plume et insérée à mortaise dans l'essieu. 

Plleume, ou piemne, à l'italienne, B. 0. Plume. — Pelure» 
cheveu, poil, écorce, enveloppe; non pas des batraciens 
l)ourtant : un proverbe dit de l'homme dénué de numé- 
raire : « il at autant d'arghent c'me in crapaud a de 
plleumes. >► 

P LhEVMER y pieumer, 0. B. Plumer, peler. « Plleumor dé 
l'ail, des châtaignes, » &c., &c. 

Pllit (in). Une levée au jeu de cartes : « n'ai pas feit in 
pllit, » B. 

Pllomb, Plomb. < Avoir dan pllomb dans la tète, » être 
réfléchi. 

Fus, Plus. B. « Jhe n'en peux p'ûs, P'ûs bas, P'ûs 
jhaut, P'ûs tout, » 

P'us fine, B. Voy» Fine. 

P'us souvent f B. Dénégation plaisante, assez difficile à 



1?0 319 

«analyser : « ^/?f.ç souvent, que jhe ferai tèle chouse! > 
Je fevai plus souvent tout awtre chose que celle là? 

Plluviner, F. Bruiner. 

Pc ou Poy delà tète, Sommet de la tète; de l'Italien po^^/o 
et non de Pot. 

PoBAN. Yov. Pot-ban. 

PocHAiLLER, Fouiller dans plusieurs poches. 

Poches de tramiil, B. Les hernies du filet dans les grandes 
mailles, où le poisson se poche^ se prend de lui-nième. 

Poché (tout) II. Très ressemblant. Empreint comm.e d'un 
coup à pocher l'œil ? « Vrayment c'estes vous tout po- 
ché. » Farce de Patelin. 

Pochée, Sachée, R. 0. B. Autrefois un sac se nommait une 
Poche, et ce que nous appelions Poche, une Pochette. 

Pochée, Poekiron, diminutif de poche. Pochiron, est 
plaisant, comme tous les mots qui ont sa finale et qui sont 
nombreux dans ces locutions très fréquentes : o ny at 
ni linghe, ni ling/nro7i, ni pot, ni jwtte^ ni potiron 
etc.; mais on préfère de beaucoup les cliirons, surtout si 
le jeu de mots peut être complet, comme ceci : o ny at 
p*jj!c d* tanches dans çheu vivier^ o ny at qu des tan- 
chirons. 

PoGNE, Yoy.Pougne. 

Pon. (avoir in) dans la main. Craindre le travail, B. 

Pointe (ine) de coûté, Un point de coté. 

Pointe (se lever à la) de dix heures. Jeu de mots sur la 
pointe du jour, à l'adresse de ceux qui se lèvent tard, ce 
qui est grand honte dans nos campagnes. 

Pointer, pour Poindre : le jour pointe, 0. 

Pointuchon, Dim. de Pointe. 

PoiNTUx, Pointue, Pointu. — En Poitou, signifie grand de 
taille. — Parler pointut, B. Chanfroiser, affecter de 
parler français, plus ou moins, et, pour cela, croire qu'il 
suffit à'' Appointer les lèvres, c'est-à-dire de les faire 
pointues. — Bouillon iwintut, » clystère. — « Colique 
2)ointue, « érection. 



Ci^} 



Pochasse ^inej, un jurzn P»-irier sauTage. 

PôiaAT fdauf. tij P» II?. • lire de poires. V«»v. Cormat. 

PoîRE. Parmi les t^niuûr>, !^ sabi^t à jouer, quand il est gros. 

— « Polices d*aQg»jiise, ♦ chagrius, ennuis. 

PoiR»»'. Fni'u (!e la Bardane et autres semblables. 

PoîRouNE. Poirier sauvage. — Xom de localité. 

Poi, Vov. Poils. 

Poi (inj ou in pois : de Peu ou de Pisum^ Un peu. «A cha 
p'tit, chai poi, > Petit à petit, peu à peu. 

Poings (mettre les) su' les yeiiXj plaisanterie, pour les 
points sur les i. 

PoisER, vieux franc. ; Rarement, pour peser. 

Poison fine), B. Ronsard, Malherbe, &c. Un poison. Du la- 
tin Potio, boisson, qui est féminin. 

PoiTRÊNE, Poitrine. 

Porrs, Puits. € Aler au poils. > Il est de tradition dans les 
villages qu'autrefois, il y a bien longtemps, les garçons 
restaient en jaquette jusqu'à ce qu'il fussent capables de 
« tirer in siïlà dau Poils. > Puits semble venir directe- 
ment du latin Putens, et poils, de Tital. pozzo ; l'un et 
l'autre de la racine paaomphée PVT, Polla, Pot, ca- 
vité, contenant. 

PoniE(quejhe), Que je puisse; pi. que jhe pouvons. 

Politique, adj. Dissimulé, diplomate. 
ToLYTE, Hippolyte. 

PoMON, Poumon ; c'est ou, chanfroisé, pour éviter le son 
oUy plus commun en patois qu'en français. De Pulmo. 

— Pomon de lajhote, Pommette de la joue. De pomme. 

Pompon (à moi le), B, A moi le prix, le talent supérieur. 
Ponce, Ponte des oiseaux. 

PoNÇHU, Petite marmaille, Petit enfant, n'importe le sexe, 
sur le çhii de qui l'on fait pon ! 

Pond, R. B. Pondu : « Les poules n'avant pas pond, » 



t^ONDFX'SE, Chèvrefeuille de jardin, plante. — Autre plante 
ù œufs plus gros, de la famille des solanéès-. 

PoNE, Jarre en terre où Ton sale le lard ; en bois, c'est iin 
charnier. En Berry , porte est un vase à lessive. 

Ï^ÔNER, Mettre au jeu j payer ses dettes. Pur latin, Ponere, 

PÔNET, Miniature db toupie : tin boiiton en bo's, traversé 
d'une épine; un fruit de siléné, que les enfants font tourner 
sous l'impulsion de deux doigts. 

Pons, Chef-lieu de canton, arrondissement de Saintes. En 
latin Pontes • il y a en effet trois ponts, sur la Seugne ou 
Se vigne. 

Pont-l'Abbê, (?ont de l'Abbé) , commune du canton de St- 
Porchaire. 

PoNTETi 0. Ponceau, petit porft; 

PopiLiON, Peuplier ; c'est l'iadj. latin Populewn, 

PoQUE. B. Trou en terre dans lesquels les enfants jouent aux 
noyaux, aux billes, aux liards ou centimes, aux sous. 

PoQUER, B. Mettre dans la Poqiie. C'est Poche, c'est Pot. 

PoQUET, B. Dimin. de Poqùe, 

PoRCHAiRE (St), Chef-lieu de canton de i'ari*ondissement de 
Saintes. Porcher, Porcarn^^, mais non Sixte V. 

Porcherie, B. Etable à Porcs. — Commerce de porcs; 

PoRCiLLE, P. II. Marsouin, Porc de mer. 

PôRRAt, Porreau, mieux que Poireau ; de Porrûm, vert; 
aussi disons-nous : « Vert c'hie P orrai, y^ Dim. de 

]PÔRRÉE, R. Porrée ou Poiréc; plante. 

PoRTABLLE, 0. Qui pout se porter, en parlant d'un vêlement 
ou d'un fardeau, mais surtout du vêtement. 

PoRTANiÈRE, 0. Femme des halles qui porte les denrées, le 
plus ordinairement sur la tète. 

Portant (^i?/r^ bien), 0. Se bien porter; 

Portatif, B. Dispos^ marchant bieUj se remuant sans ef- 
fort. 



*^'^. 



PoETE-iibfEE , et PoH-diner, Vase en terre ou panier 
a^ani une anfie pour }K)rîer des mets tout préparés. — B : 
Nom de localiîve, sans doute mal pourvue. 

P'-aTEFETiLLE, le LJî, en plaisanterie et fi^'ure pciètiqne sus- 
cepuUe de gentils dêreloppements. — Voir Gloss. du 
centre. 

P^jRTEMANTEAr, B. Gésîer de volaille, qui, fendu et cuit, a 
effectiveuieiiî la forma d'une valise. 

Fortement (rfetti^n^fer le). R- B. Demander à quelqu'un 
comment il se j»orte, ayant soin d'ajouter : « et chez 
vous ? » ou bien très délicatement : « et tout ce que vous 
aimez ?» Si la scène se passe entre hommes, le para lis est 
interr(»mpu à chaque phrase par un soulèvement de cha- 
peau et une poignée de main ; entre femmes, par un bai- 
Ncr. 

Porter bien son bois. B. Se tenir et marcher droit, avec 
aisance et légèreté. — Parler torl^ B. Faice tort. 

PolTER.1, Traverse que l'on passe sous un fanl^u. particu- 
lièremaat sous un? pièce de bois ou de pierre, afin de por- 
ter à deux hommes chaque lK)ut. 

Portes (aller aujc), B. Mendier son pain. 

Portière, B. Porloire^ Vulve des animaux. 

Portillon, Moitié de porte fermant la partie uiférieure delà 
baie, pour avoir du jour, à défaut de porte vitrée. 

PossiBLLE (ail), B. et vieux français : Beaucoup, extrême- 
ment : «cale est aimablle nu possiblle. » — Possiblle 
que, B. sous-entandu : 11 est. 

PosTAU, Espèce inférieure de raie, non bouclée. 

Vo^iE (douner ine). Faire une vive réprimande. 

Potager lOr, le rendre potable. P. 

PoT-BAN, mieux que Poban, Comme qui dirait pot banal, 
grand vase à anses, où les ménagères mettent la graisse, 
tes concombres au vinaigre, &c. 

PoT-BOUiL, masc. B : Pot-bouille tèm. Cuisine courante, 
petit ordinaire des repas : « Feire json Pot-bouil ensera- 
bjie » vivre en ci^mraun. 



323 



Pot a cole, B. Sobriquet des menuisiers, — et des flagor- 
neurs. 

Pot-gras, C'est la fameuse poule au pot de la Garonne 
royale, ou, tout au moins, le morceau de petit salé. 

PoTABLLE ; Ce mot faute par nous de savoir qu'il veut dire 
buvable (faute des instituteurs primaires) s'applique h nom-» 
bre de choses qu'il serait difficile de boire, par ex. aux 
chemins : « ola tant mouillé que les chemins ne sont p'u§ 
potablfes, » Or ils le seraient mieux que jamais. 

PoTAGHES, B. Plantes légumineuses, bonnes à mettre au 
pot. Et pourtant le Potagher est moins souvent le jardin 
que le fourneau. 

Pote, Qui n'est qu'adjectif en français, une main Pote, est 
substantif chez nous ; une pote est une jolie main ; une 
potiche^ jolie petite main. Le radical hébreu PhUT, celti- 
que />o^, exprime une contenance remplie juste, comme 
le réceptacle du gond, la cupule du gland, &c. Delà, nos 
Pot et Potelé, formant de petits trous grassouillets. De là, 
pour nos enfants le potet et la potiche, trous faits en terre 
pour leurs jeux. — Nos fermières rappellent leurs canes 
ou canards par ce cri : Pote, pote, pote ! auquel j'ai vu 
des Italiennes ne pouvoir s'empêcher de sourire. — Pote^ 
0. Méduse, poumrm de mer ; Voy. Marmoû. 

Potée, B. et français, dans ce dicton : « Eveillé c'me ine 
potée de sourit. » C'est plutôt pour Portée que pour le con- 
tenu d'un Pot, dit le Glossaire du centre, et nous sommes 
ici de son avis . 

Potence, B. Béquille. 

Potevin, Poitevin, habitant du Poitou et de Potiers j c.-à- 
d. Poitiers. J'ai dit que tout cela vient de Pictiy ta- 
toués. 

Potiche, Grand Potet , mais aussi petit Pot. Voy. Pote. 

Potier, B. Arbre artificiel, branchu, pour porter en position 
renversée et sécher les pots au lait. 

Potin, B. en français du cuivre jaune ; chez nous la fonte 
dont l'on fait des Pots de fer. — Discussion, cancan. 



:L-r:r. vrr-.''^ n ^'^ 12: iurnoîiid ttnmeLi, 









•*^ ..^?, ^'*^<**'^.f / 'IS :,"*'_ ."^ ^IdS, 






^^ *r?*i ^/'/^ . -^>J^ 



■^-' 



■if> 



(\/' y/%/^iA.t Uk :?^;l_'i*5l * t. -:*/-£. V*rr Hat. P'ii: i^it^- 

^^'/^/.'/:^ y^..\ t/'^ ''^^>^v^ft»'^ rnuET-ic /^7iMrr- Tina 

l'v iMiVéf^, \**hwm. \H vu. Polira, jnmem, PuUa equi- 
//// \a fSéff'M ^'thûu t'ÀHîU^Mt cette ét^^TDologîe ; et, a^ 
f'/^^^ tUiu^ l'fmiUron il j^mmàt y aroîr du PouU. 



ï»0 325 

PocLÂiLLE, F. R. Les poules d'une basse-cour. 

PouLAiLLON, Chétif poulet. 

Poulain, M. B. Poulie grossière pour descendre des ton=î 
peaux à la cave. 

Poule, .\mpoule. * Avoir des poulesau^s. mains . » Delà, dè3 
jeux de mots. 

i^ouLE-GRASSE, Sorte de Yelart o\\ Erysime ; plante. 

PouLE-xÉGRE, B. G'est le diable changé en poule aux œufe 
d'or, au moyen d'un pacte où le chrétien signe de son 
sang l'abandon de son âme. Le fameux livre le Petit Air: 
bert, si ce n'est le grand, donne pour cela des formules 
infaillibes. Mais d'une âme si bète que Diable Satan peut- 
-il faire? Il en a tai^t d'autres auxquelles il doit tenir 
davantage pour aninier des ambitieux, des fripons et des 
cafards. 

Il semblerait, d'après le mot d'Horace, Gallinœ filins 
albœ, pour dire \\x\ l^omme heurei^x, que les payens 
avaient plutôt foi en la poule blaijche. Et Socrate fait of- 
frir un coq blanc à Esci^lape, pour sa véritable guérison, 
la mort. 

Pouline, Pouliche, fém. de Poulin ou poulain. 

PouLLNER, Faire un Poulain. — Se dit d'un mur dont le 
ventre vient à crever. 

PouLOCHE, Petite poule • terme de caresse, ainsi que 

PouLOT, B. Poulotte^ Poulet, poulette. 

Pouls, Bouillie defroraei^t •; vieux français; en Ital. Polen^ 
ta, dulat. Pulfis (poultis). 

pouM AT, Cidre de pomme, par simple fermentation dans 
l'eau. Voy. Cormat. 

pouME. B. Pomme, Poumier, Pommier, soit l'arbre, soit le 
vase en ferblanc à faire cuire des pommes devant le feu. 
Nos gens disent Poume, houme, coumCy &c. et, d'au- 
tre part, ils disent pomon au lieu de Poumon. Ceci tient 
au désir d'éviter en certain cas les locutions patoises; com- 
me la voyelle ou est essentiellement latine, italienne et, 
par conséquent, saintongeoise, ils craignent parfois de sa- 
crifier aux anciens dieux, en la prononçant- C'est ainsi 



zx 



que des iDéridî«>iiaiix. aprp> s'être bien escrimés à proiton- 
cer w ec ê:re parvenus à dire une puce et non pluij une 
pouce, ontinuent bravement et disent Tutuse au lieu 
de Toulouse, de peur de retomber dans le vieux péché. 

PocME cTarrousoi^ Bouton d'anoàoir, percé de petits trous 
pour distiller Teau. 

PouME cThousanne^ (d'hosanna). Brioche du dimanche 
des Rameaux. Vov. Fine. — < A la Poume cChousanne^ 
si le coçhu ne chante pas, il est mort ou malade; » proverbe 
quasi sans rime et trè^firéquemment sans raison . Jadis , 
le pays étant plus boisé, le coucou chantait-il plus tôt ? 

PouMELÉ, Pommelé. «Temps poumelé et femme fardée ne 
sont jhà de durée. > Dicton plus juste que le précédent. 

PouMERASSE, Jeuue pommier sauvage. 

PouxANT, Pondent. « Les poules ne pounant p'us. » 

PotJNUT, R. B. Pondu. 

Poupée de brin ou de cherté, B. Paquet de chanvre pei- 
gné, de quoi charger une quenouille, et non pas un fu- 
seau, comme disent les vocabulaires. — Soutien des pièces 
sur un tour. • 

PoDPÈTE. 0. Soupe d'enfant. Voy. Poupon. 

PoupoT, Nom de localité. 

Poupou, Soupe : la première syllabe redoublée et adoucie se- 
lon Tinstinct des nourrices, qui a du bon, sauf Texcès. 

Pour, au lieu de Par ; < vieux franc. < imprimé à la Rochelle, 
Pour Jacques Dupuy, » se prononce PV : « o n'est pas 
joV toi. » — Enp'r, A. B. en échange de, en échange* 
<Enp*r sa vache il at oyut in àne. » — P*r voir ! B. 
Parole de défi , proposition d'essai. — P'rquoi ? B. Pour- 
quoi ? — Pyçheii, pour ça, pourtant : « oh ! p'rçheu, ol 
est in brave hourae. y^ Voy. PV. 

PouRE, R. Peur. liai. Paura (Paoura). « Qu'as-tu Pow- 
re ? » De quoi as-tu peur ? 

PouROUs, Peureux ; Pâuroso, 
PouRRAT, Pourrau, B, Porreau. 



I»0 327 

PouRRÉE, R. B. Porrée. « Pllanter lapourrée. » Faire le 
chêne fourchu, se tenir la tète en bas, les pieds en l'air. 
Voy. Paurrée, 

Pourrit (feire)ou Paurrit, au jeu de Luettes, mettre une 
carte aussi forte que celle de 1 adversaire, faire autant; ce 
qui renvoie cette levée aux cartes nulles et comme pour- 
ries. 

Pourriture des Oueilles, B. Phtysie des brebis. 
PouRSUiRE, B. Poursuivre. Part. Poursuit, poursuie, 
P'rvoir, Pourvoir ; et Prévoir. « Le bon Dieu zypi'rnoira,^ 
P'rvu, Pourvu : « P'rvu qu'o seit sûr ! » 
PousE (inè), Uae pose. — Une pause. 
PousiNiicRE (la), La Poussinière, les Pléiades. 
Pousse-Penil ou Penille, Nom trop naïf d'anciennes rues. 
Pousser ine menterie ; B. Faire un mensonge. 
PoussiÉROUS, B. Poussiéreux ; Poudreux. 
PoussiT, Poussie, B. Poussif, poussive. 

Pouvoir, B..., Jhe potions, vous pou' ez, i pouvant, Jhe 
pouvis , ipouviant. Jhe pouvi.., Jhe pouviyons... 
i'pouviyant. Jliai pouyut. . Jhe peurraiou je poudrai, 
Quejepeughe... Quejepouvisse ou que je pouyusse, 
— « o mouille tant (\[iopeut, » autant qu'il se peut. 

PouzÀ, Pouzau, Nom propre; notamment d'un ancien curé 
de Gemozac, qui a laissé manuscrite une petite histoire de 
ce bourg, que j'ai résumée. 

PouzE, Pouce. — « in pouze de vigne », une pousse. — 
« Mettre le pouze ou les poiizes, » s'avouer vaincu ; 
de l'usage féodal par lequel le vassal mettait ses mains 
dans celles de son seigneur. 

PouzETTES, et souvent Epouzettes, Menottes, fers pour 
les mains. 

PoY de la Tète; voy. Pc. 

PoYER, Payer, iut. « tu zou pouéras, > 

Praist-a-dieu ! Plaise ou plût à Dieu. * 



328 JPÎ4 

pRÉctiER, F. Parler de suite, n'importe sur quoi: 

Preciii-Precha, Patati-Patata; 

pRÉE, F. B. P. Prairie. 

pREFOND, Profond. 

Prélat, Parlât, Prélart. 

Prendre Prendre. Jhe pâmons, B... Jhe p*rnis,,, Jkë 
p'rni, . . J/ie prenrai. . . Que je p' misse — « Prenre 
eu degàt, » B. surprendre en délit champêtre ou forestier. 
— <^ Prendre en mau, » B. En mauvaise part, et, cou- 
séquemment, en Acnir aux coups. — S'y prendre bien ou 
mal ; savoir ou ne savoir pas s y prendre » être adroit 
ou ne Tètrepas. — * Le temps ^^ipriSy » il va pleuvoii' et 
longtemi)S. 

Prepous, Propos ; àprcpouSy à propos. 

t*REQUOi ? Pourquoi ? 

Près, B. Villon. Pour proche : « olest mon p'us près voi- 
sin. > — Près-là ! Avertissement aux bœufs de se tenir 
près du sillon. 

Pressant, B. En parlant d'une personne, actif, vif, dili- 
gent; 

Presse (à la) B; preinier e fermé, comme dan^ le mot pré-^ 
cèdent ; A la hâte. On dit souvent : à la j)r esse-presse. 

Presser rfe,B. Etre pressé d'avoir: « Jhe u en pressons 
pas. 

Pressis, L^ dernier suc que Ton obtient des raisins mis sous 
le pressoir. 

Pressoi, b. Pi'essoir. 

Prêtant, Pourtant. Voy. Parlant, 

Prét'e, Prêtre. « Nou't Prél'tf » notre pi^ètre. Même syià^ 
cope sur les autres inots en trc : niait' e^ /e?ne/V ^tc- 

Prétî, Pétrir. 

Pretout, Partout. 

Preuve, Eprouvette des liquides : c'est une fiole oblongiia,- 
qui, remplie à moitié d'eau de vie et frappée dans la main, 
prouve, par la disparition rapide des bulles^ s'il y a encjro 



dS9 



beaucoup (Valcool daasle vin en distillation. — «Kpreuve 
que, » H. Voici une preuve, e'est que. Mais combien le 
patois marche mieux ! 

Prévu que, Pourvu que. 

Preyer, Preyère, Prier, Prière. — Preyer dHne chouse, 
B. Henri Estienne ; prier de faire quelque chose : « çhi 
est o çhi t'avoit preyé de çheu ? » — « Preyer le bon 
Dieu, » B. se dit d'un cheval qui bronche et tombe sur ses 
genoux. 

Preyillat, Preguillac, commune du canton sud de Saintes. 
Prés-y niants, glissants, bourbeux? 

Prezelle, Localité. Pratelli, petite prairie. 

Prime, adj. Aigu, subtil, tranchant. « In coûta prime; » 
— « ine coustille ie^nàviQ prime . » — Au moral : fin, spi- 
rituel : « aie e^i prime ; aie at Fentendoire prime. » 

Prince, Princèse, B. Bossu, bossue; sans doute à cause de 
Tapanage dont ils sont doués. 

Prinquée, Prinquenaiide, Pincée ou égratignure par tous 
les doigts à la fois, à la manière du chat. De là les ver- 
bes : 

Prinquer, Prinqiienaitder, Motsexellents, soft au propre, 
soit en figure, pour dire : faire une allusion piquante, une 
raillerie agressive. 

Printaniêre, Primevère. C'est ici le mot français qui est 
italien. 

Priour, Prieur ; terme qui ne veut pas dire celui qui prie, 
bonnes gens, ne vous y trompez pas, mais celui qui se croit 
le premier. 

Prise, La portion personnelle de chacun dans une étendue 
de prés, de bois, ou de marais qui a été partagée. 

Priser, B. Prendre du tabac pnr le nez. 

Prison (in), masc. une Prison. 

Prisounier, Prisonnier. 



;m 



Prisour, Priseur, celui qui prise. 

Prix (au) ! A plus forte raison ! » rn'est point c'mode ; et 
lé donc, ait 2>yi^ ! 

Prix-feit, 0. Entreprise à forfait. — Tâche quelconque. 
Proche (nu) 13. Tout au proche. Auprès, tout au près. 

Procillon, Petit procès. 

pRocuLEUR, Procureur à procès ; aujourd'hui Avoué. 

Prodique (V Enfant), L'Enfant prodigue. 

Produire, B. Grandir, prospérer, croître — Produre, id. 

Proférer, Préférer. On y joint le pléonasme : proférer 
mieux; et plus souvent le solécisme :./)ro/eVer<^^.... 
que de,.. Le français et la logique veulent que Ton dise : 
j)référer à... ou préférer faire telle chose plutôt que telle 
autre. 

Profet, Préfet, confondu ainsi avec Prophète. 

Profit (feit à), à profit de ménage. En parlant des vête- 
ments, veut dire trop grands pour Tàge de celui qui les 
porte, ce qui dispense de les agrandir de si tôt. 

Profiton, Envie ; petite excroissance près des ongles et qui 
indique, à ce que l'on se figure, que le sujet Profite encore, 
qu'il grandit. 

Progrès, sans accent. Mal lu, au lieu de Progrès. 

Promeloghe ; B : Pomeroge ; Précoce : primo loco, «D«s 
cerises j)romelôg lies; -i^ commQQ%\\e^ Aoni il revenait, 
dit-on, une charge ronde ix l'abbesse de Saintes, le jour 
de la Saint-Eutrope, 30 avril. Cette charge ronde se 
composait de troi^ cerises, une dans chaque mannequin 
et l'autre sur le bât. Encore ajoute-t-on que le malheu- ' 
reux cerisieravait dû être arrosé d'eau chaude et n'offrait 
jamais doux années de suite son ruineux hommage à 
Thumble servante du Seigneur. 

On ajoute qu'une abesse économe, s'étant fait rendre 
compte des trois jours pendant lesquels l'abbaye devait 
hél)erger et nourrir l'homme et la bête qui apportaient 
cet hommage coûteux, le supprima définitivement. 



1?U 331 

Pxi}iEyiERde la marohaniise, B. Etre marchanJ ambu- 
lant. 

Promettre, Permettre. « Si le bon Dieu zou promet, y* — 
Affirmer : «Jhe vous promets ; et, plus souvent, jhe vous 
en promets, qu'il est bin mal. » — Promettre raison^ 
menacer. 

Promier, Premier. 

Promission, Permission. <^VT\d^ promission divine. » 

Prône (recoumander au). Déchirer à belles dents, par 
médisance ou calomnie. Signaler, dénoncer. 

Propous, R. B. Propos. Propousery propousition. 

Prou, F. R. B. 0. Béarn ; Assez, beaucoup. Ital. a prova, 
lat. probe. Nous avons conservé Preux et Peu ou Prou. 
— feire son prou de quelqu un ou Ae quelque chose, en 
jouir avec satisfaction. Louer de toutes ses forces : « Fne 
pouvoit en feiré son prou. » 

Prouillon, Prolonge ; timon volant, avec une chaîne pour 
atteler deux bœufe devant deux autres. Lat. Protelurn, 

Prouvablle, b. Dit beaucoup plus que Probable ; signifie 
certain, Prouvé, ou qui facilement le sera. 

PRUSSK (pour le roi de), gratis pro deo. Pour rien, sans 
rémunération. On n'osait pas dire : Pour le roi de 
France. 

Pu' (jhe), tu pu\ i put ; Je pue, tu pues, il pue. « o put 
qu'ol empoisonne. » 0. 

Puant, Puante, Orgueilleux, orgueilleuse. 

Puantise, b. Puanteur. 

PuBLLÎ, Peupler, pulluler, multiplier. Se dit des animaux et 

des plantes. 

Pue (ine), B. 0. Dent de peigne, de herse, de râteau. 

Puissant (riche), Puissamment riche. 

PuNAis, R. Qui sent mauvais du nez. Froissard a employé 
punaisie pour puanteur, et c'est bien de Puer que vient 
ce mot et son dérivé Punaise. Punais se dit aussi du blé 
et du blé d'Espagne attaqués du charbon. 



PrsAiWT LU '. me Pleui^ie. Ln&ijnmaiit>a «le \sl pTêvre. 

prp^T > 'Ht* , R. B <> une Huppe, oiseau: «Taprê* *)a 
ohanr, lui ^x. pliirôr poupon. Elle p.'Uâe pour emplorer 
à lit i7ihr:r:izU)Vi «le soa nid la dente «lu p<3rc : «le la une 
rTitf4}ir^ : < Pnpttt, pnput, pnpnt, jhe sens bèle. mm 
mnn niit put. > Ratfon dit '[uelenid de bi huppe e«H: sale^i 
^*tfet, mai.s ie la dente de* périls, *h. ^iie L'oiseau adulte a, 
au ■'onri'aim, an :zrandini*rincr «le pmprete. Xouspouvoii* 
ajourer «[uVn volière il bat couse la chambrée. 

PîTRiisiT/u. Vnv. Pnnttiiiit. 

Ptrin. Terme <le mépris, je ne 'îais d'après nfUieile idiie, pour 
de^iiimer un canieiir, on. comme l'on dit, m êf*artlour. 
Serair-t!e (Contusion «le Uhuilft de la laine ou «oint avec k 
Purin du fiimier ? 

Pt:se, Pure, lat. pu/ex. puLicis. pulcis. Puce, puse. 

Prsr>T, Dîmin. «te pose. 

PcTR, B. Femme libre. Du grîmd nulieid PhCT, pottay tic. 

41 Tout»*s »^ï5itt*s, serez ou fhscea. 
De tair ou «ie Toloiite^ Putiis. » 

Rom. 'le La Roob. 

— Faurh«ux, araignée de champ, qui, diapré» ce nom 
.^n8 doute, sert à deviner où Ton se mariera : on lui arr»- 
rhe :^e» longues jambes ; on la Eût sauter, d'un coup sur 
la main où elle est giaante, et < voure \% chu ieh^pide « 
virerat, in tel ou ine tèle se mari^rat. » 

PcTLNfi, I)im, — PuTi^iER, .\mateur de Putes. 



QXJ a33 




^ Se prononce au mot Coq, même dans Coq-dHnde. Dans 
cinq, il est muet devant une consonne et il devient Z, de- 
vant une voyelle : Cin-z-osas. 

QuADRiPLLE, 0. Quadruple. 

Qu'ainsi, 0. Pour « ainsi que* : « II est venut içhi, qu'ainsi 
son frère et qu'ainsi son neveur. » 

Quand, pour « En même temps que, » 0, « Jhe m'en érai 
quand vous, » en même temps que vous ; ou plutôt par 
ellipse, « quand vous vous en irez. « Le vieux français 
disait très bien t quand et quand, » pour en même temps. 

QuANDALE, Chance finale, au jeu de potet : le joueur qui 
prend quandale, avant de tirer un nombre quelconque de 
pièces ou de billes, doit, pour gagner tout, mettre impair 
dedans. Quantwn alibi 'i Franc-jeu est la chance in- 
verse. Voy. Franc-jeu, 

QuAQUA et Quequa, queca, R. B. Une noix sans le brou et 
qui fait du bruit, par conséquent. ON. 

QuARANTiN,-am^, B. Se disent des pois, de la giroflée &c., 
qui sont censés produire en Quarante jours. Les chan- 
fraiseurs prononcent très mal : Quarante et in ou qua- 
rante-un. 



334 QtJ 

QuARRE, Palissy, B. Coin, angle, arête : « Pierre à quatre 
quarres. » — « Pièce de bois sur sa quarre. » 

QuARRiBOT, Petit quarré ou carré, par exemple de jardin. 

Quart, B. Se dit d'une petite futaille, quoiqu'elle contienne 
la moitié d'une barrique ou même davantage. 

Quartagher, Partager en quatre. Manque en français. 

QuARTÉYER, Terme de charretier, se détourner de Tomière, 
ne prendre qu'un quart de la voie. 

Quartier, B. Face d'une pièce équarrie: « lui Aonnev quar- 
tier, lui faire faire quartier, » c'est la tourner d'une face 
sur l'autre. 

Quartron, Quarteron. — Nom propre. 

Quasiment, B. vieux français: Quasi, presque. 

Qu'as-tu qu'as-tu (dau), Delà contestation, un vif débat, 
un mal imprévu. 

Quat', b. Quatre. QuaV chiff\ quaV de chiffre, un piège 
pour les rats, duquel la forme, lorsqu'il est tendu, imite 
un Quatre de chiffres. — QuaV , devant une voyelle 
appelle z : entre quat'z œils, » Ainsi la chanson de Mal- 
borough a quatre-z~officiers. Cela, et le s'en va-t-en 
guerre, fait penser que la berceuse de Louis XV était 
de Saintonge. 

Quatruplle ou quatriplle. Quadruple. — Substant. pièce 
d'or de quatre-vingts francs. 

Quat'ryiême, Quatrième, qui se distingue difficilement de 
quatorzième. 

QuAYiMENT, Voy. Quasimcnt, 

Que, b. Tant que, si bien que : « jhe zi ba'rai ine roulée que 
le feu z'y prendrat. » — Que, pour dont, : « ce qu'il a 
besoin. » Et, chose bizarre, dont est souvent ajouté en 
pléonasme à que : « l'affaire do7it que vous zi aviez re- 
coumandé. » 

QuENAiLLE, Voy. Canaille, 

QuENAUD^ pour Penaud ; ou du verbe qui suit : 

QuENER, Gémir en faisant effort, rap. Guener. 



QTJ 335 

QuRNEUiLLE , QuenouiUe. De QNE , canna, Roseau, — 
Typha ou massette, plante. 

QuENEUiLLÉE, Queuouillée. 

QcENEUiLî.ÈRE, Galon attaché à Tépaule pour soutenir la 
quenouille. 

QuENEUiLLON, Lot de laine préparé pour charger une que- 
nouille. 

Que non pas, B. Forte négation : * oh ! que non pas! * 
— Comparaison négative, comme dans le vieux français: 
« o vaut meux se marier que non pas brûler. » 

Quentin (St-) de Ransanne, C( ramune du canton deGemo- 
zac. Quentin veut dire cinquième ; Ransanne était l'ancien 
château, 

QuÉQUEDiNS, Quéquezins, Voy. Çheuquedins, 

QuÉQu'iN, Voy. Çheuquin. 

QuERCi, Sorte de raisin noir, originaire du Querci. 

QuERÎ, F. JB. et souvent qu'rî. Prendre une personne ou 
une chose où Ton sait qu'elle se trouve, sans avoir à la 
irecher , chercher. Et pourtant queri vient de 
quœrere, 

QuERiER, Qiirier, B. Prononciation de Crier. 

Qu'est-o? Qu'est-ce? « Quest-o çheu, mon bon, çhi feit 
poure à ma bete? » Souvent redoublé : « qu'est-o qu'ol 
est ? » 

QuEUGNER ; B : Cheugner, Guexigner, Atteindre d'un 
coup qui laisse sa marque. Dérive de Cougner, de Coin. 

QuEUiL de toile d'inde, Une pièce de ces tissus en racines 
qui A iennent de l'Inde et dont nos femmes de marins se 
font des coiffes. 

QuEUQUE, B. Voy. Çheuque, 

QuEUSiQuEUMi, Molière ; ni bien, ni m^al ; Coussi coussi, le 
cosi cosi italien. 

QuiLLEBUTE, Yoy. Cailbutc, 



^36 QXJ 

Quir^TÂ, Yov. Chintà, 

Quinte, Voy. Çhinte, 

Quinze, Voy. Çhinze. 

Quoi, B. Que : « V n' sait quoi dire. » — quoi ? de quoi? 
interrogation souvent oiseuse, importune et due à la mau- 
vaise habitude de faire répéter celui qui parle — De quoi 
(avoir), B. sous-entendu « vivre » , avoir du bien, delà 
tortune : Clièle fumèle ! o n'est point in mauvais partit : 
al at de quoi. » « Ils trouvoient aux champs trop de 
quoi. » La Fontaine. 

Quolibet, Surnom ridicule, Châffre ; Voy. ce mot. 

Qu'ouRE ? Quand ? cii^ ora, Itahen ; Languedocien aussi : 

« Ah 1 nous que nous aymavain ! 
QiCoure y tournerem ? » 



3'i7 




H Étant une liquide, s'ajoute, se supprime, s'échange : s'a- 
joute dans jardrin, parpaillon &c. ; se supprime ou se 
change en t à la fin des infinitifs et des substantifs en ir : 
fini ou finit, plaisit &c. 

Prend la place de l dans couronel ; de s dans chaire 
(à s'asseoir). Cet échange de r pour 5, et réciproquement, a 
été de mode au XIP et à la fin du XVIII® siècle : si les 
Inc'oyab'es du Directoire avaient été dévots, ils auraient 
dit Jéru Masia au lieu de Jésus Maria, comme les cour- 
tisans de Louis VIL 

Ra et Rat, Ruisseau. De la racine onomatopique et presque 
universelle AR, RI, re, ro, ru, couler. 

RA et ras^ 0. B. rez : « rà pied, rà terre. > « Au râ de 
moi. » 

Rabale, Grand filet étendu à terre et que l'on relève et ra- 
bat soudain sur les volées d'oiseaux de passage. — Pelle 
très-large à rassembler le grain dans l'aire. 

Rabalêe, Grande quantité confuse, comme la masse d'oi- 
seaux prise à la Rabale. 

Rabaler, Enlever en masse, raflSier. 

RabAtée, Coups donnés à grand bruit. — Dôgringolade, 
chute bruyante. 



%\ . 



33$ 



RabAter, B. vieux fr. Faire beaucoup de bruit en cognant 
ou en remuant les objets. Le tonnelier, le tonnerre, les 
j)réten(lus revenants rahatent. Augmentatif de Bat- 
tre, plus fort que Rebattre et Rabattre, qui, d'ailleurs, ont 
d'autres sens. 

Rabàtis, Action de rabàter, 

Rabat-joie, Surnom du maître, quand il est sévère. « Dio- 
mède, le Rabat-joie » Scarron. Voy. Ranghe^à-horcL 

Rabattagiie, pour Rebattage, action de rebattre la futaille. 

IvABATTESON, Façou et prix du Rabaitaghe. 

1 wABATTRE, Rebattre la futaille. 

Rabattut (tout compté, tout), Tout compte fait. 

Rabe (la). Les œufs d'un poisson. Pur hébreu, RB, nombreux. 
. — R. B. Limousin, pour Rave, plante très-productive.— 
. (rras de la jambe, par ressemblance avec une Rave et avec 
.un poisson rabé, 

Rabê, rabée, en parlant du poisson , Œuvé, œuvée. 

.Rablnagiie, Travail fait -i la hâte pour finir ou pour répa- 
rer; sorte de ravaudage. Du grec rapte, couds, ou du 
l)ret(m i^aJ/n (ravin?) petit sentier qui abrège à travers 
les clôtures. Rapihn ? 

Rabinêe, Temps employé au Rabinaghe : « Jhe vindrons 
• vous aider (ou vous ainder) me rabinée. » 

Rabiole, Petite rave. 
•■'... 
Rabiscoler, 0. Ravig )ter. Du grec bios, vie, comma le mot 

qui suit. 
Uabistiller, Rafistoler, réparer légèrement. 

Rabotous,- touse. Raboteux, -teuse ; à polir avec le rabot. 

Rabduillêîie, R. Fourmillera. Mot français appliqué aux 
lapins. Môaie origine qu3 )'abe, Yoy, 

Rabounesî, Rabonnir. 

RÂBOUSiNER, Chiffonner, rabougrir. De Bous9, p3ut-ètre. 

Hacasse (la), Sobriquat de qui s'habitue ù 



-RA. 339 

Racasser, Tracasser, faire le bruit que le mot exprime, celui 
des noix sèches que Ton remue. Un ivrogne, au vice duquel 
nous faisions allusion, nous répondait très bien : « ol est 
que jh'entends, oi, là voure ol est qu'o racasse, » — Se 
racasser, se livrer à quelque chose de plus triste encore 
que rivresse. C'est à ceux-là surtout que le sobriquet de 
La Racasse se donne. 

RÂCHE, R. B. 0. Limousin, breton ; Teigne des enfants. 
Hébr. RASh, tète. — Marc d'huile. 

Raçheuillî, Accueillir de nouveau, domestique ou servante. 

Racine ! Injure et malédiction ; sous entendu « dauDiablle,» 
qui s'exprime aussi souventes fois. 

RÂCLLE, Raifort ; de ce qu'il faut le racler. 

RÂCLLÉE, B. Volée de coups. 

RÀCLLETTE, Petit racloir, de ramoneur, de jardinier, &c. 

Rac'moder, Raccomoder. 

Racoçhiller, Recoquiller. 

Ràcoit, Détour furtif d'un terrier, d'une piste, de l'animal 
qui la suit, de l'oiseau qui brise sa volée, qui : « raptîm 
secat œthera permis, » Virgile. 

Y a-t-il là une idée du mouvement de la coite ou queue 
qui aide à faire le brusque détour ? 

Racoiter, Faire des Racoits. Le lapin lancé ne fait que des 
racoits, ne fait que conniller. 

Radégonde (Sainte), commune du canton de Saint-Por- 
chaire. Radégonde, nom germanique : Rouet glorieux. 

Rad'rser ; F: Radrecier ; Redresser. 

Radoubaghe, b. Réparation ; non seulement d'une embar- 
cation, comme le français Radoub, mais de quelque chose 
que ce soit, même d'un membre rompu ou démis. C'est ra^ 
retour, remise, et l'ital. icopo, œuvre ; remise en œuvre, 
avec le d pour liaison. 

Radouber, B. Réparer. 

Radoubeur, a. Réparateur, surtout des membres démis. 

Rapax^é, Frappé comme d'une Rafale, ruiné, mal mis. 



3tO 



Raffines!, Affiner, clarifier. 

Ragane, Rigole. Des rag, rig^ couler, arroser. 

Ragiier, Faire rage, se fâcher très-haut. 

Ragocillagiie, B. Méchant Ragoût. 

Ragouiller, Patauger avec les mains, faire du bruit ^ re- 
muant du liquide. 

Ragouillis, Ce liquide et ce bruit. 

Ragréyer, Ragréer. 

Raigne, Tique. De Racine, ou de Ronger, comme Rogne. 

Raillard, R. Railleur. 

Raine, B. Grenouille verte. Lat. rana. 

lÎAiRE, B. Briller, radiare : « le souleuil rait, » 

Rais, A. B. Rayon : « rais de souleuil. » 

Raise (ine), B. Une raie, un trait. 

Raison (promettre). Menacer de punir, — avoir des raisons ^ 
0. B. se disputer, se quereller. Ce n'est pas Avoir de 1» 
raison. 

Raisouner çheuqu'in, B. Chercher à lui flaire entendre 
raison. 

Rajhènesî, b. Rajeunir. 

Rajiieter, Racheter. 

Râle (ine), a bref, Uae branche, ramiis, et, par suite, une 
jambe. « Tirer de la rale^ » marcher d*un air fatigué. 

Râle, adj. B. Rare. Ainsi : ràlement, râleté; l pow ^» 

Ralentesî, Rallentir. Voy. Nalentî, NalenUî. C'est ainsi 
que Ton voit la nature métamorphique de r. 

Râler (se), P. Se glisser à la dérobée comme un râle 
(oiseau). 

RÂLETTE (aller de). Se râler, 

R AT-LiRON y Yoy . Liron. 

Ralon, Dirain. de raie. — Barreau d'écheik ou. de chaise, 
pour roUon. 



341 



Ralouner, Pousser plusieure raies ou tiges, taller. 

Ralut, Ralue, B. Branchu, branchue. La bonne ména- 
gère, en semant salsifis, navets ou carottes, ne doit jamais 
manquer de dire, tout le long de la raie : « grous et long 
et point ralut, grous et long et point ralut. » — Signifiait 
autrefois vif^ guilleret : en pleine sève. 

Ramagheous, Rameux, touffu. 

Ramasser (se). Euphémisme pour tomber ; le conséquent 
pour Tantécédent, une parfaite métonymie. — Avec les 
Montagnes dites Russes, il nous est venu de ce pays le 
mot « se faire ramasser, » glisser en ramasse ou en char 
lancé sur une pente. 

Ramassure, Ce qui se ramasse. 

Rambodil (poume). Pomme Rambourg. 

Rame, B. Branche, surtout sèche, ou avec feuilles sèches. 
Des « fagots de rames » sont des bourrées. 

Ramêle, Anse de panier, faite souvent de rameaux. Par 
catachrèse, puisque nous parlons Dumarsais, anse en fer, 
de seau, de chaudron. 

Ramener la cheminée, La ramoner. Eàmus. 

Ramîgher, Faire bruit dans les branchages, dans les 
rameaux. 

Ramighère, Remighère, Nom d:e localité- 

Ramillon, Petite ramille. D'où Essarmiller, (Voyez) pour 
Esramiller. 

Ramillous, b. Rameux, garni de petites branches. 

Ramouner, Ramoner ; d'où Raraouneur. 

Ramut, Rameux. 

Ranche, B : iîancA^r. Ridelle ou fourragère pour un 
chartî, 

Rancissure, État de ce qui rancit. 

Rançon» Ration. « As-tu baillé aux bœufs zeu rançon ? » 
Rancuneux, B. Rancunier. 



342 



Rande, B. Rangée, surtout (le gerbes de blé ou de meules 
de foiu. — D'où le yerbj araiiier^ maître à rande ou à 
randèe. 

Randox, F. R. Élan, essor, notammentde Toiseau de proie, 
qui souvent prend de randon, — Mouvement violent et 
rapide : « Y zou a mené d'in grand randon : ♦ Le fran- 
çais a gardé Randonnée. 

Rane, R. Grenouille d'aigail. Pur latin rana. 

Rang (de) A. R. B. en ligne droite, en rang. — De suite : 
« Finissons tout de rang, » — Vite : « va-t-en, et de 
rang, » 

Ranghe a bord, ou Rangheard, Père Rangheard, Maî- 
tre rude et redouté. 

Ranghement, B. Ordre, bon ménage, soin, économie. 

Ranghrr, 0. Parer, coiffer, fiire la tt)ilette. « Ah ! que 
çlièîe mariée étoit donc bin ranghée ?\ » — Se rangher 
de quelque part, en revenir. 

Rapacer, Glaner après les Glaneuses. 

RÀPAiL, Chanvre avorté, que Ton recueille après les beaux 
brins et qui sert à faire de la filasse grossière, pour lumi- 
gnon de chandelle de résine, par exemple. 

Râpe, p. Rafiie de raisin. B. : Raisins entiers sur lesquels 
on met de Teau pour faire de la 

RÂPÉE, Rap3 : — Râpe se dit aussi chez les femmes pour 
certaines fleurs d arrière-saison. 

RÂPER, B. Grappiller. 

Rapiette, b. Lézard gris. Raptim fugiens. 

Rapigner, Grappiner, Griveler, faire de petits vols. 

Rapport a, B. Rapport que, 0. A cause de, parce que : 
« i ' n'a pas pouyut, rapport à sa femme, rapport qu aie 
étoit malade. » 

Rapporter, Déceler, dénoncer pour faire punir. Rapport 
teur, flatteur, dénonciateur, espion. 

Raque, Diarrhée. Raquer, être en diarrhée. En Gascogne^ 
c'est vomir ; en Berry, croasser. Onomatopées. 



Ras (à), 0. B. A" ^^^ ^^ * « '^ ^'^^ ^1^ rêvo, rns l'êve. » Au 
ras de Téve, de Teau. « Has pied ra^ terre (couper ou 
coper). Yoy. Ma, 

Rascaille, Racaille. Sens moins sévère que Tangl. rascalL 

Rascoit, Rascoiter ; Voy. Racoit, Racoiter, 

Rase, Raie, trait de plume ou de poinçon, (te. — Raser, 
rayer, biffer sur un livre d'affaires. A oy. Lerayer, 

Rase, Radoire. Raser, rader une mesure, ce qui se dit 
. . aussi raser. — : couper une haie ou une cépee de buis 
ras terre. 

Rasibu', B. Rasibus. 

Rasin. B. Raisin, racemus :Yl\iy[, broderie (comme régime 
de dattes, de bananes ; ricamare, broder). 

Rasiné, Raisiné. — Rasinette, petite grappe de raisin. 

Rasoi', B. F : Rasouer ; Rasoir. 

Rassayer, Essayer de nouveau. 

Rassésier, Rassasier. 

Bassiner, Réassigner. 

Rassire, Rasseoir. 

Rassise (eau-de-vie), qui a un an de fabrication. Elle n'est 
ni nouvelle ni vieille. 

Rassoler, un pré, En refaire la 5o/e, Tassolement. 

Rat, Cours d'eau. Voy. Ra. — B. Terme d'amitié avec les 
enfants : « mon petit rat, ma petite 7'ate. ^ — <r Mon 
p'titra^, ma ra^6n)llaiiche; mon p'tit chat, mon chat 
(flicat, » (chant de nourrice). — Rabot de tonnelier pour 
faire le jable aux futailles, ce qui se dit rater. ON. 

Ratcôue (/ mu:^t),Pour qu3UG de rat, Alopécure des champs, 
ou queue de renard. « Quand la ratcoue est épighée, n'on 
peut aler pien nut, » nu pieJs. 

Ràtà, Râteau. 

Ratatouille, B. Méchant ragoût. ON. 

Rate, B. Fem3l!e du rat. — D3at de l'enfance. 



344 RS 

RÂTELÉ, B. Grand râteau, ù ramasser le résidu du foinilaiw 
les pi-és. 

RÀTELURES, Résidus recueillis avec le râteau. 

RÂTELIER de Téchine, 0. Epine dorsale. On dit d'une chose 
ou d'une personne désagréable à entendre : « ou a 
m ecorche le râtelier de Véchine, » C'est la locution 
burlesque : scier le dos avec un confessional. 

Rater, 0. B. Prendre les rats : € in chat çhi rate bin. » 

Ratille, Petite dent. Terme enfantin. 

Ratoirk, b. R : Ratoiière, (prononciation conservée): 
Ratière. — Fusil qui rate, qui manque à tirer. 

Raugmenter, b. Augmenter de nouveau. 

Ravaghe. Ravagheaud, Noms de chiens courants. 

Ravaler, une Plante (une jeune vigne) la réduire à la hau- 
teur voulue, en la taillant pour la première ou la deuxième 
fois. 

Ravasser, Voy. Rêvasser. 

Ravenâ, Ravenard et B: Ravenèle, Le radis ravenelle ou 
navet sauvage, plante parasite dans les cultures. 

Rayant, de Rayer, F. B. Rayonnant, luisant, radieux. 

Raye, R. Raie, sillon. — Racine, radix. 

Rayut, Ray lie, Qui a beaucoup de racines. 

Re. Cette particuie itérative peut s'adapter devant tous nos 
verbes patois, ainsi que nous en avons donné de nombreux 
exemples. — Elle est brève par e muet dans Réveil, Re^ 
volte &c., &c. ; se prononce ré dans Rêve. 

Re, Subst. Rien. « in rè tout neu' dans ine poche creusée.» 

Rebiner, B. Donner avec la houe une troisième façon. 

Reboire, B. Boire encore. 

Rebomber, F. Rebondir. 

Rebontrer, b. Remontrer. « Grous Jhean n'en rebonfrsk 
son çhuré ! (Ce qui ne serait point de trop quelque fois.) 

Rebouillî, Terme de forgeron, refaire et retrehiperlapoiate 
du fer de charrue. 



345 



Rebouillures, Salaire de cette œuvre : ordinairement, par 
charrue, un quart de Iroment pour Tannée. 

Rebouter, B. Remettre un membre démis. 

Rebouteux, B. Le chirurgien de contrebande qui reboute. 

Rebours (bois), et de rebours, B. Revèche, bois ou per- 
sonne dont les fibres, dont Thumeur ont des directions bi- 
zarres et contrariantes. 

Rebuffer, Rebuter, rudoyer. 

Recaler un fossé. Le recurer. 

Receveur, Percepteur, dit aussi Persécuteur, 

Reçheùre, Recuire. Reçheitt, reçheusut, Voy. Çheûre. 

Rechéver, Rechuter. De Caput, 

Rechigner, R. B. Hennir. — Rechignons, B. Hargneux. 

Reçhiller, Tirer de nouveau la quille ou la pièce qui mar- 
que le but du jeu ou le point de départ. 

Reçhinquer, b. Requinquer. Voy. Arçhinquer, 

Rechuler, Reculer. 

Rechuter, B. 0. Retomber malade. Le franc, n'a que Re- 
chute. 

Rechuvrî, Recouvrir une maison. 

Reciner, r. Prendre une collation, un petit repas du soir : 
recœnare. 

Réciter, RecUamer, Rec'neûtre, (rec'neussut). Ré- 
colte, Recompense, Reconsoler (qui se dit toujours au 
• lieu de consoler), recoiimander, ne diffèrent guère du 
français que par Ye privé d'accent. 

Recoohillé, Refait d'une maladie ou d'un embarras d'affai- 
res ; remis dans sa Coquille. 

Recoude^ Coude que fait une ligne^ une rivière, un chemin. 

Rscuvesit , B. Recouvré. 

Recouvreur, R. Couvreur. 

Recouvrit, Recouvrio, B. Recouvert, recouverte. Le vrai 
patois est reçhuvrit. 



«^8. 



346 RK 

Recroçhillé, B. Recoquillé, recroquevi!l/\ 

RÉDicuLE, Subst. Petit sac de femme dit Ridicule^ relicU" 
lum; ou de l'angl. to ride, courir à cheval, 

RÉDicuLE, adj. Rigoureux. 

Redoublle, et RétoubUe, comme dans Rabelais» terre à 
laquelle on fait redoubler son année de culture en fro- 
ment. 

RÊDDRE, Réduire ; syncope à Titalienne de reducere. 

Réfection, Pour réflexion : « Jh'ai feit réfection. >► Que de 
gens qui ne font guères que des réflexions de ce genre ! 

Refeit, B. Rétabli, redevenu fort et gras. — Remis dans 
Taisance. 

Refils, Refille, 0. Petit-fils, Petite-fille. 

Refouî, Fuir une chose, Téviter. « Pauvreté n'est pas vice; 
mais tout le monde n'en refovit . » Prov. Voy. D'foui» 

Refreidesî, b. Refroidir. Refreidî. idem. 

Refrougné, Refrogné. Du mot Front. 

Regainer, Donner du Regain. « Les prés avant bin regainé 
çhette année. » 

Régalade (Boire à la), 0. Boire en se versant un jet de li- 
quide dans le gosier. 

Regardant (être), B. Trop près de ses deniers, soupçon- 
neux. 

Regardure, R. B. Façon de regarder, surtout en mauvaise 
part. 

RÉGHE, B. : Rêffue, L'entre-sillons — L'entre-fesses. 
RÉGiiEON, B. Petit sillon à planter Tail, à semer les pois. 

RÉGLLïssE (delà) du Réglisse, qui se dit aussi bois-jhaune, 
mot renversé du grec Glucu-rhiza, douce racine. 

Regobé, formaHt Gobe ou globe, monticule. « Femme re- 
gobée, » qui a de la gorg« ; « homme regobé, » qui a la 
bourse regobée. Opposé : pliât, 

Reg^ller, 0. Vomir. — RegouUs, le résultat. 



RE 347 

Regracier, F. Remercier. Ital. ringraziare. 

Regrépî, Recrépir. 

Regréyer, Voy. Ragréyer. 

RÈGUE, Voy. Règhe. 

Reide, B. Raide ou roide. Employé en adverbe, ainsi que 
reidemeniy il a Fénergie de durement dans Froissard : 
< Via dau vin reide bon, ou reidement bon. » 

Reidesî, B. Raidir. 

Reignon, Roîgnon. 

Rein, ou rin, rien. 

Reinegllaude (Prune ou jpVn^), Reine-Claude. 

Rejhénesî, Voy. Rajhénesî. 

Rejheter, Euphémîsme pour vomir. 

Relais, Relâche, répit. « Tne me baille pas in moument d« 
relais. » 

Relever un cheval, B. Réparer le pied et le fer. 

Relique, B. Restant de quoique ce soit, même d*une mala- 
die, ce qui est bien le cas des Reliques. 

'Reloghe, 'Relogher, B. L'un et l'autre masculins. Apo- 
cope d'Horloge, Horloger, comme dans les dialectes E^ 
pagnols. 

Rémanent (le), Le restant. Latin et vieux français. 

Remarl\ghb, 0. F. Secondes noces. 

Remarin, Romarin ; ros marinus. La légende chantée 
du Romarin a été remarquée en firagments par Michelet;^ 
à St-GeorgesdeDidone. J'ai tenté de la rétablir. 

Remeler, Chasser du larynx quelque embarras en essayant 
de tousser. Grommeler sans gronder. 

Remenant, F. R. Voy. Rémanent. 

Hemeuil, le Pis de la vache et des autres femelles animales. 
Dimiû. de Gremiurn ? 

RsMEUiLLER, Indiquer par le gonflement du pis qu'il y a du 
lait. 



348 



Remouil, Reraoïix. 

Remiser (se), en parlant du gibier, Se poser à la remise. 

Rempeûter, Empeûter, c.-à-d. Enter de nouveau. 

Remué de, 0. Issu immédiatement de, en parlant des pa- 
rents : cousin remué de germain, c est cousin second. 

R'n, B. Rien : a Jhe n'en seis de r n. > « o n'est r'n. » 

Renard, Nasse à grandes ailes usitée en Gironde. 

Renarder, Faire Técole buissonnière ; se soustraire à unet^ 
tâche. 

Rencllos, Enclos. 

Rencougner, Rencogner. 

Rende, B. Rente. — Arender, arrenter. 

Rendre (se), B. Se soumettre: € Jhe me rends à tous, » 
je viens à vos ordres, à votre disposition. — A. Se con- 
vertir. 

René (Poume), Pomme de reinette 

RèNER un cheval, B. Lui serrer et arrêter les rênes. 

Renfermer, Enfermer. Renfrmer dhoire, laisser dehors 
et fermer la porte. 

Renfr'mis, Subs. B. Clos,, enclos. — Sentir le renfrmiSj 
le relan. 

Renfûter, un fusil, une scie &c., Les remonter sur leur 
bois 

Rengrugher, Itératif à^Engrugher, Voy. 

Renifller, B. Renifler. 

Renié et JÎ'mV, Hargneux, têtu, indocile, rebelle Voj'./fV- 
oiié, 

Renoncier, b. Renoncer. Renuntiare, 

Renouvelis de la Lune, Renouveau. — D'un pré, nouvel 
assolement. Pour la lune, on dit plutôt renouviâ. 

Rentier, B. Non pas celui qui reçoit la rente, mais celui 
qui la paie. « Il attend ses rentiers^ > ses débiteurs de 
rente ; et, en ironie, des mendiants. — Rentes limousi- 



349 



nés , brèches aux murailles, que les maçons limousins, ou 
plutôt marchois, viennent tous les ans réparer. 

Rentrer, au lieu d'Entrer, quand c'est la première fois. 

Renversis, Renversisey ou plutôt renv'rsis, qui se ren- 
verse facilement. 

Repaner (se). Respirer d'une fatigue, se remettre, se rafraî- 
chir par degrés. Serait-ce une image tirée du pain sorti 
du four ? 

Reparounes, Étoupes peignées, réparées. 

Repatrier, 0. Rapatrier, réconcilier. 

Repaumer, Rebondir comme une paume. 

Repentut, B, Repenti. « A' ne s'est point yèrerepenhie. » 

Repère, 0. Grand-père. 

Repéter, Répéter. 

Repiquer, Renouveler un engagement. 

RÉPON, B. et Répounut, Répondu. « Jhe l'ai jhûché, i' n'a 
pas répon, » Rappelez pon eipounut pour pondu. 

Repous, vieux franc. Repos. — € Être de repous, » s'être 
bien reposé. — Repouser, B. reposer. 

RÉPRER, B : Reprire, Respirer, se tenir en repos. « Tu ne 
peux donc paé réprer! > — « Laisse-me donc réprer! » 
Dans ce dernier sens, on dit aussi très bien : « laissez-me 
donc être I » sous-entendu ; comme je suis. 

Reprocher, 0. R. Causer des rapports d'estomac. 

Requeter, Remuer toujours, être irrequietus. De là le 
sobriquet de requeton, requetet , reqiietuche, donné 
aux enfants. 

Resipére, b. Erysipèle. 

Résolut, Résolu. 

Respet, b. Respect. « Parlant p'r respet, » précaution 
oratoire, lorsqu'on va parler de quelque chose de bas ou 
de grossier, comme un cochon, un àne. Injustice contre 
ce dernier. 

Ressasier, Rassasier. 



• •te»' 




î^'îf!î##t. A 




;f»^«/v^ ) r/>ff#ir ^ .mimr i«iL .nui, -«. 

^^i'rf^.^ ^4 i¥/,^A^^ Ibq^ fwcfai garlieftpBBaci c&k 



351 



Revanghe, B. Revanche. D'où Revangher. 

Revangher (se); B. Se mettre en défense. 

Reveillouner, b. Prendre un repas vers minuit. 

Revenez-t (in ou dau), B. Une bonne chose à manger ou 
à boire, à laquelle on revient ou on invite à Revenir. — 
Revenez-y ! ou Revins-y ! menace, défi. 

Revenî, 0. Redevenir : « aie est revenue (retombée) ma- 
lade. > — Faire revenir une chose, termenle cuisine, la 
faire cuire à demi. — Faire revenir quelqu'un, le remet- 
tre d'un évanouissement, d'une émotion vive. — « Pour 
vous revenir ou pour vous en revenir, > pour revenir à 
ce que nous disions. — *0 revint dans clièle méson. » 
B. Il y a de prétendus revenants. 

Revenut (glorieux c'me in pouil). Proverbe ea reproche 
aux parvenus. 

Reverdesî ou Revardesî, B. Reverdir. Mot roman. 

Révérence parler. Parlant par révérence. — Révérence 
fendue, B. Trop profonde. 

RÉVEUX, Rêveur. 

Revéver, Devenir veuf ou veuve une deuxième fois. 

Revîler, En parlant des sources d*eau, se raviver, repa- 
raître, redevenir abondantes : « les fontaines avant revilé 
ou sont revilées, » 



Revirer, b. Voy. Trevirer. 

Revolii!?, Tourbillon de vent. — Revoliner^ tourbillonner. 
(Voler en arrière et de nouveau.) 

RÉvouR, Rêveur. 
Reyain, Regain. 

Rezeur, R : Rezeuil, Rets à prendre les lièvres. 

Rî, vieux franc. Ruis, Ruisseau, mais très petit ruisseau ; 
souvent une simple rigole pour les eaux d'hiver. * Au re, 
aux ries, noms de localités. 

Ri-aux-mouches (in), Un niais, benêt, musard. Les Gobe- 
mouches de M. Laboulaye. 



oz 



RiBAN, Ronsard, B. 0. Ruban. Du lat. ripa, ou de Thébreu 
RH, s'étendre. 11 y a une jolie ronde : « Les ribans y ohxX 
au vent. » 

RiBANTÉ, Enribanté, 0. Orné de rubans. 

RiBEYROu, 0. (la rivière), Port de Saujon sur la Seudre. 

RiBLLE (le), La garance, plante, qui riffle la main. — Aussi 
le Riéble ou Grateron ; même sens. Voy . Prend-main. 

RiBOULER, B. Rouler en boule sous les pieds. — Dégringoler 
en roulant; ce qui est aller à Hboulons. 

RroousiNER, Vov. Rabousiner, 

Rrc-RAC, Tout juste, trop juste, en parlant d'une me- 
sure. ON. 

RpcANDAiNE, Variante de Ribambelle, (vilain ruban). 

Riche, B. Se prend activement pour ce qui produit la richesse: 
« in riche temps, ine riche année. » — Petit Riche- 
Prieur, nom du Pinson, sur la Loire, d'après son chant. 
Vov. Roiitie, 

Ricoche, Gros bout d'un bâton, gros nœud à une branche 
d'arbre; venant (peun-ètre) de rigor, et donnant (peut- 
être) ricocher, faire des Ricochets. 

RiDÂ, Rideau. 

R'ÈRE, B. vieux franc. Arrière. Se dit surtout aux atte- 
lages. 

RiFFAGE, adj. B. Apre, rude, qui riffle la main ou le 
goût. Se dit aussi du moral. 

RiFFLLARD, Grossc varlopc. 

RiFFLLER, F. R. B. Raser de près et même égratigner. Un 
peu analogue à l'anglais to rifle. 

RiFo', Ri fort, B.O. Raifort; (racine forte). 

RiGALET, Rigolet, Voy. Régalade, 

RrcHEAu, Righeot , Souche ou branche à ricoches, k 

nœuds. 

Rimasse, Sujet d une détestable rimoire\ « Rimons rimassCr 
mon c. sur ta face. » 



353 



Rimé, R. 0. B. Pris au fond du vase par trop de feu. — 
Fendillé, gercé, en parlant de la peau, des lèvres s*urtout, 
qui semblent en effet grillées. Du latin rima? 

Rimer, Prendre trop de feu en cuisant. Le Berry dit aussi 
radine r ; et le Languedoc, rabiner. 

RiMOiRE, fèm. B. Dicton qui rime, peu ou prou. Voyez 
Arriraaghe^ qui en est quelquefois le synonynîe. 

RiN, B. Rien. (Pourrait s'écrire rein, venant de rois). — 
Rin que, B. Seulement. « Rin quii le voir ou iHn que de 
le voir, o suffit. » — « O gn'a p'us rin que le nit. > 
— Rinseqiie, E. Rien si ce n'est que. 

Une cour d'assises, à Saintes, ne put s'empêcher de rire 
d'un huissier du crû, à qui le président disait de tirer un 
peu le rideau d'une fenêtre: — « Rin qu'in coin, M. le 
président? — 7in qu'in coin. » Le nom lui en resta. 

Rincée, B. Volée de coups. 

RiNçoiR, Routoir, lieu à faire rouir le chanvre. 

RiNGHER, Ruminer. 

RiON, B. Rayon de jardin pour plantation ou semis. 

RiORTE, B : Riotte , Hart de fagot. Roman , du latin 
r et or ta. 

RiouGNER, Rire sous cape. 

Riorx, (Commune du canton de Gemozac. D'Aubigné en 
parle. De ri, ruisseau. — Habit. : Rioutais. 

Rip (de) et de rop, A la dérobée, à bâtons rompus. 

Ripe. Riffle, ruban de bois que le rabot enlève. 

Riper, Faire des ripes. — Enlever d'un coup de main les 
feuilles d'un rameau, ce qui est proprement « rijier ou 
chiper dau brout » (Voy. Broitt et Eriper.) — Glisser 
en éraflant : nombre de chemins montants sont dits à 
ripe-ç/m. 

RiPOUSSE (i7ie) ou i7i colet à ripousse, Piège fiiit d'un lacet 
ou nœu.l coulant au bout d'une branche courbc-e à dessein 
et qui se relève à la détente. Le nom vient peut-être des 
jets (le ronce qui se provignent d'eux-mêmes et repoussent 
en terre. «Se démener c'me in diablle pris aine )'i])ovsse.)^ 



39. 



354 



Rip'us, Terme plaisant pour dire Mort, qui ne rit plus. Dans 
le livre populaire des Quatre Fils d'Aymon, nos gens aiment 
beaucoup le trait de Richard qui pendit Ripus ; ils trou- 
vent ce dernier bien nommé alors, d autant mieux que 
Ripus avait voulu pendre Richard. 

RiQuiQUi, B. Liqueur de ménage, ne manquant pas d'alcool. 

Rire, B. fait au prétérit jhe reyiyons. Se dit de Teau sur le 
feu qui commence à frémir, de la lessive qui commence à 
écumer. — Rire tout jhamie, à contre-cœur. 

Risette, B. Petit rire, rire d'enfant. Très joli mot. 

RiSQu'i'pÊTE (à la), A tout risque. (En plaisanterie.) 

Rite, RitoUy 0. Cane, caneton, lorsqu'on les appelle. En 
breton, richou veut dire gazouillement. 

RiVAU, Ro. Ruisseau. 

Rivet, B. Bordure en ciment. De Rive, comme ce qui suit. 

RivoN, Clou sans tète que l'on rive de chaque bout à force 
de marteau. 

RivouR, Rivois, marteau à river. 

Robe, Jupe. Du celt. rob, rouge, ruber\ ou de l'hébreu RB 
étendu ; de l'un et de 1 autre, si souvent réunis à la cam^ 
pagne. 

Roberde, Mercuriale, Herbe à Robert. 

RoBERTAUT, B. Pouv Roi-Bertaud, le roitelet-troglodj^te. 
Le vrai roitelet, à couronne d'or, est dit < l'oiseau çhi 
s'appele le bœu ! » 

Robin, Robinet de futaille : <( boire au robin. » 

Robinet de rame, Le sens intime du plaisir. A cert^aines 
paroles, à certains breuvages, en toute innoncence, on dit: 
* o me chatouille le 9^obinet de Vàrae. > 

Robusse, Robuste. 

Rocer, Ronger avec bruit, comme font les souris et les 
rats. 

RocHAiLLOus, Rocailleux. 



355 



Roche (ine), Une pierre, même petite, un caillou. 

KocHiLLE, Roquille. 

RocHUT (chancre), Cancre qui se tient dans les trous de 
rochers. Voy. Chancre. 

RoGNOUNER, Rognonner. 

Roi, B. Terme d'amitié aux enfants : « aimez-moi, mon petit 
roi! » Dans Rose et Colas. — ♦ La bouchée du roiy » la 
dernière, mieux assaisonnée que les autres. 

RoÎNER, Graillonner, rester trop longtemps à cuire. 

RoiNNER, Ruiner. « Il est roinné ; » quasi rou-in-nè. 

RoÎTE, adj. et subst. Roide, en parlant d'une berge, d'une 
falaise ; coupé à pic. 

RoLÂ, Rouleau. 

Rôle (trembller tout au), pur hébreu : ROL, Trembler. 

RoLER, B. Rouler. Roler une personne, B. border son lit 
quand elle est couchée : « vins donc me roler. >► 

RoLis, Roulis. 

RoLON, B. Roulon; Barreau d'échelle ou de chaise. Voy. 
Ralon. — Rondeur dégraisse sur les côtes ou au menton. 

RoLOUR, Rouloir, rouleau, de pâtissier ou pour les che- 
mins. 

RoMEGoux, Commune du canton de Sain t-Porch aire. Ces 
noms assez communs de Rotnegoux , Rome fort, &c., 
contienneunent vraisemblablement la racine liébr. RUM, 
celtique 7mn, élévation, force, d'où rome. Ou l'anglais 
room, chambre, qui est le même. 

RoNCEUX, B. Noueux, en parlant surtout du bois d'orme. 

RoNDÈLE, Grand anneau de fer, plat et à jeu libre, qui en- 
toure l'essieu des charrettes à chaque bout du moyeu, 
adoucit les chocs et les rend agréablement sonores. Les 
anneaux de Saturne, tout semblables, ont-ils la même 
tâche ? 

RoNFLLE (ine), Planchette dentelée, attachée au bout d'une 
ficelle et que les enfants font tourner à grand bruit. 



355 



RoQrET (pigheon). Variété de pigeon ramier. Proverbe : 
« i' seinldlele pigheon roquet^ i' couche voure la ueut 
le prend. ^ 

Rosine, P. Vov Rousine, 

Rossignol, Terme de marchand : objet qui vieillit en bou- 
tique. — Toux invétérée. 

RossiGNOLET, Joli diminutif <lu nom de l'oiseau; très em- 
ployé dans les refrains ; « au bois, rossignolet, leret, au 
bois rossignolet. » Leret est là comme LariJondaine. 

Rot, B. Ro ; 0: roque. Roc, roche. — Sens français de 
rot. 

RoVABLLE, B : Rouarabie, Patience officinale. Du latin 
n(h}eu\ idées de force et de nourriture : RMUN, grena- 
dier; breton : arhtné, saxifnige. 

RoucHAiL, Augmentatif de 

lioucHE, B: Rauche\ Roseaux, laiches et carex des près 
roncliis, marécageux. Del'angl. rush, d'où Roseau, de 
Tallem. rausc/ten, bruissement, d'où Rauque. ON. 

Roue, B. Venter à la roue, jeter à la roue : jeter le blé de 
Taire au vent avec la pelle; le vent emporte la bàle et le 
gmin retombe en Roue. 

Rouet, B. Pignon de roue d'entrée. — Ornière de charrette. 
— O: l'omlet, certain nombre de cercles de futailles atta- 
chés ensemble pour les vendre. 

Rouey, Rouir; roui: « feire rouey la cherve et qu'a' seit 
bin roueye. » « Le rapail n'est pas rouey, » 

RouFFiAc, Commune du canton de Pons. De roit, chêne, en 
celtique, d'où Rouvre, roôzu*. Toujours RB, RM. 

RouFiAN, Rufien. RPhD, étendre à nu, litière. Remarquez 
l'analogie avec Paillard, si celui-ci vient de Paille, et non 
du grec Pallakis^ agitatrice, concubine. 

RouFFLLE (marine) mas., Roufle, toiture autre que la dunette, 
sur le pont d'un navire. 

RouGHE, Riche, aisé, bien dans ses affaires ; image tirée du 
eoq. « r n'étoityére roughe, à l'époque. » 



RO 357 

RoÛGHKAiLLKR, B. FrêtiUr^ntatif de roityher. De là roit- 
ylieaillis, 

KouGHER, B. Ronger. 

RouGHE-BoNTEMt S, Roger-Bontemps. 

RoÛGHET, Restant de ce qui esi rongé, trognon. 

RouGHEZÎ, Rougir. 

RoDGNÀGHE, Action de rogner. « Asce de roaguagfw. » 
(Tonnelleiie,) 

RouGNE, 0. Rogne. 

RouGNER, Rogner. Rougnure, rognure. 

RouHAN, Rohan ; couleur de la robe des chevaux. 

Roui, R. Rouir. D'où rouis.sag/ie, qui manque en français. 

Rouille (marine) , Petite crique, dans un fleuve. Voyez 
Reuilte, 

Rouiller des œils ou les œils. Rouler les yeux. 

RoiNçouR, Routoir, pour le chanvre. 

Rouis, B : Rouin, Ornière de roue. 

Roule-bontemps, Voy. Roughe-Bontemps. 

Roulée, B. Volée de coups. Rouler, B. rosser. 

Roumain (St-) de Riàmont, Saint-Romain de Beaumont, 
commune du canton de Cozes. 

Roumain (St-) de Benêt, de Benoît, commune du canton de 
Saujon. — Habitants : Romanais ? 

RouME, Rome. 

RouMELER, B. Voy. Remeler. 

RouMiÀ, Roumeau, Râle d'agonie. 

RouMiAOU, Imitation du miaulement des matous. 

RouMiGNON, Voy. Runtignon. 

RouPE, : Roupille, Sorte de redingote à la propriétaire- 
C'est le même mot que Robe (Voy.), son diminutif 

HouPETTE, peu usité, parce qu'il signifie aussi testicule.- 



.%î^ 



RoLsÀ, Rovseaii, B. Roseau. Voy. Rouche. 

RousÉE, F. R. B. Rosée. Latin rois, ce qui découle, 
RR, R]R, RUE. 

RoL SILLON, Grésillon. 

RousLNE, B. Résine. (Coulante.) 

RorsTKK, Le même que roulée. Roiister, rosser. — Marins: 
rajuster deux fragments de bois ou de cordage, en les 
liant d'un fil de caret dont le nœud cache les bouts. 

RoLTÂ, Rouleau, Roule, Roulin, B. Petit sentier. 

RoÛTiE, B. Rôtie : pain rôti et trempé dans duvin; déjeuner 
matinal et très salubre. J'en ai presque fait envie à M. 
Michelet, qui a l'habitude du café. — On prétend que le 
refrain du pinson demande toujours, et de fort grand ma- 
tin : « in pllein, pUein, pllein, pllein p'tit pUat de roûtie! > 
Voy. Riche-^prieur. 

RoÛTiT, B. Rôti. De Roûtî, R. rôtir. 

Roux! Roux! mon petit, roux! roux! roux! Chant 
éclatant des bergères ra,ppelant leur porc ou autre chose. 

RouYAN, Roy an ; autrefois le lieu de pèche de la petite et 
excellente sardine qui en garde le nom. Célèbres bains de 
mer. 

Rlaghks, Espaces communs dans les villages, au lieu de 
rues. 

Rubans, Sparyanum, Sorte de graminée. 

RuBiQUE, Rubrique. 
RuDÉYER, B. Rudoyer. 

RuÈLE, B. Rouelle. — Petite roue; de charrue, par 
exemple. 

RuETTE, B. Réelle, de lit ou autre. 

Ruis, F. Ornière. Voy. Rouis. 

RuissOiN, Course de Teau de mer, dans les marais salants. 



3.7i 



RiiLÀ, rûlp:au, Rouleau, hie rùle, idem. « Ine rûle de 
tèle. » 

RÛLKE, Le même que Roulée. De Rider, battre quel- 
qu'un. 

RÛLER, Rùtctte, Rûlier, Rouler, roulette, roulier. 

RÛLis (de^, Eu roulant. 

RÛLOT, l'ronçon d'arbre, qui peut rouler. 

RÛLOTTE, B. Roulette. 

RuiMiGNON, de pain, par exemple, Petit reste où Ton a déjà 
mordu. 

RupiLLES, Loques, lambeaux, de Roupes ou autres. 

Russe (la), Del'allem. 7'oss, roik, rouge: le Rouge-gorge. 
— Roupie au bout du nez. Vient dans !a même saison. 

Rustique, Sévère. 

RuTELER, Rutelis, Fréquentatif de Rider, rtdis. — « Ca- 
fourche du Rutelis, » près Gemozac. 

RuTELONS (à). Enroulant, dégringolant. 

RuvRÎ, Rouvrir. Participes : riivrit, riivrie. 

Ry, B. Voy. RL 



36(j SA. 



S 



s 



Est muet à la fin de plusieurs mots : màr pour Mars 
(le mois) ; à pour As, au jeu de cartes. B. Se simplift^ 
dans assosin. Se redouble au contraire dans quelques 
autres mots : confîsspvr pour confiseur. 0. 

Se place comme euphonique (ou plutôt -s) après quelques 
prnnoms : « jhe leu'.v ai dit » R. Nous écrirons: « jl"^® 
leu'z ai dit, comme : « jhe z i dairai. )» 

Prend e devant lui, dans Esfatue, Escandale, E^^' 
calette et autres mots semblables. 0. 

Sabaron, Gros chausson à mettre dans les Sabots, et av^^^c 
lequel on marche dans la maison. De la même souci ^^ 
(pie Savate, qui nous paraît être le grec hate^ précédé ( ^^ 
Taugmentatif ^a. comme dans Sabot. 

Saber, Goûter, lat. sajicre. Mais ne s'emploie qu'ains ï- 
« o fait saber, » quand on goûte quelque chose d'âpre rj" "^ 
fait faire la grimace, comme une corme verte, par exenipî^^ ^•• 
On dit aussi que les doigts sabaiit., lorsqu'ils sont gripj < 
de froid, ou (|u'i!s tressaillent sous un coup à faux. Si 
f^'inissement est plus fort, comme on l'éprouve aux ner 
du coude, c'est se}'povley\ — Saber, 0. se dit de Técorc 
verte qui se détache de la tige sous de petits coups re do' 
blés, par exem))le pour faire un sifflet. « sabe, ou o 
sabe pas. » (.hi emploie de même tanner, 

Sabllanteatx, Sablonceaux, ancienne a})baye. aujourd'h ^^ 
(.'oniiiiLiiie du canton de Saujon. Sable. 




361 



Bablliere, Sablier. 

Sabllon, adj. Sablonneux : « in tervdàn sabllon, i 

5abon, Savon. Mot Persan : SABOUN. Latin sapo. 

Sabot à Madame, Fleur d'Ancolie. Ailleurs Gant de Notre-^ 
Dame. Ces iipages féminines, si harmoniques aux plantes; 
aux dons de Flore, se présentent, on peut dire, par tous 
les bouts. 

Èaboter, B. Faire bruit avec ses sabots. 

« Sabotibus que suis faeiunt resonare pavetbs. > 

MicHliL MbRiN: 

Babotis , Action de saboter». 

Babouler^ B. R. Rouler sous les pieds comme une Boulé: 
Augment. sa. 

Sabounade, Savonnade. 

Sabouner, Savonner. 

Sabounure, Savonnurë. 

Sabre de bois! Juron plaisant. On ajoute ou Ton répond : 
« pistolet de paille ! » Préféraolos au Chassepot. 

Bac à papier! B. Autre juron. — Sac à vin! B. ivrogne. 

feACCAGHÈ, B. Des pleins sacs, une grande quantité. C'est un 
nlot prodigué, comme beaucoup d'autres : « in saccaghe 
de lïioiide ; in saccaghe de plleué. » Quatit à la racine 
Sac, elle est pànomphée, c'est-à-dire une des plus géné- 
rales qu'il y ait au monde. SC est hébreu, celtique, grec, 
latin, &c., avec le même sens. La raison? Goropius, un 
brave théologien de la vieille roche, va nous la dire: c'est 
qu'à la dispersion des ouvriers dé Babel, personne n'ou- 
blia son Sac ni ce qui était dédans. — Sauvons la caisse. — 
Quel malheur qu'un saccaghe d'autres mots n'y lussent 
pas ! 

Saccaghe, adj. Plein d'un saccaghe de personnes ou de 
choses : « des rues saccaghées de monde. » Sens opposé 
au sens français. 

Saccagner, Voy. Jhacagner ou Zacagner. 

Sache, B. Grand sac. — Sachot, B. Sachet. 



\!^. 



362 



Sacquer, B. Fourrer, non-seulement dans un Sac, mais n'im- 
porte où et n'importe quoi : « se sacquer dau tabat dans 
le nez. » 

Sacredienne, sacrenote, sacrenotut (adj.) 

Sacredié, sacristi. Euphémismes de jurons. 

Sagouin, Homme sale, comme cette sorte de singe. 

Saguenat; B : Faguenat, Odeur de bas sales, de Sac où 
Ton aurait mis et laissé longtemps toutes sortes de choses. 

Saigne-nez, B. Achillée mille-feuille, que les enfants se 
sacquent dans le nez pour le faire saigner. Les feuilles 
chatouillent en effet; mais le suc est astringent. 

Saillî, F. B. Sortir. Salire. 

Sain-bois, Daphné gnidium, employé comme vésicatoire. 

Saintes, Chef-lieu de la Saintoage; venant, non pas du 
Xanthe troyen, mais du sân, celtique, canal. — Habit.: 
Saintais. 

Sais (n'en) de rn, Je n'en sais rien. 

Salades {des)^ Des laitues, des chicorées, même encore sur 
pieà. 

Salât (pré), 0. Pré salé. 

Salaud, subst. au heu de Sarrau, pour les enfants. 

Salé (dau), Du porc salé. 

Saleson, Salaison des viandes ; formation du sel. 

Sali {se)y B. Faire ses grosses nécessités. 

Salle (la), B. Nom de localité. — On dit d'une maison mal 
propre : « la çheusine est en entrant et la salle est 
partout. » 

Saloperie, B. Très petite chose, quoique propre : « avoir 
ine saloperie dans l'œil. » — « Ine petite saloperie de 
bague ou de collier. » 

Salopin, Saligaud. 

Salour, Saloir. 

Salpêtre (in), Un enfant vif, agile, éveillé. 



363 



Sanceniqu^, Sa,ntojQique, sorte d'absinthe. 

Sancit, ou Sensit de freid. Glacé de froid. En marine, un 
navire sancit quand il coule bas par une voie d'eau. Du 
celtique 5«n .^ canal. Sancit, au sens saintongeais, est 
aussi limousin. 

Sang, B. « Feire ou se feire du bon, du mauvais &a7ig, » 
s égayer ou se tourmeuter. — Bon sang ! sorte de juron. 
Autres isangdienne, sangdine, sangoince, sangoine, 
&c., adoucissements de sang-dieu, 

Sangllacer (se), B. Attraper ine sangllaçure. Se refroi- 
dir trop vite, ayant grand chaud et prendre une pleurésie 
ou un point de côté. 

Sanglle, Sangle. Sangller, B. Sangler ; cingler 

Sangllier, en deux syllabes, B. ou porc-sang Hier, Le 
sanglier (singularis, solitaire). La Fontaine, Molière &c,. 
parlaient comme nous parlons. 

Sangllous, b. Ensanglanté. 

Sangsughe, b. Meilleur, en ét3''nu)logie, que Sangsue. — 
Pièce en fer rapportée pour raccommoder uu outil. 

Sangsurei^^ b. Pressurer financièrement. 

Sangsurie, Marais à sangsues. Industrie qui va tomber, dit- 
on (Laus deo !) ; mais qui va être remplacée par des ru- 
ches de guêpes. 

Sanguenite, plus usité que Sancenique, pour désigner 
l'absinthe Santonique, ainsi distinguée par les Romains. 

Sanquejtte; 0: Sanquet, Sang frit dans la poêle. 

Sans peste! Juron ironique, comme Peste! On sait la grada- 
tion ; Diable ! — Peste ! — F. ! 

Sans que, A. Si ce n'est que. 

Santé (de la), des Salicocjues. Vient encore de Santon. 

Sanyin, Cornouiller Sanguin, arbrisseau. 

Sap, 0. Peuplier houillard. Détournement du mot Sapin,^ 
abies. 

Saper B. Faire claquer la langue au palais, pour mieux 



364 ^A. 

trouver et savourer le goût, le saporem, le sapere. Rap-. 
pelez saber. 

Sap RDié, Sap'rdienne , saprlote, sapristi ; Jurons : sa-, 
credieu. 

Sarcî, 0. Ravauder. 

Sarcllat, Sarcllettey Sarcloir. -^ Sarcller, sarcler. 

Sarcoue, Voy. Sarrecoue. 

Sardine, (Lesson), Ray gras^, ivraie vivace, — Coup donné 
avec deux doigts étendus . 

Sardrine, Sardine, poisson. Sardrinier, celui qui le vend. 

Sargail, Tas de choses en désordre, comme le Sart des 
rivages. 

Sarghe, Serge. E^ Berry, c'est Charge: on approche de 
l'Auvergne, où s et ch jouent à co.in-maillard , et se 
prennent constamment l'un pour l'autre ; de manière à 
nous faire rii e quand les chieurs de lon^ veulent chier 
pour nous et que les rats mangent les chats (les sacs). 

Sarghent, Sergent. 

Sarmazèle, Sa r on Ser^adèle, Espèce de chiendent. J'y- 
soupçonne du Sart. 

Sarmon, Sermon. Sarmowi^er, sermonner, &c. 

Sarnughe ; B : Saniue, Aiçrostis blanche ; froment bulbeux. 
Encore du S,:irt. De S.RH, s étendre ; ZI^O, sero, semer^ 
Voy. Trenuçhe. 

Sarpe, Serpe. Sans talon, c'est un sarpot ou serpot. 

Sarpegoine, Juron. 

Sar.>ent (ine), B. 0. Un serpent. — « Chanrlèle de sarr^ 
peut ou de lout, * le fruit de 1 arum ou gouet des haies. 
— Noinbrj de planter soat dite^ de sarpant. — La peai\ 
de serpent portée sur soi fait gagner au jeu, porte bonheur. 
Mêmes vertus ont la queue de lézard ou de langrote et la 
corde de pendu. Connu. 

Sarpiller ; Y oy. Char piller. 

Sarpilliêre, Serpillière. 



365 



Parpouler (feire), Faire frémir les nerfs par un coup à faux, 
comme lorsqu'on se heurte la pointe du coude. V. saber. 
De là, Sarpouiure, foulure de ce genre. 

^ARRAiLLÉ, Fermé comme d'une serrure, serra\ se dit sur- 
tout des dents. Le loup passe pour vivre neuf jours de 
chair, neuf jours de terre et pour avoir neuf jours les dent^ 
sarraillées. ^e vous y fiez pas I 

gARRECOUE (ine), Le lange intime d'un enfant. 

Sartière, Plage produisant du Sart, du Goémon. 

Sarrer, B. Serrer. S,arirure, B. Serrure. M ShUR. 

Sarsifis, Salsifis. 

^ARVÎ et ses dérivés, Servir, &c. « Feire sarviteur ou seiv 
viteur. » C'est se serrer la main, en disant la plupart à,\\ 
temps : < Serviteur, et d'in bon çhœu^ ! » 

Pasî, Saisir. 

^AT, R. Sac. Voy. Sacquer. 

Satidié, Satidienne, Petits jurons. 

Saturnin {St) de Séçhauld^ Commune du canton de St-. 
Porchaire. 

Sau (delà), du S,el. Sal fs^it sau , comme t^a?» vau, &c. 

^AUCE (laurier) ou cagauille^ C'est, hélas ! chez nous, le 
Laurier d'ApollQn. 

Saucier, 0. Saucière, -r- Jeu de mots sur sorcier. — Opi- 
nion: la sauce qui bout sur la table prt)uv^ démonstrative- 
ment qu'il n'y a point là de sorciers. 

Sauffre. b. Sauf. 

Baughe, B. pris au masculin, plus souvent Sauze, signifie 
Saule et particulièrement le Saule Marseau (qui fleurit en 
mars.) 

Saugner, R. 0. Ainsi se prononce Saunier. 

Saugrei^er, Semer de sel à gros grains. D'où Saugrenu. 

Saujon, Chef-lieu de canton sur la Seudre. Marché au Sel. 
— Habit. : Saujonnais. 

pAULX et Saulze, B. (L muet), Saule. Salix. 



366 



Saulzaie, B. (L muet), Lieu planté de saules. — La SauU 
zaie^nom propre. 

Saumat, Saumàtre. 

*Saume, Psaume. — Psautier, volume de psaumes. 

Saunaghe, Saison de faire le sel. — La confection elle- 
même. 

Sadré, ou Soré, Rôti longtemps. Retorridus. 

Sauret (hareng), (in nhareng saur et) y Hareng saur. 
« Frais ou gras c'me in hareng sauret. » 

Sauriller ou SoriUer, Attendre, les oreilles dressées : 
* que saurillesi-t\x donc là. >► Souvenir du lièvre ou de 
Tàne. 

Sadt de câpre, (de carpe), le Saut périlleux. — De mouton, 
saut sur place, surtout du cheval. — De muèle (de meule). 
Voy. Ressaut. 

Saute-aî^yii^le, Saute-lit, Jeux d'enfants qui se franchia- 
sent les uns les autres. — Saute-auœ-p'rnesX'ànx prunes) 
B. sobriquet des tailleurs de campagne ; d'un grand garçon 
ou d'une grande fille de peu de valeur. — Saute-Vvghér^^ 
0. Don Juan rustique. — Saute-en-barque, 0. fago^ 
léger. Veste gondolière. — Saute^-palisse, (haie), prè- 
tendu'aorcier. 

Sauteler, Sautiller. Mais sauteler est plus gracieux. 

Sauter ine paille en deux fois, Est un pari qui se propo^^ 
et qui est facilement tenu par ceux qui ne savent pas qt3 " 
s'agit de sauter la paille en se tenant un orteil de chàqj^ 
maiu. 

Sautra, Sautreau, B- Sauterelle. 

Sauvaghe, Vif, étourdi. « Es-tu donc sauvaghe! » 

Sauvaghine, R. b. Toutes sortes de bêtes et de gibier s 

vages. 

Sauvant (St), Commune du canton de Burie. 

Sauvation, Salut, sauveté. 

Sauvement, F. R. 0. Même sens^, avec la nuance plus ac 
qu'indique la terminaison. 



SE 3C7 

SaUvignon, Sorte de raisin de table : Vigne qui sauve ? — 
Nom propre. 

Savate {^nettre in soutier en), En fouler le quartier. 

Savoir à dire, 0. Prévenir, aviser : « tu li sauras à dire là 
nouvèle que tu sais. » — Feire à savoir, faire savoir. 
Savoir fait au prétérit jhe soyis, jhe soyiyions^ et soyut 
au participe : « ah ! si jhe zou avis ^oyut ! » 

Savounade, 0. Eau de savon. Voy* Sabon. 

•Savoyard^ G. Gâteau de blé noir, en forme de biscuit de 
Paris ou de massepain de chez nous. 

iSciANT, B. Assotnmantj ennuyeux de monotonie* 

Scier, B. Souvent Scier le dous (le dos), importuner. 

Scieurs de long, 0. Moucherons (j[ui dansent le soir, aux 
rayons du soleil, en chassant-croisant de haut eii bas. 

Secouée, B. Effort pour faire tomber quoique ce soit ; chute 
•à plusieurs fois ; averse. — Correction vigoureuse. 

Sedon, Sèton. De set a, soie. 

SÉE, Queue de cheval. Du même. — Queue d'un outil revê- 
tue d'un manche en bois . 

Begher, Scier le blé. Secare, 

Segheson, Saison et action de scier les blés. 

Segonde, 0. Prénom assez commun des filles, puînées. *— 
Servante en sous-ordre. — Eau-de-vie qui vient après la 
perte du degré voulu et que Tou distille une seconde 
fois. 

Segonder, b. Suivre en surveillant et en poussant à Taction : 
f attends, attends, jhe vas Xq segonder! » 

SÈGRE, Suivre. Mot limousin et presque italien : seguire. 

Segret, b. Secret. — Lumière d'un canoïi de fusil. 

Segrétain, b. R : Secrétain, A. Sacristain. 

Segrétaire, Secrétaire. 

Seguence, Suite. — Progéniture. Se prend en mauvaise 
jpart. 



Sb&fez, Segons, seçut. segue, jhesegutyions, formes 
de sêgre. 

Seiglle, R. B. Seigle. Lat. secale^ qui se scie. 
Seig^etrerie, b. Seigneurie. 

S£iLL« Seilluu^ R. Seaa à puiser de Teau. Lat^ situla, de 
sitis. soif. TzI, TzIE, sécheresse, saison de la dgalei 
Tettix. 

Seillox, O. p. Sîllcai. 

Seocer, Vot. Siûier. 

Seing, B. Marque naturelle sur la peau. — « Savoir mettre 
son seing ^ » savoir signer. 

Seft, Séye, séyons, que jhe séghe, &c., formes XEirû 
(être). 

6ÈLE, A. Siège en bois, à trois pieds. Dimin. Selot, Pour la 
lessive ou bujhée, c'est ordinairement une sèle qui sertdé 
base au bujhour.De là une plaisanterie : Iorsqa*on voit un 
homme de peu de valeur sur un cheval qui en a davantage, 
on lui fait . entendre que « la sèle vaut meux que te 
bujhour. » 

SÈLE (àj fin que, A seule fin que. 
SÉLCGHiEN, Chirurgien. 

Sémadi, S'9nadt, Samedi. lAversicnis fréquentes. 
Sembllance, r. B. Ressemblance. — Opinion. . 
Sembller, r, b, 0. Ressembler. — Paraître. 
Sembler, Ravauder une chose quelconque. 

S' MENT, B. Seulement : 4 s'ol ètoitsy/ient vrai ! * 

Semour, Semoir. 

Semuçon, Séneçon; herbe à tète blanche, quand lagraiu^ 
est mûre ; du lat. senecio, petit vieillard. 

Semussat; Seinussac, commune du canton de Cozes. 

Senailler, Dépréciatif de sener, 

Sendier, Sentier, semita, demie, division d'héritages ."^ 

Sï:Nm.E, B. G. Sand écrit sinèïte ; d'autres ùenelle^^^^ 
einelle; Baie de Taubépine De sinum, petit pot??' 



i#K 'mi 

^ilfiR, Ravauder grossièrem^t. — B. Faire à Due truie 
Topération qui rempêche de porter. Grec : sine, blesse? 
CF. rangl. sin, péché. * 

SfiNiQUE, Dimin. àesenêle\ terme de dédain amical: «pau>e 
p'tite senique! » « Grous c'me xnesenique, > 

Senti à, 0. Sentir lé ou la. « Tu sens à Tail, » tu sens Tail. 

— « A' ne peut le sentit y » 0. elle ne peut le souffrir. — 

— Se senti, 0. arrivera la puberté. Justesse d'expres- 
sion. 

Sentiment, Odorat. « Il a p'rdu le sentiment, » 

Sentour, Senteur. 

%^i!{TX}%Sentuei B. Senti, sentie: f xoa as-tu ^én^u^, mcm 
Jhaquës ? » 

Sequèle, Séquelle. 

Séquence; Voy. Seguence. 

Sercllat, Sêrcller, Serdine ; Voy. Sar. 

Sêr (à), R : arsoir, Hier au soir. — De ser, ce sdir. 

Serîbe, R. Soirée. Sera (hora). 

Sereine, R, B. 0. Villon. Sirène. <^ Chanter t* me sereine, i^ 
ShlR^ chanter. Le cantique des cantiques: ShIR ShIRIM. 
D'où serin. Ge nom éê sereine ou Sirène, si poétique en 
mythologie, s'applTque ici à un animal fort peu séduisant 
de forme et de voix, le sourd; en Berry, le saur et; en 
français, la salamandre. Le patois en disant sauret et 
sourd, de sauros^ lézard, est dans le vrai pour le nom ; 
mais il commet deux ou trois erreurs sur les choses, dans 
son proverbe : € si le Nieul (l'orvet) voy oit et que le Sourd 
entendisse, o gn y auroit homme çhi se sauvisse. » in- 
fluence des noms! (Voy. les noms de saints) ; il y a peu de 
bêtes plus inoffensives que Torvet et la salamandre. Celle- 
ci mérite bien un peu sa réputation française d'incombus- 
tible : elle est très longue à brûler à cause de rhumidité 
abondante qui en suinte. Nous avons eu la cruauté d'en 
feire l'essai. 

Sb&siner , B. 0. Faire sécher longuement , jusgu*au 
soir. 

Mi. 



:.nn r 



Seriner, Képéier à satiété, comme pour instruire un serin. 
— B. tenir au serein le soir. 

Sernughe ; Serpent ; Voy. par Sar. 

Serpentât, Petit serpent. 

Serpot ; Serpovlev ; Voy. Sar. 

Serpollet ou Sarpoulet, Serpolet. Serpyllum, ram- 
pant. 

Serrât'. Sarrau. 

Serre ; Scrsifts; Yoy. Sar. 

Serre, de faux ou d'autre outil. Coin en' fer. qui s'insère à 
force dans un anneau pour Serrer. 

SÉRUGHiEN, F : Cèrur(jien\ Chirurgien. Homme de main, 
en grec. 

Servablle, Serviablle, B. Dont on peut se servir. 

Servante de Charrette, Chambrière, appui volant. 

Servî, b. Saillir en parlant des animaux étalons. Se serti 
chez lin 'tiiarchand, B. S'y faire habituellement servir. 

Serviteur ! Voy. Sarviteur et portement. 

Sesque, Sexe. 

Set, adj. Sec. fém. Sèche et quelquefois sèque. 

Set, subst. B. Sep, le Sec de la charrue. 

Sel'rlle ; B. seic ; R : sulz ; vieux franc, snlzeau ; le Su- 
reau. Du noi'd 6^^«r, acide (la baie). Ne pas confondre avec 
le languedocien siive^ qui est le liège, suber ; (super) ? 

Seubller, Seuhllei, Sifiier, sifflet. Voy. subller. 

Seudre (le) et plus bas (la), Petit fleuve de Saintonge. De 
seldris, saldris, savdre, saal, canal d'eau. 

SEUGNE(^/aj ou Sérigne, Rivière de Jonzac et de Pons. Di- 
. ininutif de Sêvre. Voy. Seure (le). 

Seugnet, Nom propre. 

Seuil. Sureau. Dulat. sarnbucus, où Ton voit sàn, canal, 
on a iaitpar degrés, seublle, seuil, qui est le plus usité, 



:ni 



sulz et seu. Tout ce (lui sert s'use ; mais, d'autre part, 
tout vient de peu, et les premiers vocables étaient desmo- 
nosyllabe.s, en grande partie. 

Seuillet, Seuil déporte. Lat. Soliurn, qui veut dire aussi 
trône. Le moindre Seuil devrait être sacré. 

Seul (en), 0. A soi seul. 

Seure, Suaire, Sudarium. 

Seure (le), Commune du canton de Burie. Sol humide, ma- 
récageux. De Sâvre, Sève, courant d'eau, humidité ;.bien 
plutôt que d'un couvent de Sœurs. 

Seurghe, Léger, légère de poids. Ce mot est très remarqua- 
ble : c'est le latin surge, lève-toi, avec, probablement, sa 
vraie et antique prononciation, [/''bref et demi-long devait 
se prononcer en, et v long, ou, comme dans le Malais de 
nos jours. 

Seur'ghien, Chirurgien. 

Seurin (St-)o\x Surin, de Palcne, Commune du canton de 
Pons. 

Seurin (Si-) ou Surin, d'IIzet, Commune du canton de 
Cozes. Seuriii est secerin, diminutif de Sévère. Quant à 
Uzet, comme dans Uzès (Langued )c), cm pourrait y cher- 
cher le breton /nos, couverture, eus, liquide ou le dieu. 
Esits. — Habitants : St-Siirinais. 

Seurjhet, Surjet. 

Seus (jhe), B. Je suis. Voy, le verbe Etre, dans la gram- 
maire. 

Sever (St')y Commune du canton de Pons. — Habitants : 
St-Sévérains. 

SeyiS', (Seguin, qui coupe, qui scie). Grillon des vignes. 
Voy. Lindi. — Nom propre très répandu. 

Sévisse (que jhe), qui séf/U, Avec affermé, c'est que je 
fusse, qu'il fût ; avec e muet, que je suivisse, &c. 

Si FEiT BIX, B. Forte affiruiation. — Si tellement, B. tel- 
lement. On joue sur ce mot et le suivant, en disant : « Si, 
si. <^i ! nvec dau s'i' jhe f'^ons d' la chandèle. * 



S'i', subst. F : Sieu, Suif; latin sébum, sumen ; ShMN, 
huile ; arabe, saman, beurre; breton, soamy suif ; d'où 
notre Sain-doux, qui serait mieux écrit saim-Hi<mx, — 
Notre s'C peut faire équivoque dans chandèle de si : de 
suif ou de six à la livre. Il est vrai que six, le nombre, se 
prononce très long. 

SiASSE ou Siace, Lacet eu crin, bien que le mot, du latin 
setacea, signifie de soie. Les premières soies connues ont 
été celles du pore et du cheval. 

S(AU, Bw Sceau à puiser. 

SiBOT, B» Sabot d'enfant, toupie pleine. 

SicoT, R Chioot- 

SiE de balai, de queue de cheval, brin, Soie qui les com- 

pooe* 

SnssANT, Séant dans le sens de convenir. Subjonctif : qu'il 
sièse, B. partie. Siésut. 

Sieur, Féip. Sueur. 

SiEZ-voDS , Asseyez-vous. 

Signet de livre, au lieu de prononcer Sinet. 

SioouoNER et Zigougner ; : Sagougnef% sigogner ; 
Essayer vainement et nombre de fois coup sur coup, com- 
me pour couper quelque chose avec un miiuvais couteau. 
Est-ce ON, fEtire zig zig, ou bien puiser de Feau à la 
Cigogne ? Voy . ce mot. 

SiGOViE (laine de), de Ségpvie. 

SÎLANT, Couleuvre sifflante. Voy. Lard ou Dei^d. 

SiLER, B. Siffler, sibilare. ON. « SUer c*me in derd, » de 
colère. — Se prend activement : « Siler in ch'n (un 
chien), }» l'exciter, lui faire â?â;. 

SiLLA, Sitlau ; voy. Seillâ. 

SÎMER, B. Se dit d*un liquide qui s*inflltre, qiii s^échappe par 
une fente, en produisant quelquefois le bruit que le ^ mot 
indique. Voy. pour le chien : Pîmef\ 

SImis, Infiltration.: « çheu^poit^ n'a pas de source ; o gtfyat 
que des Sîmis:^ Rapprochez Suioter. . 



373 



Simon (St-) de Pelou aille, Commune du canton de Gemo- 
zac. Simon, c'est Camus, comme le Singe. ï)e Pelouaille. 
à cause d'un Pérat mal famé, où les loups, garous et au- 
tres, pelaient, disait-on, maintes brebis. — Habit. ? pas St- 
Simoniens. 

SiNAL, Signal. 
SxNAPissE, Sinapisme. 

SiNCE, B iSinse ; linge à essuyer . Tai^ d'oreiller. DeSùi, 
don, SDIN, (satin), grand tissu. EnO* sinsee&t l'amadou. 

Sincère, Fidèle, amoureux pour le bon motif. 
Sine, B. 0. Signe* 

SiNER, B. Signer. — Sentir, aspirer par le nez, flairer. Bre- 
ton «wwa, sucer ? » i 

SiROT, Sirop. 

SiRUGHiEN, F. Chirurgien. 

S'i'voYoïT, Couronnement ironique à un éloge que l'on croit 
faux, par allusion au dicton : Troquer son ehevîJ borgoe 
pour un aveugle. « Jhe Vins dé noumèr, dira l'un, in traVe 
houmep'rtèlepUace. Oi ! répondra l'a^tjre, sT voyait ! » 

Six-bllancs, R. b. Deux sous et demi. Le blanc était une 
monnaie ancienne valant cinq ou six deniers. 

Six-LiARDS, Monnaie que j'ai vuôjencore aywt cours et qui 
valait un sou et demi. A Borâ^ux, le chemin des Cinq 
ardits n'a rien d'héroïque, de hardi ; c'est Je pauvre che- 
min des cinq liards, 

S$c^E (pas que jhe). Pas que jhe sache. 

Société (la) y En langage protestant, était la réunion des 
fidèles, le Dimanôhe, efle lieu où ils se réunîssiuent. 

SocQUET, mauvaise Chaussure. Soccus. ... 

SqguarD) ou Sogardy Habitué à soguer* 

• * 

SoauE, Trépied portatif, à hauteur d'homme, où, dap^ les 
petites vendeangt»s,:le hotteur déposqla botté, ^lï .d'aidèi^ 
lui-m^me à la remplir. 



374 



SoGUKii, Attendre, sans vouloir ou sans pouvoir rien faire. 
De spgnis, paresseux; SUG ? transfuge, déserteur. 

Soi\ B. Soif. (Voy. Seillà.) On dit. d'un mariage pauvre 
que c'est marier la faim et la soi*. 

Soies ; B : sioiiy Maladie de la gorge chez le porc. 

SoLAGUE, B. Sol, terroir, surtout en parlant des prés. 

Soldat du guet^ Petit capricorne rouge, comme était la 
casaque des soldats du guet, et dont les enfants s amu- 
sent. 

Sole (la), B. O. P. Le Sol d'une pièce de terre, d'une aire, 
d'un four, d'une chambre : « F le jhetit su' la sole, » — 
Pièce de bois posée sous une maçonnerie. — Semelle des 
bas et du pied. 

SoLÉE, Demi-pied de sa terre qu'on laisse au-delà du fossé 
que Ton creuse, en vue des éboulements. 

Son, a. Sien : « o n'est grain tout son. » Ce n'est mie tout 
à lui. 

Sonde, Grande volée d'oiseaux, surtout de palombes. 
Etjmologie ? 

SoNGHE, Somme. <^ Jh'ai dormit in bon songhe, » 
SoNGHEOUR, Songeur. Songheiiœ, tout rêveur. 

SoRÂ, Dimin. de sot, quanta la qualité, non quant à la taille: 
«gvRudsorà!» îèminm sorèle ; qui, en Italien, serait 
Sœur. 

SoRAiLLER, ou Saiiraillei\ Augmentatif de sauriller. 

Sorcière, Tourbillon de. vent, petite trombe attribuée aux 
sorciers. 

Soret, Sorette, Dimin. de^orâ, sorêle. 

SoRiGNET, Nom propre; d'origine satirique, probablement. 

Sorti, B. Revenir, comme profit, comme salaire : « à çheu 
prix, mes jhournées ne sortant pas. » — Sorti del B. 
venir de : « jhe sors de déjhûner. » 

Sot (Jhean le), Le héros traditionnel dé toutes sortes de 
balourdises, dans 1p conte de vieille qui porte son nom. 



Si4C> nu 



I ■ 



SoTiRÀ et Soirà\ F : Sotereau ; fém. Sotrèle, diminutifs 
de Sot. C'est le gentil pazzey^ella italien. 

SoTTiLLE, Ongle des animaux à pied fourchu ; et des hommes, 
par épigramme ; mais on dit, sans ironie, essottiller, des 
uns comme des autres. De Tital. sotto, sous. 

SoTTiNE, Petite sotte. D'où So^/m^r, pour les deux sexes. 

Sottises, Injures. « Se àiveàe^ sottises, » s'injurier. 

Sou, B. Monnaie toujours plus connue que les cinq centimes. 
Cent sons, se disent beaucoup plus que cinq francs. — 
« Donner sa vie p'r deux sons, >► être au désespoir. 

Soub'rttjres, Lieu de Sépulture, pour une famille. 

SouBRA'NT, Partie, de 

Soubrer; Limousin : soubra ; du latin superaré\ surmon- 
ter toute patience, à force d'importunités : « t'es p'rtant 
soubrmit. » « y at de quoi soubrer! > 

SoucÉYER, Vo3^ Sousséyer, 

SoucHOT, Cosse de vigne. Cosse est le breton cos, vieux ; 
d'où Cossu, vêtu comme un vieux, dans le sens de sei- 
gneur. 

Souci, Entonnoir naturel pour les eaux de pluie se perdant 
sous terre. Doit être sucis prononcé à l'antique. Nos 
contrées à sous-sol crayeux sont pleines de soucis. 

Souci, B. 0. Sourcil; 5w/}erc27n(r/«,cil dedessus(lesyeux). 

Soucier (se), B. Se dit presque toujours en antiphrase : 
« tant pis ! jhe m'en soucie. » C.-à-d. je ne m'en soucie 
pas, ou bien l'on ajoute : « comme de l'an quarante, » ou 
comme de cela, « avec le geste de l'ongle et de la dent. 

SoucQUER, Marine : donner un élan sec et vigoureux à l'avi- 
ron ou aune manœuvre. « SoucqueîeYvae ! » ON ? 

Soudard, R. Vieux franc., Soldat. (Soldé). 

SouFFEU, pour S:)affrir ; « Dans çhé monde, o faut souffer.^ 
C'est un chnnfroisementy pour éviter, mal à propos, 
souffrî. 

SoUFFRABLLE. Supportable : « tu n'es pr'tant pas souffra^ 
bile. > . . : 



:fr» #io ' 



Souffrant, Douloureux : « ol est in mau bin souffrarU ! > 

Souffrit, B. Souffert : * aie a souffrit deux jhours et dent 
neut. > 

Souillarde, 0. Dépendance de h cuisine, où se font les 
lavages. 

Souille, marine, Empreinte d'une embarcation qui s*«st 
échouée dans la vase. 

SouiLLis (in), Une Souille de porc ou de sanglier. 

SoÛLARD, Soûlaud. — Nom d*homme et de localité. 

SouLEiL> B. Soleil, astre et plantes, Thélianthe et autres. 

SouLEUiL, plus fréquent chez nous que souleil. Nous en 
tirons : souleuillée, insolation^ et souleuiller , luire, 
briller, en parlant de l'astre; — exposer au soleil, en par- 
lant des choses. Chemin étymologique de Sdml : AL, 
ALLAH, Hêlios, Sol ; le Très-haut. 

Soulever, B. Subtiliser , escroquer. — «Dîab* me soulemh 
juron. 

BouLiGNAC, Sùligtidc, Localités. Solitude? ? 

SouLiGNONNE, Commune du canton de Saint-Porchaire. 

SooLivEAU, Soliveau. 

SouME, Somme (une). 

SouN, B. Son, devant une voyelle : « soim houme. > 

SouNE (la), La sienne. Mais on dit le son. 

SouNBR, B. Sonner. « soune, > 

SouNETTE, Sonnette. 

Soupe de, 0. Soupe à ou aux. « Soupe de chotix. » 

S'ou' p'iAiT, S*îl vous plaît. 

SoupiER, Soupière, 0. Grands mangeurs de soupe. 

Sourd, R. B. Salamandre. Voy. Nieul et Sereine. 

SouRDAT, Dimin. de Sourde, petite bécassine. 

S&^ws (in) y Une petite Source. 

SotJRDON, P. Petite pétoncle grise et arrondie, coquiUàgs. 



WlJ 977 

Sourd'ut, ue, participe de Sourdre, qui sepreud aetiveiaônt 
chez nous, pour Soulever : « IlTat sourdue de son lit ; 
Sourdue en jhaut. » 

SoDRiGHEAT, jeune Souris — odeur de souris: « o sent le 
Sourigheat, >► 

SouRiGHER, Chasser aux Souris, on parlant du chat, qui 
alors est bon S ourig heur. 

Souris-chaude., B. pour Soxiris-'chauve, Ghauve-Sojuris. 
Sourit (ine) , une Souris . 

SoussÉYER, Suffire et au*delà. Se prend en maruvai^ j^rt 
dans : « mourçà sousséyant ! » Personnage ennuyeux. 

•Soustre ! Adoucissement du juron par F. 

Soutenance, B. Subsistance, entretien. 

Souterain, Souterrain. 

Soutirer, Attirer chez soi quelqu'un ou quelque chose avec 
intention frauduleuse. ■ . • 

Soûtre, Litière; mais Soûtre.e^i masculia. Pur latinSuô- 
ier(soubter)àesso\3&. Ou du breton saotr, foqler aux 
pieds. Le latin et le celtique dieféraient moins 
qu'on ne pense. : 

SoÛTRER, Donner de la litière. Sternére, site^umj engrec 
stratos, armée, stratiotês, soldat (qui couche sur la 
paille.) 

SouvENiTfm), un Souvenir. 

SouziE, Taie d'oreiller. De sub (soub) . 

SoYUT, Su : « ah! si j'havis soyut! mais quand même j'hau- 
ris soyut, jhe n'auris pas pouyut. » 

Sta PENDANT ; vovez C*ta pendant, 

S'to; Voy. C'/o. 

Stocfiche, R. mot anglais, Stock fish ; Poisson que Ton 
frappe à couple bâton pour l'attendrir. Ete là notre pro- 
verbe : « battre c'me Stocfiche. » * ^ 

Sû^-fi: Sur, préposition. — Sud,.!® midi. 

4î. 



iriH 



►^ « -' 



SuAiLLER, Suer un peu. Suaillous, un peu humide, par 
suintement. 

SuBisTER, Subsister. 

Si'BLLER, B. R. vieux fr. Siffler; Sibilare. ON. 

SuBLLET, B. Marot ; Sifflet ; Sibilus. 

Subtil, B. Vif et adroit. 

Suer, sous-entendu d'impatience '. « Teise-te donc: tu 
me feis suer. » 

Suffisant : Suffisamment « J'hen ai Suffisant, * 

SiiFFRÎ, Souffrir. 

SroHE, B. O. Suie. Angl. Soot. 

SiLPKE (St) cr Amollit, commune du canton de St-Por- 
chaire, i^uvAr-noult, le-coulant. 

SuNiFiER, Signifier. 

Su PELis, K. Surplis. (Plis sur ou super liciurn. ) 

Super, Sucer doucement, siroter. SPliE, lèvres : sape &c. 

SuPERTiTioN, Superstition. 

SuPET, Sujiette, Petite chose à Super. 

SuppousiTiON QUE, Supposé que. 

Sî^'pRENANT, Surprenant. 

Surbonder ; 0: Subrounder, Surmonter les bonis du vas«\ 
surtout en bouillant. Vo^^ bronzer, 

SuRGHiEN, Chirurgien. 

SuRLOUER, O. Souslouer. 

SuROUAis, Marine : Sud-ouest. 

SuRPORTER, Supporter. Le patois entend porter Sur soi et le 
français être Sous ce que Ton porte. 

Surprendre, O. en parlant du feu, Hàvir. 



» 



:]7<J 



SuRVENÎ, Subvenir. 

SusTANTER, foumir de Subsistance, faire vivre, nourrir. 

SusTiTUT, Substitut. 

Sû'tout, Surtout. 

Syntôme. Symptôme. « S o n'est pas in voleur^ il en a tre- 
jhou' tous les Syntomes. » 



m\ 



T 



T «st, comme nous l'avons dit, la lettre euphonique par 
excellence : quand le français dit : « Il y en a eu un, » le 
Saintongeai s prononce : € Gn'y en at eut in, » qui ne se 
comprendrait guère hors de nos provinces. 

T' pour Tu, B. « T'auras bià faire ! > 

Tabaohie, Petit toit à pigeons ou à lapins, par ressemblance 
avec les réduits (anciens) où Ton fumait le Tabac. Les 
lieux où Ton s*empoisonne de Nicotine se nomment au- 
jourd'hui des estaminets, de Tangl. Steam, vapeur ; ou 
des fumoirs. 

Tabat, Tabac. Tabatous^ ouse, adonné au tabac. C'est en 
core pris tant soit peu en mauvaise part, quoique l'infec- 
tiou tabatouse soit trop répandue. 

Tab'rnaclle, Tabernacle, en sens dérisoire ou plaisant. 

Tablle, Table, P. pour Planche, comme dans Rabelais. — 
Allées de marais salants. Voy. Entableraents, 

Tablleau, Mot fort peu artistique; c'est le bout de madrier 
sur lequel nos ménagères hachent la viande ou les herba- 
ges pour la cuisine. 

Tabller, Tabler, compter sur. Terme qui vient dutric^tac: 

Tablette, Planchette. 



TA- 381 

Tabli.ier, Le dessus de la mait ou huche, lequel on ren- 
verse pour y mettre la pâte et lui donner la forme de pains 
ou de galettes à mettre au four. 

Tabuter, B. R. : Tabuster, tarabuster \ Disputer, chica- 
ner. C'est pur breton : Tabut, dispute, bruit. 

Tac, R. Maladie des porcs et des moutons ; sorte d'angine ; 
amygdales gonflées et que l'on retranche. Mot breton en- 
core : tac, étrangler. Nous disons aussi tat. 

Tache (ine), Un clou à large tète échancrée et bombée pour 
ferrer la chaussure. 

Ta'ci ! Cri pour chasser un chien. Il serait aussi bien de dire 
ta là ! 

Tadourne, r. Tadorne, oiseau. 

Taffetàr, Taffetas. Mot persan: 

Taille de soupe, 0. B. Lèche de pain à mettre au potage. 
Tailler la soupe, couper le pain ainsi. 

Taillebot, Voy. Talbot, 

Taillefond, Petite doloire de tonnelier. 

Taillêre (in), une Tarière ; du lat. terebra, 
Tailleresse {Serpe), Serpe à tailler la vigne. 
Tailleron, Ouvrier qui taille la vigne. 

Tailleuse, b. Ouvrière en robes; distinguée de lingère, qui 
ne travaille qu'en blanc. 

Taiser (se), B. Se taire. Pronoacé^^rftf^er : * ^^5^ ta goule; 
tèseÀe donc ! » 

Tajheurner, Tousser beaucoup, surtout la nuit. ON. 

Talbot, Mot breton : front en avant ou en avant du front. 
Ce terme, en nom propre, équivaut à Vaillant. En nt)ni 
commun, c'est, chez nous, un bâton assez loftg (angl. 
Tall), que Ton suspend par le milieu au cou des chieos, 
pour les empêcher d'entrer dans les vignes. 

Talin-tala, Lentement, lâchement, en se dandinant. 
Taltner, Agir nonchalem ment. Angl. lalf, long. 



TAL3aiiXT, ancieiiue Pnucipauté, uiaiuteuant simple com- 
iniino du canum de Co7î*s. Cop avancé .^ur la Gironde, ta- 
/f'*/>jw/K/i. disent les ^^^èoin-aphes . Talmont, Saint-Emi- 
lion et noiubivd'auti'es villes reudenifi'ap[)ant le proverbe: 
« ainsi passe la gloire du monde. » Ce ne sont presque 
plus que des ruines. Jadis un autre proverbe, qui avait 
j>eut-être plus de rime que de raison, disait : « Talmont 
<ur Gironde, petite ville et nuH^hant monde. > — Habit.: 
Talmonais-aise. 

Talon desct'jte. Petit tranchant opposé au tranchaui prin- 
cipal. — De pain, morc*f*au coupé dans la rondeur du 
|)ain. 

Taloînêe. Ce que lais'<<* le Talon de la charrue, à côté de 
1*0/ filée ou sillon. 

Talit, Talus. TL, tas, tertiv, élévation. Allemand : Thaï- 
hcey, le lit dim fleuve, Tenti'e-deux des beiges ou mon- 
tagnes. 

Tamarin, Tamaris, arbrisseau. 

Tambourinier, O. B. Tambour, celui qui bat le tambour. 

Tamisailles, Petites traverses de la huche, sur lesquelles 
va et vient le tomis. 

Tampllouner ou Templlounei\ Mettre sur une fractt^^ 
rèduite rapjmreil en l)ois, lea éclisses qui doivent ^* 
maintenir. \\ : mettre des toncUettes. 

Tamï^orinagiie, Tambourinage, tapage. Rappelle la chan^^^^ 
de Déranger contre les tambours. 

Tan de noLc, Le bix)u. 

Tanarde (noix), et, par corrnption, canarde et camarc^' 
grosse Noix à coque tendre, dont le tan ou le brou se \ê^ ' 
facilement . 

Ta.nchillon, Tanddron, Petite tanche. Le dernier prêtée 
un vi!ain jeu de mots. 

Tanne. Elevure sur la peau. 

Tanner, B. verbe neutre : Se détacher facilement, en parlai 
de la j)ean des arbres. — Verbe actif : Opérei* cette sépar "* 



rm* 



Tj\. 383 

tion ou celle de la peau «Vune bète morte, en frappant des- 
sus. — Battre quelqu'un à outrance. Tanne et tanner 
Tiennent du breton tann. Chêne, en allemand, Sapin. 

Tant (jusqu'à) que, B. Jusqu'à ce que. 
Tant petit que, B. Si peu que. 
Tant pire, Tant pis ! 
Tant p'us, B. Plus. 

Plus elle fuit et tant plus on la veut ; 
Car volontiers on veut ci» qu'on ne peut. 

Amadis Jamin. 

Tant quà la bonne année, En veux-tu, en voilà. 

Tant quà moi, B. Quant à moi. 

Tant qu'à tant, But à but, à deux de jeu, à égale chance. 

T.\NT que le bon Dieu roudraf , Sans terme fixé. 

Tant seit peu, B. Tanr soit peu. 

Tant s'ment^ll. Tant st^ement. Tant seulement. 

Tantarine (mouche). Mouche cantharide. 

T.ANTE, B. Nom de la belle-mère pour les enfants du premier 
lit. 

Tantoû, b. Tantôt. Signifie souvent l'après-midi . 

Tanzat, Tanzac, commune du canton de Gemozac. Encelt. 
demenre des chênes. 

Tape (ine), Un soufflet. Breton tap, stapat, ON. 

Tape-la-gueille, (la guenille). Sobriquet des anciens maî- 
tres d'école, qui fouettaient les enfants. Encore applicable 
dans certaines institutions, que nos lois frappent pourtant 
de destitution. 

Tapechu, marine: Petite voile tout à l'arrière d'une embar- 
cation. 

Tapée, B. Quantité. ^ lue tapée de plleue. ^ 

Tapement, Action de taper. 



3S4 



Tapin, Pièce rapportée. — Tache à la robe d'un animal. 

Tawnkr, Rapiécer. Prête à des jeux de mots libres. 

Tapocher, Dim. de Taper. 

Tapon, B. Tampon, bouchon. 

Tapouner, Boucher. Donne Détapoimer. 

Taraire, 0. Tarière. Et taraire est masculin comme 
tailler e, 

Taki) (pas), B. De bon matin. — Sur le tard^ B. à la fin 
du jour. — De tard (fruits ou légumes), tardifs; opposé 
de promeloghe. 

Tarissut, prétérit, mais non participe, de Tarir. Le parti- 
cipe est tari. Comme çheusut et çheut, de çheure 
(cuire) : ol a çheusut, ol est çheut. 

Tarreuil, Tarrouil, Verrou, autrefois Verrouil, dim. du 
latin veru (verou). Les verbes s'ensuivent : tareuil- 
1er, <tc. 

TART-à'-DÎNER, Sobriquet des pauvres, et très redouté dans 
nos camp ignés, par vanité principalement : « appelez-mte 
coument vous voudrez, p'rvu qu'o ne seit pas tart-â — 
dîner. » 

Tartyfume, b. Sobriquet de même sens pour une maison • 

Tarve, Mince. Rappelle darne. 

Tarzer, Tarder. Froissard : atarger. S'atarzer, partir 
tard. 

Tasque, Taxe. 

Tat, Voy. Tac. — Urine humaine ; mot celtique. 

Tatan, Tante; mot enfantin. 

Tatè, Chien ; idem. 

Tate-n-en, Terme burlesque : «ol est des ipoumestàte-n-en: 
s'a sont bounes, manghe-n-en. » — «In tàte s'o çheut 
et goûte s'o bouille, » un Jean fillette, un tâtillonneur. 

Tatiguienne, Juron euphémique. 
TÂTONS. Détournement du mot Tétons. 



XJh: 385 

Taudion, Taudis. 

Taupat, Petite taupe : «nègre c*me iu taupat. » 

Tatjpat ( Saint )j Plaisanterie des catholiques sur les protes- 
tants : les premiers supposent que ceux-ci, assemblés un 
jour près d'un cimetière, virent une tète de mort rouler 
d'elle-même sur le sol ; ils crièrent : miracle ! une taupe 
en sortit. Alors, le ministre aurait dit : « mes frères, nous 
n'avions pas de saints ; en voici un : ce sera saint 
Taupat, » C'est bien là une plaisanterie de l'autre 
monde ! 

Taupes (le royaume des), La fosse pour les morts. 

Taupier (in), Une taupière, et non un preneur de taupes. 

Taupin, B. Noir, couleur de taupe. 

Te, pour Toi, après un impératif, comme me pour -Moi : 
« applique-^e bin, mon garçon, et apporte-w?^ tes exem- 
pUes. » — « Prends-^e-n'en. Doune-^??^n'en. » 

Tè, Tiens! pur grec : Te, cyclops, pine oinon! dit 
Ulysse. 

Teignasse, Tignasse. 

Teindre bon, Tenir bon. 

Teins (jhe), tu teins, il teint, B. Je tiens, ifec. « Teins 
bon, teins fort ! » à qui mieux mieux. 

TÈLE, Toile. Lat. tela. 

TÉMOINS, B. Tuileaux et, mieux encore, morceaux de char- 
bon que Ton (iépose à côté d'une borne, quand on la plante. 
Usage bien ancien ! 

TÉM0UGNE, Féminin burlesque de Témoin : « o gn'y avoit 
ni témoin ni témoiigne. » 

Tempéré (iyi), Un thermomètre accompagnant un pèse-li- 
queur. 

Templles (les), B. P. Les tempes ; et au sing. Letemplle, 
masculin. Le français supprime le r de tempora ; le pa- 
tois le change en /. Mais pourquoi Temp)ora ? C'est que 
les artères des tempes battent le temps. 

13. 



:\m 



Templlouner, Vov. Taniplloiiner, Peut-être pour tom- 
poimer. 

Temps (le biâ), B. Le printemps et rété. — Le temps, B. 
Le ciel, l'atmosphère. — Ce temps pendant, cta 
pendant, B. Cependant. — Siiccoup de temps, B. à ce 
moment là. — Tout dHn teynps, de suite, d'affilée. — 
Jusqie'à temps que, voy. Tant (jusqu'à), — « Haut 
comme le temps, B. fier, hautain, orgueilleux. 

Tenant, F. Propriété d'une seule pièce : « Tout d'in te- 
nant. » 

Tende, Tente. 

Tendille, b. Dans les anciennes charrues, règle en 1er gi-a- 
duée de trous qui unit le soc à la perche et soustend l'an- 
gle qu'ils forment. — Tendille, tendillon, tout ce qui 
sert à tendre un engin, un piège quelconque. 

Tendresse, Nom d'amitié : € Ma tendresse ! Chère ten-- 
dresse ! » 

TÉNÈBRES (à), dans les Ténèbres. 

Tenî, Tenit, Tenir. Que jhe tenisse, (régulier), que je 
tinsse. 

Tenot, R. Dim. d'Etienne. 

Tentaine, Sentène d'un écheveau. 

Tenter, Tendre une tente. 

Tentée, B. Etendue de terres en même culture. 

T'rbulent, Turbulent. 

T'rcher, Chercher. It. Cercare, qui se pron. Tchercare, 

TÉRÉE, Apprêt de moules ouvertes sur une flamme de pailles 
de fèves, dans les marais salants. 

TÈRE, Variété de raie, poisson. 

TÉRiÈRE, R. Tarière. — Nom propre. 

T'R.inACE, B. Voy. Trajhace, 

T'r.jiiou, b. Toujours. Voy. Trejhoii. 

T'rlier, g. Lier les bœufsau joug en mettant l'un à la place 
de l'autre, ce qui déroute les pauvres bêtes. 



ÏR LLSER, Luire, lat. iranslucere, 

T'rner, 0. Tresser, proprement à trois brins, qui se nom- 
ment des T morts. 

T'rper, R.B. : Trépir ; Trépigner d'impatience, de dé- 
pit ou de douleur. : « V'ià çhi fait treper ! « Tripu- 
diare, 

T'rpignocher, Marcher à tout petits pas. Dimin. de frpi- 
gner, trépigner. 

T'rragher, Verbe ; autrefois, lever l'impôt du terrage. 

T'rraille, 0. Lot de vaisselle en terre ; poterie. 

. T'rrasse, a. Terrine. 

rRRASPic, Thlaspi, plante. 

Trrasser, B. Garnir une terre de 

T'rrées, B. Terreaux. 

T'rreuil, T'rreuiller, Voy. TarreuiL 

T'rrianguer, Avoir forme de triangle, 

Terrien, Attaché à la terre, avide d'en avoii*. 

T'rrier, p. Terrier, soit tertre, soit creux dans la terre. 

Terrière, p. Carrière à terre. 

T'rrine, Grand vase en grosse terre cuite; terrine. 

T'rrit.. Le proyer, oiseau. ON. 

T'rroi', Terroir. 

T'rrouil, Vrrouiller, V^ov. Tarroitil. 

T'rrous, b. Terreux. Fém. Vrrouse. — « Avoir le chu 
terrons, » en parlant de fille à marier, être riche en 
terres. 

T'rsaillî, Faire un mouvement «le 

T'rsaillure, Foukire commencée, frémissement d'un nerf. 

T'rsaut, Tressant. 

T'rser, b. Tresser. 

T'rtous, b. Voy. Trelotis. 

Terve, p. R. Mince. Vov. Ttuce. Lat. tenue. 



388 TE 

T'rvirer, Chavirer plusieurs fois. 

T'rzain, La treizième pièce bénie au mariage catholique et 
qui reste au prêtre. Souvenir utile delà dîme. 

T'rzor, Trésor. / 

Tessier, B. Antreioïs lexier àala^t. texere, Tisserand.- — 
Nom propre. 

Tesson, Commune du canton de Gemozac. Originairement, 
c'est le nom du blaireau, taœo. 

Teste, 0. Texte. 

Tet, B. et vieux français tect, Toit à poules, à brebis, à 
porcs, &c. 

TÊTARD, Tétaud, arbre dont on a coupé la tète. 

TÈTE A BICHE, Tète-bêchc. 

Tete-çhu, Vilain nom qu'on donne aux enfants qui tètent 
leur doigt, mais avec l'intention de les corriger. 

TÉTÉE, Part d'héritage, individuelle ou collective. 
Tetet, Diminutif de Teton. 
TÊTIÈRE de cape, Le capuchon. 
Tetrasse, Tétasse. 
TÉTUCHER, agiter sa Tète. 

TÉTUT (marteau), B. Marteau à grosse tète des deux côtés. 

Teû, Tel ; s'emploie dans les comparaisons avec un modèle 
connu, mais connu en mal : « in ieû Cartouche. » Un 
grand voleur. 

Teubllat, Tuileau. 

Teublle, Tuile. Se teubller, se courber en tuile. — Teu- 
hlerie, tuilerie, usine et h)cahté. 

Teubllier, Tuilier et nom propre. 

TEURet teure, tttretture, Ver blanc de hanneton. Pur bre- 
ton : Tarac, teier6?e (d'où taret), tout insecte qui s'atta- 
ch<î à sa proie. Ue là aussi Terehra, probablement, 

Teurmentine, Térébenthine. 



XI 389 

Teurne ; dans l'Est : Keurne et Keurnon, qui nous donne 
Tétymologie, Caverna; logement misérable et étroit. 

Tevène, nom injurieux pour une femme. Serait-ce le vieil 
anglais Ticain, deux, femme appartenant à plusieurs. 

Thains ou Thaims, Connnune du canton de Gemozac. Elle 
est traversée par la Seudreet possède un tumulus antique. 
La Seudre aurait-elle rappelé aux Anglais quelque tlia- 
mes, ou thaims vient-il de tumulus^. Questions. 

Thenat, ïlienac, com. d'un canton de Saintes. L'origine, 
prise du breton tennat, tirade, serait par trop tirée. Il y 
a cependant là une belle tirade de plaine, et une grande 
tirade de cordes au puits qui est très profond. Quand une 
personne est longtemps à faire ses nécessités, on lui de- 
• mande si elle fait (mais en propre terme) les cordes du 
puits de Thenat. Vient plutôt de ta727î, chêne. 

Thézat, Thézac, commune du canton de Saujon. L'étymo- 
logie celtique tess, monceau, tertre, peut lui convenir. 

Thiâtre, Théâtre, échaffaudage. Rappelez diâtre. 

Thriaque, Thériaque. 

Thym de Vrghère, B. Sei-polet. • 

Ti, ou Vi. Vov. Ty, 

TiA ! Cri pour faire venir un porc, que, de là^, les enfants 
appellent un tia tia. 

TiATiA, B. Merle à plastron blanc. 

TiE, Toureten fer, conique et creux, qui a une rainure en 
spirale et s'adapte au bout du fuseau pour conduire le fil. 
La tie est le pur hébreu ThUE, filer. 

Tiéd'si, b. Tiédir. 

Tieindre, b. Tenir. Voy. Teindre. 

'Tienne, Etienne. 'Tiennot, 'tiennut, B. Diminutifs. 

Tiercer, Partager en trois. 

TiFFLLE, : Téfle, variante de Ghiffile ; et peut-être de 
trèfle, forme de la main ouverte pour frapper. 

TiLEUiL et tileuillerf Tilleul, arbre. J'ai un ami, un peu 



3VKI •^ri ' 

puiiste, qui ue voulut jamais entendre parfer d'un méde- 
cin lequel avait débi^té par lui ordonner une tasse de 
filexiU. 

Tille, Case à l'arrière d'une petite embarcation. 

TiLLER, Construire une tille, ou bien un 

TiLLi, Faux plancher, pour masquer en dessous les chevrons 
d'un toit. 

TiLLOLE, Barque de pèche à moitié pontée. C'est ce que le 
français écrit mal Tignolle. Tous ces mots ainsi que Tillac 
viennent du breton till, plancher léger ou torchis. 

Timbre, Grande auge en pierre; sonore en effet. ON. comme 
tympan. 

TiNE, R. 0. Futaille étroite, ouverte par le haut. 

Tinette, Dimin. de Tine. 

TiR.ÎGNE, Viande tendineuse, fibreuse ; d'où tiràgner et 
tirâgnoû. 

TiRANSON, R. Sorte de canard sauvage. 

Tire, fém. Samson de fer qui traverse Taiguille ou timon de- 
vant le joug et donne prise à Tattelage. — B : Action de 
tirer : « Chevau de tire, au lieu de Trait. » Pour dire qu'un 
chemin monte : « o y a delà tire, » dit-on. Si la montée 
est rude, on ajoutera volontiers qu'on est à Tire-çhu. 
C'est même le nom de quelques coteaux. 

Tirée (inej, La quantité de lait que donne une bète chaque 
fois qu'on la trait. 

TiRE-ÊN-ARRE, Outil de tonnelier. 

TiREGOT, Petit-lait. N'y a-t-il point là le goat anglais, 
Chèvre ? Le lait de chèvre est clair et a peu de beurre. 

TiRKLANciUE, Torcou, oiseau ; le yunx des anciens, con>a- 
cré à l'amour. 

TiRKNTAiNE, R. 0. Vient peut-être de Tirtaine, connu en 
langue d'oc, mais ne signifie chez nous que traîtiée de 
choses semblables, ribambelle, kyrielle, &c. 

Tirer ine vache, B. la traire. — Tirer la cache, l'aire 



TO 391 

agir, à l'aide d'une brimbale, un soufflet de forge. — 
Tirer me paire de bœufs, dans une foire, B. les faire 
démarcher devant l'acquéreur. C'est la dernière cérémo- 
nie de la vente. — Tirer in j^ortrait, le peindre. Nous 
disons aussi qu'un portrait ou un individu tire ou retire, 
ressemble à tel autre. — Tirer unjhournau, s'abonner 
à un journal. — Tirer a la scie, B. Scier de long. — 
Tirer en sus, B. 'Renifler. — Tirer sur, tirer vers, 
R. se tourner, se diriger sur. — « In remède tire, » quand 
son application agit sur la peau. — Tire-te, retire-toi. 

Tirette, B. Petit tiroir. 

Tire-vin (in). Une baille à tirer le vin. 

TiRGAiLLER, Augmentatif de Tirailler. 

TiRGOUGNER, Dépréciatif de Tirailler. 

TiRiANGUE, Triangle. 

TlRLiTANTAiNE, Augmentatif plaisant de firentaine. 

TiRoi', B. Tiroir. — Tirour, tireur. 

TiRouGNER, voyez Tirâgner. 

TisouNER, Tisonner. Tisonnier, tisonnier. 

Tissu E, B : Tissu, galon étroit. 

TiT, Bergeronnette des prés. ON. — Jeu de la fossette ; la 
baguette qu'on lance au moyen d'une autre s'appelle le 
tit. 

TiTES, 0. abrégé de Petites pour appeler les poules. C'est ti- 
tis, petits pour les poulets — Titi, terme enfantin pour 
Teton. 

TiTiNE^ abrégé d'Augustine, Célestine, &c. — Terme libre. 

Titre, Accent d'écriture. E titré, E avec accent. 

ToLET, Cheville sur laquelle joue l'aviron, retenu par un 
lien nommé Estrophe. Voilà de l'hébreu TLE, suspendre; 
et du grec, strophe, tour. 

Tombée, B. Chute : « à la tombée de la neut, » à la chute 
du jour. — Ine tombée d'heule ou de vinaigre, « quelques 
gouttes qu'.on laisse tomber. 

^<MBERdeVeau, B. Uriner. C'est notre seul gasconisme 



:v.)2 xo 

ave(; Tomber, qui est toujours actif en langue iVO : « tom- 
ber son mouchoir, » tomber son adversaire. » 

ToMBis (Jhe), tu tombés, t tomhit^jhe tombiyovs, vous 
tombiyez, f tombiyant, parfait de Tomber. 

Ton ("/ej, le Tien . (l'est très naturel: Ton, le ton. Voyez 
tonne. 

ToNDAiLLES, R. B. La Tonde ou tonte des moutons. 

Tondre, Subst. Bois pourri sec ; amadou naturel. C'est le 
breton tont, de tan, feu. 

ToNDUT, Tondu ; nom de localité. 

Tonton, B. et Tonton, Oncle, terme enfantin. 

ToNTURE, Marine : Courbure du pont d'un navire, de l'avant 
à l'arrière. 

Toqué, B. Monomane, qui a le cerveau frappé, qui a « uu 
coup de marteau. » Mot hébreu, celt. &c parce que c'est 
une onomatopée. 

Torchon, B. Pour bouchcm : « in torchon de paille. » Sou- 
vent in trochon. 

ToRMENTER, Toumienter. 

TÔRNER, B. Quasi Taurner, Tourner. Tcimer in air, B - 
Moduler ; chanter la reprise. 

TÔRNURE, Tournure. — Bourrelet pour amplifier les lian — 
elles. 

ToRSANT, B. Participe de tordre. 

ToRS-cou, B. Voy. Tirelanr/uc. — Narcisse jaune. 

Torse, subst. F. Courbure. 

ToRS-GOULE, Pleurard, Pleurnicheur. 

ToRSis, Action détordre. — Torsiit, tordu. 

Tort, tovte, adj. Boiteux, boiteuse. 

Tortillon, B. Tresse grossière. — Gâteau tourné en rond- 

Tôt-fait, B. Biscuit déménage, à la fécule de pommes d^ 
terre. 

^-, Touche, R. B. Troupeau que Ton fait marcher devant soi en. 



TO 393 

le Touchant de Taiguillon ou du fouet : « ine touche de 
bœufs. » — Mèche de fouet, aiguillon, baguette, même la 
bûchette ou l'aiguille avec laquelle Técolier qui épèle Tou- 
che les lettres, rebelle mais fécond troupeau ! Touche de 
cheveux, A. pour Touffe, s'il n'y a pas faute. 

Touche, B. Bois-futaie autrefois (baguettes par excellence?); 
aujourd'hui nom de localités. 

Toucher, B. Mener le bétail aux champs : *< ol est temps de 
toucher : ol est basse-heure. » — Exciter l'attelage des 
bœufs : « touche donc ! » — Toucher in mau, préten- 
dre guérir par attouchement. Voy. Panser. 

ToucHERON, Toucher oune, dimin. de 

ToucHEUR, Toucheuse, B. Celui ou celle qui touche le bé- 
tail, surtout les bœuls de labour. 

Toulon, Nom de plusieurs locaUtés, toutes sur une émi- 
nence et par conséquent souvent marquées par de vieux 
débris de phare ou de fort, comme le terrier de Toulon 
près de Saujon. C'est en effet l'hébreu TL. (talus), tertre 
colline. Le Toulon port de mer dominait déjà les eaux de 
la mer jurassique, si la géologie ne nous trompe. 

TouLOT, Le manche de fléau à battre le blé; même famille 
que le mot précédent, et du breton dala tenir. 

TouNÀ, Tonneau. — Tonnelier, tonnelier. 

TouNE (la), B. la tienne. Voy. le ton. 

TouNER, Tonner. Tonnerre, tonnerre. Le patois est meil- 
leur que le français, et meilleur encore est le Morvandiau 
Tounarre ! 

Touque, Cruche à hutle. Breton tac lien ? 

TovR (le gra7id),B. le petit ^owr. Euphémismes d'école 
pour dire les nécessités. Synonymes : Le groû et le petit 
tour. Voyez groû. 

TouRAiN, 0. Soupe à l'oignon; torre, rôtis. 

Tourasse, grosse vilaine Tour, 

TouRAT (le), la Tourdelle, oiseau. 

Tourcher, Toucher, comme dourcher. 

44. 



394 TO 

TouRETTE, B. Tourelle. 

TouRiL, Towrm, 0. Voy. Tourain, 

Tourne (la)B. 0. Au jeu de cartes, la retourne. 

TouRNEMENT, 0. Toumoiement. 

Tourner, 0. Rendre ce qu'on nous a prêté. — Retourner, 
revenir . 

Tournevirer, 0. Revenir sur ses pas, aller et venir. 

Tournez-y (in)^ Une bonne chose à laquelle on aime à re- 
venir. 

Tournis, subst. Vertige du mouton. — adj. « Mouton Tour-^ 
nis » mouton atteint de vertige. Ne pas confondre aveo 
tourné, bistourné. 

Tournure, B. Ruse, détour. Y. tornure. 

TouRON, Toiirot, Tourillon. 

TourtA, Tourteau, Cfalette, sous-flamme. De torridus 
rôti ou de Tourne en rond. 

Tourte et Tourtre, A. B. Vieux français. Tourterelle, pur 
latin, Turiur (tourtour) ON. que Ronsard est gentil à ce 
sujet ! 

Dieu vous gard* messagers fideUes 
Du printemp.«î, vistes arondelles, 
Huppes, cocus, rossignolets, 
Tourires et vous oiseaux sauvages, 
Qui de cent sortes de ramages 
Animez les bois verdelets ! 

Toussailler et Toussiller, dim. de. 

Toussî, a. b. 0. Tousser. 

Tout comme (c'est) , B. Molière, c'est la même chose. — De 
tout en tout. B. entièrement — tout comptant^ B. à 
l'instant même :il s'est en îxllé tout comptant, — « Tout 
de même, » B. Malgré tout. Pourtant : « ol est vrai 
tout de même, » c'est pourtant vrai. — Tout d'in temps 
tout d'in train, B. Tout de suite. — Tout partout, B. 
Partout. — Tout à trat, tout droit, sans ménagement, 
sans détour. « I' zi a dit le fin mo^ tout à trat, » — Tout 
y faut, B. sobriquet de quelques localités. 



395 



Tout, B. Tôt. 

Toutou, Favori, enfant gâté. Benjamin. 

TouvENT, B. Nom de localité, pour Tout vent. 

Trac, R. B. Chemin étroit et caché pour sortir d'embarras : 
« il a trouvé le trac. » 

Trace (papier dé) Voy. Trasse. 

Trajhette et Traghitte, Targette ; mot qui signifie petit 
bouclier ; c'est la forme de la cliose. 

Traie, B. Draine, grosse espèce de grive. 

Traîna, Traineau. 

Train, Bruit. — En train, B. Entre deux vins. 

Traîne. R. Bout de sdive ([u^ l'on suspea l au cou des bœufs 
dételés pour les empêcher de courir. — En Berry , chemin 
creux et ombragé, surtout par des chênes ; car il paraît 
c^e traîne yïevii de drus et a signifié chêne autrefois, 
poutre de chêne, toute sorte de poutre. 

Traînée, B. Drouine, salope, fille perdue. 

Traîner, B. Salir : « t'as traîné mon devanteau. » 

Traînure, Salissure. 

Trait'e, Traître. 

TRAiTisEet Traîtrise, B. Trahison, 

Trajhace, Pie-grièche. ON. 

Tràlée, Quantité surabondante. 

Traler (Se). Voye^ Se râler. 

Trâliner, dim. Flâner, rallentir, traîner en longueur. 

Tranche, B. Pioche très-forte. 

Trancher, neutre : causer des Tranchées de coUque : « o 
me tranche dans le ventre. » 

Trançlle, Trèfle. Etrange pi'ononciation. — Le trèfle à 
quatre feuilles est talisman d amour.... La semaine des 
trois jeudis. Le trèfle à cinq feuilles est un soufflet. V. 
Bamar. 



Trancouner, Tronçonner. 



3^ 



Transcoulé. K. Se dit iriin TnQneamloat les douves che- 
vauchent, avancent Tuneplui que l'autre. Elles sont elles- 
mêmes transcoui^es. 

Trappe de four ou de fourneau. Portière. 

Trapper, 0. Prendre, attrapper. 

Traque, Petit oiseau plus fort que le Traquet, 

Traquenard, Crêoellp, — jouet d'enfant qui en fait le bruit; 
spr-ciîilem^utune ri^^ede m:iï> les deux côtés de laquelle 
on détache a demi une lumed'écorce qui bat ensuite con- 
tre la ti^e. 

Traquet, Oi-^eau des champs du genre mûrier. — Petit mar- 
teau adapte à un moulinet et que le vent fait battre. ON. 

Traquet Batajhace, la petite Pie-grièche. 

Trasse, 0. Crasse. — Papier de Trasse, très-grossier. 

Trat (tout à)j Voyez Tout. 

Trayais ou Travê, B. Travei's. 

Trav^erse-seillons, Quinte feuilles des champs. 

Trav'rsier, Travei^in. — Pour une charrette, pièce de tra- 
vers qui reçoit les -rancJœs. 

Travouiller, Faire un mouvement de travouil. 

Trayant, B. : Triant. Double croc de fer à long manche 
pour tirer ftrahey^e) le fumier hors de l'étable. 

Trecher, Voy. Trcher — Trechoirr, Chercheur. . 

Tredame ! Juron ironique : Notre-Dame ! 

Treffe et Trefflle, Treffle, au jeu de cartes, — Treffles 
pour trufles. A. 

Trejhace, Voy. Trajhace. 

Trejhou, Toujours, signifie souvent : quoiqu'il en soit, ar- 
rive que pourra : ^ V'ià trejhou ine bêle jhournée ! » 

ÏREMBLLADE (la), La Tremblade, ville. 
Tremblle (tout au), Tout tremblant. 
Trembller, Trembler. Trembllier, nom propre. 



397 



lEMONTADE, Tremontaue y Tramontane. Voyez Estre- 
montade 

iEMPE, subs. Averse. — Volée de coups. — adj. 0. Trem- 
pé : « jhe sens tout Trempe. > 

LEMPiNE, Pain non rôti trempé dans du vin. 

lEMUE, Trémie. 

LENER, Trenon, voy. Trner, 

LENTE ET IN {être sur son). Dans sa plus grande toilette. 

LEx^ucHE, B. L'espèce de chiendent que nous nommons 
Sernughe. Le mot Berrichon nous donne Tétymologie 
herbe qui traîne, 

lEPER, Voyez Trp^r. 

lEPiED (de), Un pied dans la chaussure de l'autre. 

RETOUS, B, Vieux français, R. Très-tous, tous sans excep- 
tion. On disait de même tretoute la compagnie. 

REUE, B. Truie. Du breton ^rw, misère, d'où Truant. D'au- 
tre diront du CAo^ro5, grec, Porc. — Courtillère ou taupe- 
grillon. En Berry, Cloporte. — Femme malpropre. 

îfîuiL, Non seulement le guindeau à presser, comme en 
français, mais tout le pressoir. 

EuiLLE, Treuillaghe, Treille, treillage. 

BîUiLLÉE, Quantité de raffles pressée à la fois. 

BîUiLLON, Homme employé au pressoir. 

E: VIRER, A. 0. Bouleverser, mettre sens dessus dessous. 

r, B. Triage. — A la fin d'un conte, on ajoute : « tri ! 
^W.' ^W ! mon conte est dit ; » et l'on fait semblant de 
montrer une souris qui se sauve, comme pour confesser 
^xxe ce sont menteries qui s'échappent. De là, peut-être 
L'action moqueuse d'aller, sans mot dire, ouvrir la fenè- 
bre, lorsqu'on suppose une gausserie qu'on vient de nous 
conter. 

•lACLLE ) , . 

\ Thériaque. 

-lAQUE, R. 0. J 

LiBALER, R. 0. Trimballer. 



398 



Tribert, Fourche de fer à trois dents, à trois Barres, em--'^ 
ployée surtout au fumier. 

Tribller, 0. Tripler. 

Tribouiller, F. B et Triboulor, mêler confusément, ■" 
troubler, agiter fort. 

Trichard, TricJioiir, Tricheur. — Triche, (la) B. la Tri- 
cherie. 

Tricole'i, P»'^'^*r)ler, c.-â-d. Chanceler. 

Trient, B. V. Trayant. 

Trigail, Baigdi'i;e, attirail. 

Trille, Trique. Dedrus, chêne, probablement. 

Trimer, B. 0. Primitivement, courir, du grec dra ; plus 
tari, travailla" dur, se donner beaucoup <ie peine, mais 
toujours avec i hangcmeut de lieu En argot, trimar est 
le grand chemin. 

Tringlle, 0. Tringle, mais comprenant Tidée de tasseau, 
baguette de menuiserie. 

Trinité (fleur de la). Pensée; autres fleurs à trois 
divisions. 

Triolet, Cancan malin. Souvenir curieux de l'ancienne 
poésie française. 

Triotjgner, Dépréciatif de trier. 

Triplle, Tripller, Triple, tripler. 

Tripoter, B. Manier trop familièrement, indiscrètement, 
sans raison, sans droit. — Se démener et ne rien faire. 
C'est agir comme avec trois potes, trois mains. 

Triquot, Qui serait mieux que Tricot, courte trique, gros 
bâton. 

Trizay, Commune du canton de Saint-Porchaire ; ancienne 
abbaye riche en bois de haute futaie : três-haye, très 
boisée ? 

Troche, b. Faisceau de tiges quelconques, d'ail, d'oignons 
avec les bulbes ; de sarments avec les raisins ; de poissons 
enfilés par les branchies. C'est Torche transposé, de 
Torque, tors, torques, collier. 



3m) 



Trocher, B. Torcher. 

Trochis, Torchis. 

Trois-pieds, B. Trépied, surtout en fer pour les chaudrons 
et les plats. 

Trompablle (parlant des choses), Trompeur. 

Trompe, Guimbarde. 

Trompe-la-mort, Personne très vieille, ou rétr.blie contre 
toute espérance. 

Trompe-lourdaud, Piège grossier. 

T'rompe-valet (j)oire), Espèce de poire qui ne paraît pas 
mûre et qui Test. 

T^rone {en), En quinconce; mais il y a froU' dès qu'il y a 
Trois p'ants, de vigne surtout, sur deux lif^nes, deux sur 
Tune et le troisième vis-à-vis leur milieu, sur l'autre, 
formant triangle. 

Trot, Trop. 

Trot—toût, Trop tôt, — TrottoiU~vjea\U, enfont naturel, 
ou né avant sept mois de mariag(s - u ver^i, crmmoron 
dit, avant ses rentes. 

Trottailler, Dépréciatif de trotter. 

Trottain, ou trot tin, Nom propre. 

Trou ! trou ! Cri pour éloigner les porcs, comme qui dirait 
treue ! (voy.) ou imitation de leur grognement. 

Troublé, Insensé ; en délire. 

Troucher, Toucher. Voy. Droucher, Doiircher, 

Troufignon, b. Anus. Trou final? 

Troûgne, Troène. Étymologie ? Drus ? 

Troûgnon, Trougnot, Trognon, tronçon de rebut, près 
de la racine des légumes, par exemple : « in troûgnon 
de chou. » 

Trouiller, Brouiller du fil ou des cordes, les mal travouil'- 
1er. — Tourner vivement un fuseau. 



400 TU 

Troupià, Bien vieux, pour troupeau. 

Trousse de robe Bas delà jupe, ce qui se retrousse. 

Trouvabllk, B. Qui peut se trouver. 

Trouvis ijhe) &c., B. Je trouvai. 

Truc, B. Mot d'argot, devenu français ; adresse, habileté, 
tour de main, engin prompt et sûr. « Il a le truc. » 

Truflle, Truffe. 

Trulot, Petite truie ou truble pour la pêche. 
Truquer, Heurter. 

TRUT...TÉ...OI ! Avis aux bètes de somme pour éviter cl« 
truquer, de heurter quelque chose. 

Trute, Truite, poisson. — Robinet en bois. 
Tua, Tuyau. 

Tuasse, Action de tuer : « jhusque à la tuasse. » Chose 
fait mourir de fatigue. — Homme qui tue, comme m 
vais médecin : la tuasse, en anglais: i)'" Kill alL 

TuBLLAT et les dérivés de tublle, Yoy. Teublle, 

Tuer le feu, la chandelle, B. MaUierbe, Les éteindre. — 
Tuer le ver, B. boire à jeun du vin blanc ou de l'eau-de- 
vie. C'est tuer du moins celui qui a le ver. 

Tuerie, B. Foule pressée et confuse. — Ouvrage trop 
forcé. 

TuFFE, Touffe de cheveux ; huppe. — Orgueil, fierté : le 
marquis de Tuffière. 

Tuilier, 0. Même celui qui ne fait que des briques. 

Tuis (j/ie), tu tu'is.iàtuit, jhe tuiyons, vous tuiyez ^ 
f tuiyant, Je tuai, occ. 

TuiT, Voy. Tit, oiseau. 

Tule bobin, Espèce de tulle ou dentelle en bobines. 

Tunes (des), Des écus. C'est l'angl. tune, ton, espèce son- 
nante. 



**Y 40 1 

TuoN, Taon. De là le jeu de mots : t La promière mouche 
çhimepiquerat, serat in/ieon,» la première maladie 
me tuera. Taon, vient du lat. Tabamis et peut-être de 
rhébr. TOB. détestable. 

TuQUER, Voy. Truquer. 

Turc, B. Voy. Teur. 

TuRGNE, Voy. Teuy^ne. 

TuRLURE, Tarlurette, tuvluron. Refrains de chansons imi- 
tatifs du flageolet, comme ma tanturlure, qu'on a voulu 
franciser, en écrivant : ma Tante Urlure. 

TuTÉYER, Tutoyer, \oy. Voûter, 

TuTU-poMPON ! en avant la musique ! Imitation moqueuse de 
la danse des ours et du fracas que font les opérateurs, 
c'est-à-dire les charlatans. Nos pauvres paysans n'appli- 
(pent pas assez souvent leur Tutu po7npon narquois ! 

Tuyauter, B. Faire des tuyaux à une étoffe, à un bonnet. 

T'y, pour Nous, en ajoutant ;/ : « J'h'avonîs-f// dansé, jh'a- 
vons-f ?/ rit à çhèle fête ! » 



45. 



4&2 



U 



U B. Se met pour e, dans fumèle ; unorme ; pourvu, 
dans Ughé, Ughène, Urope, Utrope^ noms propres, 
hiireuœ ; pour i, dans lunot, hinotte, lumat ; pour 
n dans roûger, &c. 

U ! cette voyelle, que seuls les Français prononcent à la tur- 
que ou les Turcs à la française, sert chez nous de siffle- 
ment pour exciter les bêtes chevalines à marcher. On l'é- 
crit aussi hue! 

Ub'rlu, voy. Hiib, 

UÈDE ou huède, B : usse ; Grosse clavette qui traverse 1« 
bout de l'essieu pour retenir la roue. Du normand heude, 
lien. 

Unorme, voy. Hun. 

Urbet, b. Urbec, virbec (bec recourbé, comme Rebec), 
Insecte coléoptère qui ronge et coupe les bourgeons des 
vignes et de plusieurs arbres fruitiers. 

Urée, Vieux français Orée^ Bord, lisière. Ora. 

Use, B. adj. pour Usé, ou plutôt demi-usé : « dau linghe 
lise» » 



TTZ 4m 

UssE, B. Sourcil. Superciliurriy upercilium, urcilium^ 
ussile, usse. Tout ce qui sert s'use... pour se recons- 
tituer. 

UsuRFRUiT, B. Usufruit. 

Usuriers se pendent s'il ne pleut pas le jour de la St-Mé- 
dard (8 juin), parce qu'il ne pleuvra pas durant 40 jours 
et que la récolte de blé sera bonne : pas moyen de l'ac- 
caparer et de le vendre ou prêter à gros deniers. Pour 
être sûrs de leur affaire, ils exposent toute la nuit une 
feuille de papier tendue sur un boisseau. C'est un pluvio- 
mètre infaillible. — Cette tradition n'est point sans impor- 
tance pour l'histoire des campagnes. 

UsTUCRUT oxiLustucrut, Personnage imaginaire, type d'in- 
connu et de niais. Vient sans doute de quelque chan frai- 
seur, qui disait souvent : « L'eusses-tu cru ? » 

Ut ! b. Cri de répulsion et de dédain : c'est le out! anglais, 
Avant ! dehors ! Voy. zut ! 

Utensile, mieux dérivé qu'Ustensile du verbe w^e, se ser- 
vir. 

Uatrî, Ouvrir. Partie, uvrit, uvrie, Voy.DuvRÎ. 

U^omfjh') VousuyeZy il uyant ; Nous eûmes, vous eû- 
tes, ils eurent. 

UzfiT (StSeurin (T ), Voy. Seurin . 



404 V^ 



V 



V Cède, chez nous, la place au B plus souvent qu'il ne 
la lui prend. (Car je ne pense pas, malgré le Glossaire du 
(Centre, que Vesague vienne de bisaigre). — Se prépose, 
en légère aspiration , comme le Diganima éolien, aux 
mots Oui, Oi, Où, Oure, que nous trouverons à voui, 
roi, &c. — Se supprime au contraire, dans les mots 
coiiain, couasse, coiiée, couî, çhuë, À:c. 

Va-de-bon-çiiœur, subst. Déterminé, hardi, brave. 

Ya-de-coûtk, Crevette des ruisseaux. 

Vacance, Nom donné par les écoliers au papillon Sésie, (jui 
annonce les Vacances. 

Vacant, Vide. — Vaguant. 

Vac|ie, Voy. Colas — Tirer — Enraghée. 

APACHE de sel y P. Meule ou tas de Sel. 

Vachier, Vacher ; et vilain jeu de mots. 

Vagabonder, Faire le vas^abond. 

Vaillant, B. 0. Actif, diligent ; d'un grand prix. 

Vaillantise, F. B. Vaillance. — Vanterie. 



VA 405 

Vairer, Vairî, 1>. Changer de couleur pour mûrir, en par- 
lant des raisins ; Varier. 

Vaissà, B: Vaissidu, Vaisseau — Vase — Tonneau, vais- 
seau vinaire. 

^A.issELiKR, Dressoir. 

^ -^VIZE ("/iSYj, Commune d'un canton de Saintes, St-Vaast ? 
Cast ? un Saint du Nord. 

^-^LADE (la), Le Fossé : no!n de localité. 

^'"àlader, 0. Faire des ibssês. Vallus. 

^ -ALADIER, Ouvrier qui fait les fossés. 

^^^ALDRAGUE (^e/i^, Marine : A l'abandon, en désordre, en 
perdition, à la dérive. Drague en aval. 

V^Ai.E QUE VALE, vale çhi vale, Vaille que vaille, 

v^ALÉE {la), La Vallée, commune du canton de St-Por- 
cliaire. 

V ALET. B Nom souvent donné aux chiens de bergère : 
« teins bon, mon valet ! teins bon! — Valet de carreau. 
B. connue As de pique, nullité. 

Valtorî.ne (à la), O.. \ l'étourdie, à la volage. Et , l)hysi- 
queni?ut, voltigeant au vent et au hasard, en parlant des 
vêtements de femme. 

Tancller, Mettre les. 

Vanclles, Deux cordes, deux harts, plus conmiunément 
aujoui'd'iiui deux bandes de fer cour})ées, pour tenir Tes- 
sieu à sa place sous le dxii'tis et soulager d'autant les 
sanison.s. Vovez hrnnlir. 

Vané, b. Exténué de fatigue ; Vanns fa -tits. 

Vanna, \'anneau ; oisinusur lequelil y ^i un proverbe bien 
faux en ce (pii le concerne: « clii n'a m:uighé grive ni 
raiDià ii'a jhameis manghé de bon mourçà. -^ 

Vant, b. Vanterie. jactance :. « Se donner dau oant > et 
non })ns du vent. 

Vantance, b. Vanterie. 

Vantardise, B. Vanterie, propos de Vantard, 



41» 



Vamlkr, \vaDcer une Ijê^ôgne. la itfiiuuier : « zuu vlà va- 
qué, ûrrâc'/» au bon Diea ! » 

Vareionk. p. VaDU»^. er:lu>^. 

Varkn.nes. Terre* >aWonneu.<e:<. légère^, oppo:>ées aux ter- 
res anzileuses ou hattises. l)e inèuie en Berrv, T'ar^nn^ 
\ ient du celtiqu»^ par >r. Warenn (arena ?) Il a donné 
fjarf'nne. l>oi>au sol sablonneux et meuble, que peuvent 
creuser les lapins. \o\. dans Palissy. 

Varier , Radoter , déraisonner, perdre le sens : « çheu 
paure vif*ux coumince à Varier. » 

Varisk, a. Pour valise*: /et /% deux lettres sœurs. Lequel 
vaut le mieux de rnrise ou de valise? Il y a autorité pour 
l'un i'X iK)ur l'autre : Ware , iiuurhandise : icallet, 
f>iss.ic. 

Varmeil, \*eniieil. 

VarmineoI Varatimer, 1>. Vermine. 

Varse, Valse. Varser, valser. 

Varve, 0. Barbe. \'arvlt, 0. Barbu. Cet écchange de f 
pour b n'est, en Saintonge, qu'une plaisanterie. 

Varzav, (Commune d'un cajiton de Saintes. Varza*/, Wer- 
zuy, comme (hiernesey, arbres et eau. Voy. Vergne. 

\'as-me-z-en, Je m'en vas. 

Vasoû, Vaseux. 

Vaste, Vide, (juau I l'espace est grand. Vadus, yicast, 
gâté, ravagé. 

Vat et vi.nt, Va et vient. 

Vat, Pour val ou vallée, usité eu français : à vau Teau, et 
au |)lui'i(;l : Clairvaux , Graudvaux , par monts et par 
varx, se place en Saintonge (et eu Berry) à la fin de cer- 
tains iu)ms de lieu. Mais il doit quelquefois s'écrire vaut^ 
du v(;rl):; valoir; car nous connaissons un terrier^ non 
une vallée, (h^ malvaut, de peu de valeur. 

V'ai;r'n, B. Vaurien. On ne se refuse pas le féramin, 

VaurriK', les deux e muets. 

Veac. (juelcjUfîs bous électeurs prononçaient et écrivaient 
ainsi le mot vote, dont ils n'avaient pas entendu la der- 



VJi: 407 

nière syllabe. Franchement quelques-uns de leurs votes, 
ou plutôt des votants, seraient ainsi assez bien nommés ; 
mais c'était une raison pour leur enseigner à le mieux 
dire et à le mieux faire. 

"Veau d'or, Trésor caché anciennement, et (jui existait, de 
nécessité, dans toutes les vieilles masures, sous tous les 
tas de pierres. Souvenir biblique , probablement. — 
« Prendre la vache et le veau, » B. épouser une femme 
embarrassée. 

Teda, Veau ; féminin vedèle. 

Tedeau, En injure. Veau, paresseux, lâche, idiot, comme 
un veau; du latin ritelhis. Veau, est Fabréviation. J?w- 
core au lit achetez heures, grand vedeaii! ol est 
soideuil levé : n'as~lu point de j honte? 

Vedeau pourrait aussi être une corruption de veto, 
surnom injurieux donné à Louis XVI, à propos du droit 
de veto (j'empêche), que lui accordait la première 
Constitution, 

Yef, B. 0. Veuf. 

Vghilant, Vigilant. 

Yegne, (les deux e muets). Vigne. B : veigne. 

Veil, Vieil : « in veil houme. » — Veillard, Vieillard. — 
Veille, Vieille. — Meule de foin, moins grosse que le 
Barguenâ, — Veillot, Vieillot. 

Veiller, 0. B. Prolonger la soirée à la chandelle, de résine 
ordinairement. Quand les enfants s'y endorment, on dit 
que la veille (la Fée Dormille) leur jette du sable dans les 
œils. 

Veillesî, Vieillir. — Veillesse, Vieillesse. 

Veilloche, Veillote, petite meule de foin, comme l'hébreu 
appelle une gerbe ALME, jeune fille. 

Veindre, b. Venir. « coumince à veindre. » 

Veinée, B. Veine, en parlant du terrain: « ine veinée de 
bonne terre. » — Venue abondante : « doune-z-y-en 
ine bonne veinée » souvent aussi : « bonne venée, » 



468 VK 

V fa:^giie ((/ u o Jhe), ([ue je \\enne. Veinyis (jhc),i\i rein- 
l/is.... i'rrinf/iyianf, je vins, tu vin?s, ils vinrent. 

Vla, B. Voilà. 

Y'iJiN ! lirait d'une /ap(\ (run soufflet. ON. 

VÈLK, 1>. féminin de veau. Petite génisse. 

YKLkNE, pour Venelle, ruelle de lit, petite rue détournée. 
{?*estune anagramme ou transposition. 

^'ELou, F. Bien plus doux que Velours, mieux déduit de 
Villosus et produisant mieux Velouté. 

Velut, Velu : « mettre vehit contre vehit et cacher le pe- 
tit tout nut. » Enigme de veillée : c'*est fermer les yeux. 

Venà, Vanneau. 

Vende, B. Vente. Ycndition, B. idem. 

Vendangheron, Vigneron, rouget, ciron qui s'attache aux 
oiseaux et aux personnes, dans la saison des vendanges. 

Vendre (avoir du blé à), Tenir ses mains derrière son dos. 
Venée (A'iande), Qui sent la venaison. 
VÉNER, B. R. Vesser. ON. 
Vendre r?'??, B. Tenir cabaret. 

"VÉNÉRAND, Commune d'un canton de Saintes. 

Venoheatif, b. Vindicatif. — Vengheation, B : Ven- 
ghition^ vengeance. 

Venî, b. devant une voyelle, renit, Venir. : « Jhe ne 
fais qu'aler et venit », qu'aller et revenir. — O* : Venir, 
pour devenir. « Jhe t'e?*n5 maigre. » « Jhe venis.,. ive- 
niyiant. » Je vins, ils vinrent. < Que jhe venisse, qu'i* 
venissiant. » Que je vinsse, qu'ils vinssent. 

Vent, Air. « Chèle barrique prend vent. « Entre deux 
vents, » B. dans un courant d'air. 

Ventée, B. La quantité de blé renié à la fois. — Bouffée 
de vent : « Venter bonne ventée, » 

Venter, 0. B. Vanner le blé en le jetant au Vent. 

Ventille, Vov. Dormille. 

Ventoû, Venteux — qui donne des vents. 



• 

Ventre en jhaut (poser nyi pain le). C'est s'exposer à 
recevoir ce reproche, fort injurieux pour un sexe surtout : 
« tu le mets c'me tu le gagnes !» — « Avoir les œils p'us 
grands que le ventre, » se faire servir d'un mets plus 
qu'on ne peut en manger. 

Ventrèche, L'épiploon et les autres enveloppes des intestins 
avec leur graisse. 

Venue, 0. Jet, élan, arrivée : « o nous en doune à bêle 
venue, » 

VÊPRES (les, aux), 0. Vêpres, à vêpres. 

Ver, 0. B. Vov. Tuer, 

Verbalement, Sans tenir à la chose, comme si la parole 
n'était rien : « Y m'avoit dit çheu verbaleynent] jhen'en 
avis yère feit d'état. » 

V'rdée, Course pour fuir. 

V'rder, a. Courir vite, surtout pour fuir. Français : Vere- 
der, du latin veredus, portillon. Allemand et Persan, 
pferd, cheval ; porteur, plier e, fer, &c. B : verder, 
vagabonder. 

Verdesî, Verdir. 

V'rdier, Verdier, oiseau. — Nom propre. — Vrdois, 
Vrdon ; 0. le même. — V'rdon, véron, petit poisson. 

V'rduron, v'rdurette. Refrain de rondes et de chansons. 

VÉRÉ, Véri, B. 0. Voy. Vairer, 

V'rghé, p. Vergeté, en parlant du teint. 

V'rgheat, La largeur d'une airé^ de blé que la verge du 
fléau atteint à chaque allée et venue des batteurs. 

V'rgher, Verger. En Limousin , jardin. 

Vergne, 0. B. Aulne, arbre. C'est le breton gwern. 

V'rjhus, Verjus. — V'rjuter, jaillir sous la pression, 
comme le suc du Verjus. 

V'rleuter, b. Renverser à la Lutte. 

V'rliée, Vrillée, Liseron. 

V'rlope, Varlope. 



4C. 



41') V'?^ 

Vk.imeil, B. Frais, bien vert. 

A'rmemkr, y^rniinier, augmentatif de 

A"nMiNK, Vermine. 

V'rni, Vax peu moisi ; ainsi « in soulier v mi ou vrnii, » 
n'est pas du tout un soulier Verni. 

V'rniller, V'rneuiller (de Tangl. Wren), Aller et ve- 
nir pour rien à peu près, comme v'stiller. Tous ces verbes 
font leurs adjectifs : V'rnilloû, &c. 

Vkiion, Barre transversale aux ailes du moulin ; lat. veru 
— Œil de Vcron » œil Vairon. 

V'rrasse. Mauvaise couche, lit misérable; probablement de 
Verrat. — V'rre, diminutif. 

Vrrenie, pour Vilainie, petit atome qui gène, comme sa- 
loperie, — Terme de mépris. 

Vehs (battu des). Qui a une maladie de vers. 

V'rsalxe, a. Longueur des sillons, lat. Verte, tourne. 

Verser, 0. Vrser, Répandre pardessus les bords : « le pot 
r'rse. w — Valser. 

A''rsour, Versoir ; le soc et l'oreille delà charrue, qui fen- 
dent et déversent la terre. 

A'rtî, Fournir, suffire à un travail : « Vous allez trop vite : 
l)ouvonspas F'r^/. » Vertere. 

Vertu, 0. Virginité. — Ce qui en est le siège. 

V'rvoine, Verveine, plante. 

A'\siNGUER, pour Fessinguer, dimin. de Fesse?. 

V'ssaille, Tas de chiens sans valeur. 

V'ssARD, Qui vesse. 

Vesse, a. B. Chienne de peu de prix. (Lice, de liicos,\o\x^'i) 
« Jhe te garde in cli'n de ma vesse, » — Femme perdue ; 
(le là rinsulte : « Enfant de Vesse ! » 

V't>siE, Vessie. 

V'vSILLe, Petite chienne. 



V'sTiLLER, B: Vertille)', ([u'i nous donne peut-être Féty- 
mologie, venant de Vertere : Tournoyer pour rien, aller 
et venir en furetant. Voy. V'rniller. . 

Veto, surnom révolutionnaire du roi Louis XVI et de sa 
femme : M'"^ Veto Vov- Jhouteait. 

Veudrai (jhe), Je voudrai. 

Veugne, B. adj. Trop mou à force d'usure, en parlant du 
linge. 

VÉVAGHE, B. Veuvage. Véve, Veuve; rappelez Feuve, Yef, 
Véve, 0. de Vidiia, Vidva, est l'ancien français ; non 
seulement Froissart, mais Richelet le donne encore. 

Veyà, Viaud, nom propre. Fém. Veyêle. Diminutifs : Veyu- 
che, Veyiit. 

Vesague, Piquette trop faible, supposée donner le Vezon 
ou digne de couler de même. 

Vezinguer, Fouetter. ON". 

Veze, R. b. (les deux ^ muets, pour faire onomatopée). Mu- 
sette, cornemuse. 

Vezon, Diarrhée, dévoiement. 

ViÀ, Viaud. Vièle et les dim. Voy. Veyà, 

\*icÉ, \'icié. 

Vices (bète à /nillej, Le cheval, le mulet. D'aucuns maris 
bourrus prennent un autre sens. 

Vide-panier, Videur ou nidour de paniei's, pour faire la 
hotte, en vendanges. 

Vie {être de grand), B. Grand mangeur. 

ViÈLEUx, R. B. Jouour de vielle. 

ViEN (Sain'-), Saint- Vivien. 

ViEUT howde. Vient àbre. Vieux homme, vieux arbre. 

Vieux (nxon), uia veille, B. Terme d'amitié, quel que soit 
l'âge. 

ViÈVE, Geneviève, nom propre. 



rJ: 



VjçxE*- ' ffpire '•>' • eà •H-t'L \:^a*ii y^re. Très vilain jeu, 
ifà *:.fnifà*^Jt ^ dJe^^-er m: ^zAklt. ytr la iè?je. ^u risque de 
lui rMic»re Jt i-oîi. 

VxLA^dSE^ B. VIIiiLiz^r: îenâ.cijirç îiuiiô^r:. ii'anraii-il que 
deux TTi&jyoJii' . Pré? ie PiLh*-, j»:»i:r cire TÏHii^e. il faut 
q»*i3 T atrr un cJ nirfsr: cL^iiiiOiis. t'eî-t in h.'y.rg. sL-rs : 
il T k«i «fieî j/fir^i** ,£rec THir T^ar: e: s'il v a îeux 
elcKitrs. c'-eç: laie irJk-. R'esa2;rra:»iiç ici eue ville '»ient 
<ie riîla. qui signrfi-g:: iiâLis:*n oe cknijiS^-De .de rirvJa^ 
y0^âut Toî«âiie ? * Lfe Tilj« d:: zû':TrL^-i£r'^ fiii^enî bâties par 
4*** {fiia^saii^ jiar de î;^^. Jturr'ûr de? abbayes et «les 
ekàteanx. C*taJt li j*'<nr le? 5ieln*e2r> et !es abbès, de? 
â^iwpaTOartU <fes ra^ô^^-oes. des vu-ains. d'où esr venu 
le mat vilain d- ûcis jofar?, •;jiii a fini par ^igîliâe^ laid. 
arare, charge ée tîcps en s«'jii c.»rjrs et eii j^'ii utine: comme 
gentil, c'est-à-dir^e ii:»ble, est de venu >Tnt»iiTme de joli, 
aimable, généreux. Qa^ de pavsans. et même de b:»urgec»is. 
répètent le proverk^ fec»dal : jeu de mains, jeu de 
riUain^ sans se dauîer qu'ils diî^ît autant que jeu de 
rustres- « Jh'oe salue f«as in rilain. so y en at deux. » 
dicton mal expliqué dans les notes sur Firneste : deux 
cillaints. c'est-à-dire le fiavsan et le monsieur. 

ViLARS, ViUars, commune du canton de Gemozac. Villa- 
arx, campagne foniâée. 

ViLARS les bois^ Commune du canton de Burie. 

ViLASSE, Vilaine ville. 

VfMELÉ, Terme de mépris contre un vieillard ; rendu plus 
décent par Griuielé. 

ViifiÉRE, Oseraie. 

Vix-AIORE, Vinaigre. 

ViN A«8E (de la). Du mauvais vin . 

Vijf de lune, B. Fait de raisins volés. 

ViîfDiCATiox, Raucune, vengeance. (Latin.) 

VwocHB, fém. Petit vin. 

ViNETTE B. Oseille des champs, petite patience. 

ViOLOUNAïRE, B : Violouneuœ, Joueur de violon pour faire 
danser. — Violouner, jouer du a iolon. 



VI 413 

ViouTRER, Veautrer, renverseï* à la lutte. — Vioulrer {se), 
seveautrer. Le pat)is conserve mieux les voyelles de 
volutare ; il ne fait presque rien que changer / en i, ce 
qui est très commun . 

Vipère (m), B. Une vipère. 

Vire (la), La retourne, au jeu de carfes. 

^ViREBREÇHiN, B. D'Aubigné ; A-'ilebre [uin, mot qui ne vaut 
pas autant, trop adouci de virer. 

■ ViRECouRT, Nom des localités ou un chemin tourne. — 
Sobriquet de qui fuit de peur. — D*3 qui a [)eu d'argent : 
* marquis de Virccourt. » 

Virée, Tour, retour. « P'r ine rirre, v^ pour une foi^. 

ViREM^iN O'n), Equivalent d'un clin-d'œil, pour exprimer 
une petite durée. 

ViRENiE, Vilaiiiie, petit atome (jui gène. 

Virer, a. b. R. Tourner. — Dêcourri'n' : ^ rire-te de là ! >\ 
— « Virer l'œil, B. mourir. — >)e cirer, A. Changer 
de religion. — <v T7;v/'la muèle p'r qu'ia autre ayuse » 
ou « virer \i\ roue p'r qu'in autre fasse la corde, » faire, 
sans le vouloir, le marché d'auirui. La Fontaine, fable 13 
duliv. viir, Tirci.s et Amarante. 

ViRE{s(»,-, p. Conduite d'eau pour h. s marais salants. 

ViROLET, ViroUet, coinurj.ae du canton d(î Gemozac. La 
Seadro V rz/T, s'v détourne : est-re l'origine du nom? 
Habitiiuts : VuMljt:ii>. 

ViRou, Mal blanc (pii fai: le tour d'un doigt, qui vire 
autour. 

^ IROUNER, Fréquentatif (ie virer. 

VjHxuuNER, Faire faire à une corde des tours confus ([ui 
l'embrouillent. Voy. Envirtouner, 

*^^HVAi:, Guindeau improvisé. 

^ ^HVAUDER, Faire jouer un virvau. 

^iRvoLETTE, Verveux, nasse en filet. 

^ ^S (in), B. Une vis. 

^'ïî^ANT. Cépage, que les paysans avisent d'un coup-d'œil. 



414 VO 

\'isArHK. (I(^ Vif'hs (f'h'i, A' igîio blanche ; clématite de^ haies 
(•r \Vj:\v\ sjiiivaiie : deux phintes dont h\s pn^^sans, aux 
v('ill<'t\< d'hiv(M', l'ont de.s cordes à lessive et de la grosse 
vannerie. 

\'iSiHi>Li:ii, Ko. Devenir invi.^ihle, disparaître. 

A'isiTE, ou nouvelle, Petite i)vraniide de suit* (jui reste au 
hor-l »i(^ 1 iclnmdelleîdiuniée ; lumignon adventice quis'v 
fornie. (l'csL pour la pers(mne qui se trouve de ce côté. 

A'isoN. 0. l]t»îei^.e. — î upilie de l'œil. 

Yît'i:, n. pour Vitre, îîr.b!ller, vêtir. 

YÎTKR, I). V'èoir, ch.iusser, enlosse/. 

A'rrou, en pials:inî(M'ie, Virioi*, noui proja'e. 

^'r^rvA(^ Sorte de t::i(|uet, oiseau ; ct^mplète onomatopée. 

\'iTRK. vcrle, A'eiir. — VUvr-e, véture, vêtement. — ^«- 
h)', ri.(}i'\ W. Vètu. 

A'iVANT f/'). Ils viven:. 

\i\\: (jhr), h' i'i--\::\ J.' \ i-', îu vis : <- n'on ne sait chi meurt 
ni chi \[\c. » 

^'iVÀ. \'i:iud. î:;.!i' l'ipr'. \. ]'ryf'. 

\ nf/j)). un \'():-'. Voy. l'v/;'. 

\ (ij. i'. i 'VA : •\.i:il 'le r;//, ■•,;;)i!'(*. 

A'oiDKii, \'erser des .H)ts «Tvp.u chaude sur la lessive. Pour 
Vider ou u(,ur rrjfs<'j\ îiii-i-ei-iis A^isiier. 

^'oIL^:!l f.t:o),on ])arlanc d'une planche, Se gondoler, s'armu- 

(hr ^îi \ inU> ("!(' navii'e. m riii!e. 

y()ui:'f/), 1). 0. \'oir. « Travailler sans^ro/r, » sans voir. 
<^ .Ihc -/"// /v?/,v goutte. "> .h» ne vois goutte. 

\()Uii>ys fj/fc), Ui'Us \'err()ns, 

\'()isi,\. ( K \]):'r;:.;i(U) Ao- ;.çens dout on ne s(» lapi'.elle pas le 
nom : »•. h .hjhour. rai.siti ! » 

\^)Isi.m:, Voisinau-e. 



VO 415 

Voiture (ine), Un âne. Dim. Voiturln et Voituron. 

Vol d' oiseaux, Volée d'oiseaux. 

VoLAGHE, B. En parlant des bestiaux, Vif emporté, difficile. 
Sauvage, un peu fai'ouclie, l'opposé do f fane y dans le 
sens d'apprivoisé ; signifie aussi étourcd, tête lègèi'e, ()\'îi- 
\)oré, Çhêle fumêle esl'êle donc 'ro/<:?g^/V^! peut expri- 
mer, selon le ton et la personne, le l'eproche d'une mère 
sensée ou celui d'un amant tenu en respect. 

Volant, B. Grande serpe sans talon, au bout d'un long 
manche pour émonder, élaguer, comme en Volant, les 
arbres et les haies. 

VoLANDRiNE, fém. (le Volant, 

Volée, B. Sous-entendu de coups. 

Vole-terre, Sobriquet des petits usurpateurs de terrain. 
Les grands s'intitulent conquérants, grands génies. 

Voleur, â la chandelle, Fil qui se iétache de la mèche et 
consomme en pure perte le suif. C'est un conquérant à 
l'intérieur, encore un Génie. 

Volumeux, Volumineux. 

VoNS (jhe) B. Nous allons. 

Voù, B. où, un peu aspiré: «Sais-tu voù il est, ou voit ol 
est qu'il est ? » 

Voû, Vos : « Voû champs, vous àbres. » 

VouDERis (jhe), B. jhe voudris, Je voudrais. 

Voué au bllanc, Enfant que l'on habille tout de blanc pour 
le préserver de la mort. Or le blanc est la couleur du deuil 
en plusieurs pays. 

A^ouEi, Vouey, V diïicxew oil, oi, aspiré. Oui. 

Voui, B. Ouijiocillud, oil, voit, oi, Oui, et non pas le 
participe du verbe ouir. 0, (hoc) en langue d'O ; si (sic) 
en langue de Si. Plo, en hmousin ; ba, en basque ; ya, 
y es dans le nord. 

VouLANCE, Volonté ; vieux français. 

Vouloir B. fut. : jhe veûrai, jhe vendrai, jhe vendrons^ 



416 VTJ 

conl. : ///^ r/':',vv, ////> r ^/ Iris: parf. : J/."? vouUyor^s 

(A\ jl ^ Vf- ''•\;o.'S : i' t'oi'^'jnnt i.\xi\'oulinjaiit , Suhj. : 
(^l'jjjhe i'f^'"j '^. •: .1 riin^Kirfiic QuejJie vouUsse. 

i 

VuL'LONT}-':. ]). A'('l"liî-''. 

AVjrRK. (,)n, jiai' s; m-^nic avec 'j^'oure: ^ T'oié/'tf que tu de- 
vin- ? » l)'(.û vif'iiv_tu ? 

Vor* >'ruv. il' jour Vôu> «Ir-vrait une voyello : « Vou <i\ez 
«lit '• iiif^ (*l:e!i. '> 

A'oT.s autres, (). Pléonasme pour Vous, mais pléonasme 
pour in-liquer à l'or! îe le pluriel, depuis que Ton emploie 
\ou< au ^:;ingu!ipr. Ain<i font les Espagnols. 

Voit', P>. Syncope de. 

VoL'TRK, ^'ôtre. Vour se dit devant, une crmsonne et To2<- 
trf^ devant une voyelle : « Vouf femme ; Voutre 
enfant. » 

YoYoy fie), La pupille de rœil. 

ABOYONS VOIR, (.). Adorons. 

Vrioche, Vriof/Jte, adj. des deux genres ; Vif, vigoureux, 
sauvage. Rac. Vir. 

Vît, Vu : « au Vut et au Sut de tout le monde. » 



417 



X 



A Se prononce isque\ est du genre féminin. 
X ! X ! Ks ! ks ! Sifflement pour exciter les chiens . 



Y 



Y Chez nous, est consonne et représente le TF anglais, 
devenu souvent gu : Yillaume, Guillaume (de Witliam, 
homme de volonté) ; yetter^ guetter ; yi, gui, &c. 

Y, 0. S'écrit pour i, à lui, à elle : « donne l'y — jh' y ai 
douné, ou jhe l'y ai donné, ou jhe zy ai donné. >► Je crois 
que i (de Lui) conviendrait mieux. Voy. Zi. 

Y a , B . Il y a : * yat in houme. » 

47. 



^ J 



' _ :*: --— •^ :i':!*^ piiu! ieè faire (.«bliquer 



" _ «^ 

« •• Hi.'. ' ïDT.. > Et moi 



---» * 



çL T en apas 



I" " •* 



— ji' 



V — 



-— — J— -^ 



" — ^ 



-i-r-s-iemmes. 



V^îî 






Vr 



'.' -IT. Z. 



X - 



'Trzns: j/pMpour 



^*.^r 



Yev::.li::l .u jV. r : tl . .7 i/':./_v7'if. GveiUer, 

Vi. Gui- r« e-: :j.->:u1i., -rx;-:-;:* iiji> le iiimeux cri gau- 
lois : < â la i/f . lai. :.ru ! * ELc;:^ rec :iiiiu dans nos cam- 
pag-nes. Voy. .4'...>î/t.ieï.- Le Glossaire du centre, avec 
raivjD jjeu:-*-:re. la:: 'i-rnver «le là le pi^f'. oA/ ^w^'.' des 
chansons. 

ViAiNK, Gaine. 

ViCifKK, Jet de liquide qui jaillit soudain, ce qui s'appelle 

Yrhkr ; en c/tan/r. Guicher, 

YuAiET, Guichet. 

V/rHoiRK, H : Glijchouère, Clifoire. 

ViOK, Guide. Toujours masculin en patois, même pour ime 
Guidr» (le harnais. 



419 



YiDER, Guider. — Yide-àne, Guide-âne, tout écrit dont 
un prédicateur ou un orateur quelconque aurait le mal- 
heur de se servir dans son discours. 

YiGNE, Guigne ; c'est la cerise de Paris. 

YiGNETTE, Guignette, Très-petite serpe au bout d'un long 
manche, pour chercher les escargots dans les haies. Doit 
venir de G^^/^r^z/^, pour Cognée, dans Froissart. 

YiGNOCiiER, Faire de petits et vains efforts, comme l'enfant 
avec sa yignette : « Que yignoches-tu donc là ? » 

YiGNON, Gulgnon. 

YiGNOUNANT, Gitigiwunant, Qui met en guignon et en 
mauvaise humeur. 

YiLLER, Guiller, Glisser, comme la bière qui monte. Mais 
ce sont des ON. 

YiLLET, Guillet, nom propre. 

YiLLEVESÉE, Billevesée et, plus souvent, jet, abondance, 
inondation qmgille, qui yichc, plus qu'il ne faut : « Jhe 
te l'i en ai baillé ine boune yillevesée, » d'injures par 
exemple ou de remontrances et de sermons. 

YiLLOCHÉ, Guillotiné, en plaisanterie. 

YiLLOT, Guillot. 

YiMBARGHES, Yembevges , Guimberges , guimberges , 
Deux longues perches tenues parallèles, sur lesquelles deux 
hommes portent, Guindent une barge de paille ou de foin ; 
ce qui s'appelle une 

YiMBARGHÉE. — G uimbargcs anciennes. Voitures publiques, 
(Voltaire). 

YiMBELET, Guimbelet, petite vrille à percer les tonneaux. — 
Sens libre, dans certaines chansons. 

Ylmpe, Guimpe. — Femme abandonnée. 

YiMPER, Attifer, en mauvaise part. Une femme salie de 
boue dira : « me v'ià bin yùnpée ! » 

Ynda, Yinder, Guindeau, guinder. 

YiNDOLiER, Yindoiix, Guindolier, guindoux ; arbre et fruit 
des meilleures espèces de cerisier. 



420 



ViNGAÇON, Yingueçon, Ghiingaçon^ guingueçan^ Bro- 
quette, pKit clou. De la ville deGuingamp, peut-être. 

YiNGOis, Oiiingoi.s : qui Guigne <iecôté. 

YrNYiN, Mauvais violon. 

YiSE, Guise. 

YoLB, 0. Canot long et presque plat, à rame et à voile. 
Rappelle l'angl. Yacht. 

YoRTR, ital. ritorta ( Voy. riorte) ; C'est une hart. 

Yot: ! Cri de refrain dans quelques chansons, usité aussi en 
Berry, et en Algérie par les Maures. 

Yo€Yor, Petite Yole (marine). 

Yrrrc, Enfentin pour Cheval. Yoy. Jhiijhu, 

YvoNNKT, Nom propre, dim. à'Yvon, qui ea Bretagne est 
Jean : angl. John. lOAN, Grâce de Dieu. 



421 



Z 



^j B. Lettre euphonique, pour allonger plusieurs verbes 
en i (ir) : Aplat zi, embelzî, frédezî, &c. ; et dans les 
liaisons de mots : quat-z-yeuœ, Anq^z-œufs^ huil-Z" 
osâ,neuf-z-assietteSj vingt-z-autres, cent-z-alouet- 
tes &c. — Z est du genre féminin : « de peu TA jusqu'à 
la zède. » 

^ab-Zab, Imitation de certains mouvements répétés. 

Sabeau, Zabèle, B. Isabeau, Isabelle, c'est-à-dire Elisabeth, 
(fille chérie). 

^Aou ! 0. Cri terrible de fureur et d'excitation, en Pro- 
vence. Il semble imiter le bruit d'un couteau entrant dans 
le corps. 

2-ÉLES, Le pronom Elles, au pluriel, prend toujours le z, 
pour que l'oreille le distingue du singulier, ce qui se con- 
fond en français : « p'r èle seule ; p'r z-èles deux. » 

JJ-EUX, Eux, même euphonie, quoiqu'elle ne soit plus néces- 
saire ; mais l'analogie commande : * Jhe zou ai dit à 
z-euœ. » sans préposition ce serait : « Jheleu-zai dit. > 

Z-i, est le singulier de z-euœ ; mais il s'emploie pour à lui 
et pour à elle : « Jhe z-i avis bin dit, » qu'iL ou <][u'elle 
lie réussirait pas. 



42!;^ 



'A\fj\iLLK\i, B. dêpréeiatif eifpêoQPinaiiî de S?àsr : En ia^i^ 

/aoovosku. même s*^^^. plu«: êwnau. 

ZiooussK. Alumellf*, mauvais? lame. Kaiii«kzi/i?£'? AtVf- - 

ZioCKK, jeu aux ïi-âagie^ : pouvser Mm **3iiiicie ùe iaç-dL. ^ 
cf* iiu'iAhi uionv^ rur celle de ]'aCTersîiire, -sl oisairT ' 

/A(ii:i>ZviiK, Mauvais cout^-uU. — îiri::: à^ s.ïl a^ii.fL. 

propn- : « o vain meux feire z/'re yTH*}'h>". ► Les eà-^^" 
tr'ui> <i'^ d'Aubig:^'-. -Barort^e Foritesn^^ Prtfîac'-.. » ei 
piirjur^fjl mal ce ihoi par cov.rroiJ: , dclaiùi: rrr. 

ZiRors, \)k%i)\i\it, délicat- 

Zoi , \\. <). Quipourmit s'écrire x-Oîr. xît.i 1 iqïïV'.t àe zic 
tn* prc^ieux neutre o : <o n'est pa*- mauTiûî' : -g jin-t' r£>if. 
Si lol/j^'i était mascubrj, son pro:::oiïi inôire'.^ «inc: li-'*' 
i*\ pour i<* féminin, la : * ah î le bel osL ^ raparae-jim ! — — ;^ 
i)\\ ! la vilaine IxVte ! tue-W ou Tue r^/?/ / ► Si cci Is itj 
n^Mitre par dé;roût ou par effroi. Eziéclâel dan*- sa -nâ:* 
aurait dit: ^ Jhe jou vovi<: jmefav.trr poureiSie : 
Z(tn. c'neussis pas. )> C'est hébreu du reste: ZU^ (loc) 
(Vlle-lâ, (>?la. 

ZoïN-Zof N, O. Imitation d'un son d'instromenî *c de dî^ 
bruitK, 

Zozo, lyifantin pour Zo<*' (vie), nom }*r<*pre. 

Zut, \S. iU ! oui anglais, Dehors ! Cest ut acK»iT3iè.VoT 

nt , du ;^rec oï///^, ote (toi). 

Z-v, O, Le pronom de lieu y avec liaison, comine àsBS 
VaK-y ; ne |>aH rx)nf(>ndre avec 2-1 . 




FIX. 



hi/' y ''î/*i't*H iiHfMi ^ieruoza^iue a/c- Seldris ad ondas. 



l 423 



NOMBRE DE MOTS 



A 353 

B 427 

C 561 

D; 272 

E 554 

F 351 

G 329 

H.... 46 

1 67 

J 131 

K 3 

L 203 

M 430 

N 128 

100 

P 734 

Q 48 

R 436 

S 341 

T 420 

U 16 

V 236 

X 2 

Y 54 

17 



6,259 mots. 



FKnr SUPPLÉMENT 






C^ :i «t syi::^ jimt» ^a» j^ sniL Je ne puis l» rétablir. 



l 



BIOGRAPHIE (OU VIE) DANSANTE 



D'UN COUPLE S AINTONGEAIS 



( BALS ET COUFLA-N^TES) 



Nous négligeons de noter ces chants, même en 
chiffres. Ils sont fort connus et se ressemblent 
beaucoup. Ce sont des airs vifs, à deux temps, ces 
deux temps frappés par le joueur d'instrument 
(cornemuse, hautbois, violon, à quoi la goule^ la 
voix supplée) et frappés du talon plus souvent que 
de la pointe du pied. Ils rappellent les Bourrées 
d'Auvergne, les Branles d'autres provinces, les 
Brunettes de nos vieux recueils, les Bouluguettes 
du Languedoc. 

Quant aux paroles, elles sont volontiers chan- 
fraisées^ francisées. Le villageois devenant poète 
recherche instinctivement le genre nohlet. 

Nous essayons de graduer selon les âges les 
quelques exemples que nous allons offrir. 



v^. 



426 



I. — De 5 èi 15 ans. 



1. Y at in nit dans çheu pVnier, 
Car jh' entends la mer' çhi chanta; 
Y at in nit dans çheu p'rnier. 
Car jh'entends la mér' chanter. 
Grave-z-y donc, Piarrot, 

Meis çhitte au pied tes galoches : 
Grave-z-y donc Piarrot, 
Meis çhitte au pied tes sabot. 

On est persuadé que monter sur un arbre les 
pieds chaussés de sabots et surtout de souliers, c'est 
le faire mourir. 

2. Qu'as-tu feit d'tes bas, P'iisson ? 

— Ma mère, i' sont aux landes. 

— Va m* t'rcher tes bas, P'iisson. 

— Et les mets dans tes jhanibos. 



Ailleurs, une fillette : 

3. Aux bords de Marenues 

Jh'ai p'rdu mes bas, ma mère. 
Aux bords de Marennes 
Jh'ai p'nhi mes bas. 
Mes bas et mes jhartières 
Jh'ai tout çhitte là, ma mère : 
Mes bas et mes jhartières 
Jh'ai tout çhitte là. 

4. Variante : A la pèche aux mouclles^ trop 
connu pour être répété. Ce bal a eu l'honneur 
d'être noté pour piano à quatre mains. 



IL - De 15 k 25. 



427 



.). 



l'on (i^antan, ma çheiibinière, 
Ton d'yantau il est salau. 
Faut d'ia cendre, o faut d*la chaut 
P'r liUanclii, ma eheusinière. 
Faut d'Ia cendre, o faut d*la chaut 
P'r bllanchi ton devantau. 



6. 



Pour qui coudez- vous, 
(xentiir couturière ? 
Pour qui coudez- vous, 
Monsieu' , c'est pour vous 
A-t-on jamais vut 
Coudre, coudre, coudre. 
A-t-on jamais vut 
Coudre si menut ? 



Ma commère, quand je danse. 

Mon cotillon va-t-i' bien ? 

r va de ci, i' va de là, 

ï ' va très bien, ma commère ; 

I ' va de ci, i* va de là, 

I ' va très bien comme ca. 



bis. 



8. 



La lille au cou[)('ur de paille^ 

I^a tille au coupeur de blé ! 

Jamais je n'oublîrai 

La lille an coupeur de paille, 

Jamais je n'oublirai 

La lille au coupeur de blé ! 



42S 



0. I ' (lisant tretous 

Que jhe seus in' fichu' bête ; 

I ' disant tretous 
Que jhe seus in fichu fou. 
S'il'aviant c'm' moi 
Çhèle que jh'ai dans la tête, 
r sauriant p'rquoi 
Jhe ne niangh' ni jhe neboi. 



10. Quand jh' vas chez ma bonne amie, 

Jh' mangh' des œufs, o gny at point d'-z-ous. 
Tout s'roit à ma fontaisie, 
Si Chous' n'y aloit pas ëtout. 



11. La Cruillemette voudroit mettr(» 

Ses p'tits penut avec les miens. 
Ah ! qu'el' les mettra bien, 
La Guillemette, la Gruillemette . 
Ah ' qu'el les mettra bien, 
Ses p'tits penut avec les miens î 



CONGE 

12. La ganse de son chapiâ 

Est couleur d'ia coue d'ine oueille. 
La ganse de son chapiâ 
Est couleur d'in' coue d'ignà. 
De n'p'us voir o m'seroit à d'bià 
La ganse de sa grand grêle. 
De n'p'us voir o m'seroit à d'biâ 
La ganse de son chapiâ. 



429 



13. 



Allons à Boiirdeau, 
M'ami' Jheannette, 
Allons à Bourdeau, 
Qu'o-z-y feit bean. 
Jho-z-y nian^^herons 
I )e la salade 
Kt Jlie-z-y boirons 
Du vin nouveau. 



COUINANTE OU BOITEUSE 

MESURE A 6/8 ; LOURÉ 



14. 



Ma niignoune est boitouse 
I)au coûté dreit, in poi. 

La inottrai-z-à ma gauche. 
A' s' dév'rs'rat vers moi. 



bis. 



bis 



15. Acoute ! 

Tu vins sot c'me in oi', mon Jac(iues. 

Acoute ! 
Tu vins sot c'me in oi' I 
Tu fréquent' des fumèles 
Qu'a n'sont point p'r toi, mon Jacques : 
Tu fréquent' des fumèles 
Qu'a' n' sont point p'r toi. 



IH. 



Jhe t'aime c'm' jhe te sarre. 
Ma mignounett' Marion ! 
Dau diablle si jh' tire en arre. 
Le jhourque jir nous marirons 



430 



/ . 



Mon' la d()UC(»iiieiit 
Cher fillo. luoii Piarre. 
Mon' la doucement 
(}hèV fille, mon Jhean. 
( > y at dau dangher 
A la m'ner trot vite. 
y at dau dangher 
D' la feir trot danser. 



m. — De 25 à 50 ans. 



18. Si jh'zou avis soyut. 

Soun herbe de Jalons Vie. 
Si jh*zou avis soyut. 
Jhameisi'n* m'auroit oyut. 
A ce't'heure, p'us d'choix : 
Jhe seus la chèvre attachée ! 
A ce't'heure, p'us d*choix : 
Faut brouter çheu vilain bois. 



11). r ii'at (ju'in brat, çheul houme. 

r n'at qu'in brat ; 
y va voir sa voisine, 
Quand Tvoisin gny est pas, (^heul houme ; 
r va voir sa voisine, 
Quand l'voisin gny est pas. 



20. Navet n'avoit pas de cornes 

Et son valet n'en a voit. 
Pourquoi Navet n'en avait-i' pas, 
Tandis que son valet en a ?. . . 
Navet n'avoit pas de femme 
Et son valet n'en a voit. 



431 



21. 11 est ch^^yut dans la cave 

Le çliuro de Saint- Vien. 
11 est çhéyut dans la cave 
Son bonnet dans sa raain. 
Oh ! çhi érat le relever 
Noutre vice, noutre vicaire. 
Oh ! çhi érat le relever 
Noutre çhu, noutre çhuré ? 



IV. — De 50 à 60 ans. 



22. Noutre âne 

Manghe p'us de fein, mon cousin. 
Noutre âne 
Manghe p'us de fein ; 
L'avoine 
Est son seul entretien, mon cousin : 
I/avoine 
Est son seul entretien. 

T| 

Iflf 

2:^. Soixante et dix-sept 

Les deuxjhambe, les deux jhambe. 

Soixante et dix-sept 
Les deux jhambe à Morisset. 



V. — De 60 ans à 



24. Qu'ai jh'y feit aux filles, 

Qu'a' ne m' aimant pas, lalirette. 
Qu'ai jh'y feit aux filles, 



UNIVERSITYOFMICHIGAN 



BOU*^^ 3 9015 03003 0863 



-.1 n >« 



^■^4-.' 



M4Z